Groupe fossile de Franceville

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Gabonionta

Une des plus anciennes formes de vie multicellulaire.

On désigne par groupe fossile de Franceville ou Gabonionta un ensemble fossile d'organismes pluricellulaires macroscopiques datés de 2,1 milliards d'années, le plus ancien témoignage de ce genre découvert jusqu'ici. Environ 250 fossiles ont été identifiés.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Ces macrofossiles dissymétriques se distinguent morphologiquement des autres formes de vie pluricellulaires découvertes jusqu'à présent.

D'une taille de quelques centimètres, ce sont des fossiles tridimensionnels (ce qui implique une organisation multicellulaire plutôt évoluée) principalement structurés par un corps central frangé d'une « jupe » plissée. Des composés type stérols auraient été détectés, ce qui ferait pencher la balance a priori vers Eucaryota, malgré une vague similitude morphologique avec certaines colonies bactériennes beaucoup plus petites[1].

Découverte[modifier | modifier le code]

Un des fossiles découverts (diamètre 12 cm).

En 2008, le géologue Abderrazak El Albani, en collaboration avec une équipe internationale et pluridisciplinaire de chercheurs, découvre ces fossiles dans un site fossilifère situé dans la province du Haut-Ogooué au Gabon, non loin de la ville de Franceville.

En , ces travaux de recherche font la couverture de la revue scientifique Nature[1].

L'étude de ces fossiles montre une vie multicellulaire complexe et organisée dans des roches paléoprotérozoïques de l'Orosirien, datées de 2,1 milliards d'années[2]. Jusqu'à cette découverte, les plus anciennes traces d'organismes multicellulaires étaient datées de l'Édiacarien (-635 à -541 Ma).

L'utilisation de microtomographie X a permis d'explorer en trois dimensions les organismes découverts et d'étudier leur morphostructure de manière non destructive.

En juin 2014, le CNRS annonce la découverte de nouveaux fossiles macroscopiques mesurant jusqu'à 17 cm et confirme l'âge du gisement fossile à 2,1 milliards d'années[3].

La place des gaboniontes dans l'histoire du vivant[modifier | modifier le code]

Un hiatus de plusieurs centaines de millions d'années sépare Gabonionta de la vague pluricellulaires suivante actuellement connue (soit les algues rouges apparues il y a environ -1 200 Ma) et encore davantage de la faune de l'Édiacarien (datée d'environ -585 Ma). Les disparités morphologiques sont telles que la question de savoir si ces groupes d'organismes sont phylogéniquement reliés, reste ouverte. Il est possible que les fossiles de gaboniontes ne représentent pas une lignée du vivant, mais deux[4] si leur « jupe plissée » n'est qu'une prolifération de saprophytes autour de colonies mortes (le corps central). Il a même été suggéré par Adolf Seilacher que les gaboniontes sont des pseudo-fossiles de pyrites inorganiques[5].

Quoi qu'il en soit de ces débats, pour les paléontologues, les gaboniontes pourraient représenter une forme de vie éteinte, sans descendance connue, une sorte de « premier essai » radiatif de vie multicellulaire. Si ce sont bien des eucaryotes et s'ils ont bien disparu sans descendance, les raisons restent à explorer (environnementales ou peut-être bactériennes ou virales)[6], peut-être liées à la fin de la « Grande oxydation » lors de l'« évènement Lomagundi », une euxinisation des eaux océaniques[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Amy Maxmen, « Ancient macrofossils unearthed in West Africa », sur nature.com,
  2. Christine Chapel, « Une découverte qui peut révolutionner l'histoire de la vie sur Terre », sur lci.tf1.fr,
  3. « Une vie complexe il y a 2 milliards d’années : l’hypothèse se confirme ! », sur futura-sciences.com,
  4. (en) Grosberg, R.K., Strathmann, R.R. 2007. « The evolution of multicellularity : A minor major transition ? », Annual Review of Ecology, Evolution, and Systematics. 38, 621–654, et El Albani, A., Bengtson, S., Canfield, D.E., Bekker, A., Macchiarelli, R., Mazurier, A., Hammarlund, E.U., Boulvais, P., Dupuy, J.J., Fontaine., C, Fürsich, F.T., Gauthier-Lafaye, F., Janvier, P., Javaux, E., Ossa, F.O., Pierson-Wickmann, A.C., Riboulleau, A., Sardini, P., Vachard, D., Whitehouse, M., Meunier, A. 2010. « Large colonial organisms with coordinated growth in oxygenated environments 2.1 gigayears ago. » Nature, 466, 100-104.
  5. (en) Amy Maxmen, « Ancient macrofossils unearthed in West Africa », Nature du 30 juin 2010 : [1].
  6. Alexandre Meinesz, « Comment la vie a commencé », Belin 2011, ISBN 978-2-7011-5911-9, pages 213 à 220, et Guy Narbonne, « The Origin and Early Evolution of Animals », Department of Geological Sciences and Geological Engineering, Queen's University 2006 sur [2].
  7. Sur l'oxygénation, puis l'euxinisation des milieux (évènement Lomagundi), voir [3].

Liens externes[modifier | modifier le code]

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