Ronda (Espagne)

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Ronda
Blason de Ronda
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Communauté autonome Andalousie Andalousie
Province Malaga
Comarque Serranía de Ronda
Maire
Mandat
María de la Paz Fernández Lobato (PP)
2011
Code postal 29400
Démographie
Gentilé Rondeño, Rondeña
Population 35 529 hab. (2005)
Densité 74 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 44′ 00″ N 5° 10′ 00″ O / 36.7333333, -5.166666736° 44′ 00″ Nord 5° 10′ 00″ Ouest / 36.7333333, -5.1666667  
Altitude 739 m
Superficie 48 131 ha = 481,31 km2
Localisation
Localisation de Ronda

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Liens
Site web www.ayto-ronda.org

Ronda est une commune espagnole de la province de Malaga, dans la communauté autonome d'Andalousie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Elle est située à 113 kilomètres de la ville de Malaga.

Climat[modifier | modifier le code]

Ronda possède un climat continental de montagnes, avec une pluviosité moyenne de 700 mm. La température moyenne est de 15º C[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au IIe siècle av. J.-C., les Romains envahirent la Péninsule Ibérique et en chassèrent les Carthaginois . À partir de cette époque, la ville de Ronda fut fortifiée et le château de Laurel construit.

À partir de l'an 711, date de la victoire de Tariq ibn Ziyad sur le comte wisigoth Rodrigue, la ville passe sous domination arabe. Après l'effondrement du califat, le territoire d'Al-Andalus se divise en royaumes indépendants, les 'taïfas'. Ainsi le chef berbère Abou Nour, qui était un militaire gradé dans l'armée califale, créa la Taïfa des Banou Ifren à Ronda[2]. Il construisit plusieurs édifices importants et renforça les murailles défensives de la ville. C'est à partir de cette date que Ronda commence à prendre le visage que nous lui voyons aujourd'hui.

Au XIIIe siècle Ferdinand III le Saint entreprit la reconquête du sud de la péninsule, à partir de Séville en particulier. Mais Ronda appartenait alors au royaume nasride de Grenade. C'est en 1485 qu'elle fut prise par les Rois Catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand II d'Aragon. Pour récompenser les valeureux chevaliers participant à cette victoire, les terres furent divisées et distribuées.

Les conséquences furent désastreuses pour l’économie de la ville et une intolérance religieuse s’installa dans toute la région. Les Juifs et les Arabes présents durent quitter la région et la ville ne redevint prospère que bien plus tard, à partir du milieu du XVIIIe siècle, période à partir de laquelle de nouveaux quartiers furent construits. Ainsi le « Pont Neuf » et les arènes, emblèmes de la ville, datent de cette époque.

C'est au XIXe siècle que se construisit l'image romantique véhiculée, par exemple, par Alexandre Dumas (dans De Paris à Cadix) d'une région dominée par les bandits et les toréros.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

La ville est coupée en deux par le río Guadelevín, qui coule à travers une gorge profonde appelée El Tajo, longue de quelque 500 m et profonde de 170 m, que l'on franchit en empruntant le Puente Nuevo (Pont Neuf).

Capitale spirituelle de la tauromachie[modifier | modifier le code]

Après la reconquête, seules les maestranzas[note 1] de Séville et de Ronda furent autorisées à continuer leur activité par décret royal du 22 septembre 1572[3].

Ronda est un des plus anciens centres de tauromachie d'Andalousie, dont elle est considérée comme la capitale spirituelle encore de nos jours[4],[5]. C'est dans cette ville qu'est née ce que l'on appelle la corrida moderne. Le 15 août 1752, pour la première fois, le torero Francisco Romero, à la fin d’une course, demande l’autorisation de tuer lui-même le taureau a recibir[6]. Francisco Romero est généralement considéré comme « l’inventeur » de la corrida moderne[7].

L'arène proprement dite, édifiée en 1784, est restée telle qu'elle était, à l'exception des gradins qui étaient construits en bois et qui ont été reconstruits en dur en 1962. La première corrida issue du style moderne de Francisco Romero y a été donnée le 19 mai 1785 avec Pedro Romero (de Ronda) et Pepe Hillo (de Séville)[8].

C'est au XIXe siècle que se construisit l'image romantique véhiculée, par exemple, par Alexandre Dumas (dans De Paris à Cadix) d'une région dominée par les bandits et les toreros [réf. nécessaire].

De célèbres aficionados y ont laissé leur trace comme Ernest Hemingway, auteur de Mort dans l'après-midi (1933), dont une ruelle qui mène aux arènes porte le nom et l'image. La ville a donné son nom à une manière de toréer: le rodeño[3].

Monuments[modifier | modifier le code]

  • Au nord du Guadalevín :
    • Les Arènes de Ronda sont les plus anciennes de toute l'Andalousie (1785)[8].
    • L'église Nuestro Padre de Jésus (église du Père Jésus)
    • La Fuente de los Ochos Caños (Fontaine des Huit Jets)
  • Les trois ponts qui franchissent le Guadalevín, d'ouest en est :
    • Le Pont Neuf (Puente Nuevo) est une des attractions de la ville, avec son précipice impressionnant qui sépare la vieille ville de la partie plus récente. Le pont est une œuvre de 98 mètres de hauteur, construite en pierres et composée de trois arches.
    • Le Puente de San Miguel (pont Saint Michel) est le plus petit des trois ponts. Il n'a qu'une seule arche de 12 m de haut. Il est d'origine musulmane, mais sous sa forme actuelle il date de 1961
    • le Vieux Pont ou Pont Arabe a également une seule arche, de 31 m de haut et, comme le pont Saint-Michel, il a été détruit plusieurs fois par des crues et date de 1961 dans son état actuel.
  • Au sud du Guadalevín, dans le quartier de la Ciudad :
    • La plaza de la la Duquesa de Parcent (place de la duchesse de Parcent), appelée jadis Place de la vieille ville, était le centre de la ville à l'époque musulmane. Avant la construction des arènes, c'est ici que se déroulaient les courses de taureaux.
    • l' église Santa María la Mayor (église Sainte Marie Majeure), construite à l'emplacement de l'ancienne grande mosquée, dont ne subsiste que le mihrab.
    • La petite maison de la Tour, accollée à la tour de Santa María, est un petit édifice isolé de style mudéjar.
    • L'Église de Sainte Isabelle des anges
    • L'Ayuntamiento (Hôtel de ville)
    • Le Palacio de Mondragón (Palais de Mondragon) abrite le Musée archéologique municipal.
    • La Casa de San Juan Bosco (maison de Saint Jean Bosco), date du début du XXe siècle. Elle fut léguée à la congrégation des Salésiens par une famille locale. Son jardin offre une belle vue sur le Pont Neuf.
    • Le couvent Santo Domingo
    • Le minaret de San Sebastian, qui date du XIVe siècle, est le seul minaret subsistant à Ronda. Il doit son nom à la chapelle dédiée à Saint-Sébastien qui fut construite à l'emplacement de la mosquée. Il se compose de trois étages : une partie inférieure en pierre de taille dotée d'une porte en fer à cheval, un premier étage en briques et une partie supérieure construite après la conquête chrétienne et servant de clocher.
    • La Casa del Rey Moro (Maison du Roi Maure) n'est pas maure malgré son nom : elle date du XVIIIe siècle. Elle doit son nom à un panneau en céramiques sur la façade, représentant un roi musulman. Ses jardins andalous ont été conçus par le célèbre paysagiste français Jean Claude Nicolas Forestier. Aménagés en terrasse, ces jardins qui surplombent le Tajo offrent une belle vue sur les montagnes environnantes. Depuis les jardins on accède à la Mine. Datant du XIVe siècle, cette structure, que la tradition attribue au roi musulman Abomelik, est constituée d'un escalier creusé dans le roc et descendant de quelque 200 marches jusqu'au lit du Guadalevín au milieu de la gorge du Tajo. En descendant l'escalier on accède à différentes salles voûtées. La Mine permettait d'approvisionner la ville en eau.
    • Les murailles de la Xijara, à l'est de la vieille ville, ont été construites au XIe siècle, à l'époque de la taifa de Ronda. Elles ont fait l'objet d'importantes restaurations. La porte de la Xijara est composée de trois arcs, deux en plein cintre et un en fer à cheval.
    • La porte de Philippe V est une des principales portes de la vieille ville. Après l'écroulement d'un premier «pont neuf»,en 1741, cet accès à la vieille ville redevint fort fréquenté jusqu'à l'achèvement du Pont Neuf actuel en 1793. À l'emplacement d'une vielle porte musulmane, on construisit la porte de Philippe V, du nom du premier souverain Bourbon d'Espagne.
    • Les Baños Árabes (bains arabes) (fin du XIIIe siècle ou début du XIVe siècle) comptent parmi les mieux conservés d'Espagne. Ils comportent trois salles voûtées percées d'ouvertures en forme d'étoile.
    • Le Palacio del Marqués de Salvatierra (palais du Marquis de Salvatierra) possède une intéressante façade Renaissance. Le portail, surmonté d'un balcon, est encadré par deux paires de colonnes corinthiennes. Au-dessus de ce balcon, un fronton orné des armoiries des Salvatierra est soutenu de chaque côté par une paire d'atlantes d'inspiration coloniale, représentant des couples d'indiens nus.
    • La Casa del Gigante (Maison du Géant) est un ancien palais musulman qui possède un beau patio décoré d'arabesques du XIVe siècle.
    • La chapelle de la Virgen de la Cabeza taillée dans la roche au tournant du Xe siècle et offrant une vue imprenable sur toute la région.

Événements culturels[modifier | modifier le code]

Jumelage et partenariats[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. écoles militaires préparant aux arts équestres et taurins

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

  • Tragabuches, bandit-torero, figure emblématique de la ville

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Bérard (dir.), Histoire et dictionnaire de la Tauromachie, Paris, Bouquins Laffont,‎ 2003 (ISBN 2-22109-246-5)
  • Paul Casanova et Pierre Dupuy, Toreros pour l'histoire, Besançon, La Manufacture,‎ 1991 (ISBN 2-73770-269-0)
  • Véronique Flanet (dir.) et Pierre Veilletet (dir.), Le Peuple du toro : ouvrage collectif, Paris, Hermé,‎ 1986 (ISBN 2866650344)
    L'ouvrage comprend des contributions de Michel del Castillo, Jean Lacouture, Yves Harté; Jacques Durand Francisco Ruiz Miguel
  • Claude Popelin et Yves Harté, La Tauromachie, Paris, Seuil,‎ 1970 et 1994 (ISBN 2020214334) (préface Jean Lacouture et François Zumbiehl)