Tonnerre de feu (film)

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Tonnerre de feu

Description de cette image, également commentée ci-après

L'hélicoptère d'attaque AH-64 Apache, visuellement et techniquement proche de Blue Thunder, qui est en réalité une Gazelle maquillée

Titre original Blue Thunder
Réalisation John Badham
Scénario Dan O'Bannon
Don Jakoby
Dean Riesner (non crédité)
Acteurs principaux
Sortie 1983
Durée 109 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Tonnerre de feu (Blue Thunder) est un film américain réalisé par John Badham, sorti en 1983.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Frank Murphy est pilote d'hélicoptère à l'Astro Division, la section aérienne du Los Angeles Police Department. Après avoir assisté à l'agression mortelle d'une femme impliquée dans la lutte contre les violences urbaines, il décide d'enquêter pour son propre compte, persuadé qu'il s'agit d'un assassinat déguisé. Parallèlement, il est chargé de participer aux essais d'un nouveau prototype d'hélicoptère ultramoderne destiné à surveiller la foule lors des prochains Jeux olympiques d'été de 1984 à Los Angeles. Il va bientôt comprendre que les deux évènements pourraient être liés.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

L'acteur britannique Malcolm McDowell (ici en 2006) est le colonel Cochrane, le « méchant » du film

Le propos[modifier | modifier le code]

Le film dénonce les dangers et les dérives de la surveillance sécuritaire (en particulier la vidéosurveillance) avec des moyens toujours plus sophistiqués. Même si l'intention officielle peut être louable (ici, il s'agit d'assurer la sécurité lors des prochains Jeux olympiques d'été de 1984 à Los Angeles afin d'éviter un « nouveau Munich »), rien ne saurait assurer au public que de tels matériels ne seraient pas utilisés à des fins bien moins louables.

Dans un premier temps, le film met d'ailleurs l'accent sur l'espionnage à leur insu de simples citoyens dont on peut voir et entendre les moindres faits et gestes en toute discrétion grâce par exemple à la thermographie : le Big Brother n'aura pas attendu 1984 pour nous épier. Il est même précisé au début du film que le matériel présenté dans le film est réel[2]. C'est toutefois faire preuve de quelques exagérations, certaines performances et systèmes présentés relèvent toujours 25 ans plus tard, de l'anticipation voire de la science-fiction. Une scène bon enfant de voyeurisme adoucit néanmoins le propos.

L'hélicoptère[modifier | modifier le code]

Un hélicoptère civil Gazelle SA-341G, modèle utilisé pour le Blue Thunder du film.

L'hélicoptère qui donne son nom au film, Tonnerre de feu (un nom plus fracassant pour les non-anglophones que son titre original Blue Thunder, c'est-à-dire Tonnerre bleu en rapport avec la peinture de la cellule), est en réalité un hélicoptère français Gazelle SA-341G transformé[3].

Le choix de cet hélicoptère européen avait été dicté par le fait que le réalisateur ne souhaitait pas prendre le risque qu'un constructeur américain comme Bell Aircraft Corporation, Hughes Aircraft ou Sikorsky puisse reconnaitre en Tonnerre de Feu l'un de ses modèles et donc ne pas apprécier son association avec le propos polémique du film. De plus, la présence du Fenestron lui donnait un look résolument moderne et original pour l'époque, auquel le public américain pouvait souscrire.
Le fenestron, sorte de carénage du rotor de queue, est la marque d'Eurocopter. Cette société a en effet déposé un brevet sur le fenestron[4].

Afin de donner à la Gazelle une apparence plus futuriste en accord avec le scénario, l'appareil a été profondément modifié sur l'ensemble de la partie avant de la cellule, lui donnant un aspect proche de l'hélicoptère d'attaque AH-64 Apache. Ces transformations ont notamment porté sur un poste de pilotage réduit du type « tandem » encombré de nombreux équipements électroniques et écrans et l'adjonction d'une mitrailleuse Gatling dans le nez. Cette dernière, à cause de son poids, entraîna un déplacement hors norme du centre de gravité de l'aéronef qui nécessita la mise en place d'un contre-poids au niveau de la queue pour ramener le centrage dans ses limites[5].

D'autre part, l'ensemble des modifications, tant au niveau aérodynamique que de la masse totale, provoquèrent une chute drastique des performances (vitesse et possibilités d'évolutions) de la Gazelle. L'équipe de tournage dut ainsi faire preuve d'imagination afin de redonner à cet hélicoptère une vitesse apparente suffisamment impressionnante pour les spectateurs[5].

Les hélicoptères réels (deux furent utilisés sur le tournage, l'un devant remplacer l'autre en cas de problème technique) ne furent pas utilisés dans toutes les scènes. Ils étaient parfois remplacés par une simple maquette[6], et certaines scènes furent tournées au sol à l'intérieur d'un cockpit[7] autour duquel était projeté le décor sur fond bleu.

À noter que l'hélicoptère du "méchant" piloté par "Cochrane" (Malcolm McDowell) est un modèle de type Hughes MD 500 armé de canons de 30 mm, que l'on retrouvera dans un emploi similaire dans le film Fire Birds en 1990.

Les acteurs[modifier | modifier le code]

Source : Roy Scheider discussing Blue Thunder
Roy Scheider, l'acteur principal du film avait déjà une certaine expérience de vol : il avait été dans l'US Air Force pendant 3 ans, mais dut abandonner car il n'avait pas toutes les qualités requises. L'acteur accepta le rôle, séduit par sa critique des pouvoirs militaires et gouvernementaux. Il avait précédemment piloté des hélicoptères sur le tournage du film Le Convoi de la peur (1977) et put renouveler occasionnellement l'expérience sur le tournage de Tonnerre de feu.

Il accentua aussi le caractère comique et humain de son personnage, initialement un peu trop rigide. Le réalisateur approuva cette initiative qui contribua à rendre Murphy plus sympathique aux yeux du public.

L'acteur s'avoua néanmoins embarrassé par quelques scènes violentes incluses dans le scénario, notamment une scène où un missile termine sa course dans un building, ou bien la scène où son hélicoptère en perdition atterrit en urgence sur une route encombrée et s'écrase sur un chantier. Mais ces scènes furent conservées, le studio désirant avant tout que le public en ait pour son argent.

Quant à Malcolm McDowell, qui interprète le rival de Murphy, il détestait en réalité voler en hélicoptère. Après un incident survenu sur le tournage et qui faillit lui coûter la vie, McDowell ne monta d'ailleurs plus jamais dans un hélicoptère.

La musique[modifier | modifier le code]

Source : couverture de la bande originale du film
Le compositeur Arthur B. Rubinstein, collaborateur de longue date du réalisateur John Badham (ils ont fait ensemble 7 films et 2 téléfilms), signe une musique combinant orchestre de cuivres et sons synthétiques, ces derniers exprimant la solitude de Murphy face à une technologie froide et impitoyable.

Rubinstein utilise le synthétiseur de façon symphonique, aussi bien isolé que combiné à des orchestres de cuivres, percussions et cordes. Le Synclavier II, un synthétiseur numérique, est combiné avec des synthétiseurs analogiques tels que le Jupiter, le Prophet ou le Moog. Un son particulier fut obtenu en plaçant le micro à l'intérieur d'une bouteille d'eau vide placée sous un piano Steinway.

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Écouter un extrait sur le site officiel du compositeur : la musique, isolée de la bande-son du film, illustre une scène où Murphy tente d'échapper à un hélicoptère de la police au-dessus d'une rivière asséchée.

Les coulisses[modifier | modifier le code]

Le film est dédié[8] à la mémoire de l'acteur Warren Oates, décédé à la fin du tournage le 3 avril 1982, plus d'un an avant la sortie du film (le film fut tourné de janvier à avril 1982), et dont ce fut le dernier rôle à l'écran. Il interprète John Braddock, le supérieur de Murphy qui a fort à faire avec ce pilote chevronné mais imprévisible.

Le réalisateur John Badham fait un caméo, c'est l'homme en chemise jaune dans la régie vidéo lors de l'annonce de l'agression de Diane McNeely, vers le début du film.

Dans une version plus ancienne[9] du scénario, Murphy était un schizophrène paranoïaque souffrant d'hallucinations et se prenant finalement pour le dieu Thor, dieu germanique du tonnerre. Dans sa folie, Murphy transformait Los Angeles en un champ de bataille. L'idée fut abandonnée car trop sombre. Le nom de Thor apparaît néanmoins dans le film porté à l'écran, c'est le nom du projet (Tactical Helicopter Offensive Response) dans lequel est impliqué le colonel Cochrane

Après le tournage[modifier | modifier le code]

Au centre, l'hélicoptère laissé à l'abandon dans les studios MGM en Floride en 1998.

Tonnerre de feu termina 23e au box-office France 1983, réalisant 1 679 052 entrées[10], juste derrière un autre film de John Badham, WarGames (1 689 565 entrées)[10].

Une série télévisée en 11 épisodes, inspirée par le matériel du film, mais faisant volte face dans son positionnement vis-à-vis du lobby politico-militaro-industriel fut réalisée au début de l'année 1984 par la chaîne américaine ABC et diffusée en France sur TF1 la même année. Devant le fiasco rencontré, il fut décidé de ne donner aucune suite aux 11 épisodes déjà tournés[11].

Les hélicoptères Gazelle utilisés sur le tournage connurent des destins divers. Ils furent réutilisés pour la série télévisée, puis l'un d'eux servit dans la série télévisée Amerika (1987) avant d'être démantelé et vendu en pièces détachées[12].

Quant aux répliques grandeur nature utilisées pour les plans du cockpit, elles furent exposées aux studios MGM en Floride. L'une d'elles servit durant le tournage du film Firefox, l'arme absolue (1982) avec Clint Eastwood, pour représenter le cockpit de l'hélicoptère de combat Mil Mi-24 qui poursuit le héros[12].

L'une de ces machines fait aussi une brève apparition pendant le pilote de la série Mac Gyver.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'acronyme JAFO attribué à l'officier d'observation Richard Lymangood, traduit dans la version française par « Jeune Andouille Faudra Oser » signifie en fait « Just Another Freakin' Observer » (ou « Officer ») en slang (argot) militaire américain.
  2. Générique d'introduction : « The hardware, weaponry and surveillance systems depicted in this film are real and in use in the United States today »
  3. RotaryAction.com
  4. Information donnée à l'Eurocopter Family day 2012
  5. a et b Gazelle (hélicoptère) sur le Wikipédia francophone
  6. Blue Thunder : Behind the Scenes
  7. Anecdotes IMDb
  8. Générique de fin : « For Warren Oates with love, for all the joy you gave us »
  9. Blue Thunder : The Plot
  10. a et b cbo-boxoffice.com
  11. Tonnerre de feu sur DeVilDead
  12. a et b Blue Thunder : Trivia