Sevivon

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Un sevivon.
Deux versions de sevivonim sur un étal au marché : ceux utilisés en Israël (lettres נגהפ), en bleu, et ceux à destination de la diaspora (lettres נגהש), en orange.

Le sevivon (hébreu : סביבון) ou dreydel (yiddish : דריידל) est une toupie à 4 faces avec laquelle il est de coutume de jouer au cours de la fête juive de Hanoucca.

Description[modifier | modifier le code]

Un sevivon classique a la forme d’un cube dont l’une des faces est une pointe, plus ou moins arrondie, et dont la face opposée comporte le manche. Les quatre autres facettes sont marquées chacune d’une lettre hébraïque : נ (Noun), ג (Guimmel), ה (Hei), ש (Shin). Selon une étymologie populaire, ces quatre lettres seraient un notarikon de la phrase נס גדול היה שם (Nes Gadol Haya Sham) (« un grand miracle a eu lieu là-bas » — en terre d’Israël). C’est en vertu de cette étymologie que le shin est remplacé en Israël par un פ (Pe), initiale de Po (« ici »).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le sevivon est une variante du toton.

L’usage du sevivon apparaît en Europe orientale. Son utilisation est peut-être ou non liée avec la Nittel nacht, au cours de laquelle les Juifs s’abstenaient d’étudier la Torah et tentaient de se faire les plus discrets possible (elle en représenterait en ce cas la réminiscence la plus vivace)[1].

Pour jouer : il faut d’abord choisir la mise (généralement des bonbons, ou des pièces en chocolat appelées Hanoucca Gelt = argent de Hanoucca en yiddish). Chacun joue à tour de rôle. Si la toupie tombe sur :

  • נ (Nun) - nisht = rien en yiddish, un tour pour rien ;
  • ש (Shin) - shtel ayn = mettre un en yiddish, le joueur ajoute une friandise au « pot » ;
  • ה (Hei) - halb = moitié en yiddish, on gagne la moitié du « pot ». S’il y a un nombre impair dans le pot, on arrondit ;
  • ג (Gimel) - gants = tout en yiddish, le joueur rafle la mise et chacun remet un dans le pot !

Ceci est l’une des règles du jeu, il en existe plusieurs variantes.[réf. souhaitée]

Origine de cette tradition[modifier | modifier le code]

À l’époque de l’occupation grecque, il était interdit aux Juifs d’étudier ou d’enseigner la Torah. Ils étudiaient alors en secret, en se cachant dans des grottes. Des enfants montaient la garde à l’entrée de la grotte pour prévenir de l’arrivée des soldats, et ils jouaient innocemment à la toupie pour ne pas attirer l’attention.

La chanson du sevivon[modifier | modifier le code]

Hébreu Français

Sevivon, sov, sov, sov
Hanoucca, hou chag tov,
Hanoucca, hou chag tov,
Sevivon, sov, sov, sov

Chag simchah, hou laam,
Nes Gadol Haya Sham,
Nes Gadol Haya Sham,
Chag simchah, hou laam.

Tourne toupie, tourne, tourne !
'Hanoukha est une belle fête,
'Hanoukha est une belle fête,
Tourne toupie, tourne, tourne !

C’est une joyeuse fête pour le peuple,
Un grand miracle s’est produit là-bas,
Un grand miracle s’est produit là-bas,
C’est une joyeuse fête pour le peuple.

À noter qu’il s’agit ici de la version telle que chantée dans la diaspora, en Israël on chante « Po » (ici) et non « Sham » (là-bas).

Le poème de Bialik[modifier | modifier le code]

Il existe une comptine enfantine du poète Haïm Nahman Bialik (1873-1934) (maintenant tombée dans le domaine public), en l’honneur de Hanoucca, où il est question d’une toupie en plomb fondu. Il faut se souvenir qu’à l’époque de Bialik, on fabriquait couramment des jouets en plomb, comme les petits soldats de plomb, dont le danger pour la santé n’était pas encore connu. Aujourd’hui, les toupies de Hanoucca sont plutôt en bois.

Il y est dit en résumé : En l’honneur de ‘Hanoucca, papa a allumé des bougies, maman a cuit des galettes, mon maître m’a offert une toupie de plomb fondu. Savez-vous en quel honneur ? En l’honneur de Hanoucca !

Une collection de sevivons.

Likhvod Ha Hanouka
 
I-mi nat-na le-vi-vah li
Le-vi-vah cha-mah u-me-tu-ka
Yod'im atem lich-vod mah
Lich-vod ha-Chanukah

A-vi hid-lik nerot li
Ve-sha- mash lo a-vou-kah
Yod'im atem lich-vod mah
Lich-vod ha-Chanukah

Mori natan sevivon li
ben - oferet yetzukah
Yod'im atem lich'vod mah?
Lich'vod hachanukah!

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. B. Cohen, « The little-known Jewish holiday of Christmas Eve. Seriously. »,‎ 23 décembre 2009 (consulté le 26 décembre 2010).