Chronologie des faits économiques et sociaux dans les années 1910

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Chronologie de l'économie

Années 1900 - Années 1910 - Années 1920

Événements[modifier | modifier le code]

Le monde en 1910
  • En 1913, la valeur du commerce international a quadruplé depuis 1870.

Afrique[modifier | modifier le code]

  •  : l’État belge passe un contrat avec la société britannique Lever pour créer la HCB (Huileries du Congo belge)[1]. Il prévoit la concession par étape de 750 000 ha de terre pour y exploiter l’huile de palme. En 1930, la HCB traitera 96 900 tonnes de fruits et exportera 18 000 tonnes d’huile et 10 300 tonnes d’amandes.
  • 1911-1914 : grande sécheresse et famine généralisée au Sahel. Les Peuls l'appellent kittangal, et les bambara kongo jugu (terrible famine) ou bo kèlè san kongo (la famine de l'année de la révolte des Bobo, 1916)[2].
  • 1911 et 1916 : sécheresse et famine au Sud de l'Angola, où 250 000 personnes meurent de faim[3].
  • 1911 :
  • 1912 :
    • Lignes de chemin de fer Lagos-Kano et Abidjan-Bouaké.
    • Création de la Western African Currency Board pour l’émission de monnaie dans les colonies britanniques de l’Afrique de l’Ouest[4].
    • Native Authority Ordinance au Kenya : droit de requérir 24 jours de travail forcé par an pour les besoins de la communauté[5] (porté à 60 jours en 1920 sauf pour les personnes ayant travaillé trois mois dans l’année écoulée).
  • 1913 :
    • Les exportations minières représentent plus de 80 % des exportations sud-africaines. La production de diamants représente 70,92 % de la production mondiale, celle de l’or 50,9 % en 1921, 51,4 % en 1930. En 1913, 15 % seulement du capital des compagnies minières est détenu par des Sud-Africains, mais 40 % dans les années 1930.
    • Le Nigeria, sous l’impulsion des commerçants haoussa, produit près de 20 000 tonnes d’arachides.
    • 533 fonctionnaires blancs en AEF[6].
    • 468 écoles franco-arabes en Algérie[7].
  • 1913-1914 : famine au Tchad (AEF)[8] et en Éthiopie[9].
  • 1914-1918 :
  • 1914 : 2 500 colons européens en AOF ; 8 000 à Madagascar pour 3 millions de Malgaches.
  • 1915 :
    • développement des productions de blé et de pommes de terre au Tanganyika, au détriment des produits destinés à l’exportation.
    • la chute du trafic maritime incite l’Afrique du Sud à développer son industrie et à assurer son autosuffisance alimentaire.
    • en AOF, la pénurie de main d’œuvre due à la conscription affecte la production agricole, minière et industrielle. Le commerce est désorganisé par le blocus britannique des côtes et la guerre sous-marine allemande. Il en résulte une grave crise économique.
  • 1915-1918 : Famine en Afrique orientale.
  • 1916-1917 : 12 000 personnes quittent la Côte d'Ivoire pour la Gold Coast. Migrations du Sénégal vers la Gambie, de Haute-Volta vers la Gold Coast et du Dahomey vers le Nigeria[11].
  • 1916-1918 : famine Rumanura au Rwanda[12].
  • 1916-1920 : famine en Éthiopie[13].
  • 1918-1926 : famine en AEF, en particulier au Gabon[12].

Asie[modifier | modifier le code]

  • Afghanistan : le commerce russe atteint 38 % des importations de Kaboul, contre 62 % pour le commerce britannique en 1914.
  • L’industrie du jute en Inde est au premier rang mondial.
  • L’Indonésie représente 10 % du revenu national néerlandais.
  • La Grande Guerre favorise les exportations vers l’Asie, qui ne sont plus assurées par les pays d’Europe. Les prix mondiaux montent, enrichissant les milieux d’affaire mais faisant baisser le niveau de vie des Japonais.
  • Après un demi-siècle de modernisation et à la suite des guerres contre la Chine et la Russie, le Japon est terriblement endetté au début de l’ère Taishō.

Amérique[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

  • La production de pétrole quadruple aux États-Unis de 1913 à 1929 de 33 à 138 millions de tonnes par an.
  • Production de 25 millions de tonnes d’acier, de 500 000 tonnes de cuivre (électricité).
  • Dix millions de Noirs américains, dont 9 millions vivent dans le Sud.
  • Les revenus des travailleurs noirs correspondent au tiers de ceux des Blancs. Huit millions de femmes travaillent (4 millions en 1890). Elles représentent le cinquième de la main-d’œuvre totale.
  • Naissance du jazz dans La Nouvelle-Orléans.

Amérique latine[modifier | modifier le code]

  • 1910-1914 : croissance soutenue et début d’industrialisation en Colombie, en Argentine, au Chili et au Brésil.
  • 1912-1917 : en Argentine, le taux de chômage passe de 5 % à 19 %.
  • En 1913, les États-Unis ont investi au Mexique 25 % de leurs capitaux exportés et contrôlent 70 % de l’industrie pétrolière et 80 % des actifs ferroviaires.
  • 1914 :
  • 1915 :
    • la Première Guerre mondiale stimule les exportations latino-américaines alors que les importations en provenance d’Europe chutent, créant de substantiels excédents commerciaux et favorisant l’industrialisation.
    • la Guerre entraîne l’accroissement de la production industrielle au Brésil et l’afflux de devises étrangères, grâce à une balance commerciale très favorable. Industrialisation du Rio Grande do Sul.
    • le Chili regagne sa position dominante sur le marché mondial du cuivre avec plus de 100 000 tonnes produites par an. Essor de l’industrie textile au Chili.
    • la banane représente 45 % des recettes d’exportations du Costa Rica, derrière le café.
  • 1917 :
    • en raison de la guerre et des attaques sous-marines menées par les Allemands, le commerce latino-américain s’oriente de l’Europe vers les États-Unis.
    • agitation sociale au Brésil.
  • 1917-1919 : recrudescence de l’agitation syndicale au Chili.
  • 1917-1921 : apogée du mouvement ouvrier en Argentine. Série de grèves, aussi bien en zones rurales qu'urbaines : 138 en 1917, 196 en 1918 et 367 en 1919[15].
  • 1918, Brésil : fin de la crise qui dure depuis 1906, les richesses agricoles du pays (café, blé, caoutchouc et sucre) sont à nouveau exportées massivement.
  • 1919-1920 : la vague de grèves atteint son paroxysme au Brésil, avec 64 mouvements de grèves dans la seule ville de São Paulo.


  • L’argent représente un tiers des recettes d’exportation du Mexique dans les années 1910, l’or compte pour 15 %, le cuivre et l’agave pour 10 % chacun.
  • 19 205 kilomètres de voies ferrées au Mexique.
  • De 80 % à 95 % des paysans mexicains sont dépourvus de terres. 8 341 haciendas regroupent plus de cinq millions d’habitants. Les peones, réduit à l’état de quasi-servage, s’endettent à vie dans les tiendas de raya que possèdent chaque hacienda. La petite propriété subsiste et de nombreux paysans vont gagner un salaire supplémentaire à l’hacienda. Dans le nord du pays, les grands propriétaires doivent même offrir des terres aux paysans pour qu’ils résistent à l’attrait des salaires offerts aux États-Unis.
  • 33 500 kilomètres de voies ferrées en Argentine.
  • En Argentine, 62 % des ouvriers ou artisans sont nés à l’étranger.

Europe[modifier | modifier le code]

  • 1910-1914 : série de grandes grèves en Espagne (781 enregistrées) ; elle provoque une augmentation générale des salaires[16]. Après 1914, la guerre en Europe déclenche hausse des prix (20 à 120 % pour les produits alimentaires, 50 à 200 % pour les produits industriels entre 1914 et 1920) et baisse du pouvoir d’achat.
  • 1910 :
    • Création de la Banque russo-asiatique (fusion de la Banque russo-chinoise et de la Banque du Nord). 60 % des capitaux sont d’origine française[17].
    • Accentuation des monopoles financiers en Russie.
    • Construction des premières automobiles et des premiers avions en Russie.
    • 13,3 % des Espagnols sont des ouvriers (catalans et Basques). 60 % d’analphabètes en Espagne.
    • La flotte marchande néerlandaise a doublé depuis 1890. La navigation sur le Rhin a quintuplé.
    • France : 40 600 km de chemin de fer, plus 9 600 km de lignes d’intérêt local. 53 000 km de routes nationales et départementales, plus 540 000 km de chemins vicinaux.
    • 17 000 km de voies ferrées en Italie.
    • Le revenu moyen par habitant a triplé en Italie depuis 1860. Dans le Sud, le revenu par tête est la moitié de celui du Nord.
  •  : nouveau prêt français à la Russie (500 millions de francs par an pendant 5 ans) pour le développement des chemins de fer stratégiques de l’Ouest[18]. L’État russe doit 8 à 9 milliards de roubles, dont 50 % à la France. Les investissements étrangers sont de 2 milliards de roubles (1/3 d’origine française).
  •  : ordonnance interdisant la vente d’alcool en Russie pendant la durée de la guerre, sanctionnée par un ukase de l'empereur le 13 octobre[19].
  • 1914 :
    • l’aménagement des fleuves italiens fournit 2,5 milliards de kWh d’origine hydraulique. Le reste provient du charbon importé.
    • le réseau ferré de l’Empire russe est de 70 000 km.
  • 1917 - 1923 : Pendant la Guerre civile russe, l'économie s'effondre. La monnaie perd toute valeur et est remplacée par un système d'échange en nature, associé à une tentative de dirigisme économique, le « communisme de guerre ». Le parti communiste exerce un pouvoir dictatorial. De 5 à 10 millions de victimes sont dues à la guerre et à la famine.
  • 1919, Espagne : la CNT compte 714 000 adhérents, l’UGT 211 000.

Allemagne[modifier | modifier le code]

  • Hiver 1913 - 1914 : crise économique due à la cherté de l’argent.
  • Automne 1915 : en raison des mauvaises récoltes, le pain et les pommes de terre sont rationnés.
  • 1916 :
    • mauvaises récoltes en Allemagne. Les difficultés de ravitaillement entraînent de vives tensions entre les villes et les campagnes. Manifestations et grèves contre la guerre et contre la faim. La mortalité infantile s’accroît, des épidémies de typhus et de dysenterie se développent.
    • dégradation de la situation économique et sociale. Rupture des circuits économiques, pénurie de produits industriels et alimentaires, hausse des prix. 1 400 grèves et 1 million de grévistes dans l’année.
  • 1917 : pénurie de charbon, de couvertures et de vivres. Inflation, chute du pouvoir d’achat des salariés.
  • L’Allemagne produit 191,5 millions de tonnes de houille (troisième rang mondial). 63 % vient de la Ruhr, 17 % de la Silésie, 7 % de la Sarre et 2 % de Lorraine. La production de lignite a doublé depuis 1900. La production de coke passe de 11,6 millions de tonnes en 1900 à 32,2 millions (2e rang mondial). La production de minerais de fer du Zollverein est de 36 millions de tonnes (avec le Luxembourg et la Lorraine). L’Allemagne produit 19 millions de tonnes d’acier.
  • En 1914, le mouvement total des échanges à Allemagne a augmenté de 69 % en 10 ans. La flotte marchande compte 3,3 millions de tonneaux.
  • Essor des coopératives agricoles en Allemagne : 27 675 coopératives regroupent 3,5 millions d’exploitants sur 5,7 millions.

Autriche-Hongrie[modifier | modifier le code]

  • 600 usines emploient 89 000 personnes en Slovaquie. L’industrie alimentaire (sucreries, distilleries, minoteries) domine.
  • En Hongrie, le secteur primaire occupe 62,4 % de la population et l’industrie 17 %. 5000 grands propriétaires se partagent 27 % des terres cultivées.
  • Le nombre d’usine en Hongrie est passé de 2500 à la fin du XIXe siècle à 5000 en 1913, avec des effectifs d’ouvriers et d’employés qui ont doublé également (250 000 en 1901, plus de 474 000 en 1913). En tête vient l’industrie alimentaire, puis celles du bois et de la carrosserie, suivies par la construction, la métallurgie et l’industrie mécanique. Le nombre de banques et d’établissements de crédit est passé de 634 en 1890 à 1842 en 1913. Huit grandes banques totalisent 37 % des activités. Le revenu national est passé de l’indice 100 en 1867 à l’indice 453 en 1913.
  • Le réseau de chemin de fer hongrois compte 22 000 km en 1914.

France[modifier | modifier le code]

  • 1910 : nouveau tarif français, déclenchant une guerre douanière avec l’Allemagne[20].
  • 1912 : les dépenses publiques représentent 12,6 % du PIB ; elles augmentent pendant la guerre pour atteindre 32,8 % en 1920[21].
  • 1912 et 1913 : grèves chez Renault et Berliet contre le chronométrage du travail[22].
  • 1913-1918 : le PIB chute de plus de 23 %[23].
  • 1913 :
    • 45 000 voitures produites en France.
    • les gains des enfants de 13 ans à leur majorité représentent 20 % des ressources des familles ouvrières françaises.
    • les recettes fiscales représentent 10 % du PIB.
    • les dépenses militaires atteignent 1,47 milliard de francs, soit 20 % des dépenses publiques.
  • 1914 :
    • 5 août : cours forcé des billets de banque après plus d'un siècle de stabilité monétaire.
    • PIB à 300 milliards de francs. Le budget, déficitaire depuis 1907, se creuse à 5 % du PIB (15 milliards de francs). Les dépenses publiques représentent 15 % du PIB (45 milliards de francs). Stabilité des prix (0 % d'inflation).
    • 43 à 45 milliards de francs-or de placements à l’étranger (28 en 1900)[24]. 4 milliards seulement dans l’empire colonial[25].
  • 1915 :
    • 10 février : loi qui crée les obligations de la Défense nationale.
    • 2 juillet : « campagne de l'or » - fin de la circulation des monnaies d'or[26].
    • 16 novembre : émission d'un emprunt national à 5 % pour financer la guerre[27].
    • le cours forcé des billets, qui signifie la dévaluation de fait du franc, provoque une forte inflation, qui se monte à 19,8 %[28].
    • PIB à 295 milliards de francs. La guerre induit une forte hausse des dépenses militaires et le creusement du déficit (10 % du PIB, 29,5 milliards de francs).
  • 1916 :
    • L'inflation se monte à 11,2 %[28].
    • PIB à 285 milliards de francs. Le déficit public atteint 41,3 milliards de francs (14 % du PIB). L'occupation militaire par l'Allemagne des départements du Nord fait perdre à l'État des recettes fiscales estimées à 1,2 % du PIB.
    • Les usines d'armement emploient près d'un tiers de femmes.
    • Première année du recouvrement de l'impôt général sur le revenu, le premier formulaire de déclaration fait son apparition.
  • 1917 :
    • Mai-juin : mouvements de grèves.
    • Hausse de l'inflation à 20 %[28].
    • PIB à 275 milliards de francs. Le déficit public atteint son plus haut niveau, avec 57,8 milliards de francs (21 % du PIB).
    • Les recettes fiscales se montent à 242,8 milliards de francs.
    • Réformes fiscales : taxe sur les paiements et sur les ventes d’objets de luxe. Les « quatre vieilles » contributions sont dévaluées au rang d’impôts locaux et remplacées comme impôt national par l’impôt sur le revenu, impôt cédulaire frappant sept catégories de revenus (revenus fonciers, bénéfices industriels et commerciaux, revenus agricoles, revenus des professions non commerciales, traitements et salaires, pensions et rentes viagères, revenus des valeurs mobilières, revenus des créances)[29].
  • 1918 :
    • 7 janvier : création des Chèques postaux.
    • 10 février : cartes d’alimentation.
    • La guerre a tué 1 450 000 soldats. La surmortalité civile est de 250 000 environ. Les naissances se sont effondrées, inférieures de 1,4 million à la normale. Au total, la population a diminué de 3 millions. Alfred Sauvy chiffre à 28 milliards-or l’ampleur des destructions matérielles dues à la guerre.
    • Les dépenses militaires ont coûté 158,5 milliards de francs au pays, 60,5 ont été financés par la dette.
    • La guerre a engendré d'importantes dépenses militaires, ce qui explique le fort endettement de la France (180 % du PIB).
    • Les dépenses budgétées pour la guerre étaient évaluées à 20 milliards de francs (le budget pour 1914 est de 5 milliards) : les dépenses réelles sont de 140 milliards. Seuls 15 % sont couvertes par l'impôt (dont l'impôt sur le revenu voté en 1914 et appliqué en 1916-1917). La part des dépenses publiques dans le PIB est passée de 8,8 % en 1912 à 27,8 % en 1920. On a d'abord recours à l'augmentation de la masse monétaire : en 1914, il y avait 6 milliards de francs en circulation ; en 1919 : 25,5 milliards. La Banque de France utilise le stock d'or pour gager les premières dépenses à hauteur de 5 % à 8 % comme il est d'usage. Cependant, l'encaisse-or diminue fortement du fait des transactions interbancaires et internationales. Une autre solution pour couvrir les frais de guerre est l'emprunt : auprès de la population française sous forme de « bons de la défense » (75 milliards à court terme, mais toujours renouvelés) et 25 milliards en emprunts à long terme.
    • La richesse nationale du pays atteint 260 milliards de francs.
    • L'inflation atteint 29,3 %.
    • Le déficit public atteint le niveau abyssal de 54 milliards de francs (20,5 % du PIB).
    • Le chômage reste faible à 4 %.
    • Croissance du PIB.
  • 1919 :
    • La France, créancière sur l’étranger de 45 milliards en 1913, est débitrice de 39 milliards (perte des emprunts russes ou autrichiens, emprunts de guerre interalliés).
    • La fin de la guerre oblige à une réorientation de la production militaire vers la production civile.
    • 1 US dollar = 0,11 franc français.
    • PIB à 280 milliards de francs.
    • Croissance de 20 % du PIB.
    • Niveau d’inflation à 22,5 %.
    • La chute des dépenses militaires, la croissance et une forte inflation permet une importante réduction de la dette. Le déficit budgétaire est ramené à 17 % du PIB (47,6 milliards de francs).
    • Le chômage augmente à 7 %.

Portugal[modifier | modifier le code]

  • 1910 :
    • Le nombre des propriétaires est de 1,3 million. La république est donc condamnée à défendre la propriété privée. Le projet de réforme agraire d’Ezequiel de Campos (pt) sera rejeté.
    • Coïmbra est l’unique ville universitaire du Portugal. 70 % de la population est analphabète.
  • De 1911 à 1913, 226 000 Portugais (dont 90 000 pour l'année 1912), émigrent - en majorité vers le Brésil[30].
  • 1912 et 1913 : les comptes de l’état portugais sont équilibrés.
  •  : lois réglementant la durée du travail au Portugal. Journée de sept heures dans les banques et les bureaux, de huit à dix heures dans les usines, de dix heures dans les boutiques[31]. Législation sur les accidents du travail.
  • 1916 : disette liée aux mauvaises récoltes et à la diminution des importations[32].
  • 1917 :
    • Difficultés économiques provoquées par l’effort de guerre. Manifestations de mécontentement, dont tire parti l’Église et les monarchistes.
  • 1918 :
    • Le Portugal reçoit une part modeste d'indemnité de guerre mais conserve son empire colonial. 10 000 soldats portugais d'Europe et d'Afrique sont morts durant le conflit.
    • À la fin de la guerre, les importations de blé reprennent. Le blé, acheté par le gouvernement est cédé à bas prix aux industriels de la meunerie qui fournissent à bon marché un pain « politique ». L'opposition accuse le gouvernement de léser les intérêts des producteurs nationaux et d'accroître la dépendance économique du pays.
    • La gestion des écoles primaires passe des municipalités à l'État.
  • 1919 : grèves ; 80 % d’absentéisme à Lisbonne.

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

  • En 1913, la Grande-Bretagne assure 14 % de la production industrielle mondiale, au troisième rang derrière les États-Unis (36 %) et l’Allemagne (16 %), mais devant la France (6 %). Elle conserve sa place de leader dans le commerce international (30 % des échanges contre 41 % en 1881). Les exportations et les importations ont plus que sextuplé depuis 1801. Les importations sont dominées par les produits alimentaires (38 %) et les produits de base pour l’industrie, les exportations par les produits manufacturés, à l'exception du charbon (8,7 %). 45 % des exportations se font à destination de l’Europe et des États-Unis. Plus de 60 % des importations en proviennent.
  • 1914 :
    • la sidérurgie produit 30 fois plus qu’en 1815.
    • Le réseau ferroviaire couvre 35 000 km.
  • 1915 : instauration de droits de douane sur certains produits et établissement du contrôle des changes pour préserver la valeur de la livre. L’État négocie un accord avec les syndicats qui interdit les grèves en échange d’une régularisation des conventions collectives.
  • 1918 :
    • Programme du parti travailliste qui promet l'instauration de « la propriété collective des moyens de production » et « l'administration et le contrôle par le peuple de chaque industrie ».
    • 1,9 milliard de £ de déficit budgétaire. Il est financé par l'emprunt intérieur (5,5 milliards en 1918), par la réalisation du cinquième des investissements outre-mer et par l'emprunt à l'étranger (1,3 milliard de dette extérieure en 1918).
    • Six millions d'hommes ont été mobilisés en Grande-Bretagne pendant le conflit, auxquels s'ajoutent les trois millions fournis par l'Empire. La guerre a fait 723 000 victimes.
    • Plus de quatre millions de femmes travaillent. Le chômage a disparu. Les revenus réels ont augmenté de 25 % depuis 1914.
    • 1918 - 1921 : lois sur l'éducation (scolarité obligatoire à 14 ans), sur la condition maternelle (afin de diminuer la mortalité infantile) et sur la construction de logements sociaux.


  • L’espérance de vie dépasse 50 ans. Le taux de mortalité est passé de 23  en 1851 à 15 . La population anglaise entame lentement un processus de vieillissement.
  • Construction de logements municipaux (council flats) pour les classes laborieuses vers 1914 : plus de 8000 à Londres, 2700 à Birmingham, 2300 à Liverpool.
  • Plus d’un Anglais sur deux se rend régulièrement aux bains de mer, provoquant la croissance des villes balnéaires (Blackpool passe de 4 000 habitants en 1861 à 58 000, Bournemouth de 1 900 à 79 000).

Démographie[modifier | modifier le code]

  • 1906-1911 : 39,6 millions d’habitants en France, dont 1,2 million d’étrangers. La population stagne avec un taux de natalité de 20,2  et un taux de mortalité de 19,6 .
  • 1910 :
    • L’Empire britannique s’étend sur 32 millions de km² peuplés de 450 millions d’habitants.
    • Recensement en Autriche-Hongrie : l’empire compte 51 390 000 habitants dont 55 % en Cisleithanie, 41 % en Hongrie et 4 % en Bosnie-Herzégovine. 23,9 % parlent l’allemand, 20,2 % le hongrois 47,2 % des langues slaves. Les Juifs représentent 4,5 % de la population de l’empire.
    • La Hongrie (sans la Croatie autonome) compte 18,3 millions d’habitants, dont 54,5 % de Magyars, 10,4 % d’Allemands, 10,7 % de Slovaques, 16,1 % de Roumains et plus de 8 % de Ruthéniens, Serbes et autres. Les 900 000 Juifs se déclarent magyars en majorité. Budapest compte 881 600 habitants. Trois millions de Roumains vivent dans l’empire. L’ancienne province de Transylvanie est peuplée d’1,5 million de Roumains, soit 55 % des habitants pour 34 % de Hongrois et Szeklers et 9 % d’Allemands. 600 000 Roumains forment 37 % de la population des pays de Marmaros, Szatmar et Bihar. 835 000 Roumains peuplent le Banat historique (42 % des habitants), 275 000 la Bucovine (35 % des habitants).
  • 1911 :
    • 5 973 000 habitants en Afrique du Sud dont 67,28 % de Noirs, 21,36 % de Blancs, 2,54 % d’Asiatiques et 8,80 % de « Colorés ».
    • 13 167 colons blancs au Kenya. 12 000 Indiens.
  • 1912 : recensement en Colombie, qui compte 5 472 604 habitants.
  • 1914 :
    • l’Espagne compte 20 millions d’habitants.
    • l’Allemagne compte 67,4 millions d’habitants. 34 % des Allemands ont moins de 15 ans (pour 25 % de Français). 60 % des Allemands vivent dans des villes de plus de 10 000 habitants. Les 48 villes de plus de 100 000 habitants rassemblent 1/5 de la population totale. L’Allemagne compte 1,26 million d’étrangers dont presque la moitié de Polonais. Le taux de natalité passe de 35,6  en 1900 à 27,5  en 1913. Le taux de mortalité de 23  à 15 .
    • il y a de 60 000 à 85 000 Juifs en Palestine pour plus de 600 000 arabe, soit 8 à 12 % de la population selon les estimations[34].
  • 1914-1918 : la guerre a fait 1,4 million de morts en France, 1 million au Royaume-Uni, 1,7 million en Russie, 60 000 aux États-Unis et 2 millions en Allemagne.
  • 1918 : le Japon compte 55 millions d’habitants (35 millions en 1873)[35].


  • Les Pays-Bas comptent 6,163 millions d’habitants.
  • La population portugaise n’atteint pas les 6 millions d’habitants.
  • L’Empire russe compte 170 millions d’habitants.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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