Delphine de Saxe-Cobourg

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Delphine Boël)
Delphine de Saxe-Cobourg
Description de cette image, également commentée ci-après
Delphine en 2008.
Biographie
Titulature Princesse de Belgique
Dynastie Maison de Belgique
Nom de naissance Delphine Michèle Anne Marie Ghislaine Boël
Naissance (53 ans)
Uccle (Belgique)
Père Albert II
Jacques Boël (légal jusqu'en 2018)
Mère Sybille de Selys Longchamps
Conjoint James O'Hare
Enfants Joséphine, princesse de Belgique
Oscar, prince de Belgique
Résidence Bruxelles (Belgique)
Description de l'image Arms of a Princess of Belgium.svg.

Delphine de Saxe-Cobourg[N 1],[N 2], princesse de Belgique, née Delphine Boël le 22 février 1968 à Uccle (Bruxelles-Capitale), est une artiste belge qui réalise des œuvres multimédias et un membre officiel de la famille royale belge depuis 2020. Fille adultérine du roi Albert II de Belgique et de la baronne Sybille de Selys Longchamps, elle est la demi-sœur consanguine du roi des Belges, Philippe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

À sa naissance, Delphine reçoit le nom de son père légal Jacques Pol Pascal Marie Ghislain Boël, écuyer, administrateur de sociétés, né en 1929, membre d'une famille d'industriels anoblie et époux de la mère de Delphine, la baronne Sybille de Selys Longchamps, maîtresse du prince de Liège (et futur roi Albert II) de 1966 à 1984.

Dans sa scolarité elle fréquente en Suisse l'Institut Le Rosey à Rolle et en Grande Bretagne la Chelsea School of Art dont elle est diplômée en 1991.

Delphine de Saxe-Cobourg vit depuis 2003 avec James, dit « Jim », O'Hare, un Américain d'origine irlandaise qui travaille dans le secteur de la construction. Ils sont les parents de deux enfants, une fille et un garçon, qui bénéficient du titre de « prince et princesse de Belgique » avec prédicat d'altesse royale depuis le jugement du 1er octobre 2020[3] :

  • Joséphine O'Hare, princesse de Belgique (née le 17 octobre 2003 à Uccle)[4] ;
  • Oscar O'Hare, prince de Belgique (né le 28 avril 2008)[4].

Le combat judiciaire[modifier | modifier le code]

« L'Affaire Delphine » commence le , lors de la publication d'une biographie de la reine Paola. Rédigée par Mario Danneels (nl), un jeune journaliste flamand alors âgé de 18 ans, cette biographie, intitulée Paola, van la dolce vita tot koningin[5] fait mention d'une relation extra-conjugale entretenue par Albert, alors que son couple était en crise, dans les années 1960. De cette relation illégitime serait née une fille dont la ressemblance physique avec le roi est saisissante[6]. Paola aurait à l'époque demandé le divorce, mais la raison d'État fut la plus forte. Le couple s'est ensuite réconcilié à l'aube des années 1980 et paraît depuis lors très soudé et très uni face aux médias : la reine Paola a soutenu publiquement son époux.

Delphine de Saxe-Cobourg avec sa fille Joséphine en 2008.

Il n'en fallait plus pour déclencher une vaste campagne médiatique. Le Palais royal refusa d'abord de réagir à ce qu'il considérait comme des ragots. Finalement, le roi reconnut des problèmes conjugaux lors de son traditionnel discours de Noël, le , disant : « La reine et moi, nous nous sommes remémoré des périodes très heureuses, mais aussi la crise que notre couple a traversée il y a plus de 30 ans. »

À partir de 1999, Delphine retrouve son anonymat, n'apparaît jamais publiquement avec son père biologique supposé et poursuit sa carrière artistique. En Belgique, elle a exposé ses œuvres à Ixelles en 2001, Coxyde en 2004 et à Laethem-Saint-Martin en 2008. En 2003, elle a participé à la Biennale de Venise en Italie, et en 2017 a eu une rétrospective au musée des beaux-arts d'Ixelles. Au printemps 2008, à la demande de la galerie Guy Pieters, elle publie un catalogue d'art autobiographique intitulée Couper le cordon, dans lequel elle décrit ses œuvres qui révèlent les épisodes de sa vie qui l'ont marquée et sur la façon dont elle les a passés — d'où le titre. En , le prince Laurent et la princesse Claire sont les premiers membres de la famille royale à s'être montrés aux côtés de Delphine à la fin d'un défilé de mode.

En , Delphine entend obtenir la reconnaissance officielle de sa filiation et saisit la justice pour obtenir un test ADN[7],[8]. Elle justifie cette action non pas parce qu’elle recherche un père, mais par sa détermination à faire cesser les discriminations dont elle est l’objet et contre lesquelles elle doit se battre[9].

Le , la presse annonce qu'une audience aura lieu le , audience à laquelle les trois parties sont convoquées (Delphine, Jacques Boël et Albert II). Alain Berenboom, conseil d'Albert II, annonce que ses avocats le représenteront lors de cette audience[10],[11]. La demande de contestation de paternité vis-à-vis de Jacques Boël a été estimée recevable mais non fondée en première instance ; l'avocat de Delphine fait appel de ce jugement[12]. Le , l'arrêt de la cour d'appel de Bruxelles ordonne au roi Albert II de se soumettre à un test ADN dans les trois mois[13]. Malgré cette mesure « avant dire droit »[N 3], le roi refuse le test ADN et se pourvoit en cassation contre ce jugement le . Finalement, le roi se soumet au test ADN le , à la suite de la décision de la cour. Les résultats de ce test sont confidentiels tant pour le roi que pour la cour qui a ordonné cette mesure.

Le , la Cour de cassation rejette le pourvoi d'Albert II.

Reconnaissance et fin de l'affaire[modifier | modifier le code]

Le , le roi Albert II reconnaît être le père biologique de Delphine conformément aux résultats du test ADN ordonné par la cour d'appel de Bruxelles, ouvrant la voie à la fin d'une saga judiciaire qui dure depuis plusieurs années[14].

Le , deux jours avant les 86 ans du roi Albert, l'affaire est revenue sur le devant de la scène médiatique puisque la Cour d'appel de Bruxelles devait entendre une dernière fois les parties dans ce dossier, avant de rendre une décision définitive au sujet de cette affaire. Delphine Boël pourrait en effet prétendre à un nouveau nom de famille, à un titre ainsi qu'à « un quart » de l'héritage auquel « les autres enfants auront droit » à la mort du roi[15].

Princesse de Belgique[modifier | modifier le code]

La Cour d'appel rend son arrêt définitif le et Delphine devient officiellement princesse de Belgique et prend le nom de son père biologique, de Saxe-Cobourg, avec prédicat d'altesse royale[16],[17],[4].

Le , un message commun du roi Philippe et de la princesse Delphine, signé « Philippe & Delphine », révèle que le frère et la sœur se sont rencontrés pour la première fois le au château de Laeken, résidence du roi, et que ce nouveau lien « va désormais se développer dans un cadre familial »[18],[19],[20]. Le , elle est reçue par Albert II et Paola au château du Belvédère[21].

La princesse Delphine assiste au défilé du 21 juillet 2021 depuis la tribune royale[22]. Elle porte à cette occasion une robe signée Erratum Fashion — marque dont le nom fait référence à la correction des erreurs du passé colonial —, créée par la styliste belge d'origine guinéenne Siré Kaba[23].

Ordre de succession au trône[modifier | modifier le code]

La princesse Delphine et ses descendants, dont les titres et prédicats sont reconnus, n'entreront cependant pas dans l'ordre de succession au trône de Belgique, conformément aux articles 5 et 6 de l'arrêt du 1er octobre 2020, rendu par la Cour d'appel de Bruxelles, dans cette affaire « Delphine Boël c. Jacques Boël et S.M. le Roi Albert II »[24] :

II. L’ordre de succession au Trône

5. Pour ce qui est ensuite de l’incidence de l’établissement de cette filiation sur l’ordre de succession au trône, il convient de signaler qu’aux termes de l’article 85 de la Constitution, n’entrent dans cet ordre que les descendants d’une union qui a reçu le contreseing du gouvernement fédéral.

6. Cette condition n’étant pas remplie en l’espèce, la princesse Delphine et ses descendants n’entrent pas dans l’ordre de succession au trône[24],[N 4].

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

Delphine de Saxe-Cobourg a publié deux ouvrages ; le premier à caractère autobiographique et le second davantage axé sur ses activités en qualité d'artiste plasticienne :

Titulature[modifier | modifier le code]

  •  : Jonkvrouw (Demoiselle) Delphine Boël[N 5] ;
  • Depuis le  : Son Altesse Royale Delphine de Saxe-Cobourg, princesse de Belgique (jugement).

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La raison de l'usage « incomplet » du patronyme de Saxe-Cobourg dans la Constitution au lieu de de Saxe-Cobourg et Gotha est la suivante : « La branche à laquelle appartenait le futur Léopold Ier a régné sur un duché composé des territoires de Cobourg et de Saalfeld puis, après un échange territorial dynastique, de ceux de Cobourg et de Gotha. […] Cet échange territorial n'ayant eu lieu qu'en [1826], le changement patronymique qui en résulta pour Léopold Ier et sa famille (Saxe-Cobourg-Saalfeld devenant Saxe-Cobourg-Gotha) n'était pas encore bien assimilé à l'époque de la rédaction de la constitution belge en [1831], raison pour laquelle on y mentionna le patronyme incomplet de Saxe-Cobourg (Constitution, art. 85, al. 1). »[1].
  2. Concernant le patronyme utilisé par la famille royale belge (de Saxe-Cobourg-Gotha vs. de Belgique) : « Si le nom de famille originel de la famille royale est Saxe-Cobourg-Gotha et quand bien même n'y a-t-il eu aucun acte officiel de renonciation à ce nom, les membres de la famille royale portent officiellement le patronyme de Belgique. C'est ainsi qu'ils signent et c'est le nom qui est repris sur leur documents d'état civil, comme leur carte d'identité, leurs actes de naissance et de mariage »[2].
  3. Un jugement avant dire droit est un jugement qui ordonne uniquement une mesure d'instruction ou une mesure provisoire au cours de l'instance, sans trancher le litige en droit.
  4. Une demande en justice, au sujet d'une intégration dans la succession au trône, n'ayant cependant jamais été saisie par la requérante.
  5. Prédicat de la fille d'un écuyer, voir : Jonkheer.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Monette 2002, p. 185-195.
  2. Monette 2002, p. 33.
  3. Prisma Média, « Delphine Boel : qui est son mari, l’homme de l’ombre qui la soutient discrètement ? - Gala », sur Gala.fr (consulté le )
  4. a b et c « Pourquoi Delphine n'a-t-elle pas pris le nom de Belgique », sur histoiresroyales.fr, (consulté le ).
  5. Traduction française : Mario Danneels, Paola, de la dolce vita à la couronne, Pire Luc éd., 2002 (ISBN 978-2930240824).
  6. « Delphine Boël, une fille en colère », L’Écho, 23 septembre 2014.
  7. « En Belgique, la fille adultérine d'Albert II exige une reconnaissance officielle », Le Monde, .
  8. « Une fille d'Albert II veut être reconnue », Le Figaro, .
  9. « Delphine Boël justifie son action en raison des discriminations dont elle est victime », sur LaLibre.be, (consulté le ).
  10. « Affaire Boël : l’avocat d’Albert II le représentera au tribunal le 21 février », Le Soir, .
  11. « Affaire Delphine Boël : Albert II convoqué par le tribunal », La Libre Belgique, .
  12. « Affaire Boël : l’avocat de Delphine va en appel », Le Soir, .
  13. « Belgique : Albert II va devoir faire un test de paternité », L'Express, .
  14. Fabien Van Eeckhaut, « L'ADN a parlé : Albert II« arrête le combat judiciaire et accepte que Delphine Boël devienne son quatrième enfant» », sur rtbf.be/info, (consulté le ).
  15. « Plus secrète encore que Delphine: la véritable fortune du roi Albert », sur 7sur7.be, (consulté le ).
  16. « Delphine Boël officiellement nommée princesse de Belgique », sur 7sur7.be, (consulté le ).
  17. « Delphine Boël est princesse de Belgique avec prédicat d'altesse royale: "une victoire judiciaire ne remplacera jamais l’amour d’un père" », sur rtbf.be, (consulté le ).
  18. Philippe de Belgique et Delphine de Saxe-Cobourg, « Message commun de Sa Majesté le Roi et de Son Altesse Royale la Princesse Delphine », sur monarchie.be, (consulté le ).
  19. « Le Roi Philippe a rencontré la Princesse Delphine au Château de Laeken », sur lalibre.be, (consulté le ).
  20. Le roi Philippe et la princesse Delphine se sont rencontrés pour la première fois, RTBF, 15 octobre 2020
  21. La princesse Delphine a rencontré Albert et Paola : "Un nouveau chapitre s'est ouvert", RTBF, 27 octobre 2020
  22. R. T. L. Newmedia, « Première Fête nationale pour Delphine: la princesse assiste au défilé depuis la tribune royale (photos et vidéos) », sur RTL Info, (consulté le )
  23. « La princesse Delphine a assisté au défilé du 21 juillet en tribune royale », sur parismatch.be, (consulté le ).
  24. a et b « Delphine de Saxe-Cobourg, membre de la famille royale : quelles conséquences en découlent ? », sur justice-en-ligne.be, 22 octobre 2020 (consulté le 3 décembre 2020).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Oscar Coomans de Brachène, État présent de la noblesse belge, Annuaire de 1984, Bruxelles, 1984.
  • Oscar Coomans de Brachène, État présent de la noblesse belge, Annuaire de 2003, Bruxelles, 2003.
  • Les plus belles anecdotes historiques et secrètes sur la Famille royale de Belgique, Les Éditions de l'Arbre, édition revue et augmentée 2009.
  • Bertrand Maus de Rolley e.a., ''État présent de la noblesse belge, Annuaire de 2018, Bruxelles, 2018.
  • Pierre-Yves Monette, Métier de Roi : Famille, Entourage, Pouvoir, de A à Z, Bruxelles, Alice Éditions, , 256 p. (ISBN 978-2-9301-8251-3).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]