Stéphanie de Belgique

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Stéphanie de Belgique
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Stéphanie de Belgique, alors archiduchesse. Vers 1885.

Biographie
Titulature Princesse de Belgique
Archiduchesse d'Autriche
Dynastie Maison de Belgique
Nom de naissance Stéphanie de Saxe-Cobourg et Gotha
Naissance
Laeken, Bruxelles
Décès (à 81 ans)
Pannonhalma (comitat de Győr-Moson-Sopron, Hongrie)
Père Léopold II de Belgique
Mère Marie-Henriette d'Autriche
Conjoint Rodolphe d'Autriche
Elemér Lonyay
Enfants Élisabeth-Marie d'Autriche

Stéphanie Clotilde Louise Herminie Marie Charlotte de Saxe-Cobourg et Gotha, princesse de Belgique, née le à Laeken, Bruxelles, et décédée le à Pannonhalma (comitat de Győr-Moson-Sopron, Hongrie), est un membre de la Maison royale de Belgique.

Deuxième fille du roi Léopold II et de la reine Marie-Henriette, elle est l'épouse de l'archiduc Rodolphe d'Autriche, héritier de l'Empire austro-hongrois, de 1881 à 1889, année du décès de celui-ci, à Mayerling, dans des circonstances restées mystérieuses. Elle se remarie avec un comte hongrois en 1900.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Stéphanie de Belgique naît au château de Laeken. Son enfance est marquée par une éducation spartiate dans un climat morose, dû à la mésentente entre ses parents et au décès de son unique frère, le prince héritier Léopold en 1869.

L'instruction dispensée à la princesse inclut les cours suivants : français, anglais, allemand, mathématiques, histoire, littérature, danse, équitation[1]

Mariage avec l'archiduc Rodolphe[modifier | modifier le code]

Alors que sa sœur aînée Louise[2] a épousé en 1875 un richissime cousin de son père, le prince Philippe de Saxe-Cobourg-Kohary, officier autrichien et ami de l'archiduc héritier, la princesse Stéphanie fait partie des princesses catholiques répondant aux critères imposés par François-Joseph Ier pour devenir l'épouse de l'archiduc héritier de l'Empire austro-hongrois.

Au cours d'un voyage en Belgique en mars 1880, l'archiduc Rodolphe demande la princesse Stéphanie en mariage à la grande joie du roi et de la reine des Belges. La joie du couple impérial est plus mesurée.

Les fiançailles seront officialisées le 7 mars 1880. Stéphanie n'a pas seize ans. Les noces, initialement prévues le 15 février 1881, doivent être différées, Stéphanie n'étant pas encore nubile. Le mariage est finalement célébré à Vienne le 10 mai 1881, quelques jours avant le dix-septième anniversaire de la princesse. L'archiduc-héritier Rodolphe d'Autriche, fils de l'empereur et roi François-Joseph Ier et d'Élisabeth en Bavière (dite « Sissi »), a quant à lui vingt-deux ans. L'existence de sentiments amoureux au sein du couple n'a jamais été prouvée, mais ce mariage politique est basé au début sur un respect et un attachement mutuels. Preuve en est les surnoms que les époux s'attribuent respectivement : « Coco » pour Rodolphe, et « Coceuse » (sic) pour Stéphanie.

L'archiduc Rodolphe et son épouse Stéphanie en 1882. Photo de Heinrich Eckert.

Pour autant, Stéphanie, qui n'ignore pas la vie nocturne et les idées libérales de Rodolphe, tient sa place d'archiduchesse héritière. Lors de l'annonce de sa grossesse, Rodolphe devient prévenant et attentif auprès de son épouse. Ils parlent même du futur enfant en l'appelant « Vaslav », tant ils sont certains que ce sera un garçon mais, le 2 septembre 1883, Stéphanie donne naissance à une fille, Élisabeth-Marie, dite « Erszi ». Quand on annonce le sexe de l'enfant à Rodolphe, celui-ci ne cache pas sa déception de ne pas avoir donné un héritier à l'Autriche-Hongrie. Pour le couple, qui n'aura pas d'autre enfant, cette naissance va marquer le début des difficultés conjugales.

Stéphanie a une haute idée de son rang et s'attelle à assumer pleinement le rôle qui lui est conféré par son titre. De son coté, Rodolphe développe des amitiés douteuses parmi les opposants à la monarchie.

En 1884, l'archiduc-héritier tombe malade. Cette maladie est désignée de plusieurs façons : cystite, maux de ventre… Ces qualificatifs évasifs n'ont comme objectif que de cacher la véritable nature du mal qui touche l'archiduc. Il a en réalité contracté une maladie vénérienne, vraisemblablement une gonorrhée, au cours de ses aventures extra-conjugales[3]. Les médecins, redoutant la syphilis, emploient les remèdes indiqués alors pour traiter cette dernière, soit l'opium, le cognac, la morphine, ainsi que le mercure qui, pris à trop forte dose, peuvent conduire à des séquelles psychologiques. Personne n'informe, dans un premier temps, l'archiduchesse Stéphanie de la nature de ce mal. Lorsqu'elle en ressent elle-même les premiers effets, on évoque alors une péritonite. Les conséquences de ce mensonge sont dramatiques. Alors qu'ils essayaient de concevoir un autre enfant, l'archiduchesse Stéphanie devient stérile. À partir de ce moment-là, se sentant trahie par son propre époux, elle ne nourrira plus que de la rancœur et de l'amertume à l'égard de Rodolphe.

Néanmoins, Stéphanie s'inquiète des tendances dépressives – voire suicidaires – de son mari, sans réussir à faire partager son angoisse à la famille impériale.

Elle entame une relation amoureuse avec le comte polonais Artur Potocki, rencontré en 1887, tandis que son époux poursuit d'autres liaisons.

Le comte Elemer Lónyay, second époux de Stéphanie de Belgique.

Stéphanie devient veuve à vingt-quatre ans quand, le 30 janvier 1889, son mari est retrouvé mort avec sa maîtresse Marie Vetsera, à Mayerling.

Mariage avec le comte Lónyay[modifier | modifier le code]

Après une première union malheureuse, Stéphanie fait un mariage d'amour le avec un aristocrate hongrois de bas rang, le comte Elemér Lónyay de Nagy-Lónya et Vásáros-Namény (Bodrogolaszi, 24 août 1863 - Budapest, 20 juillet 1946)[4]. Elle perd ses titres impériaux, et sa fille, adolescente, qui la tient en partie pour responsable du drame de Mayerling, rompt tout contact avec elle. Stéphanie s'attire également la colère de son père, le roi Léopold II de Belgique.

Stéphanie, comtesse Lónyay.

Après le décès de Léopold II en 1909, elle se joint à sa sœur, la princesse Louise de Saxe-Cobourg et Gotha, pour réclamer à la justice belge la part d'héritage dont elles s'estiment toutes deux avoir été dépouillées par leur père au profit de la Donation royale.

Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, le comte et la comtesse Lónyay passent paisiblement leur vie au château d'Oroszvar en Slovaquie. En 1934, Stéphanie déshérite sa fille, qui avait divorcé du prince Otto zu Windisch-Graetz pour vivre avec un député socialiste[5]. En 1937, elle publie ses mémoires, intitulés Je devais être impératrice.

Après l'arrivée de l'armée soviétique, en 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le couple quitte son château pour se réfugier à l'abbaye bénédictine de Pannonhalma, en Hongrie, où, le 23 août 1945, la comtesse, âgée de quatre-vingt-un ans, est frappée d'une congestion cérébrale.

Elle repose dans la crypte de cette abbaye. Sa tombe sera par la suite profanée.

Représentations[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.ethesis.net/prinsessen/prinsessen_bijlagen.htm
  2. Olivier Defrance, Louise de Saxe-Cobourg, Amours, argent, procès, Bruxelles, 2001.
  3. Jean Bérenger, Histoire de l'Empire des Habsbourg (1273-1918), Fayard,‎ 1990, p. 337
  4. « Mariage de l'archiduchesse Stéphanie », dans Gil Blas, 17 octobre 1899, p. 3, col. 1-2, disponible sur Gallica.
  5. Friedrich Weissensteiner, L'Archiduchesse rouge, Paris, Payot, 2010, p. 142.

Mémoires[modifier | modifier le code]

  • Stéphanie de Belgique, Je devais être impératrice : La dernière princesse héritière d'Autriche-Hongrie, 1937. – rééd. : Le Cri, 1997.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Célia Bertin, Mayerling ou la tragédie des Wittelsbach, Paris, Librairie académique Perrin, 1967.
  • Jean des Cars, Rodolphe et les secrets de Mayerling, Paris, Perrin, 2007.
  • Louise de Belgique, Autour des trônes que j'ai vu tomber (mémoires), Paris, Albin Michel, 1921.
  • Friedrich Weissensteiner, L'Archiduchesse rouge, Paris, Payot, 2010.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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