Il est le premier lauréat du prix Gotlib en 2022 pour le troisième opus de Thérapie de groupe, La Tristesse durera toujours.
En 2024, Manu Larcenet obtient un succès autant public que critique avec son adaptation du roman La Route de Cormac McCarthy[3] et se voit récompensé du Grand prix des lectrices de Elle 2024 (dans la catégorie bande dessinée)[4].
À la suite d'études de graphisme au lycée de Sèvres et de l'obtention d'un BTS expression visuelle option images de communication à l’école Olivier-de-Serres[5], il publie dès 1991 des planches très inspirées de Philippe Vuillemin dans Yéti, pour lequel il réalise également sa première couverture de magazine.
En 1994, Manu Larcenet entre à Fluide glacial. Ses histoires, imprégnées d'absurde, de non-sens et d'humour parodique, lorgnant souvent vers le potache[6] et l'esprit punk sont de la plus pure école Fluide.
Plusieurs one-shots sont publiés en albums : Soyons fous (Fluide Glacial, 1996), La Loi des Séries (Fluide glacial, 1997), À l'Ouest de l'Infini (Fluide glacial, 1999), Les Superhéros injustement méconnus (Fluide glacial, 2001), Ni Dieu, ni Maître, ni croquettes (Glénat, 2002) puis Le Guide de la survie en entreprise (Fluide glacial, 2005).
Parallèlement, il crée une série parodique de Bob Morane, intitulée Bill Baroud, qui connaît quatre tomes (Fluide glacial, 1998-2002).
Cependant, les six épisodes de Minimal, (éditées en album par Fluide glacial en 2003), marquent une rupture. Dans ces pages, qui se moquent des dérives intellectualistes de la bande dessinée alternative, Larcenet se fait plus mordant et plus dur[7].
De la fin 2005 à 2006, il dessine sur des scénarios de LindingreChez Francisque, qui évoque les conversations de comptoir de Français réactionnaires et racistes. En désaccord avec l'évolution suivie par Fluide glacial sous Thierry Tinlot[réf. nécessaire], Larcenet annonce en qu'il quitte la revue[réf. nécessaire], après en avoir été un pilier douze années durant[8].
Parallèlement, il a déjà entamé chez sa propre maison d'édition un virage créatif dramatique.
En 1997, Larcenet fonde avec Nicolas Lebedel sa propre maison d'édition, Les Rêveurs de Rune — qui deviennent assez vite Les Rêveurs —, pour publier des œuvres à la limite de l'expérimental, sous l'influence de L'Association[réf. nécessaire] et de Lewis Trondheim, un de ses piliers.
Il y créé la collection « On verra bien… » et illustre Raôul, jeu de rôle parodique créé par son frère Patrice. Il s'agit de ses premiers albums de bande dessinée.
Il livre surtout plusieurs one-shots en tant que scénariste et dessinateur, dans un format à l'italienne et en noir et blanc : Dallas Cowboy (1997), Presque (1998), On Fera Avec (2000), L'Artiste de la Famille (2001), puis Ex Abrupto (2005). Dans ces différentes œuvres intimistes, il utilise un trait plus lâche et expressif, Larcenet s'interroge sur la création, la mort, ou encore l'obésité.
C'est aussi au sein de cette structure qu'il publie en 2006 Critixman, opus dirigé contre les lecteurs de bande dessinée autoproclamés critiques qui descendent allègrement les auteurs sur les forums et sites spécialisés[9], mais aussi, dans la lignée de Minimal, contre les positions de certains auteurs qui se veulent « avant-gardistes »[10] et ne s'avèrent finalement que de pédants disserteurs.
Parallèlement, il lance chez Dargaud des séries plus grand public, qui lui permettent d'accéder à une large reconnaissance critique et une forte visibilité médiatique.
Il collabore entre 1997 et 2004 avec Spirou et les éditions Dupuis : chez eux, il participe à la nouvelle collection, « Humour libre », en signant avec Jean-Michel Thiriet la trilogie La vie est courte (Dupuis, 1998-2000). Puis il scénarise les deux premiers albums de Pedro le Coati, dessinés par Gaudelette. Ce dernier signe seul un troisième tome, qui sort en 2007 et reste sans suite.
Larcenet se concentre en effet sur ses nouvelles séries humoristiques pour Dargaud, créées pour la nouvelle collection Poisson Pilote, pensée comme un laboratoire à jeunes talents issus de la bande dessinée indépendante. Celles-ci lui permettent de toucher un public plus large que celui de Fluide glacial, tout en étant moins restreint que celui des Rêveurs.
Il dessine les aventures des Les Cosmonautes du futur, scénarisées par Lewis Trondheim (trois tomes, 2000-2004) ; Donjon Parade, écrites par Trondheim et Joann Sfar (cinq tomes, 2000-2007) ; Les Entremondes, imaginées par son frère Patrice (deux tomes, 2000-2001) ; et surtout Le Retour à la terre (cinq tomes, 2002-2008), un joli succès commercial écrit par Jean-Yves Ferri. Cette série est basée sur sa propre expérience d'ancien Parisien exilé dans la campagne lyonnaise depuis [11]. Il se fait remarquer, toujours chez Dargaud, en tant que scénariste/dessinateur : d'abord en signant la série comico-historique Une aventure rocambolesque de… (2002-2009), puis en explorant la banlieue française avec Nic Oumouk (deux tomes : 2005-2007).
Chez l'éditeur 6 Pieds sous terre sort L'Histoire du Soldat (2005) et De mon chien comme preuve irréfutable de l'inexistence d'un dieu omniprésent (2007).
Mais c'est en 2003 qu'il accède à une reconnaissance critique inédite avec Le Combat ordinaire, éditée simplement chez Dargaud, et non plus dans la collection « Poisson Pilote ». Cette œuvre lui vaut le prix du meilleur album au festival d'Angoulême 2004[12]. Ce premier tome amorce une quadrilogie semi-autobiographique et abordant des thèmes graves et sociaux.
En 2006, les éditions Dargaud publient une édition limitée du Combat Ordinaire 3, contenant un DVD avec un documentaire de 52 minutes intitulé Des instants précieux. Ce film, réalisé par Sam Diallo et Laurent Beaufils permet au spectateur de suivre Manu Larcenet pendant la conception de cet album.
En 2008, ses deux plus gros succès critiques et commerciaux – Le Retour à la terre et Le Combat ordinaire – se concluent, respectivement au bout de six et quatre tomes. Larcenet retrouve cependant Jean-Yves Ferri et l'éditeur les Rêveurs pour Le Sens de la Vis (deux tomes, 2008-2010). Ensemble, ils publient aussi en 2006 Correspondances, qui regroupent les fax échangés entre les deux auteurs durant leur collaboration artistique.
Fin 2010, une intégrale du Combat ordinaire est publiée, elle contient les 4 tomes de la série ainsi qu'un DVD contenant un documentaire totalement inédit de 52 minutes réalisé par Sam Diallo. Ce film est un portrait de Manu Larcenet (de ses débuts à Fluide glacial à Blast), et contient des interviews exclusives de Jean-Yves Ferri, Marcel Gotlib, Lewis Trondheim et Daniel Pennac.
Durant les années 2010, il se confirme en tant qu'auteur complet, réduisant ses collaborations.
En 2013, ses albums La ligne de front (2004) et Crevaisons (2009), à savoir les tomes 2 et 5 de sa série Une Aventure Rocambolesque de..., intègrent la liste des œuvres utiles à la culture générale des futurs officiers de l'Armée de l'Air[15].
Blast s'achève en avec la sortie du tome 4 : Pourvu que les bouddhistes se trompent.
Parallèlement à cette collaboration médiatisée avec Dargaud, Larcenet continue à publier régulièrement des one-shots chez les Rêveurs : L'Angélus de Midi (2008), Peu de Gens Savent (2010), Nombreux sont ceux qui ignorent (2012), Microcosme (2014) et Les Branleurs (2017).
En 2018, il déclare dire « adieu au papier » pour se consacrer au dessin sur tablette graphique. Il travaille alors sur un nouveau tome du Retour à la Terre, dix ans après la parution du dernier album[17].
En 2020 sort Confinement en œuvres, commentaires dessinés sur des tableaux connus. Il publie aussi, en auteur complet, le premier tome de sa série Thérapie de groupe intitulé L’étoile qui danse aux éditions Dargaud. Deux autres tomes suivront pour finaliser la série: Ce qui se conçoit bien en 2021 et La tristesse durera toujours en 2022.
En 2025, il publie le 16ème tome des aventures de Jack Palmer, série de René Pétillon. Il reprend un scénario de 2018, inachevé suite au décès de l’auteur original[20]. Cette enquête du détective Palmer se passe dans le Bordelais et dénonce avec humour les magouilles du monde viticole. On retrouve pour l’occasion Ange Léoni, personnage de L'Enquête corse. Comme le note B.Roure dans Bodoï, le principe narratif reste classique et efficace : « un enquêteur faussement naïf qui pénètre un milieu fermé et fier, pour en révéler les errances et absurdités. »[21].
4 Robin des Bois - La légende de Robin des Bois[28], Dargaud (coll. Poisson pilote), (ISBN978-2-205-06018-8), 2008 Scénario et dessin : Manu Larcenet - Couleurs : Patrice Larcenet
2 Le Sage du ghetto, Delcourt (coll. Humour de rire), (ISBN2-84055-693-6), 2001 Scénario : Lewis Trondheim et Joann Sfar - Dessin : Manu Larcenet - Couleurs : Walter Pezzali
3 Le Jour des crapauds, Delcourt (coll. Humour de rire), 2002 Scénario : Lewis Trondheim et Joann Sfar - Dessin : Manu Larcenet - Couleurs : Walter Pezzali - (ISBN2-84055-821-1)
4 Des fleurs et des marmots, Delcourt (coll. Humour de rire), 2004 Scénario : Lewis Trondheim et Joann Sfar - Dessin : Manu Larcenet - Couleurs : Walter Pezzali - (ISBN2-84789-495-0)
5 Technique Grogro, Delcourt (coll. Humour de rire), 2007 Scénario : Lewis Trondheim et Joann Sfar - Dessin : Manu Larcenet - Couleurs : Walter Pezzali - (ISBN978-2-7560-0477-8)
Intégrale Fortissimo, Delcourt (coll. 20 Ans), 2006 Scénario : Lewis Trondheim et Joann Sfar - Dessin : Manu Larcenet - Couleurs : Walter Pezzali - (ISBN2-7560-0456-1)
2 La France a peur de Nic Oumouk, Dargaud (coll. Poisson pilote), (ISBN978-2-205-05997-7), 2007 Scénario et dessin : Manu Larcenet - Couleurs : Patrice Larcenet
1 L'Autre, Dargaud, (ISBN978-2-205-07385-0), 2015 Scénario : Manu Larcenet d'après Philippe Claudel - Dessin et couleurs : Manu Larcenet
2 L'Indicible, Dargaud, (ISBN978-2-205-07540-3), 2016 Scénario : Manu Larcenet d'après Philippe Claudel - Dessin et couleurs : Manu Larcenet
Intégrale Le Rapport de Brodeck, Barbier & Mathon, (ISBN978-2-919243-18-1), 2017 Scénario : Manu Larcenet d'après Philippe Claudel - Dessin et couleurs : Manu Larcenet
16. Palmer dans le rouge – Une enquête en bord de Médoc , 2025, Dargaud Scénario : René Pétillon - Dessin et couleurs : Manu Larcenet - (ISBN9782205214871)
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques IMDb et Allociné, présentes dans la section « Liens externes ».
↑Voir le texte qui accompagne la couverture du Fluide glacial no 354.
↑Il fait l'annonce publique de ce départ sur son ancien blog le 20 juin 2006.
↑Les rapports de Larcenet aux forums de bande dessinée, particulièrement complexes[réf. nécessaire], ont conduit l'auteur à disparaître de la plupart des forums qu'il fréquentait, à clore les commentaires de son blog, et à ne plus laisser publique son adresse courriel.
↑Larcenet fait explicitement[réf. nécessaire] référence à Jean-Christophe Menu, qui l'accusait en janvier 2005 dans Plates-Bandes de n'être qu'un « vulgarisateur » de Blutch, ce que Larcenet nie, tout en assumant de vouloir créer une œuvre accessible au grand public. Le même reproche lui a ensuite été fait concernant un prétendu plagiat de Winshluss[réf. nécessaire].
↑Mattéo Sallaud, « BD : au festival d’Angoulême, le prix du meilleur album prend du poids chaque année », Sud Ouest, (lire en ligne).
↑"C’est très très dur, et c’est en partie pour ça que ça se fera en quatre tomes et pas en cinq. Je deviens insupportable envers mes proches, parce que pour que le personnage de Polza soit crédible, il faut que je le joue."Interview pour Lalibre.be 23 avril 2011