Aiguebelle (Savoie)

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Aiguebelle
Vue du village d'Aiguebelle depuis les hauteurs.
Vue du village d'Aiguebelle depuis les hauteurs.
Blason de Aiguebelle
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Savoie
Arrondissement Saint-Jean-de-Maurienne
Canton Saint-Pierre-d'Albigny
Intercommunalité communauté de communes Porte de Maurienne
Maire
Mandat
Hervé Genon
2014-2020
Code postal 73220
Code commune 73002
Démographie
Gentilé Aiguebellains
Population
municipale
1 158 hab. (2014)
Densité 301 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 32′ 36″ nord, 6° 18′ 22″ est
Altitude Min. 310 m
Max. 1 008 m
Superficie 3,85 km2
Localisation

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Aiguebelle
Liens
Site web http://mairie.aiguebelle.free.fr

Aiguebelle est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Les villages d'Aiguebelle et de Randens depuis le Char de la Turche.

Positionné entre la chaîne de Belledonne et le grand Arc au fond d'une vallée encaissée, Aiguebelle se situe à l'entrée de la vallée de la Maurienne.

Deux lacs se situent sur la commune, un lac privé de pêche côté du carrefour des 3 vallées, et le lac de Charbonnière qui est une ancienne tourbière se situant au pied des ruines du fort de même nom.

Climat[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Aiguebelle est un toponyme se composant du préfixe aigue- et du français belle[1]. Il provient du latin Carbonaria, puis Aqua Bella, l'« eau belle » ou « la belle eau »[2],[1].

D'après une charte de 1082, il semble que ce nom soit l'hyrdonyme d'un nant, affluent de la rivière de l'Arc, provenant du côté de Montgilbert[2],[1]. Il aurait dans un premier temps désigné le vallon avant d'être associé à la paroisse voisine[2]. On a aussi pensé à l'eau de la fontaine de Chaventon qui possède une certaine réputation dans les alentours[2].

Le nom a dérivé au cours des siècles. Une première mention est faite en 1044 avec Castrum qui Carboneria dicitur, d'après Cipolla Carlo et son Monumenta Novaliciensia vetustiora (1901), puis un Burgus qui dicitur Aquabella (avant 1070), puis Aqua pulcra dans une charte de 1082 provenant du Cartulaire de Cluny[2],[1]. Au XIIe siècle, la paroisse est désignée par une église d'Aigabella (1129), ou encore Aquabella (en 1153), pour évoluer en église de Aque Pulchre en 1234[2],[1]. Les seigneurs des lieux sont mentionnés pour la même période avec un Willelmis de Aquabella (selon une charte du XIIe siècle dans le cartulaire de Domène ) ou un Jordanus de Aquabella en 1199[2]. Des formes romanes apparaissent dans les siècles suivants avec Akebelle (XIIIe siècle), Ecquebelle (1518) ou encore Aygabelle (XVIe siècle)[2],[1].

À noter que ce toponyme contraste avec celui de sa voisine Épierre.

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Égbèla, selon la graphie de Conflans[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Période antique[modifier | modifier le code]

À la fin de l’année 218 av. J.-C., Hannibal Barca, en marche vers l’Italie, serait passé par le col du Cucheron, les Hurtières, Aiguebelle et Charbonnières lors du passage des Alpes[4],[5].

Période médiévale[modifier | modifier le code]

Aiguebelle fut la première capitale de la maison de Savoie, dont Humbert Ier les blanches mains fut le fondateur. Son château de Charbonnières construit au milieu du IXe siècle dominait la cité. Il est cité dés 1023[6]. Il fut fait marquis de Maurienne en 1033 par l'empereur Conrad II le Salique, puis comte en récompense de services rendus. Ce castel féodal resta jusque vers le milieu du XIIIe siècle la résidence ordinaire des premiers comtes de Savoie. Aiguebelle se situe pour cette période dans le comté de Savoie, mais est rattaché du point de vue spirituel dans le diocèse de Maurienne[7].

Lors de la guerre franco-savoyarde de 1600-1601, après avoir pris Chambéry et mis le siège devant Montmélian les troupes du roi de France pénétrèrent en Maurienne et se dirigèrent sur Aiguebelle.
Il ne restait plus comme défense que la tour de Charbonnières, défense clé de la Maurienne, située dans les gorges étroites qui s'étendent au pied des montagnes jusqu'au Mont-Cenis. « Ce château eft bâti sur l'Ifère, au sommet d'un rocher inacceffible de toutes parts excepté par un fentier étroit qui conduit à la Porterie ».
Créquy et Abel de Bérenger de Morges[8] furent détachés avec leurs troupes pour investir le fort d'Aiguebelle. Leur rapidité d'action faillit surprendre la garnison du fort qui songeait à brûler le poste, de peur que les troupes françaises y logent. Le marquis de Rosny fit mettre en batterie 10 gros canons et 2 plus petits, sur les sommets dominant le château, qui tirèrent 637 coups avant que la garnison, sans espérance d'être secourue, demanda à capituler « en lui accordant vies & bagues fauves ; du reste on convint qu'elle fotiroit de la place, mêches éteintes & fans drapeaux. »[9].
Le 2 septembre, la capitulation du fort de Charbonnières fut signée, mais « ce qu'il y avait de plus brave parmi les affiégés, ayant refufé de l'accepter, comme n'étant pas affez honorable, on recommença à battre la place, qui fe rendit auffi-tôt après. »[9]

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

La commune d'Aiguebelle s'est divisée en 1738 avec la création de la commune de Randens.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Mairie d'Aiguebelle.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1860 1870 Jean Girod    
1870 1874 Maurice Contat    
1874 1878 Erasme Feyges    
1878 1882 Alfred Brunier    
1882 1892 Charles Girod    
1892 1900 Charles Piot   Conseiller Général
1900 1935 Hector Rey   Conseiller Général
1935 1937 Félix Prallet    
1937 1944 Joseph Batailler    
1944 1949 Maurice Cordel   Conseiller Général
1949 1959 Fernand Michelland    
1959 1971 Jean Bois    
1971 1989 Henri Vincent    
1989 1995 René André DVG Principal de collège
1995 en cours
(au mars 2017)
Hervé Genon DVG Cadre supérieur

Économie[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

En 2014, la capacité d'accueil de la commune, estimée par l'organisme Savoie Mont Blanc, est de 111 lits touristiques répartis dans 19 structures[Note 1]. Les hébergements se répartissent comme suit : neuf meublés et un hôtel[10].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[12],[Note 2].

En 2014, la commune comptait 1 158 habitants, en diminution de -0,69 % par rapport à 2009 (Savoie : 3,73 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
571 710 807 808 974 1 172 1 173 1 117 1 080
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
1 088 1 090 1 059 1 050 955 945 898 827 843
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
792 784 862 862 838 1 135 1 091 1 173 1 064
1982 1990 1999 2007 2011 2014 - - -
1 044 848 901 1 080 1 142 1 158 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Vie associative[modifier | modifier le code]

La commune d'Aiguebelle compte de nombreuses associations :

  • Le Foyer Rural Culturel et Sportif du Canton d'Aiguebelle (judo, peinture sur soie, patchwork, yoga, gymnastique volontaire, volley, bibliothèque)
  • Cré'art Aiguebelle
  • Union Commerciale et Artisanale
  • Aiguebelle en fête
  • Le Sou des Écoles
  • L'Union Sportive du Canton d'Aiguebelle (football)
  • L'Association d'Animation du Canton d'Aiguebelle
  • La Zumb'Aiguebelle
  • Aix-Maurienne Savoie Basket
  • L’Écho de Charbonnière (Harmonie de l'école de musique)
  • La Roul'hotte
  • Club Alpin Français section d'Aiguebelle
  • L'Accorderie Porte de Maurienne
  • Mots pour Maux

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Christophe d'Aiguebelle.
Le monument aux morts
  • Château de Charbonnières
Article détaillé : Château de Charbonnières.

Le château de Charbonnières, anciennement castrum carboneria[15], est un ancien château fort, du XIe siècle, remanié au XVIe siècle, dont les vestiges se dressent sur un rocher qui domine l'Arc et le bourg de près de 80 m, verrou glaciaire fermant l'accès à la vallée de Maurienne[16]. Il commandait la route vers l'Italie, par le col du Mont-Cenis. Le château de Charbonnières fut la résidence ancestral des comtes de Savoie, avec Humbert Ier, comte de Maurienne, avant que ceux-ci ne transfèrent leur résidence comtale à Montmélian, puis en 1295 à Chambéry. La forteresse est ruinée au XVIIIe siècle.

  • Église paroissiale dédiée à saint Christophe, mentionnée dés 1139. L'édifice est reconstruit au XIXe siècle, son ancien chevet possède un style gothique remontant au XIIIe siècle et un clocher du XIVe siècle[17]. L'ancien prieuré était dédié à saint Étienne.
  • Monument aux morts de la guerre de 1914-1918 par le statuaire Philippe Besnard.
  • Tunnel d'Aiguebelle emprunté par l'Autoroute A43.
  • Un monument rend hommage à Albert Bernard (1909-1935), administrateur des colonies. Le monument a été déplacé et se situe actuellement à côté du foyer rural d'Aiguebelle.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Nino Farina, champion du monde de Formule 1 en 1950, est mort à Aiguebelle.
  • Louis Germain, peintre de montagne, est né à Aiguebelle.
  • Albert Bernard (1909-1935), administrateur des colonies tombé héroïquement en Abyssinie sur la Côte des Somalies à l'âge de 25 ans[18]. Natif du village, fils d'un notaire.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Aiguebelle

Coupé : de gueules à la croix d'argent et de sinople à trois anguilles d'or nageant en fasce rangées en pal.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michèle Brocard, Maurice Messiez-Poche, Pierre Dompnier, Histoire des communes savoyardes : La Maurienne - Chamoux - La Rochette (vol. 3), Roanne, Éditions Horvath, , 558 p. (ISBN 978-2-7171-0289-5), p. 17-25. ([PDF] lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La structure Savoie Mont Blanc, pour ces données statistiques de capacité d'accueil en termes de lits touristiques d'une station ou d'une commune, additionne les établissements marchands, qui appartiennent au secteur de l'hôtellerie, et les hébergements non marchands, qui n'impliquent donc pas de transaction commerciale comme les résidences secondaires[10].
  2. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Article « (...) Aiguebelle » », sur le site Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, site personnel de henrysuter.ch (consulté en juillet 2014).
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2, lire en ligne), p. 17.
  3. Lexique Français - Francoprovençal du nom des communes de Savoie - Lé Kmoune in Savoué, Bruxelles, Parlement européen, , 43 p. (ISBN 978-2-7466-3902-7, lire en ligne), p. 23
    Préface de Louis Terreaux, membre de l'Académie de Savoie, publié au Parlement européen à l'initiative de la députée Malika Benarab-Attou.
  4. http://www.123savoie.com/article-7703-1-aiguebelle.html Aiguebelle, Porte de la Maurienne
  5. Histoire d’Aiguebelle
  6. Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, , 496 p. (ISBN 2-05101-676-3), p. 141.
  7. Bernard Demotz et François Loridon, 1000 ans d'histoire de la Savoie : La Maurienne, vol. 2, Cléopas, , 845 p. (ISBN 978-2-9522-4597-5), p. 54.
  8. Généalogie des seigneurs drome des collines
  9. a et b Histoire universelle, Volume 9 par Jacques-Auguste de Thou
  10. a et b « La capacité d'accueil touristique en Savoie-Mont-Blanc », Observatoire, sur le site Savoie-Mont-Blanc - pro.savoie-mont-blanc.com, (consulté en janvier 2015) : « Les données détaillées par commune, et par station : nombre de structures, nombre de lits par type d'hébergements (fichier : Détail des capacités 2014, .xlsx) ».
  11. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  15. Une charte de l'an 1040, 1045, indique « Actum infra castrum qui Carboneria dicitur » Jean Prieur, « La Basse Maurienne. 2. Le patrimoine fortifié », www.sabaudia.org (consulté le 20 novembre 2011). Site des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org.
  16. Raoul Blanchard, Les Alpes occidentales, 1943, p. 276.
  17. Raymond Oursel, Les chemins du sacré : L'art sacré en Savoie, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes », , 393 p. (ISBN 978-2-8420-6350-4, lire en ligne), p. 20.
  18. Hommes et destins : Afrique noire, vol. 11, Éditions L'Harmattan, , 790 p. (ISBN 978-2-29654-603-5), p. 75-78.