Tony Soulié

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Tony Soulié
Tony Soulié (1996).png

Tony Soulié dans son atelier à Paris.

Naissance
Nationalité
Française
Activités
Formation

Tony Soulié, né en 1955, est un photographe, peintre, sculpteur, graveur et plasticien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tony Soulié fait partie de la « Nouvelle abstraction » française des années 1970-1980[1]. Des centaines d’expositions de ses œuvres ont été organisées à travers le monde et elles figurent dans de multiples collections publiques et privées telles que le musée d'art moderne de la ville de Paris, le Musée de Utsunomiya, la Fondation de la Culture et des Arts de Hawaii ou encore le fondation Peter Stuyvesant, la fondation Spiegel et bien d'autres[2].

Ses travaux ont fait l’objet d’expositions au Musée national des beaux-arts de Santiago au Chili, Musée des Tapisseries à Aix-en-Provence, Le Musée d’Art Contemporain de Honolulu à Hawaii[3], le Musée d’Avallon, Kulturhuset Art-Center à Stockholm, le Musée Clayarch Gimhae en Corée du Sud, le Musée de l’Industrie (Bois du Cazier) à Charleroi[4], le Musée d’Art Moderne Modern de Rio de Janeiro, le Musée des Beaux Arts à Brasilia, le Musée national de Colombie à Bogota, le Musée d’Art Contemporain de Zagreb en Croatie, le Musée Postale Royale à Bangkok. Soulié est représenté par des marchands d’art et galeries d’art à Londres, Paris, Frankfort, Copenhague, Séoul, Tokyo, Santa Fe et d’autres villes à travers le monde[5].

Origines[modifier | modifier le code]

Soulié a grandi à Paris où il est né et où il a fait ses études à l’École des Arts Appliqués. Bien que surtout connu en qualité de peintre, il a également créé de nombreux livres d’artistes, sculptures, estampes aussi bien que des installations et performances. Il a réalisé des performances scéniques pour des pièces de théâtre entre 1982 et 1991 et a ensuite signé la scénographie de nombreuses productions. Il a également réalisé des installations de land art et plus particulièrement sur des volcans, parfois à l’intérieure même des caldeira de volcans actifs[6].

Techniques et procédés[modifier | modifier le code]

Il y a une constante dans les matériaux employés par Soulié dans sa peinture. L'usage de vernis et de poudre de carborundum ajouté à la peinture acrylique est devenu caractéristique de son art depuis 1992 avec ses premières photographies peintes sur l’Afrique. Ces matériaux, originellement non destinés aux beaux-arts, ont été adoptés par Soulié à l’époque où son atelier se trouvait dans le quartier de la Bastille alors dominé par l’activité artisanale liée à la manufacture de mobilier[5].

L’usage du carborundum dans sa peinture est aussi en lien direct avec ses installations sur les volcans : le composé de silicium ne se trouve à l’état pur dans la nature que dans les exhalations volcaniques[7].

La technique de photographie peinte, ou « photopeinture » comme il la nomme, est basée sur des tirages grand format en noir et blanc des photographies prises lors de ses nombreux voyages à travers le monde, qu’il recouvre d’encre, d’acrylique, de vernis et de carborundum[8]. Les thèmes explorés touchent des sujets différents comme les mégalopoles captées dans ses photographies lors de ses voyages dans les plus grands villes du monde, mais aussi les fleurs ou les dream-catchers (capteur de rêves)[9]. Soulié a réalisé de nombreux livres d’artistes et portfolios collectifs avec des poètes et d'autres artistes comme Michel Butor, Patricia Erbelding, Serge Gavronsky, Patrick Grainville, Alain Jouffroy, Michel Luneau, J. M. G. Le Clézio, Tita Reut, Salah Stétié, Joël Bastard et autres[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Bien qu’issu d’une famille ayant ses racines à Albi dans le sud de la France, Soulié a grandi à Paris dans le quartier du Marais / Bastille, à l’époque haut-lieu de l'artisanat mobilier français. Sa première exposition personnelle a lieu à la Galerie Durgnet en Suisse en 1977 et en 1984 il participe à l’exposition « Peintures, l’autre nouvelle génération » au Grand Palais – une exposition qui va lancer une nouvelle génération d’artistes français. L’exposition au Grand Palais fut suivie par une série soutenue d’expositions et la galerie Françoise Palluel le représente en tant qu’artiste de la galerie, montrant ses œuvres à la FIAC en 1985 et jusqu’au milieu des années 1990 où en 1996, l’exposition de Tony Soulié lançait la Galerie Dhalgren[10].

Il reçoit en 1987 le prix « Villa-Medicis hors les murs » par l’Académie de France à Rome[11]. Cela lui permet de s’établir à Naples ou il réalise ses premières installations de land-art sur les volcans, à commencer par le Vésuve proche. En 1990 il crée le design du spi porté par le bateau d’une marque de luxe dans la course autour du monde "Whitbread Round" (Volvo Ocean Race). Bateau qui faillit être coulé par une rencontre inattendue avec une baleine dans la Mer de Tasman[12]. Il est un des artistes qui représente la France pour l’exposition universelle de 1992 à Séville.

Il continue les installations sur les volcans avec, en 1997 Big Island et Maui de l'archipel d'Hawaii, aux États-Unis. Ces travaux sont présentés la même année lors d’une exposition photographique au Musée d’Art Contemporain d'Honolulu. Commence également une collaboration avec la Galerie Protée qui est restée un de ses représentants à Paris[13].

En 1996, il commence une série de voyages le long des côtes de l’Afrique et ramène des photographies de Zanzibar, du Bénin et d’autres pays africains[14]. Les thèmes développés dans ses travaux en Afrique trouvent leur reflet dans d’autres travaux réalisés à Murano. Venise produisait les perles en verre qui jouèrent un rôle clef dans la traite d’esclaves depuis les côtes africaines (dont les cicatrices se font toujours sentir aujourd’hui à la fois historiquement et politiquement en Afrique et dans le Nouveau monde). Entre 1998 et 1999 il travaille avec Simone Cenedese, maestro vetraio de Murano pour la réalisation d’une série de sculptures en verre basées sur des fétiches africaines. Le projet étant d’inverser la logique de la traite où les captifs étaient achetés au moyen des perles de verre[15]. Soulié a sa première exposition au Japon à la MMG Gallery en 1998[16].

Récentes années (2000-)[modifier | modifier le code]

Après de nombreux livres et catalogues, la première monographie de Tony Soulié est publiée en 1999 [17] et est suivie par des publications fréquentes jusqu’à la sortie en 2009 d’une monographie qui documente les années 1997-2008 en 557 pages. Par une possible résurgence de ses origines d’Albi, Soulié aborde le thème de la tauromachie, ce qui prendra la forme d’une série « Faena » en 2000.

Dans l’édition en 2001 du livre « Lagos La Tropicale », les photopeintures réalisées au Nigéria sont accompagnées d'un texte de Dominique Sigaud[18], le tout formant un portrait de la mégalopole de Lagos. Ce travail, tout comme celui qu’il a réalisé à la Havane crée trop de controverses avec les autorités locales qui annulent les expositions prévues. D’autres travaux réalisés au Bénin et à Sao Tomé ont été montrés dans de nombreuses expositions.

Le Musée Couvent des Cordeliers à Châteauroux montre sa première importante rétrospective en 2003[2]. Il reçoit le distinction de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par le Ministère de la Culture (France) en 2004 [19] et en 2007 a lieu au Palais Synodal à Sens une rétrospective « Panorama » sur l’ensemble de son œuvre[9]. Une autre exposition d'ampleur à lieu en 2009 à l'Atelier Grognard de Rueil-Malmaison[20].

2010 voit Soulié revenir à la sculpture en verre. Après une série interprétant le langage sculptural des Zuñi[21], une nouvelle exploration de la relation chamanique avec l’animus est présentée en 2011 dans l’exposition « anima-animisme »[22].

Récemment, la ville et la région de La Rochelle ont invité Soulié à investir plusieurs sites de la ville durant l’été 2012[23].

Édition[modifier | modifier le code]

Livres d'artiste ou de bibliophilie[modifier | modifier le code]

En collaboration avec Patrick Grainville[modifier | modifier le code]

  • 1999 : Tony Soulié : un été immobile
  • 2000 : Autoroutes (collectif)
  • 2001 : New York 11206
  • 2006 : Tony Soulié 2000/2005 : l'anagramme du monde
  • 2008 : Tony Soulié : Paris Ronde de nuit
  • 2012 : Tony Soulié 2009 2010 2011 : la cavale des totems

Autres[modifier | modifier le code]

  • Catalogues, monographies et autres publications ; catalogue.BnF
  • Article : « Road Movie », in Area Revue n° 31, page 108 sq., entretien avec Denis Fizelier, 2015

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Tony Soulié - Peintures 1976-2008, ART inprogress, , 557 p. (ISBN 9782351080597)
  2. a et b Musées de Chateauroux, Tony Soulié Odyssée III, Editions Joca Séria, , 127 p. (ISBN 2-84809-003-0)
  3. (en) « Hawaiian Eye on French Culture », Los Angeles Times,‎ (lire en ligne)
  4. Denis Ghesquiere, « Une exposition de Patricia Erbelding et Tony Soulié au Musée de l'Industrie », Le Soir,‎ (lire en ligne)
  5. a et b Tony Soulié, Au saut du monde, Paris, France, Yeo, , 135 p. (ISBN 2-912786-01-0)
  6. « Installations Volcans »,
  7. (en) Christian Gattinoni, « Interview with Tony Soulié », Area Revue)s(, vol. 8,‎
  8. (en) « on Tony Soulié's photo-paintings », Bertrand Delacroix Gallery (consulté le 5 septembre 2012)
  9. a et b Michel Bohbot, Tony Soulie : séances d'atelier, Sens-sur-Yonne, France, Musées de Sens, , 122 p. (ISBN 9782351080405)
  10. (en) « Tony Soulié at the Dhalgren Gallery »
  11. 1980-1994 : Villa Medicis Hors les Murs : Répertoire des lauréats, Paris, Ministère des affaires étrangères, Direction générale des relations culturelles, scientifiques et techniques, (ISBN 2-907220-09-8), p. 319
  12. (en) Marty Klinkenberg, « Enough To Make Him Blubber », SunSentinel,‎ (lire en ligne)
  13. (en) « Soulié au Galerie Protée »
  14. Pascal Letellier, Odyssée, Feux de croisement, (ISBN 2-908929-79-1)
  15. (en) « "Murano" archive de l'exposition »
  16. (en) « MMG on Artfacts »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 18 août 2012)
  17. Patrick-Gilles Persin, Tony Soulié, Paris, France, Au même titre éd., (ISBN 2-912315-36-0)
  18. Dominique Sigaud, Lagos la tropicale, Paris, Ed. du Garde-Temps, , 109 p. (ISBN 2-913545-10-6)
  19. « Nomination ou promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres », (consulté le 24 août 2012)
  20. « Tony Soulié à l'atelier Grognard »,
  21. (en) « Soulié at the Zane Bennett Gallery », Santa Fe, NM, USA (consulté le 18 août 2012)
  22. (en) Barbara Segal, « Art as Extreme Beauty », ProvenceVentouxblog,‎ (lire en ligne)
  23. « Trois fois Tony Soulié » (photogr. pascal couillaud), SudOuest.fr,‎ (lire en ligne)

Liens Externes[modifier | modifier le code]