Déforestation de la forêt amazonienne

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Évolution de la déforestation dans l'état de Rondonia au Brésil entre 2000 et 2010
L'Amazone dans la forêt tropicale

La déforestation de la forêt amazonienne s'est grandement accélérée entre 1991 et 2004, jusqu'à atteindre un taux annuel de perte de surface forestière de 27 423 km2 en 2004. Bien que le taux de déforestation ait ralenti depuis 2004 (avec une réaccélération en 2008 et en 2013), la surface couverte par la forêt continue de décroître[1].

La forêt amazonienne représente à elle seule la moitié des forêts tropicales restantes sur la planète, et est la forêt tropicale la plus grande, et celle avec la plus grande biodiversité au monde. 60 % de la forêt est sur le territoire du Brésil, tandis que 13 % se trouve au Pérou, 10 % en Colombie, ainsi que des parties au Venezuela, en Équateur, en Bolivie, à Guyana, au Suriname et en Guyane.

La déforestation en Amazonie a pour effet une perte de capacité forestière, donc une diminution de la biocapacité par personne du Brésil, et donc de son excédent écologique. Cependant, l'essentiel de la diminution de biocapacité par tête du Brésil est dû à la croissance démographique[2].

Encouragée par le commerce international de viande bovine et de cuir[3], l'industrie de l'élevage bovin dans le secteur de l'Amazonie est responsable d'environ 80% de la déforestation de la région[4], ce qui représente 14% de la déforestation à l'échelle mondiale chaque année, ce qui en fait le moteur de déforestation le plus important au monde[5]. En 1995, 70% des terres qui étaient auparavant de la forêt étaient utilisées pour l'élevage bovin, ainsi que 91% des terres issues de la déforestation depuis 1970[6],[7]. Le défrichement par les fermiers à des fins d'agriculture vivrière[8] ou d'exploitation mécanisée (soja et palme notamment) correspond à la majorité du reste de la déforestation[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

Chef Raoni, l'un des principaux opposants à la déforestation de la forêt amazonienne

À l'ère précolombienne, certaines parties de l'Amazonie étaient des zones densément peuplées, cultivées et ouvertes. Après l'invasion européenne du XVIe siècle, la combinaison de plusieurs facteurs comme la prospection d'or, les maladies apportées par les Européens, l'esclavage et le boom du caoutchouc, l'Amazonie se dépeupla et la forêt grandit[10].

Avant les années 1970, l'accès à l'intérieur de la forêt était difficile car aucune route n'y avait été tracée, et mis à part des défrichements près des rivières la forêt était relativement intacte[11]. La déforestation s'accéléra énormément après l'ouverture d'autoroutes au cœur de la forêt, comme la Transamazonienne en 1972.

Dans certaines parties de l'Amazonie, l'agriculture basée sur les plantations n'était pas profitable à cause de la mauvaise qualité des sols. Le tournant dans la déforestation de la forêt amazonienne arriva dans les années 1960, lorsque les colons commencèrent à créer des fermes à l'intérieur de la forêt. Leur système était basé sur la culture de plantes et l'agriculture sur brûlis. Cependant, les colons ne surent faire prospérer leurs champs et leurs cultures, car cette méthode occasionne une perte de la fertilité du sol et des invasions par des adventices (mauvaises herbes)[12].

Dans les régions indigènes de l'Amazonie péruvienne, comme le bassin de la rivière Chambira des Urarina[13], les sols sont productifs pour seulement une courte période, ce qui pousse les cultivateurs indigènes comme les Urarina à se déplacer dans de nouvelles zones et à défricher encore plus de terres[12]. La colonisation de l'Amazonie était dominée par l'élevage bovin car l'élevage en ranch ne requiert que peu de travail, génère des profits suffisants, et donne un statut social important au sein de la communauté ; de plus, l'herbe peut pousser dans le sol amazonien, de qualité relativement faible. Cependant, la démultiplication des élevages mena à une vaste déforestation, causant de grands dégâts environnementaux[14].

On estime que 30% de la déforestation est due aux actions des propriétaires de petites parcelles. Même si ces propriétaires possèdent finalement une partie de l'Amazone plus faible que les propriétaires de parcelles de taille moyenne et grande (89% du territoire de l'Amazonie), l'intensité de la déforestation dans les zones qu'ils possèdent est plus importante que dans les grandes parcelles. Ceci montre l'importance d'utiliser des terres qui ont déjà été défrichées, au lieu de distribuer des zones qui sont encore boisées, un geste qui apparaît comme plus facile politiquement[15]. Dans l'Amazonie brésilienne, la proportion de propriétaires de petites parcelles comparée à celle des propriétaires de grandes parcelles change fréquemment en fonction des pressions démographiques et économiques.

En 2009, le président péruvien Alan García installa par décret exécutif la loi 840[16] (aussi connue sous le nom de la « Ley de la Selva », « la loi de la jungle » ou simplement la « loi forestière »), qui autorisait la vente par l'État de terres amazoniennes non cultivées à des entreprises privées, sans aucune date limite où les droits de propriété expirent[17]. Bien que la loi fut promue comme étant une mesure de « reforestation », elle fut critiquée car la privatisation causerait au contraire plus de déforestation[18], tout en renonçant aux droits que l'État exerce sur les ressources naturelles pour les donner aux investisseurs, et en laissant le destin des peuples  indigènes du Pérou, qui n'ont bien souvent pas de titres formels de propriété concernant les portions de forêts qu'ils occupent et qu'ils utilisent pour leur subsistance, dans l'incertitude[16],[19]. La loi 840 rencontra une forte résistance et finit par être annulée par la législature du Pérou car considérée comme anticonstitutionnelle[16].

Causes de la déforestation[modifier | modifier le code]

Feux et déforestation dans le Rondônia
Une conséquence de la déforestation de la forêt amazonienne : des nuages épais de fumée au-dessus de la forêt

La déforestation de la forêt amazonienne peut être attribuée à de nombreux facteurs au niveau local, national et international. La forêt amazonienne est vue comme une ressource à exploiter, fournissant des pâturages pour les élevages, des bois de valeur, des remèdes médicinaux, et de l'espace pour construire des habitations ou établir des fermes (surtout pour le soja), et pour construire des routes (autoroutes et petites routes).

Un rapport de Greenpeace de 2009 évalue la déforestation causée par l'élevage bovin en Amazonie, soutenu par le commerce international de viande bovine et de cuir, comme correspondant à 80% de la déforestation totale dans la région[4], soit environ 14% de la déforestation annuelle mondiale, ce qui en fait le plus grand moteur de déforestation au monde[5]. Selon un rapport de 2006 par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, 70% des terres qui étaient boisées dans le passé, et 91% des terres déboisées depuis 1970, sont utilisées pour les ranches des élevages bovins[6],[20].

D'autres défrichements en Amazonie sont causés par des fermiers, qui déboisent des terres pour y faire de l'agriculture vivrière[8] ou pour les exploiter avec des machines. Des scientifiques ont utilisé des données satellites de la NASA pour montrer en 2006 que les déboisements causés par l'agriculture mécanisée sont devenus un moteur important de déforestation en Amazonie. Il est possible que ce changement perturbe le climat de la région. Des chercheurs ont également montré qu'en 2003, une année de déforestation record, plus de 20% des forêts de l'état du Mato Grosso furent converties en des terres arables[9]. En 2005, les prix du soja chutèrent de plus de 25%, et l'on put constater dans certaines zones du Mato Grosso un recul du nombre de grands évènements de déforestation, ce qui suggère que l'augmentation ou la chute des prix d'autres denrées, du bœuf ou du bois pourraient aussi avoir un impact important sur l'utilisation des sols dans la région[9].

Jusqu'en 2006, un moteur important de déforestation en Amazonie était la culture de soja, principalement pour l'exportation et la production de biodiesel et de nourriture animale[21] ; l'augmentation des prix du soja a poussé les cultivateurs de soja à continuer à déboiser des forêts au nord de la forêt amazonienne[22]. Cependant, un accord au sein de la filière, le Moratoire du Soja, a aidé à réduire considérablement la déforestation liée au soja dans la région. En 2006, plusieurs entreprises dans le commerce de marchandises comme Cargill se sont mises d'accord pour refuser d'acheter du soja produit dans des zones récemment déboisées en Amazonie brésilienne. Avant ce moratoire, 30% de l'expansion de la culture du soja se faisait grâce à la déforestation, ce qui contribua à des taux de déforestation record. Une étude de 2015 montra que 8 ans après l'instauration de ce moratoire, la culture de soja s'était étendue sur 1.3 millions d'hectares, mais seulement 1% de cette expansion s'était faite au détriment de la forêt ; les cultivateurs de soja, en réaction au moratoire, plantaient sur des terrains déjà déboisés[22].

Les besoins des cultivateurs de soja ont été utilisés pour justifier des projets d'infrastructures controversés qui se sont développés dans l'Amazonie[11]. Les deux premières autoroutes, l'autoroute de Belém-Brasília (1958) et l'autoroute de Cuiaba-Porto Velho (1968), étaient les seules autoroutes fédérales de l'Amazônia Legal à être goudronnées et empruntables tout au long de l'année avant la fin des années 1990. On dit souvent de ces deux autoroutes qu'elles sont au cœur de "l'arc de déforestation", qui est à l'heure actuelle le point focal de la déforestation amazonienne. L'autoroute de Belém-Brasília attira presque 2 millions de colons dans les 20 premières années : l'ouverture de la forêt fut poursuivie en continuant à construire des routes goudronnées, ce qui crée la possibilité de s'installer dans la forêt. La fin de la construction de ces routes fut suivie par une vague de relocalisation, et ces colons eurent également un impact important sur la forêt[23].

Des recherches menées par Leydimere Oliveira et ses coauteurs ont montré que plus la forêt amazonienne est défrichée, moins la région bénéficie de précipitations, ce qui fait baisser les rendements par hectare. Ainsi, à l'échelle du Brésil, il n'y a pas de gain économique à couper les arbres, les vendre et utiliser les terres défrichées à des fins agricoles[24].

Taux de perte de forêt[modifier | modifier le code]

Le taux annuel de déforestation dans la région de l'Amazonie augmenta de façon spectaculaire entre 1991 et 2003[11]. Entre 1991 et 2000, la surface totale de forêt amazonienne défrichée depuis 1970 passa de 419 010 km2 à 575 903 km2[1], ce qui est comparable à la superficie de l'Espagne, Madagascar ou le Manitoba. La plupart de la forêt perdue fut transformée en pâturages pour bovins[25].

La déforestation de la forêt amazonienne continua d'accélérer au début des années 2000, atteignant un taux de 27 423 km2 de forêt perdue en 2004. De nos jours la taille de la forêt continue de décroître, même si le taux annuel de déforestation continue de décroître depuis 2004, si l'on ne compte pas l'augmentation du taux en 2008[26] et en 2013[27].

Période[1] Forêt restante (estimée)

dans l'Amazonie brésilienne (km²)

Perte annuelle de

forêt (km²)

Pourcentage de la forêt

de 1970 restante

Perte totale de forêt

depuis 1970 (km²)

Avant 1970 4 100 000
1977 3 955 870 21 130 96,5% 144 130
1978–1987 3 744 570 21 130 91,% 355 430
1988 3 723 520 21 050 90,8% 376 480
1989 3 705 750 17 770 90,4% 394 250
1990 3 692 020 13 730 90,0% 407 980
1991 3 680 990 11 030 89,8% 419 010
1992 3 667 204 13 786 89,4% 432 796
1993 3 652 308 14 896 89,1% 447 692
1994 3 637 412 14 896 88,7% 462 588
1995 3 608 353 29 059 88,0% 491 647
1996 3 590 192 18 161 87,6% 509 808
1997 3 576 965 13 227 87,2% 523 035
1998 3 559 582 17 383 86,8% 540 418
1999 3 542 323 17 259 86,4% 557 677
2000 3 524 097 18 226 86,0% 575 903
2001 3 505 932 18 165 85,5% 594 068
2002 3 484 538 21 394 85,0% 615 462
2003 3 459 291 25 247 84,4% 640 709
2004 3 431 868 27 423 83,7% 668 132
2005 3 413 022 18 846 83,2% 686 978
2006 3 398 913 14 109 82,9% 701 087
2007 3 387 381 11 532 82,6% 712 619
2008 3 375 413 11 968 82,3% 724 587
2009 3 367 949 7 464 82,2% 732 051
2010 3 360 949 7 000 82,0% 739 051
2011 3 354 711 6 238 81,8% 745 289
2012 3 350 140 4 571 81,7% 749 860
2013 3 344 297 5 843 81,6% 755 703
2014 3 339 446 4 848 81,4% 760 551

En 1996, il fut reporté que le taux de déforestation de la forêt amazonienne avait augmenté de 34% depuis 1992[28]. Le taux moyen annuel de déforestation entre 2000 et 2005 (22 392 km2 par an) était supérieur de 18% au taux cinq ans auparavant (19 018 km2 par an)[29]. Au Brésil, le Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais (INPE, ou Institut National pour la Recherche Spatiale) publie les chiffres de la déforestation chaque année. Leurs chiffres sont dérivés de 100 à 220 images prises pendant la saison sèche en Amazonie par le satellite Landsat, et ne prennent en compte que la  perte de forêt tropicale, et pas la perte de champs sauvages ou de savane dans la forêt. Selon l'INPE, le biome amazonien originel du Brésil de 4.1 millions de km² ne faisait plus que 3.403 millions de km² en 2005, ce qui représente une perte de 17.1%[30]. Pour la période entre août 2015 et juillet 2016, l'INPE annonce une destruction au Brésil de 8 000 km2, soit une augmentation de 29% par rapport au relevé précédent.[31]

Futur de la forêt amazonienne[modifier | modifier le code]

En se basant sur les taux de déforestation de 2005, on a estimé que la taille de la forêt amazonienne serait réduite de 40% en 20 ans[32]. Le taux de déforestation ralentit : les taux de déforestation en 2012 étaient les plus bas jamais enregistrés. Cependant, la forêt est toujours en train de rapetisser[33],[34].

Le premier ministre norvégien Jens Stoltenberg annonça le 16 septembre 2008 que le gouvernement norvégien allait donner 1 milliard de dollars au fonds amazonien nouvellement créé. Cet argent est destiné à des projets qui visent à ralentir la déforestation de la forêt amazonienne[35].

En septembre 2015, la présidente brésilienne Dilma Rousseff déclara aux Nations unies que le Brésil avait réussi à réduire le taux de déforestation en Amazonie de 82%. Elle annonça aussi que le Brésil avait pour objectif pour les 15 prochaines années d'éliminer la déforestation illégale, restaurer et reboiser 120 000 km2 de terres et récupérer 150 000 km2 de terres détériorées[36].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Butler, Rhett A. Calculating Deforestation Figures for the Amazon. rainforests.mongabay.com, sourced from INPE and FAO figures.
  2. Empreinte écologique et biocapacité du Brésil depuis 1961
  3. Lucy Siegle (August 9, 2015).
  4. a et b David Adam, "British supermarkets accused over destruction of Amazon rainforest", 31 mai 2009.
  5. a et b "Slaughtering the Amazon".
  6. a et b (en) Steinfeld, Henning; Gerber, Pierre; Wassenaar, T. D.; Castel, Vincent, Livestock's Long Shadow: Environmental Issues and Options, Food and Agriculture Organization of the United Nations, (ISBN 92-5-105571-8, lire en ligne)
  7. (en) Sergio Margulis, Causes of Deforestation of the Brazilian Amazon, Washington D.C., The World Bank, , PDF (ISBN 0-8213-5691-7, lire en ligne), p. 9
  8. a et b Butler, Rhett (July 9, 2014).
  9. a, b et c "Growth in Amazon Cropland May Impact Climate and Deforestation Patterns".
  10. Romero, Simon (January 14, 2012) Once Hidden by Forest, Carvings in Land Attest to Amazon’s Lost World.
  11. a, b et c Kirby, Kathryn R.; Laurance, William F.; Albernaz, Ana K.; Schroth, Götz; Fearnside, Philip M.; Bergen, Scott; M. Venticinque, Eduardo; Costa, Carlos da, « The future of deforestation in the Brazilian Amazon », Futures, vol. 38, no 4,‎ , p. 432–453 (DOI 10.1016/j.futures.2005.07.011)
  12. a et b Watkins and Griffiths, J. (2000).
  13. Dean, Bartholomew 2009 Urarina Society, Cosmology, and History in Peruvian Amazonia, Gainesville: University Press of Florida (ISBN 978-0-8130-3378-5) [1]
  14. (en) M. Williams, Deforesting the Earth: From Prehistory to Global Crisis, Chicago, IL, The University of Chicago Press, (ISBN 0-226-89947-0)
  15. Fernside, P. M., « Deforestation in Brazilian Amazonia: History and Rates », Conservation Biology, vol. 19, no 3,‎ , p. 680–688 (DOI 10.1111/j.1523-1739.2005.00697.x)
  16. a, b et c Polk, James (April 14, 2009).
  17. Vittor, Luis (January 30, 2008).
  18. "Peru: Government intent on privatizing the Amazon for implementing tree plantations".
  19. Salazar, Milagros (February 5, 2008).
  20. (en) Sergio Margulis, Causes of Deforestation of the Brazilian Amazon, Washington D.C., The World Bank, (ISBN 0-8213-5691-7, lire en ligne)
  21. « U.S. ethanol may drive Amazon deforestation », mongabay.com, (consulté le 29 octobre 2009)
  22. a et b Kelly April Tyrrell (January 22, 2015).
  23. Williams, M. (2006).
  24. Research paper of Leydimere Oliveira on the amazon
  25. Centre for International Forestry Research (CIFOR) (2004)
  26. Staff, « Amazon Deforestation Rate Escalates », The Real Truth, (consulté le 19 août 2008)
  27. « Amazon deforestation jumps 29% », The Guardian, (consulté le 11 septembre 2014)
  28. Beef exports fuel loss of Amazonian Forest.
  29. Barreto, P.; Souza Jr. C.; Noguerón, R.; Anderson, A. & Salomão, R. 2006.
  30. National Institute for Space Research (INPE) (2005).
  31. (pt) José Antonio, « A destruição da Amazônia prossegue », CartaCapital,‎ (lire en ligne)
  32. Wallace, Scott (January 2007) "Last of the Amazon".
  33. INPE figures August to July.
  34. Rowlatt, Justin (January 2, 2012) Saving the Amazon: Winning the war on deforestation.
  35. "NOK 5.8 billion to the Amazon fund".
  36. Megan Rowling (September 30, 2015).

Liens externes[modifier | modifier le code]