Delphine Boël

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Delphine Boël
Delphine Boël crop.jpg
Delphine Boël en 2008
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (51 ans)
UccleVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Delphine Michèle Anne Marie BoëlVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Chelsea School of Art and Design, Londres, UK
Activité
Artiste Multimedia
Famille
Père
Jacques Boël (légal)
Albert II (biologique)
Mère
Autres informations
Site web
Blason Boël.svg
Armes des Boël

Delphine Boël, née à Uccle le 22 février 1968, est une artiste belge qui réalise des œuvres multimédias. Le 27 janvier 2020, après plusieurs années d'une procédure juridique intentée par elle-même, le roi Albert II reconnait qu'il est son père biologique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Delphine Boël porte le nom de son père légal Jacques Pol Pascal Marie Ghislain Boël, écuyer, administrateur de sociétés, né en 1929, membre d'une famille d'industriels anoblis et époux de la mère de Delphine, la baronne Sybille de Selys Longchamps, maîtresse du prince de Liège et futur roi Albert II pendant plusieurs années.

« L'Affaire Delphine » commence le , lors de la publication d'une biographie de la reine Paola. Rédigée par Mario Danneels, un jeune journaliste flamand alors âgé de 18 ans, cette biographie, intitulée Paola, van la dolce vita tot koningin[1] fait mention d'une relation extra-conjugale entretenue par Albert, alors que son couple était en crise, dans les années 60. De cette relation illégitime, serait née une fille dont la ressemblance physique avec le roi est saisissante[2]. À l'annonce de la nouvelle, Paola aurait à l'époque demandé le divorce, mais la raison d'État fut la plus forte. Le couple s'est ensuite réconcilié à l'aube des années 80 et paraît depuis lors très soudé et très uni face aux médias : la reine Paola a soutenu publiquement son époux.

Il n'en fallut pas plus pour déclencher une vaste campagne médiatique. Le Palais Royal refusa d'abord de réagir à ce qu'il considérait comme des ragots. Finalement, le roi reconnut des problèmes conjugaux lors de son traditionnel discours de Noël, le , disant : « La Reine et moi, nous nous sommes remémoré des périodes très heureuses, mais aussi la crise que notre couple a traversée il y a plus de 30 ans[3]. »

Depuis 1999, Delphine Boël a retrouvé son anonymat et n'est jamais apparue publiquement avec son père biologique supposé. Elle poursuit sa carrière artistique. En Belgique, elle a exposé ses œuvres à Ixelles en 2001, Coxyde en 2004 et à Laethem-Saint-Martin en 2008. En 2003, elle a participé à la Biennale de Venise en Italie, et en 2017 a eu une rétrospective au Musée des Beaux-arts d'Ixelles. Au printemps 2008, à la demande de la galerie Guy Pieters, elle publie un catalogue d'art autobiographique intitulée Couper le cordon, dans lequel elle décrit ses œuvres qui révèlent les épisodes de sa vie qui l'ont marquée et sur la façon dont elle les a passés - d'où le titre. En octobre 2008, le prince Laurent et la princesse Claire sont les premiers membres de la famille royale à s'être montrés aux côtés de Delphine Boël à la fin d'un défilé de mode.

Sur le plan privé, Delphine Boël vit depuis 2003 avec Jim O'Hare, un Américain d'origine irlandaise qui travaille dans le secteur de la construction. Ils sont les parents de Joséphine, née le 17 octobre 2003 à la Clinique Edith Cavell d'Uccle. Le 28 avril 2008 est né Oscar, leur deuxième enfant.

En juin 2013, Delphine Boël entend obtenir la reconnaissance officielle de sa filiation et saisit la justice pour obtenir un test ADN[4],[5]. Le , la presse annonce qu'une audience aura lieu le , audience à laquelle les trois parties sont convoquées (Delphine Boël, Jacques Boël et Albert II). Alain Berenboom, conseil d'Albert II, annonce que ses avocats le représenteront lors de cette audience[6],[7]. La demande de contestation de paternité vis-à-vis de Jacques Boël a été estimée recevable mais non fondée en première instance ; elle fait appel de ce jugement[8]. Le 25 octobre 2018, l'arrêt de la cour d'appel de Bruxelles ordonne au roi Albert II de se soumettre à un test ADN dans les trois mois[9]. Malgré cette mesure avant dire droit[Notes 1], le roi refuse le test ADN et se pourvoit en cassation contre ce jugement le 1er février 2019. Finalement, le Roi se soumettra au test ADN le 28 mai 2019, suite à la décision de la Cour. Les résultats de ce test sont confidentiels tant pour le Roi que pour la Cour qui a ordonné cette mesure.

Le 13 décembre 2019, la cour rejette le pourvoi d'Albert II.

Le 27 janvier 2020, le roi Albert II reconnaît être le père biologique de Delphine Boël conformément aux résultats du test ADN ordonné par la Cour d'appel de Bruxelles, mettant fin à une saga judiciaire de plus de 20 ans.[10]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Un jugement avant dire droit est un jugement qui ordonne uniquement une mesure d'instruction ou une mesure provisoire au cours de l'instance, sans trancher le litige en droit.

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Oscar Coomans de Brachène, État présent de la noblesse belge, Annuaire de 1998, première partie (de Selys Longchamps), p. 187-197, Bruxelles, 1998.
  • Oscar Coomans de Brachène, État présent de la noblesse belge, Annuaire de 2003, seconde partie (Boël), p. 354-358, Bruxelles, 2003, p. 358.
  • Delphine Boël, Couper le cordon, Bruxelles, ed. Wever & Bergh, 2008.
  • Les plus belles anecdotes historiques et secrètes sur la Famille royale de Belgique, Les Éditions de l'Arbre, édition revue et augmentée 2009.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]