Royal African Company

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas confondue avec la Compagnie royale d'Afrique fondé en France en 1560 et reconstituée en 1741 avant de disparaître à la Révolution française

La Royal African Company (en français : Compagnie royale d'Afrique), d'abord connue sous le nom de Company of Royal Adventurers Trading to Africa, est fondée en 1672 sur les côtes de Guinée, où sera fondée 23 ans plus tard, en 1685, la Compagnie de Guinée. Elle fut le pilier du développement de la traite négrière, avec à la même époque la compagnie du Sénégal française.

Fondateur[modifier | modifier le code]

Son fondateur est Jacques II d'Angleterre, frère du roi Charles II, qui montera sur le trône en 1685 après avoir été la grande figure du lobby esclavagiste du XVIIe siècle aux Antilles. L'année d'après, en 1673, les Français créent dans la même région la compagnie du Sénégal qui fera faillite et fusionnera en 1685 avec Compagnie de Guinée.

Rôle[modifier | modifier le code]

C'est l'expansion de l'économie sucrière en Jamaïque qui lui offre ses meilleurs débouchés. Parmi les nombreuses Compagnies européennes fondées au XVIIe siècle, c'est celle qui se concentrera le plus sur le trafic d'esclaves.

La création de la Compagnie royale d'Afrique permet d'importer de plus grandes quantités d'esclaves africains: 125 000 entre 1672 et 1713, dont 25 000 perdus lors de la traversée. Sa création entraîne la faillite en 1673 de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales et sa rentabilité est estimée à 12 % par an. D'autres importateurs concurrencent son monopole et c'est un total de 176 000 esclaves qui sont importés aux îles britanniques sur une période plus courte, entre 1676 et 1700[1].

La moitié des déportations de ces trente années (1672-1713) s'est faite en seulement huit ans, de 1680 à 1688, pendant lesquels la Compagnie royale d'Afrique a prélevé 61 000 personnes sur les côtes d'Afrique, à bord de 194 navires, dont 23,8 % sont mortes au cours de la traversée[2]. Après la Glorieuse Révolution de 1688, le roi d'Angleterre Jacques II vend ses parts dans la compagnie et prend la fuite en France, avec ses fidèles jacobites, qui vont désormais organiser la traite vers Saint-Domingue. En 1688 aussi, la compagnie est abolie. En 1698, il est décidé que la traite négrière est autorisée à tous les sujets anglais, mais elle est soumise à une taxe de 10 %, à l'aller comme au retour[3]. Dans un rapport du 5 avril 1734 à la chambre des Lords de Londres, la commission du commerce et des plantations souligne que le sucre des îles anglaise est plus cher que les autres, en partie parce que les taxes sur le sucre sont élevés dans l'empire anglais[3]. Sous l'administration de Richard Duton, les taxes se sont mulitpliées: dix livres de sucre par esclaves, trois livres par âcre cultivé, une autre de deux livres, une taxe de 45 % sur toutes les exportations et une autre taxe de 5 livres par esclave.

Parallèlement, Eric Williams, dans son livre From Columbus to Castro estime que 10 000 engagés volontaires blancs ont été envoyés en Amérique entre 1654 et 1685, dont la moitié en Virginie.

La compagnie royale d'Afrique construit en 1672 un fort sur la côte de Guinée et en reprend cinq à son service, pour développer l'esclavage à destination des Antilles, afin de favoriser le développement des plantations de sucre. Dès sa création, la société a le monopole de tout commerce sur la côte occidentale d'Afrique, et tente d'évincer aussi les comptoirs normands.

Elle a succédé à la compagnie des aventuriers d'Afrique, créée en 1661 par le roi Charles II, frère de Jacques II, l'année même où des colons de la Barbade chassés par la spéculation immobilière s'installent sur les terres de la Caroline, qui ne recevra ce nom qu'en 1664 lorsque Charles II en fait sa colonie. En 1669, le Colonel Benjamin Berringer, l'un des plus riches planteurs de la Barbade s'y installe et devient gouverneur de la Caroline en 1671[4].

En 1667, Charles II avait cédé toutes terres d'Afrique occidentale n'appartenant pas à d'autres nations à la Compagnie des aventuriers d'Afrique. Avec la Compagnie Royale d'Afrique, son frère saisit tous les bateaux de commerce anglais ne respectant pas le monopole, ce qui lui attire les foudres du parlement, selon Pierre Labarthe, dans Voyage à la côte de Guinée, page 238.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robin Blackburn, The Making of New World Slavery, [lire en ligne]
  2. Sainton et Boutin 2004, p. 306
  3. a et b (en) Sir Robert Hermann Schomburgk, The History of Barbados : Comprising a Geographical and Statistical Description of the Island ; a Sketch of the Historical Events Since the Settlement; and an Account of Its Geology and Natural Productions, Longman, Brown, Green and Longmans, 1848, 722 pages, [lire en ligne]
  4. http://www.barbados.org/nicabbey.htm

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Butel, Les Caraïbes au temps des flibustiers, XVIe et XVIIe siècles (lire en ligne), p. 233
  • Pierre Labarthe, Voyage a la côte de Guinée : ou, Description des côtes d'Afrique, depuis le Cap Tagrin jusqu'au Cap de Lopez-Gonzalves. : Contenant, des instructions relatives à la traite des noirs, d'après des mémoires authentiques, avec une carte gravée sous la direction de Brion fils, d'après un dessin fourni par l'auteur, Chez Debray… L'auteur… Bossange, Masson et Besson,‎ 1803, 310 p. (lire en ligne)
  • Jean-Pierre Sainton et Raymond Boutin, Histoire et civilisation de la Caraïbe, Maisonneuve et Larose,‎ 2004, 414 p. (lire en ligne)
  • (en) A true account of eight years exports of the Royal African Company, and eight years exports of the separate traders, Londres,‎ 1711
  • (en) Henry Meredith, An Account of the Gold Coast of Africa : with a brief history of the African Company, Londres,‎ 1812

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]