Defense Advanced Research Projects Agency

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Defense Advanced Research Projects Agency
Defense Advanced Research Projects Agency

Création 1958
Siège Drapeau : États-Unis Arlington (Virginie, États-Unis
Employés 240
Budget annuel 3,2 milliards de dollars américains
Direction Regina E. Dugan[1] (Directeur)
Agence mère Département de la Défense des États-Unis
Site web www.darpa.mil/

La Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA, « Agence pour les projets de recherche avancée de défense ») est une agence du département de la Défense des États-Unis chargée de la recherche et développement des nouvelles technologies destinées à un usage militaire. Jusqu’à aujourd’hui, la DARPA a été à l’origine du développement de nombreuses technologies qui ont eu des conséquences considérables dans le monde entier dont notamment les réseaux informatiques (notamment l’ARPANET qui a fini par devenir Internet) et le NLS (sigle représentant, en anglais, l’expression oN-Line System, en français, littéralement, Système en ligne) qui a été à la fois le premier système hypertexte et un précurseur important des interfaces graphiques devenues omniprésentes de nos jours.

Historique[modifier | modifier le code]

Film promotionnel de la DARPA pour son 50e anniversaire en 2008.

Les origines historiques d’un tel service remontent à la mise en place à partir de 1940 du National Defense Research Committee puis de l’Office of Scientific Research and Development.

Depuis sa naissance le nom de cette agence a quelque peu varié. La principale raison de sa création est le lancement du satellite soviétique Spoutnik en 1957, qui fut un coup dur pour les États-Unis. Ainsi le 7 février 1958, le président Eisenhower signa la directive 5105.15 donnant naissance à l’ARPA, avec pour objectif de faire en sorte que la technologie de l’armée américaine reste supérieure à celle de ses ennemis. Puis le 23 mars 1972, le D (pour Defense) y fut accolé, avant d’être retiré le 22 février 1993. Finalement, le nom DARPA est repris le 11 novembre 1996[2].

En raison du contexte politique de l’époque, les projets lancés par la DARPA furent d’abord axés sur l’espace et les missiles, avant que ses activités spatiales ne soient transférées à la NASA et le renseignement satellitaire au NRO. L’un des premiers projets gérés par l’agence fut le programme Transit en 1958 : il s’agissait d’un système de navigation par satellite, il est ainsi le précurseur du GPS[2].

Par la suite, dans les années 1960, le principal axe de recherche concerna la défense spatiale antimissiles et la détection des essais nucléaires dont sortirent les projets Vela et Defender. Le premier était constitué de satellites baptisés Vela Hotel dotés de différents capteurs devant recueillir les données permettant de repérer les explosions atomiques. Quant à Defender, il était chargé de la défense antimissiles, il permit entre autres le développement des antennes radar actives[2]. L'agence était alors le principal sponsor du comité JASON, un groupe de scientifiques chargés de conseiller le gouvernement, et qui se fit connaître lors de la guerre du Viêt Nam pour avoir mis en place la notion de « champ de bataille électronique » (electronic battlefield), qui faisait à l'époque référence à un système de senseurs reliés à des ordinateurs.

Par ailleurs, l'ARPA finança la plupart des travaux en intelligence artificielle, dont ceux de Marvin Minsky, d'abord sous le nom du Programme Command & Control, créé en 1962 - année de la crise des missiles -, lequel fut pérennisé par le Bureau des Techniques de Traitement de l'Information (IPTO), dont le premier dirigeant fut l'informaticien J.C.R. Licklider (1962-64). Il fut suivi d'Ivan Sutherland (1964-66), Robert Taylor (computer scientist) (1966-69) puis Lawrence Roberts (1969-1972), tous proches du MIT et des positions de Licklider concernant l'IA.

Dans les années 1970, l’accent fut mis sur l’aviation et la furtivité avec le lancement du projet Tacit Blue, qui développa les technologies du Northrop B-2 Spirit et Have Blue, précurseurs du Lockheed Martin F-117 Nighthawk. Dans la même période, la DARPA fut impliquée dans près de la moitié des avions « X », et notamment le X-29 dont le programme commença dès 1976. Celui-ci, caractérisé par sa voilure en flèche inversée, permit le développement des commandes de vol électriques, des ailes supercritiques en matériau composite et de la poussée vectorielle[3].

Pendant les années 1980-1990, les projets lancés, bien que moins futuristes, n’en permettent pas moins un grand nombre d’innovations. Les principaux programmes sont le Joint Strike Fighter et le E-8 Joint STARS[3].

Pendant cette dernière décennie, les principales études portèrent sur les drones (bien que celles-ci commencèrent dès les années 1960, notamment pendant la guerre du Viêt Nam), et les appareils hypersoniques[3].

Des centaines de millions de dollars transitent par la DARPA pour financer des projets ayant rapport avec la guerre bactériologique : Shaun Jones, médecin officier de marine et premier directeur de la DARPA, oriente les projets vers la recherche de médicaments non spécifiques mais conférant une protection élargie : vaccins polyvalents, médicaments antiviraux à large spectre… En 1998, la DARPA soutient 43 programmes, comme celui qui permettra de découvrir le DNA shuffling[4].

Projets initiés par la DARPA[modifier | modifier le code]

Bien que son mandat soit principalement militaire, plusieurs de ses projets ont trouvé des applications plus répandues dans le domaine civil.

Projets actuels[modifier | modifier le code]

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Projets menés par l'Information Processing Techniques Office[modifier | modifier le code]

Voir aussi Information Processing Techniques Office (en)

Projets anciens[modifier | modifier le code]

Grand Challenge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : DARPA Grand Challenge.

En 2004 et 2005 la DARPA a organisé le Grand Challenge, une compétition ouverte de véhicules terrestres autonomes, dans le désert du Nevada : l’équipe qui réussirait à construire une machine capable de traverser en un temps défini une certaine distance sans intervention humaine gagnerait un prix d’un million de dollars la première année, le double la suivante. En 2007 elle a organisé l’Urban Challenge, variante de la compétition, qui s’est déroulée cette fois en milieu urbain, avec une nouvelle fois un prix de 2 millions de dollars à la clé pour le vainqueur.

Alors que durant l’édition 2004, aucun véhicule n’avait réussi à terminer la course, l’année suivante, sur 23 véhicules, 5 sont arrivés au bout, dont 4 dans le délai imparti de 10 heures. Le gagnant fut le véhicule de l’équipe d’ingénieurs de l’université Stanford en Californie, Stanley, un Volkswagen Touareg amélioré. Ce dernier a parcouru les 210 kilomètres en 6 h 54, à la vitesse moyenne de 30 km/h.

L’édition 2005 terminée, le directeur de la DARPA Tony Tether (en) a indiqué qu’il était peu probable qu’une édition 2006 soit organisée : le but du Grand Challenge était en effet d’accélérer le développement de ces technologies pour les voir utilisées dans des applications viables, notamment au sein de l’armée, ce qui est chose faite. Cependant, la DARPA organisa une nouvelle compétition le 3 novembre 2007, mais cette fois-ci en milieu urbain : le DARPA Urban Challenge. Six équipes réussirent à finir cette épreuve.

Mode de fonctionnement[modifier | modifier le code]

La DARPA ne fait pratiquement rien elle-même. Elle sous-traite les recherches et développements à des contractants multiples. Les laboratoires universitaires et les entreprises en bénéficiant s’engagent à une certaine confidentialité, mais selon des termes précisés dans chacun des contrats, ils sont autorisés à en tirer des applications civiles. Les dépenses d’administration de la DARPA paraissent réduites au maximum, le staff permanent étant peu nombreux et renouvelé rapidement (5 ans en moyenne). Le budget semble donc pour l’essentiel consacré au financements des études et programmes. Mais lorsqu’un projet intéresse un acteur extérieur, par exemple le DOD, celui-ci participe à son développement. Il est donc pratiquement impossible d’avoir une idée précise des sommes investies, le budget du DOD, entre autres, étant célèbre par son obscurité[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Darpa.mil
  2. a, b et c Anne Musquère, « De la science-fiction aux systèmes opérationnels », in Air et Cosmos, ISSN 1240-3113, n°2135, 25 juillet 2008, p.26-27.
  3. a, b et c Anne Musquère, op. cit., p. 28-29.
  4. Patrick Berche, L’Histoire secrète des guerres biologiques, Robert Laffont, février 2009.
  5. (en) Katie Hafner et Matthew Lyon, Where Wizards Stay Up Late: The Origins of the Internet, Tandem Library,‎ 2007 (ISBN 978-0-613-18153-2).
  6. Le Plan stratégique 2009 de la Darpa, Europe solidaire, Jean-Paul Baquiast, publié le 10 juin 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]