Urban

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Urban (homonymie).

L'urban est un terme utilisé aux États-Unis dans l'industrie musicale qui englobe toute la musique populaire afro-américaine contemporaine.

Historique[modifier | modifier le code]

Le terme Urban Music est né dans les années 1980, lorsque la musique afro-américaine a commencé à rentrer dans des formats radio (n'excédant pas 4 minutes en général), à utiliser des instruments et une production plus digitale qu'organique (synthétiseurs, boîtes à rythmes, programmation) et des mélodies parfois plus proches de la pop qu'auparavant, dans un but crossover, c'est-à-dire celui de plaire à un large public, notamment au public blanc[non neutre] dans le cas de la black pop. Il marque donc une rupture avec le rhythm and blues et la soul organique des années 1960 et 1970. À l'exception de la nu soul, qui se démarque de cette esthétique en renouant avec les racines de la soul, toutes les musiques afro-américaines contemporaines appartiennent à la catégorie urban.

Certains artistes de soul dite classique ont eu des tubes à ranger dans la catégorie urban, dont :

Genres musicaux[modifier | modifier le code]

Quiet storm[modifier | modifier le code]

Le Quiet storm, ou urban adult contemporary, est un style de ballades R&B inventé par Smokey Robinson mais popularisé surtout par des artistes tels que Luther Vandross, Teddy Pendergrass, Sade ou Anita Baker. Il mélange le côté émotionnel de la soul au côté accessible de la pop, et est conçu de manière à passer aussi bien sur des radios pop que R&B. Le genre continue d'exister aujourd'hui à travers des artistes comme Babyface, Gerald Levert ou Brian McKnight, même si le nom n'existe plus officiellement. Un style très proche du quiet storm est le smooth jazz, variante instrumentale de celui-ci.

Boogie funk[modifier | modifier le code]

Le boogie funk (aussi appelé post-disco, urban funk et parfois même très maladroitement boogie), variante funk des années 1980, est caractérisé par un son beaucoup plus léché que ceux exercés dans les décennies précédentes, avec une basse généralement très marquée et des synthétiseurs. Au son rugueux et déjanté de Sly and The Family Stone, Funkadelic ou Parliament, s'oppose une nouvelle vague funk, parfois influencée par la musique électronique, le jazz fusion voire le disco (d'où l'amalgame incessant) ou la pop, et ayant joué un rôle fondamental dans la création du hip-hop. Zapp & Roger, Cameo, Mtume, Gap Band ou même Prince et Rick James, appartiennent à cette famille du funk, bien que certains notent des influences P-funk dans leur musique.

Black pop[modifier | modifier le code]

Pur produit des années 1980, la black pop (ou urban pop) n'est autre que la réponse noire à la pop-dance de Madonna et consoeurs. Calibrée pour les radios et MTV et plutôt représentée par de jeunes artistes féminines, elle cherche à séduire un public large et ses mélodies simples et efficaces suivent le même schéma que la pop qu'elle imite (c'est-à-dire des chansons "club" alternées avec des ballades), bien qu'à la différence de celle-ci, la Black Pop intègre des influences soul et funk notables. Celle qui incarne le mieux ce genre est Janet Jackson. Son succès colossal a popularisé le genre, qui a désormais élargi ses rangs à des chanteuses blanches telles que Paula Abdul ou métisses comme Mariah Carey. La Black Pop a connu un revival à la fin des années 1990 à travers toute la nouvelle vague de chanteurs R'n'B commerciaux. Tous les tubes R'n'B que l'on peut entendre sur les grandes ondes, encore aujourd'hui, ne diffèrent pas énormément de cette esthétique.

Acid jazz[modifier | modifier le code]

L'acid jazz, qui a connu son pic de popularité au début des années 1990 avec des artistes tels que Jamiroquai, Brand New Heavies, Incognito ou US3, est bien moins marqué par le hip-hop que ses voisins New Jack ou R'n'B. C'est plutôt la renaissance du funk (notamment du Jazz-Funk) dans un format très club (d'où parfois le fait que l'acid jazz est considéré comme une musique électronique).

L'acid jazz est un genre typiquement anglais et plutôt underground, malgré quelques succès commerciaux tels que Groove Is In The Heart de Deee-Lite, Back To Life de Soul II Soul ou encore A Fair Affair (Je t'aime) de Misty Oldland. Assez restreint et marginal, il continue de vivre sans trop faire de vagues, cédant rarement à la tentation mercantiliste (bien que l'artiste le plus populaire du genre, Jamiroquai, a cessé depuis bien longtemps de faire une musique considérée comme de l'acid jazz).

New jack swing[modifier | modifier le code]

Dès la fin des années 1980, le funk devient marginal. Les artistes qui s'y adonnaient adoptent la mode du new jack swing, courant très influencé par le funk des années 1980, surtout celui de Gap Band et Zapp & Roger[réf. nécessaire].

Initié par Teddy Riley, le new jack swing allie des mélodies héritées du funk, de la soul voire du gospel aux rythmes lourds du rap. Il est le plus souvent chanté mais il contient parfois quelques couplets rappés. Il est donc le pont entre deux univers qui étaient jusque là opposés : le R&B et le hip hop[réf. nécessaire]. Ses principales figures sont Bobby Brown, Guy ou encore Keith Sweat. Ce genre, dont la durée de vie n'excèdera pas 5 ans, sera vite transformé en R&B. Sans exception, tous les artistes de new jack swing continueront donc leur carrière dans le R&B[réf. nécessaire].

R&B[modifier | modifier le code]

Au milieu des années 90, beaucoup de termes seront employés pour qualifier ce nouveau genre de R&B : R&B/Hip-Hop, heavy R&B, hip hop/soul ou encore urban soul. Celui qui sera retenu par le grand public sera le terme classique R&B (également orthographié R'n'B). Le R&B s'inscrit dans la continuité du New Jack Swing, bien que les basses hip hop soient moins marquées et le son est plus doux. L'une des premières artistes à populariser le genre est Mary J. Blige.

Ce n'est qu'à la fin des années 1990 que le R&B sera récupéré par les médias[réf. nécessaire]. En affinant ses contours, en s'éloignant de ses racines soul et funk pour un son pop beaucoup plus calibré pour les radios généralistes et ciblant principalement les adolescents, il gagne la faveur du grand public. Un exemple de ce changement d'orientation du R&B est le retour du groupe TLC en 1999 avec FanMail : en effet, on constate un réel changement musical entre l'album FanMail et leur album précédent CrazySexyCool. C'est un tout nouveau R&B, assimilable à de la Black Pop et appelé Pop/R&B ou parfois le terme "Groove" est utilisé par les fans du courant originel, qui inonde les ondes. Beaucoup d'artistes pop profiteront du succès des Brandy et autres Usher pour eux aussi se lancer dans le R&B en faisant appel aux producteurs du genre (Rodney Jerkins, Timbaland, The Neptunes) : c'est le cas de Britney Spears avec I'm A Slave 4 U ou encore Christina Aguilera avec Dirrty.

Artistes majeurs[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]