Aristoxène

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Aristoxène de Tarente (portrait imaginaire).

Aristoxène, en grec ancien Ἀριστόξενος ὀ Ταραντίνος, est un philosophe grec péripatéticien anti-platonicien du IVe siècle av. J.-C., théoricien de la musique et du rythme, actif vers -330. Il est l'auteur du plus ancien ouvrage d’harmonique parvenu à nous presque complet. La Souda lui attribue 453 ouvrages[1] ; cet ensemble est connu traditionnellement sous le nom d’Éléments harmoniques (Άρμονικὰ στοιχεῖα). Il fonde une science musicale[1] indépendante des mathématiques (dont il fait pourtant largement usage), et prenant pour base deux critères, l’oreille (αἴσθησις) et la pensée rationnelle (διάνοια)[2].

Notice biographique[modifier | modifier le code]

Originaire de Tarente, il a été éduqué par son père Spinthare (ou Mnésias), un élève de Socrate[Note 1], et plus tard par les pythagoriciens Lampros d'Érythrée et Xénophile de Chalcis[3], dont il apprit la théorie de la musique.

Aristoxène devient ensuite élève d’Aristote à Athènes. On a dit de lui dit qu’il a été très contrarié quand Théophraste a été nommé à la tête du Lycée, à la mort d’Aristote en -322 ; élève remarqué, il ambitionnait de succéder au maître. Deux passages critiqués (dont l’un est douteux) sur la vie même de Socrate peuvent faire penser qu’Aristote est lui-même à l’origine d’un courant antisocratique à l’intérieur de l'école péripatéticienne[pas clair]. Aristoxène est l’auteur d’une très sévère Vie de Socrate[4].

En toute justice toutefois, il faut rapporter l'opinion d'Aristocle, lui aussi péripatéticien, citée dans Eusèbe de Césarée, qui assure qu'Aristoxène « parla toujours avec respect et d’une manière honorable d’Aristote[5] ».

Travaux[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

En musique, il soutenait que les notes de la gamme devaient être jugées, non pas par un rapport mathématique, comme les pythagoriciens le prétendaient, mais par la sensation auditive. Le seul de ses ouvrages qui nous soit parvenu est constitué des trois livres du Traité d'harmonique. Le papyrus d'Oxyrhynque no 9 de Grenfell et Hunt[6] contient un fragment de cinq colonnes d’un traité Sur la mesure : il s’agit probablement du traité d’Aristoxène.

Aristoxène est « le premier à avoir introduit en musique la notion de genre (γένος) et le premier à avoir fixé leurs espèces : les colorations[7] ». La notion de genre et d'espèce remonte à Porphyre de Tyr et a été reprise par Linné ; elle trouve sa source dans les quatre universaux d'Aristote[8].

Philosophie[modifier | modifier le code]

Aristoxène a combattu l’idée de l’âme telle que conçue par Platon dans son Phédon[9],[10].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Les écrits d'Aristoxène auraient été au nombre de 453 et traitaient de philosophie, d’éthique et de musique. Selon lui, l’âme est reliée au corps comme l'harmonie aux éléments d'un instrument de musique[1]. On ignore comment il était arrivé à cette proposition.

Éditions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Compléments[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Méprisant à son égard, il l'accusait d’ignorance et calomniait sa vie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Mueller-Jourdan 2007, p. 77.
  2. Annie Bélis, « Harmonique », dans Le Savoir grec, Dictionnaire critique, Jacques Brunschwig et Geoffrey Lloyd, Flammarion, 1996, p. 355 à 366.
  3. Lucien de Samosate 2015, p. 114.
  4. Il n’en reste que des fragments : Théodore de Cyrène, Thérapeutique des maladies helléniques, XII, 61–65 (Socrate colérique) ; Plutarque, De la malignité d'Hérodote (856c) : (« Socrate sans éducation, ignorant et débauché » [lire en ligne]), Diogène Laërce, II, 19 (Socrate, élève d’Archélaos) et II, 20 (Socrate spéculateur) [lire en ligne] ; Louis-André Dorion, Socrate, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 2004, p. 120-122.
  5. « Aristoxène », dans Le grand dictionnaire historique, 1759, p. 327 (texte : Wikisource).
  6. Vol. 1, 1898.
  7. Annie Bélis, « « Nuances » dans le Traité d'harmonique d'Aristoxène de Tarente », dans Revue des Études Grecques, 1982, vol. 95, no 450, p. 54.
  8. Voir notre article Cinq universaux.
  9. Comme Straton de Lampsaque.
  10. Cicéron, De la nature des dieux.
  11. Recension par Ph. Brunet.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]