Carambar

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Carambars traditionnels.

Carambar est une marque commerciale de bonbon industriel (caramel mou), originellement au caramel et cacao, de huit centimètres de long pour huit grammes (à ses débuts le Carambar mesurait 6,3 centimètres pour 5,5 grammes). Créé par l'entreprise Delespaul en 1954 à Marcq-en-Barœul (Nord) à la suite, dit-on, d'une erreur, Carambar a successivement appartenu à la Générale Alimentaire, à la Générale Occidentale, puis à BSN, devenu Danone, puis Cadbury, puis à Mondelēz International à l'issue d'une scission de l'américain Kraft Foods. À la suite de la demande de revente de Mondelez, le fond de pension français Eurazeo se porte candidat pour le rachat de la marque avec d'autres marques de confiseries. Son nom est un mot-valise composé de « caramel » et « barre ».

À l'intérieur de chaque emballage est imprimé un « trait d'humour » destiné aux enfants. Principalement diffusé en France, chaque année environ un milliard d'unités de ces confiseries sont consommées. Cette confiserie est aujourd'hui déclinée en variantes aux arômes artificiels de fruits, de nougat (sous la marque Caranougat) ou de cola, puis en variétés aux goûts artificiels très marqués (comme Atomic cactus). Il existe également une variété à deux goûts (bigou), et le molo, plus riche en émulsifiants. La confiserie originale est réputée très dure et collante, ses déclinaisons nettement plus souples.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Carambar est créé en 1954 à Marcq-en-Barœul par monsieur Fauchille, dans l’usine du Chocolat Delespaul-Havez. Ayant fait des études de auprès des enfants, il pensait que les enfants aimeraient les bonbons au caramel en forme de barre[1]. Contrairement à une idée reçue, il n'y aurait pas eu au départ une « bavure ». Selon la rumeur, c'est par accident qu’un mélange de caramel et de cacao aurait atterri dans une machine déréglée et aurait donné naissance à cette confiserie. Cette machine aurait produit du caramel en barres, débité ensuite à la longueur voulue ; d'où l'origine du nom Caram’Bar[1]. Au lancement, l'idée marketing est de faire un papier d'emballage rouge et jaune reconnaissable sur les comptoirs des épiceries avec un prix de 5 centimes, accessible à tous[1]. Le bonbon fait à l'origine 12 mm de large et 62 mm de long. Vinrent ensuite les points DH ; ceux-ci pouvait être échangés pour obtenir un lot en échange[2]. En 1960, 300 millions de barres étaient vendues. En 1965, la Générale Alimentaire rachète l'entreprise Delespaul-Havez et par conséquent, la marque Carambar[3]. En 1969, les blagues remplacent les points DH. En 1972, Caram’Bar s’allonge. Sa taille passe de 6,2 cm à 10 cm pour 12 g[réf. souhaitée], ce qui lui vaut le nouveau nom de Super Caram’Bar[2] et un prix en conséquence (dix centimes au lieu de cinq centimes de franc). En 1973[réf. souhaitée], Caram’Bar se parfume aux arômes artificiels de fruits : fraise, orange et citron. En 1977, Super Caram’Bar perd son apostrophe pour devenir Super Carambar[2] et passe de 12 g à 10,5 g toujours pour 10 cm. Une saveur réglisse est lancée mais c'est un échec commercial.[réf. souhaitée]

En 1980, Carambar passe sous le giron de l'entreprise française Danone ; elle absorbe l'entreprise Générale alimentaire[3]. En 1984, Super Carambar s’appelle désormais Carambar[2] et ne mesure plus que 8,5 cm pour 9,4 g. Lancement du goût cola en boulangeries. En 1990 Carambar rétrécit encore pour passer à 8 cm pour 8 g.[réf. souhaitée]

En 1998[4] ou 1988[3] Carambar passe sous le giron de l'entreprise du britannique Cadbury ; Danone lui cède ces activités sucrées. Le , l'entreprise américaine Kraft Foods rachète pour treize milliards d'euros, la société Cadbury[5],[3]. Du fait de ce rachat, Carambar est détenu par Kraft Foods. Puis le , Carambar appartient au groupe américain Mondelēz International (issu d'une scission de l'américain Kraft Foods).

Le 23 octobre 2015, la société Mondelez International met en vente sa division confiserie et se sépare de la marque Carambar. L'année suivante, la société française Eurazeo se propose de racheter la marque Carambar, avec d'autres marques de confiserie, pour une valeur d'environ 250 millions d'euros[6].

Ingrédients et goûts[modifier | modifier le code]

Lors de la reprise de la société par la compagnie Cadbury, de nouveaux Carambars sont apparus : entre autres le Carambar Bigou, le Molo, l'Atomic, le Mini et le Flex. Excepté le Mini, qui ne diffère que par sa taille, les autres ne sont pas confectionnés avec les mêmes ingrédients que le Carambar original.

Évolution du prix[modifier | modifier le code]

Sachet de carambars.

Dans les années 1960, un Carambar coûtait cinq centimes de franc. Aujourd'hui, il est commercialisé au prix de 0,15 euro, ce qui correspond à un peu moins d'un franc. Ainsi, en l'espace de 40 ans, son prix a été multiplié par près de 20, mais pas à monnaie constante ; le prix du Carambar n'a, en parité de pouvoir d'achat, en réalité « qu'à peine » doublé[7]. Si la taille du Carambar avait eu la même inflation que son prix, il mesurerait 80 centimètres et six millimètres[8].

La « blague Carambar »[modifier | modifier le code]

À l'intérieur de l'emballage du Carambar, se trouvent les « blagues Carambar ». La blague a été introduite en 1969, succédant à un système de points pour gagner des cadeaux[9], dit D. H. (Delespaul-Havez). La mise au point de ces traits d'humour relève à l'origine des écoliers[10].

Les « blagues Carambar » sont devenues une expression populaire pour désigner une blague de piètre qualité. Cependant, selon Arte, elles feraient rire beaucoup de Français[8].

Le 21 mars 2013, la société annonce arrêter ses blagues, et les remplacer par des « jeux ludo-éducatifs ». L'information est reprise par toute la presse, et de très nombreuses voix s'élèvent contre cette décision, des pétitions étant même proposées. L'information n'était finalement qu'une blague[11] de la marque organisée avec l'agence Fred & Farid Group[12], « la plus grande blague de l'année »[13],[11].

Le Carambar est cité par le chanteur Renaud dans sa chanson Mistral gagnant.

Recettes[modifier | modifier le code]

Cocktail[modifier | modifier le code]

Il existe un cocktail à base de Carambar, la « Vodka Carambar » qui consiste en la dissolution de bonbons Carambar dans une bouteille de vodka. On trouve aussi une recette équivalente avec du rhum.

Gâteaux[modifier | modifier le code]

Un gâteau aux Carambars.

Il existe aussi des recettes de gâteaux aux Carambars[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Petit 2012, p. 4.
  2. a, b, c et d Petit 2012, p. 5.
  3. a, b, c et d Petit 2012, p. 6.
  4. Christian Furling, « Le voyage initial du Cub's, dernier né de l'usine Carambar », La Voix du Nord,‎ (consulté le 21 janvier 2010)
  5. « Cadbury. Kraft Foods s'empare de Carambar », Le Télégramme,‎ (consulté le 21 janvier 2010)
  6. Anne Drif, « Eurazeo dans la dernière ligne droite pour racheter Carambar, Krema et Poulain », sur lesechos.fr,‎ (consulté le 11 avril 2016).
  7. En se basant sur une équivalence de 1 FF19601,53052 €2011. Source : Le pouvoir d'achat du franc français (source Insee)
  8. a et b Olaf Niebling, « l'objet : le Carambar », Arte,‎ (consulté le 27 novembre 2009)
  9. Les Blagues Carambar, Éditions Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2004, ISBN 2-7499-0211-8.
  10. L'origine des blagues fait l'objet de différentes rumeurs : blagues du patron de la société à l'origine des Caram'Bars, blague des députés de l'assemblée nationale…
  11. a et b http://www.liberation.fr/societe/2013/03/25/carambar-arret-les-blagues-c-etait-une-blague_891041
  12. Raphaël Moreau, « Carambar : on ne s'attendait pas un tel phénomène », Le Nouvel Observateur,‎ (consulté le 22 septembre 2013)
  13. CARAMBAR – La fin des blagues Carambar, c’était une blague, Le Monde, 25 mars 2013
  14. Recettes avec des Carambars, 750 gr.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Grasser-Hermé, Frédérick E. Cuisinez les produits mythiques du XX(I)e siècle. Paris : A. Viénot, 2008, 222 p. ISBN 978-2-35326-038-6
  • Delobette, Hubert. Follement français. Villeveyrac : Papillon rouge éditeur, 2006, 168 p. ISBN 2-9520261-4-9
  • Trish Deseine. Du caramel plein la bouche. Paris : Marabout, 2005, 159 p. ISBN 2-501-04377-4
  • Les Blagues Carambar. Neuilly-sur-Seine : M. Lafon, 2004, 160 p. ISBN 2-7499-0211-8
  • Les Blagues Carambar, vol. 2. Neuilly-sur-Seine : M. Lafon, 2005, 1641 p. ISBN 2-7499-0380-7
  • Jean-Marc Petit, « Carambar : la légende du bonbon qui colle à la mémoire », La Saga des marques, t. 1,‎ , p. 4-7.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]