École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d'art

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ENSAAMA
« École Olivier-de-Serres »
Nom original École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d'art
Localisation
Coordonnées 48° 50′ 01″ nord, 2° 17′ 44″ est
Ville Paris
Pays France
Région Île-de-France
Région Île-de-France
Direction
Directeur Laurent Scordino-Mazanec
Chiffres clés
Étudiants 710
Divers
Site web ensaama.net

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ENSAAMA« École Olivier-de-Serres »

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L’École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d'art (ENSAAMA), communément dénommée école Olivier-de-Serres, est une école d'art publique située dans le 15e arrondissement de Paris, rue Olivier-de-Serres.

Historique[modifier | modifier le code]

L'École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d'art (ENSAAMA) est issue de l’École des arts appliqués à l’industrie[1], créée en 1922, et de l’École des métiers d’art, fondée en 1941, qui occupait les locaux de l'ancien hôtel Salé, rue de Thorigny, actuel musée Picasso.

Enseignements[modifier | modifier le code]

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, dans un contexte de forte rivalité dans la mise en place d'un enseignement technique et artistique dans le monde[2], une douzaine d’écoles professionnelles sont créées à Paris.

Parmi celles-ci, les écoles supérieures de dessin et de modelage pour garçons Germain Pilon et Bernard Palissy ouvrent en 1882, sur la décision de communaliser deux écoles libres de dessin situées respectivement rue Sainte-Elisabeth dans le 3e arrondissement et rue des Petits-Hôtels dans 10e arrondissement, qui figuraient parmi les nombreux établissements privés de ce type qui rendaient de grands services aux ouvriers en leur apportant une qualification nécessaire en graphisme pour l'exécution de pièces décoratives à une époque où l'éclectisme se passionnait pour les styles et l'ornementation[3]. Cette décision, prise le 9 août 1882 par la Ville de Paris sur un rapport du conseiller municipal Sigismond Lacroix, a au moins deux raisons ː d'une part, il s'agit de conférer un enseignement artistique plus complet, plus diversifié, qui corresponde aux avancées pédagogiques que l'on rencontre dans des pays industriels qui concurrencent directement la France dans le domaine du luxe, à savoir l'Angleterre et l'Allemagne ; d'autre part, elles cherchent à lutter, en même temps que les écoles Estienne et Boulle qui ouvrent dans les années suivantes, contre la crise économique qui sévit depuis près de dix ans et qui provoque la ruine de nombreuses industries d'art parisiennes.

Les deux écoles correspondent à des secteurs d'activité différents, qui sont en général pratiqués dans l'arrondissement où chacune d'entre elles est implanté. Elles portent les noms de célèbres artistes et artisans de la Renaissance française au 16e siècle.

Germain Pilon est destinée à offrir aux ouvriers des principales branches de l’industrie artistique les connaissances qui leur sont nécessaires. On y enseigne les matières suivantes : dessin et modelage d’après le plâtre et d’après nature, constructions et dessin géométrique, perspective, anatomie, anatomie comparée, architecture, ameublement, composition décorative, analyse des styles, aquarelle.

Bernard Palissy, « une école professionnelle artistique », a pour but de former des « artistes habiles dans certaines industries, telles que la céramique, le verrerie et les émaux, la sculpture sur bois, marbre, ivoire, métaux, le dessin des étoffes et la peinture décorative »[4].

Très à l'étroit dans leurs locaux désuets, la Ville décide la construction d'un bâtiment neuf dans le quartier du Temple où elles seront fusionnées en une seule école. C'est un effort budgétaire conséquent, à une époque de montée en puissance des arts décoratifs qui stimule les pouvoirs publics à agir en faveur de ces derniers. Les travaux s'effectuent entre 1911 et 1913 mais sont interrompus par la Première Guerre mondiale.

Finalement, le chantier est achevé en 1922 et la nouvelle école ouvre en octobre 1923 rue Dupetit-Thouars à Paris[5] sous le nom d’École des arts appliqués à l’industrie. Un directeur est nommé, Eugène Belville.

L'école participe aux différentes manifestations internationales avec les autres écoles d'arts appliqués de la Ville de Paris, comme l'Exposition internationale des arts décoratifs de 1925 et l'Exposition internationale des arts et techniques de 1937.

En 1941, dans un contexte de revalorisation de l'artisanat d'art, Camille Fleury crée le Centre d’apprentissage des arts et métiers au 10 rue du Parc-Royal à son retour de captivité en Allemagne. Dès 1942, il déménage à l’hôtel Salé[6], resté vacant depuis le départ pour la Gironde de son dernier locataire, le bronzier d'art Henri Vian (grand-père de Boris Vian). L'établissement devient le Centre de formation professionnelle des métiers d’art puis l’École des métiers d’art[7].

En 1956, Jacques Viénot crée le premier cours d’esthétique industrielle (design industriel) à l’École des arts appliqués à l’industrie, d'une durée d'abord d'un an, puis en deux ans dès 1961. A partir des années soixante, l'enseignement des " Arts A [8]" s'oriente progressivement vers le supérieur.

En 1969, l’École des métiers d’art et l’École des arts appliqués à l’industrie s’installent rue Olivier-de-Serres dans le 15e arrondissement dans un nouveau bâtiment à l'architecture moderniste évoquant le Bauhaus de Dessau, une institution passée alors très en vogue, et deviennent, sous la direction de Pierre Theubet et Fleury, l’École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art. Elle demeure paradoxalement un lycée professionnel relevant non plus de la Ville de Paris mais de l’Éducation nationale[9].

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

L'ENSAAMA est aujourd'hui un lycée professionnel qui accueille 900 élèves pour des formations artistiques post-bac, à caractère professionnel diversifié. C’est actuellement l'un des quatre établissements majeurs de Paris de préparation aux arts appliqués et métiers d'art (avec les écoles Boulle, Duperré et Estienne), écoles qui possèdent toutes une solide renommée dans le domaine des arts appliqués et des métiers d’art, fruit de leur sélectivité et de leur ancienneté.

Diplômes[modifier | modifier le code]

Quelques anciens professeurs et élèves[modifier | modifier le code]

Professeurs[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Aumônier[modifier | modifier le code]

Accès[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par la station de métro Convention.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Stéphane Laurent, L'Art utile, les écoles d'arts appliqués en France (1851-1940), Paris, L'Harmattan, 1998, p. 198-202.
  2. Voir Stéphane Laurent, « De l’Ornement au design : l’expansion d’un enseignement international des arts appliqués » dans Dominique Poulot, Jean-Michel Pire, Alain Bonnet (dir.), L’Education artistique: du modèle académique aux pratiques actuelles, XVIIIe-XIXe siècles, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2010, p. 169-184. Le South Kensington College, dont est issu l’actuel Royal College of Art, ouvre en 1856 à Londres.
  3. Voir Stéphane Laurent, Les Arts appliqués en France (1851-1940), genèse d'un enseignement, Paris, Éditions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, 1999.
  4. Lebahar, Jean-Charles, avec la participation d’Éric Tortochot et Pierre-Étienne Feertchak, L’enseignement du design industriel, Lavoisier, 2008, p. 128. Cite Le Mansois Duprey, T.G.A, L’œuvre sociale de la municipalité parisienne, 1871-1891, Paris, Imprimerie municipale, 1892, p. 16-17.
  5. Le bâtiment de la rue Dupetit-Thouars abrite aujourd’hui l’École Duperré, initialement installée rue Duperré et première école d'arts appliqués pour les jeunes filles. Elle résulte de la communalisation par la Ville de Paris en 1906 d'une école créée par la philanthrope sociale Élisa Lemonnier. Le nom des deux écoles de garçons originelles, Bernard Palissy et Germain Pilon, demeurent inscrits sur la façade. Voir Stéphane Laurent, «Teaching the Applied Arts to Women at the École Duperré dans Paris 1864-1940», Studies in the Decorative Arts, vol. IV/1, Fall-Winter 1996-1997, p. 60-84.
  6. L’hôtel Salé, situé 5 rue de Thorigny, dans le 4e arrondissement de Paris, abrite aujourd’hui le musée Picasso.
  7. La Ville de Paris se rend maîtresse des lieux en parvenant à exproprier le propriétaire, la famille Lamouroux, en 1966. Elle cherche à y installer le musée du Costume, qui sera finalement établi dans l'actuel Palais Galliéra à partir de 1977.
  8. Prononcer " arza ". Sobriquet donné à l'école des arts appliqués de la rue Dupetit-Thouars.
  9. Des formations à Bac +4 (Diplômes supérieurs d'arts appliqués) sont intégrées dans les années quatre-vingt, en même temps que des baccalauréats professionnels et des diplômes supérieurs de métiers d'art. Appliquant tardivement la convention de Bologne de 1999, l'établissement s'oriente vers une conversion inéluctable des diplômes français spécifiques (Brevets de techniciens supérieurs, Diplômes de Métiers d'art, Diplômes supérieurs d'arts appliqués...) en Licences et Masters de type universitaires, qui sont en vigueur depuis longtemps dans les écoles d'art et de design des autres pays.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Laurent, L'Art utile, les écoles d'arts appliqués en France (1851-1940), Paris, L'Harmattan, 1998, 288 p. (ISBN 978-2738467508)
  • Stéphane Laurent, Les Arts appliqués en France (1851-1940), genèse d'un enseignement, Paris, Éditions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, 1999, 684 p. (ISBN 978-2735504176)
  • Stéphane Laurent, « La France en porte-à-faux : repenser l’enseignement du design et des métiers d’art à l’heure de la mondialisation », actes du colloque Aujourd’hui, c’est déjà demain ! Rencontres nationales autour des diplômes de métiers d’art, 15-16 octobre 2014, Palais de Fervaques, Saint-Quentin, p. 60-76. En ligne sur : google book.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]