Radiomessagerie

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Unication Alpha Elegant pager du réseau.
Pager Motorola Firestorm 3.
Un pager du réseau allemand Skyper.
Récepteur maritime Navtex

La radiomessagerie (ou paging en Anglais) est un service d'envoi de messages par radio à des utilisateurs. Les messages peuvent être numériques (codes chiffrés) ou alphanumériques (courts textes). Ces systèmes ont été introduits dans les années 1960 aux États-Unis. Ils ont connu leur apogée dans les années 1980 et 1990. La radiomessagerie est toujours populaire aux États-Unis, mais elle est jugée obsolète en Europe de l'ouest et en Asie. En effet, le SMS des GSM offre les mêmes services que la radiomessagerie, en version bidirectionnelle.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Pour contacter un correspondant, on téléphone à son opérateur, et on transmet le message (en France, l'opération était réalisable par Minitel, puis Internet). Le message est alors envoyé par radio jusqu'au terminal du destinataire, parfois appelé téléavertisseur, pager ou bip. Le pager avertit alors son utilisateur (sonnerie, bip, vibration, clignotement), et affiche le numéro de l'appelant, ainsi qu'un message numérique ou textuel. La communication est unidirectionnelle : Jusqu'en 2005, un pager ne pouvait que recevoir des messages. Pour répondre à son correspondant, il fallait utiliser un téléphone. Depuis la société Swissphone à développé un terminal avec une carte SIM pour les accusés de réceptions.

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

La radiomessagerie utilise des fréquences plus basses que les téléphones mobiles : en conséquence, un émetteur donné couvre une zone bien plus grande qu'une cellule d'un réseau de téléphonie mobile. Pour cette raison, la radiomessagerie garde son intérêt, notamment pour contacter du personnel de secours (pompiers, personnel hospitalier, etc.).

Cette très bonne couverture fait qu'un message sera pratiquement toujours reçu par le destinataire. Pourtant dans de rares cas, le message peut ne pas arriver à destination, par exemple dans des stations de métro profondes ou si le récepteur est hors service (batterie). Dans ce cas rien ne l'indique car le récepteur ne peut émettre d'accusé de réception vers le réseau et le message est perdu. Sur ce point, malgré une moins bonne couverture, les téléphones mobiles offrent l'avantage de donner un accusé de réception lors de l'envoi d'un SMS, et si le destinataire est hors réseau, il recevra son message, texte ou vocal, lorsqu'il sera de nouveau dans une zone couverte.

La radiomessagerie a utilisé différents protocoles, par exemple :

  • ERMES (European Radio Messaging System) ;
  • POCSAG, développé entre 1975 et 1978 par la poste britannique. Son nom dérive d'ailleurs du Post Office Code Standardisation Advisory Group ;
  • FLEX, développé par Motorola. Il a évolué en ReFLEX (communication bidirectionnelle), puis inFLEXion (transmission de messages vocaux) ;
  • TAP ;
  • Eurosignal ;
  • le radio data system (RDS), outre ses fonctions de base d'aide aux auditeurs de la radio FM, propose un système complet de radiomessagerie ;
  • MBS, d'origine Suédoise, dont le procédé de modulation a été repris pour le RDS.

Radiomessagerie en France[modifier | modifier le code]

Années 1970 à 1990[modifier | modifier le code]

Eurosignal a été lancé en 1975. Il ne permettait la transmission que d'une information très basique à son correspondant : allumer un voyant parmi quatre.

Alphapage est apparu en 1987. Il était commercialisé par France Télécom Mobiles Radiomessagerie (FTMR).

Le système Operator, lancé par TDF à la fin des années 1980, véhiculait les messages grâce aux signaux RDS des émetteurs de Radio France. Le service Operator a été pris en 1995 au sein France Télécom Mobiles Radiomessagerie, où il a été intégré dans la gamme de produits sous différents noms tels que Expresso RDS ou Textplus.

Des pagers pour le grand public ont été lancés en France au milieu des années 1990. Ils ont fait fureur pendant quelques mois, notamment auprès des collégiens et des lycéens, mais ont très vite disparu au profit des GSM. Les réseaux étaient alors les suivants :

  • Tatoo et Alphapage de France Télécom Mobile Radiomessagerie, racheté par la société allemande E-Message courant 2000, utilisant le protocole POCSAG.
  • Tam-Tam de Cegetel, utilisant le protocole ERMES. Les derniers récepteurs ont été vendus fin 1998. Le service a été arrêté fin 1999. L'opérateur a favorisé la migration de ses clients vers le réseau GSM SFR ;
  • Kobby de Infomobile (Groupe Bouygues), utilisant le protocole ERMES puis FLEX. Kobby a été arrêté mi 2005.

Années 2000 et état actuel[modifier | modifier le code]

En 2000, FTMR a été rachetée pour la somme de 1 euro par la société SPRINTEL qui a migré le matériel FTMR de Paris ainsi que le centre d'appel FTMR Stratus qui se trouvait à Lyon au Chesnay. Le groupe allemand e*Message[1] a ensuite repris l’activité de SPRINTEL en 2001 et l'a renommée e*Message WIS (Wireless Information Services) France.

e*Message France exploite et développe depuis 2001 son réseau qui sert principalement aux professionnels de l'astreinte (pompiers, techniciens, médecins etc.).

Ce réseau unidirectionnel qui couvre toute la France sans pouvoir détecter où se trouve le terminal est très pratique pour les dealers.[réf. nécessaire]

Le réseau POCSAG e*Message est utilisé pour transmettre les bulletins météo à destination des stations grand public de type Star Météo[2] en France ou WETTERdirekt[3] en Allemagne[4].

La radiomessagerie en Suisse aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Il reste deux réseaux en Suisse :

Ils sont principalement utilisés pour les alarmes de sécurité (ambulances, pompiers). La société Digicall est active dans le domaine du centre d'appel, ce qui lui permet d’assurer, non seulement la transmission des messages mais également la prise des appels et la garantie de leur réception (notamment pour les dépannages et les urgences).

Radiomessagerie maritime[modifier | modifier le code]

Récepteur Navtex.

À bord des navires un système d'information maritime automatique en SITOR-B (système radiotélétype avec un système de correction d'erreur FEC), les messages Navtex peuvent être reçus jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres des stations émettrices.

Le Navtex est un simple récepteur de moyenne fréquence muni d'une imprimante pour les modèles professionnels, ou d'un écran pour les modèles économiques.

Le Navtex est en service lorsque le bateau est en mer, et permet de recevoir les informations émises séquentiellement par différentes stations émettrices préprogrammées.

Ces messages incluent les bulletins météo, les avis urgent aux navigateurs et diverses alarmes sur les signaux de radionavigation sur la fréquence 518 kHz pour le système Navtex international en langue anglaise[5] et sur la fréquence 490 kHz pour le système NAVTEX en langue nationale [6].

Une alarme est également prévue pour attirer l'attention du personnel de quart en cas de message à caractère urgent.

Radioamateurisme[modifier | modifier le code]

Au cours des années passées, certains radioamateurs (principalement allemands) ont déployé leurs propres réseaux de radiomessagerie POCSAG sur leur bande des 70 cm. Ils utilisent des terminaux commerciaux modifiés pour fonctionner sur la fréquence radioamateur de 439.9875 MHz FMN en FSK 1200 Bauds.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.emessage.fr/
  2. Site Star Météo.
  3. Site WETTERdirekt.
  4. Communiqué de presse : e*Motion révolutionne le marché des stations météo (2007).
  5. RÉSOLUTION N° 324 (Mob -87): Procédures à appliquer pour la coordination de l'utilisation de la fréquence 518 kHz pour le système NAVTEX international
  6. RÉSOLUTION N° 329 (Mob-87): Procédure applicable aux stations émettant des renseignements de type NAVTEX local en langue nationale sur les fréquences 490 kHz et 4 209,5 kHz