Radio data system
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Le radio data system (RDS) désigne un service d'information et de transmission de données numériques exploitant la radiodiffusion - principalement en bande FM - conjointement aux signaux audios retransmis. Le RDS permet d'afficher sur le récepteur radio, le nom de la station captée, sa fréquence, le titre et l'interprète des oeuvres diffusées mais il offre également certaines fonctionnalités additionnelles gérant la réception : information trafic, commutation automatique lors des flashes d'information, etc...
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[modifier] Historique
Le RDS a été développé par les entreprises de radiodiffusion (regroupés au sein de l'Union européenne de radio-télévision) et les industriels européens. Les débuts de son développement remontent à 1974, mais les premiers essais grandeur nature ont eu lieu en 1980 à Berne-Interlaken. Le système a été introduit auprès du grand public dans la seconde moitié des années 1980.
En France, le RDS a été mis en œuvre pour la première fois en 1987 par TDF sur les émetteurs de la station de radio FIP. Le succès a été immédiat et depuis les services proposés par ce système de radioguidage n'ont pas cessé d'évoluer.
Le système RDS est réglementé en Europe par la norme EN62106 du CEN, qui remplace depuis le 30 avril 2003 l'ancienne norme EN50067. Le RDS Forum, instance assurant la mise à jour de la norme, se réunit chaque année près de Genève et regroupe industriels, radiodiffuseurs, fondeurs, éditeurs de contenus du monde entier.
[modifier] Description sommaire
Les données numériques sont portées par une sous-porteuse à 57 kHz. La technologie consiste à l'emploi d'une sous-porteuse dite MAPS pour modulation d'amplitude à porteuse supprimée car elle est modulée en amplitude sur le principe d'un déplacement de phase. Ce signal, superposé au spectre audio figure dans la bande passante de l'émetteur, mais demeure totalement inaudible pour l'oreille humaine. Une horloge pilotée par un quartz à 4,332 MHz et un diviseur par 76 donne 57 kHz, puis une redivision par 48 effectuée par un compteur donne le débit binaire qui est de 1187,5 bits par seconde. Cependant un filtrage actif est nécessaire pour ne pas laisser moduler un signal audible à 1 187,5 Hz.
La principale particularité du RDS par rapport aux transmissions classiques de données informatiques est que les échanges sont unilatéraux. En effet, dans une communication par modem, des accusés de réception sont périodiquement émis par la station réceptrice. Ainsi, si celle-ci a mal reçu une partie du message, elle peut demander à la station émettrice de le lui réexpédier. Un tel système permet d'éviter les erreurs de transmission. Dans le cas du RDS, les récepteurs radio de nos chaînes hifi ou de nos autoradios ne peuvent bien sûr pas émettre d'accusés de réception vers les stations commerciales de radio. C'est pourquoi des codes correcteurs et détecteurs d'erreurs sont employés : ils représentent 40% des données effectivement transmises (usage d'un décodeur différentiel et biphase pour l'emplacement des caractères alphanumériques et les bons caractères devant être affichés). En télédiffusion, le principe du télétexte ou « pages vidéotex » anciennement Antiope fonctionne sur un modèle similaire, c'est à dire la lecture passive d'informations (aucune intervention de l'auditeur ne peut modifier la teneur des informations émises).
[modifier] Fonctionnalités du RDS
Le RDS offre potentiellement de nombreux services, mais ceux-ci sont en général sous-exploités par les radiodiffuseurs, en particulier en France. Parmi les services les plus courants, on trouve :
- PS (Program Service) : c'est le service le plus connu offert par le RDS ; il permet l'affichage du nom de la station reçue sur l'écran du récepteur. Ce nom est composé de huit caractères alphanumériques (au maximum, des blancs ou espaces étant considérés comme des caractères aussi). Sauf cas particulier, toutes les radios proposent ce service. La norme RDS stipule que les huit caractères doivent être fixes, et représenter le nom de la station. En réalité, un certain nombre de radios ont détourné ce service pour y faire passer des informations dynamiques. Radio Classique et NRJ l'exploitent pour identifier les morceaux diffusés à l'antenne ;
- CT (Clock Time) : permet la transmission de l'heure, et donc le réglage de l'horloge du récepteur. Ce service est proposé par de nombreuses radios, même si la fiabilité de l'heure transmise n'est pas forcément très grande (en principe, l'horloge est radiopilotée sur l'émetteur DCF77 de Francfort en Allemagne) ;
- TP (Traffic Program) : indique les stations susceptibles d'émettre des annonces routières. Presque toutes les stations émettent ce code, même si elles ne diffusent jamais en pratique d'annonce routière. Toutefois l'activation de ce drapeau numérique est fortement recommandée, (utilisé et visible exclusivement sur les autoradios) car bon nombre d'autoradios ignorent en mode scanning ou seek en recherche automatique les stations où le drapeau TP est absent ;
- TA (Traffic Announcement) : indique que la station émet en ce moment une annonce routière. Les récepteurs utilisent ce code pour augmenter le volume sonore ou, dans le cas des autoradios, commuter entre la lecture de CD ou de cassettes et la réception radio ;
- EON (Enhanced Other Networks) : ce système permet le changement de fréquence du récepteur lorsqu'une annonce routière est diffusée sur une autre radio. Par exemple, ce code est diffusé par les radios du réseau Radio France. Quand un message routier important est diffusé sur une radio autoroutière du 107,7 MHz, le récepteur bascule sur 107,7 MHz le temps du message. À la fin du message, le récepteur se cale à nouveau sur la radio écoutée auparavant ;
- AF (Alternative Frequencies) : les émetteurs diffusent la liste des fréquences des émetteurs voisins de la même station. Les autoradios peuvent ainsi à tout moment chercher la meilleure fréquence disponible. C'est ainsi que l'on peut écouter la même station d'un bout à l'autre du pays sans changer de fréquence manuellement (les fréquences sont « téléchargées » dans la mémoire vive de l'autoradio) ;
- RT (Radio Text) : ce service permet la diffusion de textes par l'intermédiaire du RDS. Les textes en question peuvent alors s'afficher à la demande sur l'écran des récepteurs. Très exploité en Allemagne, ce service l'est encore peu en France, même si certains réseaux l'utilisent pour transmettre les références des morceaux musicaux en cours de diffusion. C'est par exemple le cas des radios FIP et Le Mouv' de Radio France, mais aussi récemment de Nostalgie et Radio Classique.
- PTY (Program TYpe) indique le type de programme diffusé parmi une trentaine de types prédéfinis. Certains récepteurs permettent un balayage sélectif des stations mémorisées, en fonction du type de programme plébiscité. Alors qu'il arrive à des radios étrangères de modifier constamment leur code PTY de façon à correspondre au mieux à leurs émissions, les radios françaises ne définissent pas ce code en général. Ce système est très peu utilisé en France mais en beaucoup plus développé en Espagne. La seule radio nationale utilisant ce système en France est Radio Classique. D'autres radios indépendantes, Vibration par exemple dans la région Centre envoie le code PTY correspondant à POP M ou Pop music ;
- PI (Program Indentification) : le code PI est un code unique attribué à chaque radio, qui permet aux récepteurs de l'identifier à coup sûr ;
- TMC (Traffic Message Channel) : messages d'information routière destinés aux automobilistes.
[modifier] Autres utilisations
Le RDS peut transmettre d'autre types d'information, comme des données de service propres à chaque radio, ou même des images.
[modifier] Operato
À la fin des années 1980, l'opérateur Télédiffusion de France (TDF), possesseur (entre autres) des émetteurs du réseau Radio France lança un système de radiomessagerie, nommé Operator. Les messages étaient transmis par RDS sur les ondes du réseau Radio France. Ainsi, la réception des messages était possible partout en France, pourvu que l'on captât Radio France, sans installation d'émetteur supplémentaire.
Le réseau de radiomessagerie Opérator existe toujours actuellement en France, il a été repris par la société E-Message France sous le nom de Alphapage-RDS. TDF a abandonné l'exploitation du réseau.
[modifier] Informations trafic de RTL Paris
RTL Paris transmettait des données d'information trafic sur sa fréquence, à destination d'un équipement spécial à installer dans sa voiture : un pare-soleil particulier, capable d'afficher la position des ralentissements sur une carte du périphérique parisien.
[modifier] Bus strasbourgeois
Jusqu'en 2004, à Strasbourg, les arrêts de bus de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) affichaient les temps d'attente des bus, lesquelles étaient transmises en RDS sur la fréquence de Nostalgie Strasbourg (105,3 MHz) via un canal RDS de type ODA (ODA, Open Data Application).
[modifier] Le système nord-américain
Les radiodiffuseurs et les industriels nord-américains se sont inspirés de RDS pour le développement d'une norme similaire : RBDS pour Radio broadcasting data system. Le système RBDS reprend, en les étendant quelque peu, toutes les spécifications de RDS. Les deux systèmes partagent le même logo, et le système RBDS est souvent appelé « RDS » comme son homologue européen. Les systèmes européens et nord-américains sont quasi compatibles. Du point de vue de l'utilisateur, quelques différences se situent dans la correspondance des codes PTY et dans l'interprétation du code RDS PI en vue du basculement de fréquences. Un poste américain se comportera bien en Europe, et vice versa, avec toutefois quelques effets de bord possibles liés au basculement de fréquences.
[modifier] Faille de sécurité
Certains récepteurs GPS utilisant le système RDS et plus particulièrement le Traffic Message Channel (TMC), pourraient recevoir des fausses informations et ainsi voir leurs utilisateurs induits en erreur. Cette faille a été mise en évidence par deux experts italiens, Andrea Barisani et Daniele Bianco, qui ont indiqué à un récepteur GPS que certaines routes étaient fermées. Le problème venant du protocole RDS qui est public et de ce fait n'est pas sécurisé [1].
Toutefois, le fait que les informations RDS-TMC soient diffusées de manière publique par un émetteur FM, rend aisés la surveillance et le contrôle des données RDS, 24h/24h (cf le système Fmnet). La diffusion de données erronées ou malveillantes mettrait immédiatement en cause l'opérateur exploitant le (faux) service RDS-TMC, la fréquence associée et le détenteur de l'autorisation d'émettre. Les infrastructures d'émission radio FM et les dispositifs de traitement de données impliquant le RDS et le RDS TMC sont réputées pour offrir une sécurité particulièrement importante.
[modifier] Surveillance RDS
Le service français Fmnet, assure la surveillance, pour le compte des opérateurs de diffusion et éditeurs de programme, de la bonne diffusion des données RDS, sur le territoire français. Le système Fmnet permet librement, pour la France, de calculer la liste des fréquences alternatives RDS AF d'un réseau radio donné en fonction de données de propagation radio et d'une base de données des stations de radio FM en France. Il suggère en outre la configuration RDS à appliquer au codeur RDS de chaque station de radio FM.
[modifier] Références
[modifier] Liens externes
- Un dossier technique complet sur le RDS
- Le principe d'un décodeur de trames numériques RDS
- Le forum et le consortium officiel du système RDS
- Version gratuite, non imprimable, de la norme IEC 62106 ed.1 RDS standard disponible sur le site du RDS forum
- FMNET, Base de données radios AM/FM en France, surveillance technique des émetteurs FM

