Jean-Louis Brau

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Jean-Louis Brau
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Jean-Louis Brau, né le 10 juin 1930 à Saint-Ouen et décédé le 29 août 1985 à Clichy[1], est un poète, écrivain et plasticien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1947, il rencontre Antonin Artaud et les poètes lettristes Isidore Isou, Gabriel Pomerand et François Dufrêne, avant de rejoindre véritablement le mouvement lettriste en 1950, accompagné de Gil J Wolman. Il élabore une poésie lettriste improvisée proche de celle de Dufrêne, qu'il nomme "instrumentations verbales", en référence au terme créé par le poète René Ghil, et publie dans la revue Ur de Maurice Lemaître.

En 1952, il travaille sur un projet de film resté inachevé, La barque de la vie courante, dans la lignée des films lettristes d'Isou, Lemaître et Wolman. La même année, avec Wolman, Guy Debord et Serge Berna, il fonde le mouvement dissident Internationale lettriste dont l'esprit annonce la future Internationale situationniste. Il apparaît signataire du manifeste du groupe[2] en février 1953, et, sous le nom de Bull Dog Brau, de plusieurs articles dans le numéro 3 d'Internationale Lettriste (paru en août 1953) dont il est le Directeur-Gérant. Engagé dans le corps expéditionnaire français d’Indochine, il embarque le 15 avril 1954 de Marseille pour arriver le jour de la chute de Diên Biên Phu[3]. Il sera dès lors vite exclu, au motif invoqué[4] de "déviation militariste" [5]. Cité à l'ordre de l'armée, il ira combattre plus tard en Algérie.[3]. Au début des années soixante, il retrouvera une nouvelle fois, en compagnie de Wolman et Dufrêne, le lettrisme d'Isou, et réalisera quelques peintures "hypergraphiques", des sculptures et des collages. En 1962, à la suite du Manifeste de la peinture a-optique ou rhétorique d'Isou, il crée une séance de peinture rhétorique dans un bar londonien. Cet événement sera restitué dans son texte Afin de prendre date, publié en 1963 dans la revue A[6]. En 1964, toujours accompagné de Dufrêne et Wolman, il rompra une nouvelle fois avec le mouvement lettriste lors de l'exposition Lettrisme et Hypergraphie à la galerie Stadler pour fonder la très éphémère Deuxième Internationale Lettriste.

Concrétisant la notion de « dérive » mentale et géographique, il parcourt l’Algérie, la Birmanie, la Corée, puis diffuse les idées des mouvements révolutionnaires d’Amérique, d’Afrique ou du Proche-Orient. Il reste constamment critique dans toutes ses productions et rejette les catégories traditionnelles, comme en témoignent ses nombreux textes sur la contre-culture.

Il publie en 1962 No More, un récit hypergraphique qui "découvre pour la première fois les alphabets mayas et finlandais et mêle les écritures lyriques (...) à la neutralité des lettres..." et "transcrit (...) l'anecdote de la révoltes des jeunes perçue au long d'un itinéraire londonien"[7]. En 1973, il est présent sur le disque de poésie sonore L'Autonomatopek (éd. Georges Fall) aux côtés notamment d'Isidore Isou, François Dufrêne, Gil J Wolman, Henri Chopin et Jacques Spacagna.

À partir de 1981, il refuse toute exposition en France. La Galerie 1900-2000 lui consacrera cependant en 1997 une exposition et une publication destinées à mieux faire connaître l'œuvre de cet artiste méconnu.

Ouvrages de Jean-Louis Brau[modifier | modifier le code]

  • Le voyage de Beryl Marquees (roman-photo d'un voyage sous LSD), photographies de Claude Palmer, éd. Eric Losfeld, 1968
  • Cours camarade, le vieux monde est derrière toi! (histoire du mouvement révolutionnaire étudiant en Europe), éd. Albin Michel, 1968
  • Histoire de la drogue, éd. Tchou, 1968
  • Le petit livre rouge de la violence revolutionnaire, Nouvelles éd. Debresse, 1969
  • Les mauvais lieux de Londres, éd. André Balland, 1969
  • Les armes de la guérilla, éd. André Balland, 1971
  • Antonin Artaud, éd. de la Table Ronde (coll. Les Vies perpendiculaires), 1971
  • Dictionnaire de l'astrologie, Larousse, 1991
  • Le singe appliqué, éd. Grasset, 1972 / réédité par Le Dilettante, 2012
  • Afin de prendre date (1963), Derrière la salle de bains (coll. Acquaviva), 2008

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Poésie physique (avec Wolman et Dufrêne), éd. Achelle, 1965
  • L'autonomatopek 1 (avec I. Isou, G. Wolman, F. Dufrêne, H. Chopin, J. Spacagna, B. Cobbing et A. Locwood), éd. Fall, 1973
  • Lipstick Traces (compilation rock/electro/musique expérimentale), Rough Trade, 1993
  • Musik Sprechen (avec Chopin, Wolman, Dufrêne, Cobbing, Josef Anton Riedl, G. Rühm...), Wergo, 1998
  • Instrumentations verbales, Alga Marghen, 2010

Notes[modifier | modifier le code]

  1. cf. fichier des décès de l'INSEE : https://arbre.app/insee#s=BRAU&n=Jean-Louis&e=b&a=1930&b=1930&o=a
  2. Internationale Lettriste n° 2 in Documents relatifs à la fondation de l'Internationale situationniste, 1948-1957, éditions Allia, Paris, 1985, ainsi que Guy Debord, Œuvre, Gallimard Quarto, Paris 2006, page 95
  3. a et b Christophe Bourseiller, Vie et mort de Guy Debord 1931-1994, Paris, Plon, 1999, page 78
  4. Potlatch numéro 2 du 29 juin 1954, article Á la porte de Gil J Wolman, in Potlatch 1954-57, réédition éd. Gérard Lebovici, Paris 1985
  5. Présentation de Frédéric Acquaviva dans la réédition de son livre Le singe appliqué.
  6. Il a récemment été réédité par Frédéric Acquaviva aux éditions Derrière La Salle de Bains
  7. Broutin, Curtay, Gillard et Poyet, Lettrisme et Hypergraphie, éd. Georges Fall (coll. BibliOpus), 1972.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]