Temple Malatesta

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44° 03′ 35″ N 12° 34′ 13″ E / 44.059624, 12.570232 ()

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Façade
Sigismond Malatesta priant saint Sigismond
fresque de Piero della Francesca
Le tombeau d'Isotta degli Atti
La Pietà de la chapelle des martyrs

Le temple Malatesta (Tempio Malatestiano) est le nom communément donné à la cathédrale de Rimini. Il abrite les tombeaux de la famille de Sigismond Malatesta.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une première église bénédictine, Santa Maria in Trivio, existait dès le IXe siècle. Elle fut remplacée au XIIe siècle par l’église conventuelle San Francesco (dédiée à saint François) de style gothique. Au XVe siècle, Sigismond Malatesta (1417-1468), condottiere et seigneur de Rimini, décida de reconstruire l'église San Francesco, et d‘en faire un mausolée dédié à sa dynastie. « L’agrandissement des chapelles votives n’était pas suffisant : une grande chapelle, dédiée à saint Sigismond, fut prévue, à la fin de 1447, et, finalement, le renouvellement entier de l’édifice, pour lequel Malatesta demanda au pape Nicolas V l'assistance d'Alberti[1]Matteo de' Pasti réalisa pour l’occasion une médaille qui montre l'état final du projet d'Alberti.

Le plan d'Alberti est à une nef unique et huit chapelles. C'est Matteo de' Pasti qui fut chargé de l'exécuter.

Agostino di Duccio et Matteo de' Pasti collaborérent pour la réalisation du décor, inspiré par les humanistes Basino da Parma et Roberto Valturio. Malatesta ramena d'une expédition menée contre Mistra la dépouille de Gemiste Pléthon, qui semble avoir inspiré quelques-uns des mystères antiques du Temple Malatesta. Il lui donna une sépulture dans une des niches latérales du Temple.
Le pape Pie II condamna le mélange de thèmes religieux et de thèmes empruntés à l'Antiquité et à la mythologie, dans ses Commentaires. Pour lui, le nouvel édifice était « rempli d'œuvres païennes au point qu'il semblait moins une église chrétienne que le temple d'infidèles adorant le démon[2]. »

Le décès de Sigismond Malatesta, survenu le 9 octobre 1468, entraîna l’arrêt définitif des travaux. L’immense coupole qui était prévue ne fut jamais construite, pas plus que le transept. Le programme iconographique resta inachevé.

Les chapelles[modifier | modifier le code]

Elles sont au nombre de huit :

À droite (par rapport à l'entrée) :

  • La chapelle de saint Sigismond (Cappella di San Sigismondo).
  • La chapelle de saint Michel Archange (Cappella di San Michele Arcangelo). Elle contient le tombeau d'Iseult des Actes.
  • La chapelle des Planètes (Cappella dei Pianeti). Les piliers ont été décorés par Agostino da Duccio. Il a représenté des sujets mythologiques, comme le dieu Mars brandissant son épée et son bouclier, ou Vénus sur un char tiré par deux cygnes[3]

À gauche (par rapport à l'entrée) :

  • La chapelle des Martyrs (Cappella dei Martiri). Elle contient une Pietà en albâtre du début du Quattrocento.
  • La chapelle des Morts (Cappella dei Caduti).
  • La chapelle de San Gaudenzo (Cappella di San Gaudenzo). San Gaudenzo est le saint patron de la ville de Rimini. Son reliquaire en argent a été offert à la cathédrale par le Pape Pie IX.
  • La chapelle de San Giuseppe (Cappella di San Giuseppe).
  • La chapelle du Saint Sacrement (Cappella del SS. Sacramento)

Architecture et sculpture[modifier | modifier le code]

La façade, inspirée de l'arc d'Auguste, reste inachevée dans ses parties hautes ; elle été construite avec les marbres provenant de la Basilique Sant'Apollinare in Classe de Ravenne.

Les tombeaux de la famille Malatesta sont placés sous les arcatures du flanc droit (première chapelle) : au nombre de sept, elles sont dues à Agostino di Duccio et à son atelier, comme de nombreuses décorations. Les Transennes de marbre du Véronais Matteo de' Pasti isolent les chapelles de la nef gothique. Le tombeau d'Isotta degli Atti, troisième et dernière femme de Sigismond, avec les armoiries des Malatesta — la Rose (amour des lettres et des arts), et l'Éléphant (férocité) —est l'œuvre de Matteo de' Pasti (deuxième chapelle à droite).

Peintures[modifier | modifier le code]

Crucifix peint de Giotto
Chiffres S et I

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Chastel, Art et humanisme à Florence au temps de Laurent le Magnifique, P.U.F, 1961.
  2. Enea Silvio Piccolomini Commentarii rerum memorabilium quae temporibus suis contingerunt.
  3. André Chastel, Renaissance italienne, 1460-1500, 1965, puis 1999.