Daniel 7

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Dénommé Daniel 7 ou la Vision des quatre bêtes, le chapitre 7 du livre de Daniel est une partie de la Bible qui a donné de multiples interprétations chez les chrétiens. C'est une parabole de l'Ancien Testatment.

Durant la première année de Balthazar, roi de Babylone, Daniel fait un rêve troublant. Il décrit la vision et l'interprétation donnée par celui qui lui parlait dans le rêve.

Gravure de Matthäus Merian sur la vision des quatre bêtes par le prophète Daniel, 1630.

Vision de Daniel[modifier | modifier le code]

Daniel voit quatre vents du ciel soulevant une grande mer. Quatre bêtes énormes sortent de la mer, toutes différentes entre elles 1) un lion avec des ailes 2) un ours avec trois côtes dans sa gueule 3) un léopard avec quatre têtes et quatre ailes 4) une quatrième bête, terrible, effrayante et extrêmement forte; elle a des dents de fer énormes : elle mange, broie, et foule aux pieds ce qui restait. Elle est différente des premières bêtes et porte dix cornes. Ensuite, un Ancien s'installe sur un trône, des livres sont ouverts et des jugements prononcés en faveur des saints. La quatrième bête est détruite. Le Fils de l'homme reçoit empire, honneur et royaume, et tous les peuples, nations et langues le servent. Son empire est un empire éternel qui ne passe point, et son royaume n'est point détruit.

La Vision de Daniel, gravure de Gustave Doré.

Daniel demande une interprétation et quelqu'un dans le rêve lui explique que les quatre bêtes représentent quatre royaumes qui se lèveront de la terre. La quatrième bête et les cornes intriguent Daniel. L'interprétation à propos de la quatrième bête lui est donnée ensuite.

Texte[modifier | modifier le code]

Livre de Daniel, chapitre 7, versets 1 à 27:

« La première année de Belschatsar, roi de Babylone, Daniel eut un songe et des visions de à son esprit, pendant qu'il était sur sa couche. Ensuite il écrivit le songe, et raconta les principales choses. Daniel commença et dit: Je regardais pendant ma vision nocturne, et voici, les quatre vents des cieux firent irruption sur la grande mer. Et quatre grands animaux sortirent de la mer, différents l'uns de l'autre. Le premier était semblable à un lion, et avait des ailes d'aigles; je regardai, jusqu'au moment où ses ailes furent arrachées; il fut enlevé de terre et mis debout sur ses pieds comme un homme, et un cœur d'homme lui fut donné. Et voici, un second animal était semblable à un ours, et se tenait sur un côté; il avait trois côtes dans la gueule entre les dents, et on lui disait: Lève-toi, mange beaucoup de chair. Après cela je regardai, et voici, un autre était semblable à un léopard, et avait sur le dos quatre ailes comme un oiseau; cet animal avait quatre têtes, et la domination lui fut donnée. Après cela, je regardai pendant mes visions nocturnes, et voici, il y avait un quatrième animal, terrible, épouvantable et extraordinairement fort; il avait de grandes dents de fer, il mangeait, brisait, et il foulait aux pieds ce qui restait; il était différent de tous les animaux précédents, et il avait dix cornes. Je considérai les cornes, et voici, une autre petite corne sortit du milieu d'elles, et trois des premières cornes furent arrachées devant cette corne; et voici, elle avait des yeux comme des yeux d'homme, et une bouche, qui parlait avec arrogance. Je regardai, pendant que l'on plaçait des trônes. Et l'ancien des jours s'assit. Son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête étaient comme de la laine pure; son trône était comme des flammes de feu, et les roues comme un feu ardent. Un fleuve de feu coulait et sortait de devant lui. Mille milliers le servaient, et dix mille millions se tenaient en sa présence. Les juges s'assirent, et les livres furent ouverts. Je regardai alors, à cause des paroles arrogantes que prononçait la corne; et tandis que je regardais, l'animal fut tué, et son corps fut anéanti, livré au feu pour être brûlé. Les autres animaux furent dépouillés de leur puissance, mais une prolongation de vie leur fut accordée jusqu'à un certain temps. Je regardai pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les nuées des cieux arriva quelqu'un de semblable à un fils de l'homme; il s'avança vers l'ancien des jours, et on le fit approcher de lui. On lui donna la domination, la gloire et le règne; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit. Moi, Daniel, j'eus l'esprit troublé au dedans de moi, et les visions de ma tête m'effrayèrent. Je m'approchai de l'un de ceux qui étaient là, et je lui demandai ce qu'il y avait de vrai dans toutes ces choses. Il me le dit, et m'en donna l'explication: Ces quatre grands animaux, ce sont quatre rois qui s'élèveront de la terre; mais les saints du Très Haut recevront le royaume, et ils posséderont le royaume éternellement, d'éternité en éternité. Ensuite je désirai savoir la vérité sur le quatrième animal, qui était différent de tous les autres, extrêmement terrible, qui avait des dents de fer et des ongles d'airain, qui mangeait, brisait, et foulait aux pieds ce qu'il restait; et sur les dix cornes qu'il avait à la tête, et sur l'autre qui était sortie et devant laquelle trois étaient tombées, sur cette corne qui avait des yeux, une bouche parlant avec arrogance, et une plus grande apparence que les autres. Je vis cette corne faire la guerre aux saints, et l'emporter sur eux, jusqu'au moment où l'ancien des jours vint donner droit aux saints du Très Haut, et le temps arriva où les saints furent en possession du royaume. Il me parla ainsi: Le quatrième animal, c'est un quatrième royaume qui existera sur la terre, différent de tous les royaumes, et qui dévorera toute la terre, la foulera et la brisera. Les dix cornes, ce sont dix rois qui s'élèveront de ce royaume. Un autre s'élèvera après eux, il sera différent des premiers, et il abaissera trois rois. Il prononcera des paroles contre le Très Haut, il opprimera les saints du Très Haut, et il espérera changer les temps et la loi; et les saints seront livrés entre ses mains pendant un temps, des temps, et la moitié d'un temps. Puis viendra le jugement, et on lui ôtera sa domination, qui sera détruite et anéantie pour jamais. Le règne, la domination, et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les cieux, seront donnés au peuple des saints du Très Haut. Son règne est un règne éternel, et tous les dominateurs le serviront et lui obéiront. »

Traduction d'après la Bible Louis Segond.


Identification des Royaumes et de la Petite Corne[modifier | modifier le code]

Contrairement à Daniel chapitre 2 où la tête d’or est identifiée à Nebucadnetsar et Babylone, aucune des bêtes n’est clairement identifiées dans cette vision. Toutefois, la plupart des exégètes pensent que les quatre bêtes correspondent à l’empire Babylonien, aux Mèdes, à l’empire perse et à l’empire d’Alexandre [1].

Pour les dix cornes, il y a plusieurs explications qui coexistent. Pour certains, ces dix cornes représentent les rois depuis Alexandre jusqu’au royaume Séleucide ayant régné sur la Judée [1],[2], [3]

  1. Alexandre le Grand
  2. Seleucos Ier,
  3. Antiochos Ier,
  4. Antiochos II,
  5. Seleucos II,
  6. Seleucos III,
  7. Antiochos III,
  8. Seleucos IV, (assassiné par le suivant)
  9. Heliodore,
  10. Démétrios Ier Soter, fils de Seleucos IV promis au trône mais n'ayant jamais régné, ou bien Antiochus, autre fils de Seleucos IV, assassiné enfant par son oncle Antiochus IV Épiphane (frère de Seleucos IV) qui s'était auto-proclamé régent du petit Antiochus.

Les trois dernières "cornes" tombent pour laisser la place à la "petite corne" Antiochos IV Epiphane qui obtient le trône par intrigue. Daniel 7,25 fait référence aux persécutions d'Antiochos IV et sa tentative d'éradication du Judaïsme[4].

Pour d'autres, les dix rois sont issus du peuple précédent, telles les cornes qui ont poussé sur la tête de l'animal (Daniel 7:24). Il y a dix nations qui contribuèrent à la destruction de l'empire romain, et qui à un certain moment de leur histoire, occupèrent des portions du territoire romain ; il s'agit de royaumes barbares, séparés et indépendants, qui peuvent être énumérés comme suit :

  1. Les Huns ou les Alamans (en fonction des sensibilités historiques)
  2. Les Ostrogoths
  3. Les Wisigoths
  4. Les Francs
  5. Les Vandales
  6. Les Suèves
  7. Les Burgondes
  8. Les Hérules
  9. Les Anglo-Saxons
  10. Les Lombards

L'autre roi, différent des premiers, qui s'élève et en abaisse trois, représente la papauté, s'élevant avec la disparition des Hérules, des Ostrogoths et des Vandales, opposés aux enseignements de la hiérarchie papale[5].

Pour le pasteur Edward Mitchell, les quatre bêtes représentent quatre états de l'Église : le lion l'Église primordiale, c'est le "lion de la tribu de Juda" qui amène les préceptes divins puissants et remplis de vérité. L'ours représente la deuxième Église: celle où les humains ont reçu les Écritures; ils les ont comprises d'un point de vue littéral mais pas spirituel. Le léopard est l'état dans lequel les humains vivent faussement; la religion se mêle à des principes mensongers. Le quatrième animal est le plus horrible : l'Église est alors en proie à des malentendus qui pervertissent l'humain. Elle est à l'image de Babylone. Toute cette parabole est décrite pour dire que l'Église nécessite une attention constante, et que « lorsque les vents du ciel soufflent sur la mer de notre esprit naturel, lorsque nous sentons une influence divine et une vérité divine; si nous tenons à cette vérité il ne faut pas se laisser obscurcir ou pervertir par les illusions de nos sens, mais vivre avec sagesse et dans l'amour spirituel et dans la justice naturelle »[6]. Cette phrase de conclusion du théologien amène la pensée vers les vertus cardinales et théologales.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) H. H. Rowley, Darius the Mede and the Four World empires in the Book of Daniel,‎ 1935, p. 97
  2. New American Bible
  3. P. Pierre Grelot, Le livre de Daniel : Cahiers Évangile, vol. 79, Éditions du Cerf,‎ 1992, 68 p., page 21
  4. A History of Israel, John Bright, pp 424-425
  5. Les prophéties de Daniel, Uriah Smith, p. 17
  6. Commentaire issu des Parables of the Old Testament Explained par Edward Mitchell, édité en 1903, p.40 (citation du dernier paragraphe dénommé "A Warning" [1]

Articles connexes[modifier | modifier le code]