Papier toilette

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Le papier hygiénique[1], papier toilette (Europe[1]) ou papier de toilette (Amérique du Nord[1]), est un papier qui sert à nettoyer l'anus ou l'urètre, le plus souvent après avoir déféqué et/ou uriné. Beaucoup de personnes n'écrivent pas papier toilette[2], mais plutôt papier toilettes[3], considérant que, plutôt que de servir à la toilette, il est dispensé aux toilettes.

Il est souvent conditionné en rouleaux, et dispensé grâce à un distributeur ou porte rouleau installé dans les toilettes.

En France, il est également appelé vulgairement « papier cul », désignation abrégée en « PQ ».

Un rouleau de papier toilette.

Historique[modifier | modifier le code]

Dans le monde[modifier | modifier le code]

Instruments de nettoyage anal connus comme le Chuugi de la période Nara (710 à 784) au Japon. Les rouleaux modernes en arrière-plan sont présents pour la comparaison de taille.

Les premiers papiers toilettes ont été fabriqués en Chine au IIe siècle av. J.-C.[4].

Durant l'époque de Nara au VIIIe siècle, les usagers des toilettes japonaises se munissent de chūgi (en), bâtons en bois de 20 à 25 cm de longueur servant à nettoyer le canal anal aussi bien interne qu'externe. À la même époque, les autres civilisations n'utilisent pas de papier toilette ; elles ne connaissent pas ce matériau, le Japon et la Chine en gardant le secret de fabrication. Avant l'invention du papier hygiénique, selon les pays, les climats et les coutumes, le nettoyage de la région anale après la selle est alors effectué de diverses manières : usage de l'eau (en utilisant un bidet, par exemple), de pierres, de végétaux (feuilles, herbes, épis de maïs), de fourrures d'animaux, de bâtons, de la neige, de coquillages, de tissus à base de laine, de dentelle ou du chanvre, voire de mains[5].

Dans la Grèce et la Rome antique, une éponge accrochée à un bâton (appelé tersorium) était utilisée pour, selon certains, uniquement nettoyer les toilettes[6], pour d'autres, pour se nettoyer soi-même[5] : après utilisation, ces éponges étaient rincées dans de l'eau de robinet ou d'une rigole et les bâtons replacés dans un seau rempli d'eau salée ou vinaigrée[7]. Une autre technique pour se nettoyer le postérieur consistait à utiliser des fragments de céramique ovales ou circulaires appelés pessoi (pluriel de pessos, « caillou »), comme en attestent les « fouilles de nettoyage » archéologiques qui révèlent dans les latrines des tessons de poterie recouverts de résidus stercoraux[8].

Certains chercheurs suggèrent que les pessoi pouvaient être utilisé comme ostraca, les fécès imprégnant le nom de la personne ostracisée[5] .

Les tessons retaillés à cet effet peuvent se déliter en de petits fragments qui pouvaient entraîner une irritation locale, des lésions de la peau ou des muqueuses, voire des hémorroïdes externes[9].

En 1857, aux États-Unis, Joseph Gayetty est le premier à fabriquer industriellement du papier pour des besoins hygiéniques.[réf. nécessaire] Sur tous les papiers qu'il produit, son nom est marqué.

L'utilisation d'eau pour se nettoyer est fréquente en Asie du Sud-Est, en Inde et dans les pays musulmans, où les gens utilisent la main gauche, considérée comme impure, pour se nettoyer avec de l'eau et la main droite pour saluer et manger.

En France[modifier | modifier le code]

Papier hygiénique des années 1960.

Le papier toilette a été introduit en France au début du XXe siècle. Longtemps considéré comme un produit de luxe, son utilisation ne s'est vraiment répandue que dans les années 1960.

En France comme dans d'autres pays européens, après être passé par divers systèmes médiévaux, on a d'abord eu recours à l'utilisation du papier journal. Puis le papier hygiénique dit « bulle-corde lisse », appelé ainsi à cause de sa teinte corde, s'est progressivement imposé pour constituer l'essentiel du marché de 1950 à 1970. Aujourd'hui le « bulle-corde lisse » a pratiquement disparu. C'est à la fin des années 1950 que l'usage du papier « crêpé » s'est développé. La ouate de cellulose a ensuite fait son apparition : sa croissance a été particulièrement marquée au cours de la décennie 1970-1980. Aujourd'hui on trouve du papier-toilette décoré de motifs ou de textes, parfumé, ou encore en trois plis : le marché évolue vers des produits de plus en plus différenciés, et les nouvelles technologies visent à accroître en permanence douceur et résistance du produit.


Évolution du marché en France[modifier | modifier le code]

Si le produit était connu en France depuis le début du XXe siècle, le marché du papier toilette lui, n'a vraiment démarré qu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale en détrônant l'utilisation du papier journal. Le papier toilette a ensuite connu une utilisation croissante pendant un demi-siècle.

Aujourd'hui, ce marché devenu mature, en raison de la présence du papier toilette dans la totalité des foyers, poursuit une croissance plus modeste mais régulière.

L'industrie du papier toilette[modifier | modifier le code]

L'industrie du papier hygiénique et ménager en Europe représente 8,5 milliards d'euros et représente 26 % de la consommation mondiale. Chaque Européen en utilise en moyenne 13 kilos par année[10].

Les alternatives[modifier | modifier le code]

En France, l'invention du bidet a permis parfois un changement des pratiques.

Au Japon, les toilettes (privées et publiques) disposent de jet d'eau et de séchoir.

Le jet d'eau pressurisé est également employé notamment en Indonésie, en Malaisie, aux Philippines et en Thaïlande, où il est généralement considéré comme étant plus hygiénique que le papier toilette. Ce jet d'eau est la version moderne d'une manière plus traditionnelle qui consiste à se laver le fondement en tenant d'une main une cruche ou une bouteille d'eau et en utilisant l'autre main pour le nettoyage, plus précisément l'extrémité des doigts.

Protection de l'environnement[modifier | modifier le code]

Le WWF dénonce l'usage abusif de papier toilette issu directement de fibres vierges et préconise pour sa fabrication l'utilisation de papier recyclé. Chaque jour l'équivalent de 27 000 arbres serait utilisé pour fabriquer du papier hygiénique ou ménager[11]. Le WWF ne précise néanmoins pas dans quelles proportions ces fibres proviendraient de déchets de l'industrie du bois, difficilement exploitables pour un autre usage[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « papier hygiénique », sur Grand dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française (consulté le 15 juillet 2012)
  2. Comptage par Google de : papier toilette
  3. Comptage par Google de: papier toilettes
  4. J. Needham, Science and civilization in China, Volume 5, Part 1 : paper and printing, 1986, p.122, 123
  5. a, b et c (en) P. Charlier, L. Brun, C. Pretre et I. Huynh-Charlier, « Toilet hygiene in the classical era », BMJ, vol. 345,‎ 17 décembre 2012, e8287-e8287 (DOI 10.1136/bmj.e8287)
  6. Extrait de l'article Latrina du Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines : « Nous sommes bien peu renseignés sur le mobilier des latrines antiques. Par Sénèque, on sait qu'on y trouvait une éponge fixée à un bâton (Sénèque, Lettres à Lucilius, 70, 20). Certains auteurs, Montaigne entre autres, ont cru que cet instrument servait au même usage que nos papiers modernes ; mais c'est une erreur : ces éponges faisaient ce que font aujourd'hui nos petits balais. »
  7. Steve Mirsky, « Toilet Issue : Anthropologists Uncover All the Ways We’ve Wiped », sur Scientific American,‎ 8 mars 2013
  8. (en) JK. Papadopoulos, « A contextual approach to pessoi (gaming pieces, counters or convenient wipes ?) », Hesperia, vol. 71,‎ 2002, p. 423-7
  9. (en) DM. Janicke, MR Pundt, « Anorectal disorders », Emergency Medicine Clinics of North America, vol. 14, no 4,‎ 1996, p. 757-88
  10. http://lci.tf1.fr/science/2005-11/toilettes-engloutissent-270-000-arbres-par-jour-4896133.html
  11. (en) Toilet paper wipes out 27,000 trees a day
  12. (en) Don’t flush our forests and wildlife down the toilet

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]