Manu Larcenet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Manu Larcenet
Description de cette image, également commentée ci-après
Manu Larcenet en dédicace à Nancy ()
Nom de naissance Emmanuel Larcenet
Alias
Manu
Naissance (49 ans)
Issy-les-Moulineaux
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Signature de Manu Larcenet

Emmanuel Larcenet, dit Manu Larcenet ou Larcenet, est un auteur de bande dessinée français, né le à Issy-les-Moulineaux.

De 1994 à 2006, il collabore au magazine Fluide glacial, pour lequel il réalise essentiellement des récits humoristiques, tout en publiant des œuvres plus intimes aux Rêveurs, maison d'édition qu'il crée en 1998, avec Nicolas Lebedel.

Au début des années 2000, il accède à une large reconnaissance critique grâce à plusieurs albums édités par Dargaud : la série humouristique Le Retour à la terre, scénarisée par Jean-Yves Ferri, s'impose comme son plus gros succès commercial[1], tandis que Le Combat ordinaire[2], en fait un auteur majeur de la BD francophone[3].

Il confirme ce statut durant les années 2010 en signant les très sombres Blast (2010-2014) puis Le rapport de Brodeck (2015-2017).

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et débuts[modifier | modifier le code]

À la suite d'études de graphisme au lycée de Sèvres et de l'obtention d'un BTS expression visuelle option images de communication à l’école Olivier-de-Serres[4], il publie dès 1991 des planches très inspirées de Philippe Vuillemin dans Yéti, pour lequel il réalise également sa première couverture de magazine.

En 1994, Manu Larcenet entre à Fluide glacial. Ses histoires, imprégnées d'absurde, de non-sens et d'humour parodique, lorgnant souvent vers le potache[5] et l'esprit punk sont de la plus pure école Fluide.

Humour et parodie chez Fluide Glacial (1994-2006)[modifier | modifier le code]

En 1996, les éditions Glénat sortent, en format à l'italienne, 30 Millions d'Imbéciles.

Plusieurs one-shots sont publiés en albums : Soyons Fous (Fluide Glacial, 1996), La Loi des Séries (Fluide Glacial, 1997), À l'Ouest de l'Infini (Fluide Glacial, 1999), Les Superhéros injustement méconnus (Fluide Glacial, 2001), Ni Dieu, ni Maître, ni croquettes (Glénat, 2002) puis Le Guide de la survie en entreprise (Fluide Glacial, 2005).

Parallèlement, il créé une série parodique de Bob Morane, intitulée Bill Baroud, qui connaît quatre tomes (Fluide Glacial, 1998-2002). Cependant, les six épisodes de Minimal, (éditées en album par Fluide Glacial en 2003), marquent une rupture. Dans ces pages, qui se moquent des dérives intellectualistes de la bande dessinée alternative, Larcenet se fait plus mordant et plus dur[6].

De la fin 2005 à 2006, il dessine sur des scénarios de Lindingre Chez Francisque, qui évoque les conversations de comptoir de Français réactionnaires et racistes. En désaccord avec l'évolution suivie par Fluide Glacial sous Thierry Tinlot[réf. nécessaire], Larcenet annonce en juin 2006 qu'il quitte la revue[réf. nécessaire], après en avoir été un pilier douze années durant[7].

Parallèlement, il a déjà entamé chez sa propre maison d'édition un virage créatif dramatique.

Veine dramatique chez les Rêveurs (1997-2006)[modifier | modifier le code]

En 1997, Larcenet fonde avec Nicolas Lebedel sa propre maison d'édition, Les Rêveurs de Rune — qui deviennent assez vite Les Rêveurs —, pour publier des œuvres à la limite de l'expérimental, sous l'influence de L'Association[réf. nécessaire] et de Lewis Trondheim, un de ses piliers.

Il y créé la collection « On verra bien... » et illustre Raôul, jeu de rôle parodique créé par son frère Patrice. Il s'agit de ses premiers albums de bande dessinée.

Il livre surtout plusieurs one-shots en tant que scénariste et dessinateur, dans un format à l'italienne et en noir et blanc :Dallas Cowboy (1997), Presque (1998), On Fera Avec (2000), L'Artiste de la Famille (2001), puis Ex Abrupto (2005). Dans ces différentes oeuvres intimistes, il utilise un trait plus lâche et expressif, Larcenet s'interroge sur la création, la mort, ou encore l'obésité.

C'est aussi au sein de cette structure qu'il publie en 2006 Critixman, opus dirigé contre les lecteurs de bande dessinée autoproclamés critiques qui descendent allègrement les auteurs sur les forums et sites spécialisés[8], mais aussi, dans la lignée de Minimal, contre les positions de certains auteurs qui se veulent « avant-gardistes »[9] et ne s'avèrent finalement que de pédants disserteurs.

Parallèlement, il lance chez Dargaud des séries plus grand public, qui lui permettent d'accéder à une large reconnaissance critique et une forte visibilité médiatique.

Collaborations et révélation (années 2000)[modifier | modifier le code]

Il collabore entre 1997 et 2004 avec Spirou et les éditions Dupuis : chez eux, il participe à la nouvelle collection, Humour Libre, en signant avec Jean-Michel Thiriet la trilogie La vie est courte (Dupuis, 1998-2000). Puis il scénarise les deux premiers albums de Pedro le Coati, dessinés par Gaudelette. Ce dernier signera seul un troisième tome, qu sortira en 2007 et restera sans suite.

Larcenet se concentre en effet sur ses nouvelles séries humouristiques pour Dargaud, créées pour la nouvelle collection Poisson Pilote, pensée comme un laboratoire à jeunes talents issus de la bande dessinée indépendante. Celles-ci lui permettent de toucher un public plus large que celui de Fluide Glacial, tout en étant moins restreint que celui des Rêveurs.

Il dessine les aventures des Les Cosmonautes du futur, scénarisées par Lewis Trondheim (trois tomes, 2000-2004) ; Donjon Parade, écrites par Trondheim et Joann Sfar (cinq tomes, 2000-2007) ; Les Entremondes, imaginées par son frère Patrice (deux tomes, 2000-2001) ; et surtout Le Retour à la terre (cinq tomes, 2002-2008), un joli succès commercial écrit par Jean-Yves Ferri. Cette série est basée sur sa propre expérience d'ancien parisien exilé dans la campagne lyonnaise depuis juin 2001[10].

Mais surtout, il se fait remarquer, toujours chez Dargaud, en tant que scénariste/dessinateur : d'abord en signant la série comico-historique Une aventure rocambolesque de... (2002-2009), puis en explorant la banlieue française avec Nic Oumouk (deux tomes, 2005-2007).

Chez l'éditeur Six Pieds sous Terre, il sort L'Histoire du Soldat (2005) et De mon chien comme preuve irréfutable de l'inexistence d'un dieu omniprésent (2007).

Mais c'est en 2003 qu'il accède à une reconnaissance critique inédite avec Le Combat ordinaire, éditée simplement chez Dargaud, et non plus dans la collection Poisson Pilote. Cette oeuvre lui vaut le prix du meilleur album au Festival d'Angoulême 2004. Ce premier tome amorce une quadrilogie semi-autobiographique et abordant des thèmes graves et sociaux[11], et dont le graphisme montrent la maturité du trait de son auteur[réf. nécessaire], Larcenet rejoint Lewis Trondheim, Sfar ou Blutch dans le cercle des grands auteurs apparus au début des années 1990[réf. nécessaire].

En 2006, les éditions Dargaud publient une édition limitée du Combat Ordinaire 3, contenant un dvd avec un documentaire de 52 minutes intitulé Des instants précieux. Ce film, réalisé par Sam Diallo et Laurent Beaufils permet au spectateur de suivre Manu Larcenet pendant la conception de cet album.

En 2008, ses deux plus gros succès critiques et commerciaux - Le Retour à la terre et Le Combat ordinaire -se concluent, respectivement au bout de cinq et quatre tomes. Larcenet retrouve cependant Jean-Yves Ferri et l'éditeur les Rêveurs pour Le Sens de la Vis (deux tomes, 2008-2010). Ensemble, ils publient aussi en 2006 Correspondances, qui regroupent les fax échangés entre les deux auteurs durant leur collaboration artistique.

Fin 2010, une intégrale du Combat ordinaire est publiée, elle contient les 4 tomes de la série ainsi qu'un DVD contenant un documentaire totalement inédit de 52 minutes réalisé par Sam Diallo. Ce film est un portrait de Manu Larcenet (de ses débuts à Fluide Glacial à Blast), et contient des interviews exclusives de Jean-Yves Ferri, Marcel Gotlib, Lewis Trondheim et Daniel Pennac.

Durant les années 2010, il confirme en tant qu'auteur complet, réduisant ses collaborations.

Confirmation (années 2010)[modifier | modifier le code]

En 2009, l'auteur surprend et change de style graphique avec le premier tome d'une nouvelle quadrilogie dramatique, Blast[12]. Le premier volume de 200 pages obtient le prix des libraires de bandes dessinées 2010[13]. Sorti en 2011, le tome 2 de Blast décroche le Grand prix RTL de la bande dessinée[14].

En 2013, ses albums La ligne de front (2004) et Crevaisons (2009), à savoir les tomes 2 et 5 de sa série Une Aventure Rocambolesque de..., intègrent la liste des œuvres utiles à la culture générale des futurs officiers de l'Armée de l'Air[15].

Blast s'achève en mars 2014 avec la sortie du tome 4 : Pourvu que les bouddhistes se trompent.

En 2015, Larcenet entame une nouvelle série avec Le rapport de Brodeck. Il s'agit cette fois d'un diptyque, adaptant le roman éponyme de Philippe Claudel[16].

Parallèlement à cette collaboration médiatisée avec Dargaud, Larcenet continue à publier régulièrement des one-shots chez les Rêveurs : L'Angélus de Midi (2008), Peu de Gens Savent (2010), Nombreux sont ceux qui ignorent (2012), Microcosme (2014) et Les Branleurs (2017).

En 2018, il déclare dire "adieu au papier" pour se consacrer au dessin sur tablette graphique. Il travaille alors sur un nouveau tome du Retour à la Terre, dix ans après la parution du dernier album[17].

Œuvres publiées[modifier | modifier le code]

One shots[modifier | modifier le code]

Séries[modifier | modifier le code]

Participations[modifier | modifier le code]

Magazines[modifier | modifier le code]

Manu Larcenet a collaboré à plusieurs magazines :

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Combat ordinaire (film).

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.brain-magazine.fr/article/interviews/173-Manu-Larcenet---Que-de-la-BD
  2. Album qui a obtenu le prix du meilleur album au Festival d'Angoulême en 2004
  3. http://www.evene.fr/celebre/biographie/manu-larcenet-15788.php
  4. http://www.letudiant.fr/loisirsvie-pratique/loisirsvie-pratique-people/les-20-ans-de-manu-larcenet-19413/les-20-ans-de-manu-larcenet-14080.html
  5. http://www.mondomix.com/fr/news/la-selection-bd-d-angouleme-l-armure-du-jakolass-atsuko-le-chanteur-sans-nom
  6. Voir le texte qui accompagne la couverture du Fluide Glacial no 354.
  7. Il fait l'annonce publique de ce départ sur son ancien blog le 20 juin 2006.
  8. Les rapports de Larcenet aux forums de bande dessinée, particulièrement complexes[réf. nécessaire], ont conduit l'auteur à disparaître de la plupart des forums qu'il fréquentait, à clore les commentaires de son blog, et à ne plus laisser publique son adresse courriel.
  9. Larcenet fait explicitement[réf. nécessaire] référence à Jean-Christophe Menu, qui l'accusait en janvier 2005 dans Plates-Bandes de n'être qu'un « vulgarisateur » de Blutch, ce que Larcenet nie, tout en assumant de vouloir créer une œuvre accessible au grand public. Le même reproche lui a ensuite été fait concernant un prétendu plagiat de Winshluss[réf. nécessaire].
  10. https://www.avoir-alire.com/portrait-d-auteur-manu-larcenet
  11. La mort du père, la maladie d'Alzheimer, le racisme ou encore la Guerre d'Algérie y sont traités avec une finesse particulière.
  12. "C’est très très dur, et c’est en partie pour ça que ça se fera en quatre tomes et pas en cinq. Je deviens insupportable envers mes proches, parce que pour que le personnage de Polza soit crédible, il faut que je le joue." Interview pour Lalibre.net 23 avril 2011
  13. http://www.canalbd.net/index.php?s=prixdeslibraires
  14. « Manu Larcenet remporte le "Grand Prix RTL 2011 de la BD" », sur rtl.fr, (consulté le 22 avril 2012)
  15. http://ecole-air.fr/images/pdf/concoursResultats/2013/noticeIntegration.pdf
  16. « Rapport de Brodeck (Le) Autre (L') », sur Dargaud.com.
  17. http://www.9emeart.fr/post/news/franco-belge/l-adieu-au-papier-l-exposition-dediee-a-manu-larcenet-a-la-galerie-barbier-et-mathon-8888
  18. Critique par Christophe Donner, « Dispersion, camarades ! », Le Monde 2, nº 212, semaine du 8 au , p. 8.
  19. [1]
  20. « Daniel Pennac et Manu Larcenet cosignent l'album illustré de "Journal d'un corps" ! »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), My Boox, 7 mars 2013
  21. http://larcenet.mania.free.fr/Manu-Larcenet.htm
  22. a et b « Article Larousse - Emmanuel Larcenet, dit Manu Larcenet », sur larousse.fr (consulté le 21 décembre 2012)
  23. http://larcenet.mania.free.fr/Mini-planches.htm
  24. a b c d e f g h i j et k « Biographie de Manu Larcenet », sur France Culture, (consulté le 3 septembre 2018)
  25. « La meilleure bande dessinée 2011: Blast, de Manu Larcenet », article du magazine Lire, du 29/11/2011.
  26. Sophie Goux, « Festival de la BD 2015, demandez le programme ! », sur france3-regions.francetvinfo.fr, (consulté le 9 décembre 2014)
  27. Les cinq finalistes 2015, site officiel de l'ACBD.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :