Maccabées

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Les Maccabées, Macabées ou Macchabées (מכבים ou מקבים, Makabim en hébreu) sont une famille juive qui mena la résistance contre la politique d’hellénisation forcée pratiquée par les Séleucides au IIe siècle av. J.-C.. Ils fondèrent la dynastie des Hasmonéens.

Le surnom de « Maccabée » est celui de Judas, troisième fils du prêtre Mattathias. L'étymologie en est controversée. Plusieurs explications ont été proposées pour ce surnom. Une proposition est qu'il vient du mot araméen maqqaba, qui signifie « marteau », allusion à sa force dans les batailles. Il peut aussi s’agir de l’acronyme MaKaBi formé des premières lettres du verset biblique Mi Kamokha Ba-elim, Hachem qui veut dire : « Qui est comme Toi entre les dieux, Seigneur », ou de Maqqebaï, abréviation pour Maqqabyahu, « désignation de Yahweh »[1] ; mais l'étymologie n'est pas assurée. De nombreux clubs sportifs israéliens portent ce nom car « marteau » prend le sens de « mouvement ».

Dans la tradition chrétienne, le nom de Maccabées ou Macchabées est réservé aux sept fils et à leur valeureuse mère, dont le martyre est rapporté au chapitre 7 du deuxième livre des Maccabées. L’insistance de ce deuxième livre sur le martyre et sur la résurrection des morts est probablement à l'origine du sens dérivé de « cadavre » qu’a pris le mot macchabée (abrégé en macchab ou macab).

La révolte des Maccabées[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolte des Maccabées.
Maccabées, toile de Wojciech Stattle (en), 1844.

La Révolte des Maccabées a été à la fois une révolte des Juifs pieux contre la dynastie grecque des Séleucides, et un conflit interne au peuple juif opposant des traditionalistes hostiles à l'évolution de la tradition juive au contact de la culture grecque et des Juifs hellénisants, plus favorables à l'adoption de comportements grecs compatibles selon eux avec la Torah. Cet épisode se situe au IIe siècle av. J.-C., entre -175 et -140. Les dirigeants de cette révolte sont Mattathias et ses fils, notamment Judas Maccabée et Simon Maccabée.

Les sept fils Maccabées (ou « Sept-Saints Maccabées »)[modifier | modifier le code]

Dans la tradition chrétienne, le nom de Maccabées ou Macchabées est réservé aux sept fils et à leur valeureuse mère, dont le martyre est rapporté au chapitre 7 du deuxième livre des Maccabées. Selon Paul Perdrizet[2], le récit relatif aux Sept-Saints Maccabées provient d'Orient où il est encore très répandu ; il s'est répandu en Occident au Moyen Âge et trouve son origine dans le chapitre 7 du deuxième livre des Maccabées où il est raconté comment sept jeunes juifs, n'ayant pas voulu manger de viande de porc, interdite par la Torah, furent mis à mort sur ordre du roi séleucide grec Antiochus IV Épiphane.

Ni la mère des Maccabées, ni ses sept fils ne sont nommés dans le deuxième livre des Maccabées. Leurs noms viennent de légendes ultérieures. La mère est souvent appelée Hannah, les sept fils portent le nom de Abim, Antoine, Gourias, Eléazar, Eusébon, Akhim (Samonas), et Marcel. Leur mémoire est honorée le 1er août, avec celle du vieillard juif Eléazar qui subit aussi le martyre pour avoir refusé de manger du porc. Quelques lieux de culte leur ont été consacrés en France :

  • L’actuelle église Saint-Just-des-Maccabées, à Lyon, évoque, à travers les martyrs des premiers temps du christianisme, les martyrs juifs de la période grecque. La première basilique, l’une des plus anciennes églises de Lyon, bâtie sur une ancienne nécropole romaine, était dédiée à saint Just, évêque de la ville au IVe siècle, et aux sept frères Maccabées. Elle fut reconstruite aux XVIe et XVIIe siècles et dotée au XVIIIe siècle d’une façade néoclassique rappelant la dédicace de l’ancienne basilique aux frères Maccabées : « Machabeis primo deinde sancto Iusto » (« Aux Maccabées d’abord puis à saint Just »). À proximité se trouvent une « montée des Maccabées » et, près de Saint-Just, un café à l’enseigne des « Sept-Frères », rebaptisée récemment la « Taverne de Saint-Just »[3] ;
  • Sur le portail méridional de la cathédrale de Chartres, ils ornent une voussure autour du tympan où est figurée la lapidation de saint Étienne.
  • Dans la Chapelle Notre Dame des 7 douleurs, à Miramont de Comminges, une représentation de leur martyr a été réalisée par le fresquiste catholique de rite oriental, Nicolaï Greschny en 1949.

Le royaume des Maccabées, ou Hasmonéens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hasmonéens.

Après la mort de Judas (160), son frère Jonathan prit la tête des révoltés. Dans des conditions qui nous échappent largement, il parvint à s'installer à Jérusalem, en 157 ou en 152. Il fut le vrai fondateur de la dynastie qui gouverna la Judée jusqu'en 40 av. J.-C., à laquelle on donne le nom d'Hasmonéens. Se succédèrent d'abord deux frères de Judas, Jonathan (160-143), puis Simon (143-135), puis le fils de Simon, Jean Hyrcan (135-104), son fils Aristobule (104-103), le frère de celui-ci Alexandre Jannée (103-76) et sa femme Salomé (jusqu'en 67), avant que leurs deux fils Hyrcan II et Aristobule II ne se disputent le pouvoir. Pompée, après la prise du Temple en 63, accorda le pouvoir religieux à Hyrcan mais le priva du titre royal tandis que son frère Aristobule était emmené à Rome pour figurer au triomphe de Pompée. Le dernier Hasmonéen, un fils d'Aristobule, Antigone Matthathias, résista jusqu'en 37.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les 4 Livres des Maccabées sont reconnus par les orthodoxes comme partie de la Bible, tandis que les catholiques ne reconnaissent que les deux premiers, les protestants et les Juifs n'en reconnaissant aucun.
  • Premier livre des Maccabées
  • Deuxième livre des Maccabées
  • Troisième livre des Maccabées
  • Quatrième livre des Maccabées
  • Victor Tcherikover, Hellenistic Civilization and the Jews, Philadelphie, 1956
  • Peter Schäfer, Histoire des Juifs dans l'Antiquité, Paris, 1989
  • Klaus Bringmann, Hellenistische Reform und Religionverfolgung in Judäa. Eine Unterschung zur jüdisch-hellenistischen-Geschichte (175-163 v. Chr., Göttingen, 1983
  • Martin Hengel, Judaism and Hellenism : Studies in their Encounter in Palestine during the Early Hellenistic Period, Londres, 1974-1976
  • Alberto Jori, Gli eroici Maccabei, Rome, 1993
  • Doron Mendels, The Rise and Fall of Jewish Nationalims, New York, 1992
  • Maurice Sartre, D'Alexandre à Zénobie : Histoire du Levant antique, IVe siècle av. J.-C.- IIIe siècle ap. J.-C., Paris, Fayard,‎ 2003 (ISBN 9782213609218).
  • Christiane Saulnier, Histoire d'Israël de la conquête d'Alexandre à la destruction du Temple, Paris, 1985.
  • Ernst Schürer, The History of the Jewish People in the Age of Jesus Christ, 3 vol., Edinbourg, 1976-1986.
  • Étienne Nodet et Marie-Françoise Baslez, La crise maccabéenne : historiographie juive et traditions bibliques, Cerf, 2005 (ISBN 2204076414 et 9782204076418)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sartre 2003, note 40 p. 354.
  2. Paul Pedrizet, La Vierge de miséricorde : étude d'un thème iconographique, A. Fontemoing, Paris, 1908, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5551422v/f302.image.r=Sept-Saints.langFR
  3. http://www.biblia-cerf.com/extraits.php?refExtrait=1337

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]