Warren Oates

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Warren Oates

Naissance
Depoy, Drapeau des États-Unis États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Décès (à 53 ans)
Los Angeles, Drapeau des États-Unis États-Unis
Profession Acteur
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Oates.

Warren Oates est un acteur américain né le et mort le . On se souvient de lui notamment dans les westerns de Sam Peckinpah et de Monte Hellman.

Biographie[modifier | modifier le code]

Warren Oates est né à Depoy dans le Kentucky. Son père était épicier mais a très vite changé de métier pendant la Dépression. Comme tous les jeunes de son âge, le jeune Warren aide sa famille en participant à des cueillettes, à des récoltes dans les immenses champs de fraisiers. Par la suite il chargera des camions dans une sablière pour un salaire de misère. Très jeune, il s'engage dans les Marines; une époque qui marquera le jeune Warren et influencera son maniement d'arme si caractéristique dans ses futurs rôles. Après sa démobilisation, il s'inscrit à l'université de Louisville, se passionne pour le théâtre et tente de gommer son accent du Sud afin de commencer une carrière d'acteur sur les planches. Il reprendra son accent natal quand Peckinpah le fera jouer un soldat confédéré dans Major Dundee. En 1954 il tente de percer à Broadway mais n'obtient que de petits rôles dans des émissions de télé comme Studio One. En attendant de décrocher des rôles, il se fait engager comme vestiaire au Club 21 à New York. Déçu de la qualité des rôles qu'on lui propose, il part tenter sa chance à Hollywood[1].

Il joue dans plusieurs feuilletons western comme Gunsmoke (où il fait la rencontre de Sam Peckinpah) ou bien encore the Rifleman. Il décroche son tout premier rôle au cinéma dans Up Periscope de Gordon Douglas qui l'avait déjà repéré dans ces apparitions à la télévision new-yorkaise. Il est à nouveau engagé par ce même Douglas pour Le Géant du Grand Nord. Après avoir joué dans des films plus ou moins réussis, il décroche en 1962 un rôle dans Coups de feu dans la Sierra de Sam Peckinpah. Il joue le rôle de Henry Hammond, celui qui refuse de se laver pour le mariage de son frère. Il joue un homme timide qui semble communiquer uniquement avec son corbeau. Ce rôle lui permet d'aborder un personnage complexe, marginal et anormal qui fera sa renommée dans les films suivants. Trois ans plus tard dans Major Dundee, malgré un montage massacré du producteur Breslin qui fait enlever de nombreuses de scènes dans lesquels Oates jouait, Warren Oates livre dans ce chef-d'œuvre une interprétation remarquable d'un soldat confédéré prisonnier qui doit aider Charlton Heston pour arrêter un chef indien. Il incarne comme à son habitude un vaurien dont le rôle du frère est à nouveau joué par Ben Johnson. Dans une scène mémorable, il supplie son supérieur Richard Harris de ne pas être fusillé après sa tentative de désertion. Grâce à ce rôle, Peckinpah fera encore appel à lui pour ces futurs projets. Oates enchaîne les rôles et alterne avec le cinéma et la télévision tout au long des années 1960.

Warren Oates se fait remarquer très vite du grand public grâce à ses brillantes prestations dans Dans la chaleur de la nuit de Norman Jewison et La Balade sauvage de Terrence Malick où ses rôles de marginaux font de lui l'un des acteurs les plus talentueux de sa génération[1]. Sa manière d'endosser les personnages n'est pas sans rappeler Robert Mitchum où il parvient à faire passer beaucoup d'émotion sans avoir beaucoup de dialogues. En 1968, il joue dans le légendaire The Wild Bunch, célèbre western baroque de Sam Peckinpah. Il joue le rôle d'un acolyte de William Holden.

En 1971, il est au générique d'un film de Peter Fonda L'Homme sans frontière où il donne la réplique à ce dernier ainsi que dans le film culte de Monte Hellman Macadam à deux voies.

En 1973, il est à l'affiche de Dillinger de John Milius et l'année suivante, il a le rôle principal dans un film de Monte Hellman, Cockfighter où il livre une de ses plus probantes performances et parvient à transcender son personnage de Frank Mansfield.

L'année 1974 marque son retour avec Sam Peckinpah, c'est sa quatrième collaboration avec « Bloody Sam ». Il joue le rôle de Benny, pianiste minable qui part à la recherche de Garcia en compagnie d'une prostituée Isela Vega pour toucher une grosse prime. À la suite de la mort de sa compagne, son personnage se révolte et entame sa rédemption qui le conduira jusqu'à sa mort. C'est son film le plus personnel où il réalise la meilleure interprétation de toute sa carrière. Les cinéphiles s'accordent pour dire que c'est le rôle de sa vie. Il incarne le double de Peckinpah, (il emprunta les légendaires lunettes de soleil du cinéaste) pour exorciser tous ses démons. Il joue un homme marginal, en proie à des doutes sur son existence, sur la vie, sur la notion de bien et de mal. Le film est un échec commercial et critique mais contribua à renforcer l'amitié indéfectible de Warren et Peckinpah. Le cinéaste dira de lui de manière ironique et sarcastique « Warren Oates is a poet, a singer, and a piss poor actor. For some reason I keep using him all the time ».

À la fin des années 1970, il tourne encore mais ne retrouve plus de rôles intéressants. Il joue un de ses derniers meilleurs rôles dans un film de William Friedkin The Brink's Job avec aussi celui d'un marin rescapé dans le film The White Dawn de Philip Kaufman.

Le réalisateur Alain Corneau eut l'intention de faire tourner Warren Oates après avoir acquis les droits d'un roman de Jim Thompson 1275 Ames [2]

Warren Oates était facilement reconnaissable par son physique particulier avec ses tenues mal soignées, sa moustache mal taillée, sa démarche chaloupée et sa chevelure ébouriffée.

Il meurt d'une crise cardiaque le 3 avril 1982 à Los Angeles.

Warren Oates chez Peckinpah[modifier | modifier le code]

Dans les quatre films qu'il a tournés pour Sam Peckinpah, il meurt à chaque fois. Dans Coups de feu dans la Sierra il est victime des gâchettes des vétérans Randolph Scott et Joel McCrea. En 1965, dans Major Dundee il est tué d'une balle dans le dos par son supérieur Richard Harris afin de l'empêcher de passer devant le peloton d'exécution yankee dirigé par Charlton Heston. Dans The Wild Bunch, son corps est criblé de balles dans le massacre final ; enfin il tombe sous les assauts des gardes mexicains d'Emilio Fernandez dans Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia.

Warren Oates au même titre que James Coburn, Steve McQueen, Ernest Borgnine, Edmond O'Brien, Ben Johnson, L.Q. Jones, Ali MacGraw et Kris Kristofferson fait partie des acteurs fétiches de ce cinéaste désormais culte auprès des jeunes générations de cinéastes et cinéphiles d'aujourd'hui.

Citation[modifier | modifier le code]

Warren Oates se définissait comme un acteur trop frêle pour jouer les durs ou les héros, trop humain pour être un véritable méchant, trop dépravé d'allure pour être un gentil. Doté d'un visage très particulier Oates avait sa propre formule pour se définir « J'ai une gueule, on dirait deux lieues de route de campagne: tout est marqué, chaque nuit blanche, chaque verre vidé, chaque femme après qui j'ai cavalé »[2].

Filmographie sélective[modifier | modifier le code]

Voix françaises[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Laurent Garnier, Rock and Folk numéro 185, juin 1982
  2. a et b Laurent Garnier, Rock and Folk numéro 185, juin 1982

Liens externes[modifier | modifier le code]