École franco-flamande

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L'école franco-flamande fut un mouvement de renouveau musical du Moyen Âge tardif ou de la Pré-Renaissance qui se développa à partir du XVe siècle, dans les Pays-Bas bourguignons avant de se répandre dans toute l'Europe. Il est caractérisé par le grand développement de la polyphonie, et pose ainsi les bases de l'harmonie moderne. Le style franco-flamand s'est répandu à la fin de la période grâce à l'invention de l'imprimerie musicale, il est considéré comme le premier style musical en Europe de l'Ouest depuis l'uniformisation du chant grégorien au IXe siècle. Sur le plan strict, l'école franco-flamande s'étend d'environ 1420 à 1633, date officielle de la démission de Matheo Romero de la capilla flamenca. On distingue six générations successives de compositeurs.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Alors que la Guerre de Cent Ans entre la France et l'Angleterre touche à sa fin, certains duchés situés à l'écart du conflit, comme les Pays-Bas bourguignons et la Bourgogne, connaissent la paix et la prospérité économique. Le développement des manufactures, notamment textiles, dans les Pays-Bas (Hainaut, Comté de Flandre, Principauté de Liège, Duché de Luxembourg et Brabant) contribue au développement des arts. Pendant près de deux siècles, ces pays font ainsi figure de principal centre culturel de l'Europe. Paul Van Nevel remet la polyphonie en situation dans son époque de la pré-Renaissance et de la Renaissance, en rupture avec le Moyen Âge jusqu’au délire : "Copernic (1473-1543) renverse le monde au propre comme au figuré. Petrucci (1466-1539) invente l’imprimerie musicale, rendant la musique accessible à tous. Le savant juif Abraham Zacuto (vers 1450 - vers 1515) élabore un 'Almanach perpetuum' grâce auquel l’homme peut prévoir l’avenir. (…) Antonio di Pietro Averlino (vers 1400 - 1469) crée la cité futuriste idéale Sforzinda dans son Trattato d’architettura. Francesco di Giorgio Martini (1439-1502) expose les règles de la perspective moderne, un tournant dans la représentation de la perception dans les arts plastiques."[1]

Les compositeurs de l'école franco-flamande ne se contentèrent pas de rester dans leur patrie mais partirent travailler dans de nombreux pays européens. Ils se rendirent ainsi en Italie, en Espagne, en France dont ils faisaient partie intégrante et en Allemagne où ils firent connaître leur style. Celui-ci se répandit rapidement grâce aux nombreux manuscrits (qui subsistent dans de nombreuses bibliothèques en Europe ou aux États-Unis) et au développement contemporain de l'imprimerie. Paul Van Nevel (Huelgas Ensemble) : "La splendeur de la Flandre résidait dans le fait qu’elle exportait non pas des cyclistes, ni des footballeurs, mais des musiciens : des chanteurs et des compositeurs célèbres, à la réputation parfois sulfureuse, aptes à flatter les oreilles des puissants. Ils jouissaient d’une notoriété véritablement internationale, ce qui n’était pas insignifiant dans une Europe où les médias actuels n’existaient pas."[1]

Les six générations de l'école franco-flamande[modifier | modifier le code]

Bien que l'évolution du langage musical fût continue tout au long de la période, on distingue en général six générations de compositeurs. Chacune dure une quarantaine d'années et est caractérisée par l'influence de quelques compositeurs marquants :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1829 : FÉTIS, François-Joseph, et Raphael Georg KIESEWETTER, Verhandelingen over de vraag: welke verdiensten hebben zich de Nederlanders vooral in de 14e, 15e en 16e eeuw in het vak der toonkunst verworven ; en in hoe verre kunnen de Nederlandsche kunstenaars van dien tijd, die zich naar Italien begeven hebben, invloed gehad hebben op de muzijkscholen, die zich kort daarna in Italien hebben gevormd ?, Koninklijk-Nederlandsch Instituut van Wetenschappen, Letterkunde en Schoone Kunsten, Amsterdam, J. Muller en Comp.
  • 1976 : Paul Van Nevel - Polyfonie en ars subtilior, Uitgeverij de Monte, Louvain, 75 p.
  • 1992 : Paul Van Nevel : Nicolas Gombert et het avontuur van de Vlaamse Polyfonie
  • 1994 : Ignace Bossuyt - De Guillaume Dufay à Roland de Lassus. Les très riches heures de la polyphonie franco-flamande, Cerf/Racine
  • 2004 : Paul Van Nevel : Nicolas Gombert et l'aventure de la polyphonie franco-flamande, Kargo Paris (ISBN 2841620875)
  • 2018 : Paul van Nevel - Het landschap van de polyfonisten - De wereld van de Franco-Flamands (Le paysage des polyphonistes - Le monde des Franco-Flamands), photographies Luk Van Eeckhout, Lannoo

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Renaud Machart, « Saintes célèbre l'utopie triomphante de la polyphonie », Le Monde,‎