Château Saint-Pierre (domaine viticole)

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Château Saint-Pierre
Image illustrative de l’article Château Saint-Pierre (domaine viticole)
Château Saint-Pierre.

Pays Drapeau de la France France
Appellations saint-julien (Quatrième cru classé)
Cépage 75 % cabernet sauvignon
15 % merlot
10 % cabernet franc
Volume produit 70 000 bouteilles/an
Site web http://www.chateau-saint-pierre.com

Le château Saint-Pierre est un domaine viticole situé en AOC saint-julien. Il est classé quatrième cru en 1855.

Histoire du domaine[modifier | modifier le code]

L'histoire viticole de Château Saint-Pierre, remonte au XVIIe siècle : en 1693, les archives attestent de l'existence d'une propriété vinicole, appelée « Serançan », appartenant au marquis de Cheverry. En 1767, le baron de Saint-Pierre s'en porte acquéreur et, selon l'usage de l'époque, lui donne son nom. À sa mort en 1796, sa propriété fut léguée à ses deux filles, épouses de M. Bontemps-Dubarry et M. Dubouilh. Elle resta en indivision jusqu'en 1832, après quoi quelques parcelles furent cédées et le restant du domaine scindé entre Bontemps-Dubarry et Sevaistre[1].

À l'occasion de l'établissement de la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855, Château Saint-Pierre est classé quatrième cru.

C'est à l'initiative de la maison de négoce anversoise Van den Bussche que le château retrouvera son unité, avec l'acquisition de la vigne de Sevaistre en 1922 suivie de celle de Bontemps-Dubarry l'année suivante. Mme. Kappelhoff veuve conserva cependant le château construit au XIXe siècle sur deux étages dans un petit parc situé à l'orée du village de Beychevelle sur la route de Bordeaux à Pauillac, ainsi que des vignes pour produire 20 tonneaux de Château de Bontemps-Dubarry[2].

En 1981, Henri Martin, surnommé l’âme du Médoc et maire de Saint-Julien-Beychevelle (1947-1989), fit l'acquisition du château, puis du vignoble de Château Saint-Pierre-Sevaistre à Paul Castelein, successeur des Van den Bussche, l'année suivante. Fondateur et propriétaire de Château Gloria, pour lequel il ne put obtenir la révision du classement de 1855, Henri Martin dû se résoudre à faire l'acquisition d'un cru classé à l'âge de 78 ans[3]. Pour l’anecdote, le vignoble de Château Gloria, patiemment constitué au fil d'achats successifs depuis les années 30, comprenait déjà quelques parcelles auparavant achetées à Saint-Pierre[1].

La fille d'Henri Martin, Françoise Triaud, est la propriétaire actuelle et son époux Jean-Louis Triaud assure la direction du domaine[4].

Vignoble et terroir[modifier | modifier le code]

Le vignoble est situé en AOC saint-julien, à l'entrée de la commune de Beychevelle, « au milieu d'une glorieuse pléiade d'élites que forment les crûs de Gruaud-Larose, Léoville, Beaucaillou, Lagrange, Langoa et Branaire-du-Luc » d'après la IIIe édition (1874) du Cocks et Féret. Avec une superficie de 17 ha, il s'agit du cru classé ayant le plus petit vignoble de l'appellation.

Le terroir bénéficie d'un sol de graves garonnaises günziennes, sur une base argilo-sablonneuse.

Les vignes sont anciennes (moyenne d'âge de 50 ans), composées à 75 % de cabernet sauvignon, 15 % de merlot et 10 % de cabernet franc[5]. Taillé en guyot double, le vignoble affiche un rendement d'une moyenne de 45 hl/ha pour une densité de plantation de 10 000 pieds à l'hectare.

Vin[modifier | modifier le code]

Après des vendanges manuelles, la récolte effectue un passage sur une table de tri équipée d’une trieuse optique, puis est vinifiée dans des cuves en acier inox thermorégulées situées dans les chais communs au Château Gloria sous la conduite technique de Rémi di Constanzo. L'élevage s'effectue en fûts, pendant 14 à 16 mois, renouvelés par moitié tous les ans[5]. Le domaine produit en moyenne 70 000 bouteilles par an. La part de la production qui n'entre pas dans le grand vin est utilisée pour produire un second vin « Esprit de Saint-Pierre ».

D'après le critique américain Robert M. Parker, « [la propriété] élabore des saint-julien classiques, sensationnels de concentration et d’intensité, mais plus puissants, épais et musclés que, par exemple, ceux de Ducru-Beaucaillou ou Beychevelle »[6].

ASSEMBLAGES ET NOTES DE DÉGUSTATION
Millésime Assemblage
(% Cabernet-sauvignon / Merlot / Cabernet franc)
Note Parker Note Gault & Millau Note La RVF
1982 [●] / [●] / [●] 89 [●] [●]
1985 [●] / [●] / [●] 87 [●] [●]
1990 [●] / [●] / [●] 90 16 [●]
1994 [●] / [●] / [●] 86 [●] [●]
1995 [●] / [●] / [●] 87 [●] [●]
1996 [●] / [●] / [●] 88+ [●] 16,5
1998 [●] / [●] / [●] 87-88 [●] [●]
1999 [●] / [●] / [●] 87 [●] [●]
2000 75 / 25 / - 89 18 [●]
2001 70 / 25 / 5 89 18 [●]
2002 75 / 20 / 5 89 18,5 [●]
2003 79 / 20 / 1 93+ 17,5 [●]
2004 79 / 21 / - 92 17 [●]
2005 70 / 30 / - 93 18 17,5
2006 73 / 27 / - 93 18 16,5
2007 73 / 27 / - 90-92 17 [15-16]
2008 83 / 17 / - 93 17 17
2009 81 / 19 / - 98 16,5 18
2010 78 / 22 / - 97 17 18
2011 81 / 15 / 4 87+ 17 16
2012 [●] / [●] / [●] 91 17 16,5
2013 [●] / [●] / [●] [●] 15 16
2014 [●] / [●] / [●] [●] [●] [●]
2015 [●] / [●] / [●] [●] [●] [●]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b The Wines of Bordeaux: Vintages and Tasting Notes 1952-2003, Clive Coates, p. 143
  2. Grands Vins: The Finest Châteaux of Bordeaux and Their Wines, Clive Coates
  3. Saint-Pierre and Gloria, Grands Vins: The Finest Châteaux of Bordeaux and Their Wines, Clive Coates, p. 167
  4. Château Saint-Pierre, fiche sur LeFigaro.fr
  5. a et b Description de la vinification et de l'élevage sur le site officiel
  6. Guide Parker des vins de France, 7e édition, 2009, p. 543

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]