Plateau des Glières

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45° 57′ 54″ N 6° 20′ 02″ E / 45.965, 6.33389

Le plateau des Glières et la sculpture monumentale d'Émile Gilioli.

Le plateau des Glières est un plateau calcaire situé dans le massif des Bornes. Respectivement à 29 et 15 km de La Roche-sur-Foron et de Thorens-Glières, il est localisé sur les communes du Petit-Bornand-les-Glières et de Thorens-Glières.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme Glière est une variante de Glaire, provenant du latin Glaria, Glarea, désignant un lieu composé de gravier ou assimilés, souvent inondé[1],[2],[3]. Dans le patois local ou francoprovençal, le terme au singulier glière désigne tout autant un « terrain rocailleux et sablonneux, grève de rivière »[3].

Lors des événements de mars 1944, le journaliste Dépollier parle de Glière, au singulier. La médiatisation des événements de mars 1944, tant par les médias de la Collaboration parisienne (Philippe Henriot) que par ceux de la Résistance londonienne (Maurice Schumann) consacre une mise au pluriel abusive. Certains Savoyards disent toujours monter « à Glières », respectant ainsi l'usage immémorial.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le plateau, situé entre les montagnes des Auges (1 800 m) et les Frêtes, est en réalité une combe. L'altitude moyenne est de 1 450 m et il est bordé de falaises de calcaire urgonien. En fait, le plateau est constitué de plusieurs niveaux.

Quelques lieux : bois des Lanches, chalets des Auges, chalet des Mouilles, chalet de l'Ovine, Chapelle Notre-Dame des Neiges, col des Glières, col de l'Ovine, maison du plateau, parking de Paccot, pas du Loup, plaine de Dran, plan du Loup, pointe de Puvat.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maquis des Glières.
Manifestation suite à la visite de Nicolas Sarkozy

Ce plateau fut un haut lieu de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment en rapport avec son territoire montagneux favorisant l'émergence d'un maquis organisé et dirigé par le lieutenant Tom Morel, Compagnon de la Libération. Le plateau des Glières fut choisi en janvier 1944 pour recevoir les parachutages britanniques d'armes pour alimenter la résistance locale, puis comme base d'opérations sur les arrières des Allemands au moment du débarquement attendu des Alliés. Zone dégagée, peu accessible par la route, donc par l'ennemi, mais aussi repérable par les avions alliés par sa proximité du lac d'Annecy. En mars 1944, 463 maquisards réfugiés sur la plateau sont assiégés puis attaqués lors de la « bataille des Glières » qui fait 121 morts face à près de 5 000 soldats de la Wehrmacht et miliciens de Vichy.

Si les Anglais ont bien effectué trois parachutages sur le plateau (dont un grand le 10 mars, soit, au total, quelque 45 tonnes d'armes), les renforts promis par l'envoyé de la France libre, le capitaine Cantinier, ne sont jamais arrivés.

En 1973, le monument national de la Résistance, œuvre du sculpteur Émile Gilioli, a été érigé à la mémoire de ces victimes, sur un terrain offert à cet effet par le comte Jean-François de Roussy de Sales. Il a été inauguré le 2 septembre 1973 par André Malraux. La sculpture représente le soleil tenu dans une main.

En 2007, Nicolas Sarkozy y fait halte à la veille de l'élection présidentielle française de 2007 et déclare qu'il s'y rendra chaque année dès son élection. Cette visite est suivie d'une manifestation de 3 000 personnes le 13 mai 2007. Le 17 mars 2008, il y retourna pour la première fois afin d'y célébrer la Résistance. La médiatisation du « pèlerinage » présidentiel n'est pas sans rappeler celui de François Mitterrand et de son ascension de la roche de Solutré.

Le 17 mai 2009, à l'instigation du collectif CRHA (Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui), un rassemblement de manifestants est organisé sur le plateau des Glières afin de rappeler les valeurs républicaines de solidarité, de fraternité, de vivre-ensemble et de justice contenues dans le programme du Conseil national de la Résistance, élaboré le 15 mars 1944[4]. À cette occasion, Stéphane Hessel, parrain de l'association, Raymond Aubrac, ancien résistant, compagnon de route du parti communiste, Walter Bassan, également ancien résistant et communiste, mais aussi Alain Refalo, professeur des écoles à Colomiers et le docteur Michaël Guyader, chef de service du 8e secteur de psychiatrie générale de l'Essonne et psychanalyste, ont tenu des discours sur la nécessité de prolonger le combat des résistants et de s'appuyer sur le socle d'avancées sociales que présentait le programme du Conseil national de la Résistance. Ces manifestations et ces discours s'inscrivent dans le cadre d'une politique d'opposition au gouvernement.

En 2012 a eu lieu le sixième rassemblement organisé par CRHA[5].

Activités[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le ski de fond est aujourd’hui l’activité principale de ce plateau, en hiver, avec plus de 36 km de pistes damées alternatif et skating, ainsi que désormais plusieurs kilomètres de pistes damées pour la marche. Le marathon des Glières s'y court depuis 1984[6].

Le plateau est parsemé de quelques fermes et étables où reblochon et tomme sont fabriqués en été. Certaines ont été transformées en restaurant ou en gîte.

Accès un peu difficile, deux routes sinueuses sont à disposition, aucune d'entre elle n'est fermée l'hiver.

Un itinéraire balisé permet l'été de faire le tour du plateau, de nombreux panneaux informant le visiteur à la fois sur la vie d'alpage au début du XXe siècle, et sur la bataille des Glières, avec le monument en hommage aux résistants.

Cyclisme[modifier | modifier le code]

Grimpé par Thorens-Glières, le plateau des Glières a été l'arrivée de la dernière étape du tour de l'Avenir 2013. C'est Julian Alaphilippe qui s'imposait en échappée tandis que Rubén Fernández Andújar conservait son maillot jaune.

Autres activités[modifier | modifier le code]

La pratique des raquettes et du ski de fond est fréquente, et celle du snowkite est possible. Une piste de luge est aménagée chaque année pour les enfants.

L'activité spéléologique est également présente, avec une quinzaine de cavités de plus de 150 mètres de profondeur répertoriées sur les Frêtes. La cavité la plus profonde actuellement connue sur le plateau des Glières est la tanne à Paccot, encore appelée « trou de l'A2 ». Sa profondeur estimée est d'environ 400 mètres[7].

Postérité[modifier | modifier le code]

Une zone urbaine d'Alger, alors département d'Alger jusqu'en 1962, a été baptisée le « plateau des Glières »[8], en raison de la présence du Monument aux morts de ceux tombés pour la France pendant les deux guerres mondiales et en hommage notamment à la lutte des maquisards savoyards durant la Seconde Guerre mondiale[9].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Site géographiques
Sites institutionnels
Sites historiques

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Chanoine Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004), 212 p. (ISBN 978-2-84206-268-2), p. 212, Article « Glière ».
  2. « Article « (...) Glière (...) » », sur le site Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, site personnel de henrysuter.ch (consulté en juillet 2014).
  3. a et b « Article « (...) Les Glières (...) » », sur le site Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, site personnel de henrysuter.ch (consulté en juillet 2014).
  4. Appel à un rassemblement citoyen par le CRHA
  5. Depuis six ans, sur le plateau des Glières, la résistance reste vitale, L'Humanité 29 mai 2012
  6. 1984 - Les Pionniers - Marathon des Glières
  7. Clan Spéléo des Troglodytes, Inventaire spéléologique du plateau des Glières.
  8. AMBIANCE ALGERIENNE, JT NUIT - 24/06/1960
  9. Description du plateau des Glières d'Alger