Nitrosamine

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Nitrosamine

Les nitrosamines, et en particulier les dérivés N-nitrosés, constituent une famille de composés chimiques extrêmement dangereux. En effet 90% des nitrosamines ont manifesté un pouvoir cancérogène sur de nombreux organes et ceci pour toutes les espèces animales testées. Et rien ne permet de penser que l'homme puisse résister à l'activité cancérogène des composés N-nitrosés.

Au vu de ces résultats, plusieurs nitrosamines ont été classées cancérogènes 2A par le CIRC. Ces substances sont aussi classées cancérogènes par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Origine[modifier | modifier le code]

Les nitrosamines sont formées par une réaction de nitrosation entre des nitrites ou des nitrates et des amines ou des amides. La molécule finale correspond à l'addition d'un radical nitroso et le produit formé n'est stable qu'avec les amines secondaires.

Voies d'exposition[modifier | modifier le code]

Chez l'homme, l'exposition aux nitrosamines peut se produire

  • par voie digestive
  • par voie respiratoire

Exposition par voie digestive[modifier | modifier le code]

Elle peut avoir lieu par absorption d'aliments contenant déjà des nitrosamines ou par nitrosation en milieu acide au niveau de l'estomac, à partir d'aliments contenant des nitrites et d'autres contenant des amines. Par exemple, elles sont présentes dans le malt de brasserie si le touraillage a été opéré sur feu direct (procédé ancien). Les nitrites sont couramment employés en tant qu'additifs alimentaires dans les charcuteries.

Exposition par voie atmosphérique[modifier | modifier le code]

Des nitrosamines ont été mises en évidence dans la fumée de tabac.

Elles sont aussi présentes dans certains milieux industriels. Des nitrosamines volatiles peuvent en effet se former dans l'air à partir d'oxydes d'azote (issus par exemple de moteurs diesel) et d'amines secondaires utilisées dans certains procédés. Des nitrosamines volatiles ont ainsi été mises en évidence entre autres dans l'industrie du caoutchouc (lors de l'utilisation d'agents de vulcanisation au soufre), dans certaines fonderies (utilisant le noyautage Ashland) et, plus anciennement, dans des tanneries, dans des usines de synthèse de diméthylhydrazine asymétrique (UDMH), et sur les pas de tir de fusées utilisant le couple UDMH/N2O4 comme propergol[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Ducos, Nitrosamines et exposition professionnelle, INRS Cahiers de Notes Documentaires N°111,‎ 1983, p. 177

Voir aussi[modifier | modifier le code]