Fédération des étudiants révolutionnaires

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La Fédération des étudiants révolutionnaires (FER) est née de la refondation du comité de liaison des étudiants révolutionnaires (CLER) en avril 1968. Il s'agit d'un groupuscule trotskiste de la branche lambertiste (OCI).

Histoire[modifier | modifier le code]

L'alliance avec les anarchistes au sein de l'UNEF en 1963-1967[modifier | modifier le code]

L'alliance entre les anarchistes et les lambertistes du Comité de liaison des étudiants révolutionnaires (CLER) au sein de l'UNEF, à partir de 1964, leur permet de prendre le contrôle de plusieurs bureaux d'université. Les lambertistes sont ceux qui rejettent le plus fortement l'influence de la religion et de la hiérarchie catholique ce qui facilite leur entente avec les anarchistes, alors que le courant chrétien est en pleine ascension depuis la formation du Parti socialiste unifié en réaction à la Guerre d'Algérie[1].

L'anarchiste espagnol Thomas Ibáñez est inscrit en 1963-1964 à la Sorbonne au département psycho, place forte parisienne des lambertistes, dirigés par Claude Chisserey[2]. Ce dernier le présente à Richard Ladmiral, membre de Noir et Rouge, ami de Christian Lagant[2], que Thomas Ibáñez avait connu au camping libertaire international de Beynac[2]. C’est de cette rencontre qu’est née l’idée des anarchistes de créer la Liaison étudiante anarchiste, pour imiter les lambertistes[2], en créant eux aussi une « liaison étudiante », mais anarchiste cette fois, la Liaison étudiante anarchiste ou LEA[2].

Richard Ladmiral et Thomas Ibáñez débutent leur militantisme d’opposition, au sein de l’UNEF, en collaboration assez étroite avec la « Tendance syndicaliste révolutionnaire » impulsée par les lambertistes[2],sur le modèle de l’alliance tissée dans la région de Saint-Nazaire entre anarcho-syndicalistes – dont Alexandre Hébert était la figure de proue – et lambertistes [2]. En Mai 68 à Nantes, ce sont des ouvriers "lambertistes" qui seront, en partie, à l'origine du grand mouvement de grève générale[3].

L'alliance entre les anarchistes et les lambertistes vole en éclats en 1967 lorsque les premiers s'inspirent des Provos hollandais et des textes de l'Internationale situationniste, tandis que le congrès de la fédération anarchiste du printemps 1967 les écarte, les poussant à s'allier avec une autre branche trotskyste plus récente, les Jeunesses communistes révolutionnaires issues d'une scission de l'Union des étudiants communistes à la fin 1965.

Le Comité de liaion des étudiants révolutionnaires et Mai 68[modifier | modifier le code]

Ses militants prennent part aux événements de Mai 68 même si son poids demeure plus faible que celui de la JCR, dans certains sites très médiatisés en 1968 comme l'Université Paris-Nanterre, où ils sont assez minoritaires même s'ils comptent 7 ou 8 adhérents qui forment le noyau d'un groupe d'une quinzaine d'étudiants actifs et sympathisants[4].

La Fédération des étudiants révolutionnaires s'appelle alors encore le Comité de liaison des étudiants révolutionnaires. Ils publient le journal Révoltes.

Le CLER se transforme en FER (Fédération des étudiants révolutionnaires) fin avril 1968 et continue d'agir sur les bases de la «tendance» qu'ils revendiquent de pouvoir animer au sein de l'UNEF, appelée celle des "hyper syndicalistes"[4]. En février 1968, ils présentent une motion demandant que Cohn Bendit soit exclu de l'UNEF[4] puis la retirent puis la retireront en apprenant que ce dernier fait l'objet d'une demande d'expulsion du territoire français après les bagarres d'avril 1968[4]. Début avril, ils somment le bureau de l'UNEF, pourtant déliquescente mais qui est toujours tenue par la JCR, de se justifier sur le soutien qu'il apporte au Mouvement du 22 mars[4].

La dissolution de juin 1968[modifier | modifier le code]

Ce groupe est dissous par le décret du 12 juin 1968, mais obtient en juillet 1970 l'annulation du décret pour excès de pouvoir prononcée par le Conseil d'État [5]. Comme les autres groupes le motif avancé est le risque causé par sa particulière violence.

Après la dissolution[modifier | modifier le code]

La dissolution de FER l'amène à devenir l’Alliance des jeunes pour le socialisme (AJS) qui est la reconstitution d’une des organisations dissoutes en 68. Elle est animée par "Charles Berg", dont le vrai nom est Charles Stobnicer[6]. L’AJS se présente comme le mouvement de jeunesse de l'OCI, membre de la IVe internationale, sous la direction de Pierre Boussel, un permanent de FO, qu’il a représenté à la direction de la Sécurité Sociale[6]. Alors que les groupuscules gauchistes et anarchistes s’étaient disputé le contrôle de l’UNEF, qui avait abandonné toute influence, en janvier 1971, les rocardiens sont mis en minorité et quittent le syndicat, qui subit un énorme trou financier et les militants de l’Alliance des jeunes pour le socialisme en prennent le contrôle[6]. L'AJS a pris au même moment le contrôle de la MNEF avec l’aval, là de la justice lors d'une réunion dans un gymnase de Nanterre, dont le service d’ordre de l’AJS a interdit l’accès à une partie des sociétaires[6]. Le climat était à la lassitude et la peur[6]. A l’université de Nanterre, en décembre 1970, le groupe maoïste, la Gauche Prolétarienne, a organisé un meeting ou Alain Geismar a tenu un discours véhément, qui s'est terminé par un affrontement[6]. En à peine un quart d’heure les CRS ont balayé tout le campus[6]. Les gauchistes se sont réfugiés dans les bâtiments, dans lesquels des centaines d’étudiants se sont trouvés piégés[6]. Les CRS, regroupés au centre du campus, forment un carré[6]. La résidence universitaire a été investie, une la porte de chambre a été défoncée, et un jeune, roué de coups, s’est retrouvé avec le foie éclaté[6]. Les gardes mobiles ont été appelés pour s’interposer et calmer la fureur des CRS. La présidence a annoncé que tous les cours étaient suspendus jusqu’aux vacances de Noël et la rentrée de janvier reportée jusqu’à une date indéterminée[6].

Homonymie[modifier | modifier le code]

Une autre Fédération des étudiants révolutionnaires a existé avant la Première Guerre mondiale, sans lien organique avec l'autre.

Références[modifier | modifier le code]

  1. blog de Gérard FRETELLIERE [1]
  2. a b c d e f et g "Conversations avec Thomas Ibáñez", dans la revue "A contre-temps DE JANVIER 2011 [2]
  3. Blog de Gérard FRETELLIERE [3]
  4. a b c d et e "Les groupes politiques d'extrême-gauche à Nanterre", par Jean-Pierre Duteuil, dans la revue Matériaux pour l'histoire de notre temps de 1988 [4]
  5. Conseil d’État statuant au contentieux, N° 76230 76231 76235, Publié au recueil Lebon, M. Henry, rapporteur M. Bertrand, commissaire du gouvernement. Lecture du mardi 21 juillet 1970.
  6. a b c d e f g h i j et k Témoignage d'un membre du Conseil d’Administration de l’UNEF en 1970 sur un jeune qui avait été au lycée avec lui [5]