Parti socialiste polonais

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Parti socialiste polonais
(pl) Polska Partia Socjalistyczna
Image illustrative de l'article Parti socialiste polonais
Logo officiel
Présentation
Président Bolesław Limanowski (principal)
Fondation 17 novembre 1892
Disparition 21 décembre 1948
Siège Varsovie, Drapeau de la Pologne Pologne
Dissolution dans Parti ouvrier unifié polonais
Idéologie Socialisme
Affiliation internationale Internationale ouvrière socialiste (1923-1940)
Adhérents 50 000 (1921)
Couleurs Rouge

Le Parti socialiste polonais (en polonais Polska Partia Socjalistyczna, PPS) est un parti politique polonais de gauche, créé à Paris en 1892. Il était une des principales forces politiques de gauche durant l'Entre-deux-guerres et dans la période de 1944 à 1948.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Parti socialiste polonais a été créé en novembre 1892 à Paris pendant le Congrès de l'Union des socialistes polonais à l'étranger (ZZSP), dont faisait partie le prolétariat. Le principal dirigeant est Bolesław Limanowski, président du ZZSP, mais d'autres personnalités en font partie, tel Ignacy Daszyński, Józef Piłsudski, ou encore les théoriciens de l'idée coopérative, Stanisław Wojciechowski et Edward Abramowski.

Le programme de ce parti était la synthèse entre des revendications socialistes et nationalistes. Il prévoyait la défense des travailleurs, l'école gratuite, le droit du citoyen, la limitation à 40 heures de travail par semaine, une nationalisation des terres et des moyens de production, une planification de la production et une démocratie socialiste.

À son installation dans le Royaume de Pologne et en Lituanie, faisant partie des régions les plus riches de l'Empire russe, il est jugé illégal par les autorités. Un an plus tard, le PPS s'oppose au Parti social-démocrate du Royaume de Pologne et de Lituanie SDKPiL, le parti de Rosa Luxemburg et de Leo Jogiches, fidèle à la Deuxième Internationale.

Hostile à l'antisémitisme courant dans la Pologne de l'époque, Piłsudski fait créer en 1901 une branche juive du PPS pour concurrencer le Bund.

Arrivé en 1893 à Wilno, Józef Piłsudski crée la branche du PPS en Lituanie. Il est le rédacteur en chef de l'organe de presse du PPS, nommé Robotnik (L’Ouvrier). En 1900, il est capturé par l'armée russe, mais parvient à s'enfuir.

Le manifeste de Nicolas II, publié le 30 octobre 1905, qui n'apportait rien aux Polonais, mène le PPS à participer à la révolution de 1905 contre la Russie tsariste, disposant de l'Organisation militaire du PPS fondée en 1904, mais le parti se divise sur la nature du combat.

Lors du Congrès du PPS en février 1906, deux scissions du PPS sont créées :

  • Le PPS-Gauche préfère s'associer avec le SDKPiL, en vue d'étendre une révolution prolétaire dans toute la Russie.
  • Le PPS-Fraction révolutionnaire (PPS-FR, ou Frak) préfère l'indépendance de la Pologne, et commet des attentats dans le pays et appelant au soulèvement national. Józef Piłsudski était le chef incontesté de la Fraction, qui contrôlait l'Organisation militaire du PPS (OB-PPS, fondée en 1904), avec le Commandant Kazimierz Sosnkowski.

Rosa Luxemburg critiquait très durement la Frak, qui selon elle « était devenue l’alliée de la bourgeoisie contre le socialisme »[1].

En 1909, le PPS-FR, majoritaire, reprend le nom PPS, tandis que le PPS-Gauche préfère rejoindre le SDKPiL, qui créera en 1918 le Parti communiste de Pologne. En 1911, quelques membres s'opposent à Piłsudski et créent le PPS-Opposition, dont Tomasz Arciszewski (futur chef du gouvernement polonais à Londres 1944-1947) et Feliks Perl.

Préparant toujours la lutte pour l'indépendance, le PPS mène des actions clandestines et créent lors de XIIe congrès du PPS en 1916 à Piotrków Trybunalski, l'Union pour la lutte active. Le congrès vise essentiellement à organiser l'indépendance future de la Pologne.

Le 6 août 1914, ce dernier tente une nouvelle insurrection, qui échoue.

Il crée alors l'Organisation militaire polonaise (POW), organisation secrète anti-russe, tandis que le PPS rejoint le Comité national suprême, alliance réunissant tous les partis et organisation souverainistes.

À la suite de la Révolution d'Octobre, la France qui perd un allié à l'Est, soutient l'indépendance polonaise en vue d'une opposition sérieuse à la Russie soviétique et à l'Allemagne.

En 1918, après la capitulation autrichienne et allemande, le POW désarme les troupes autrichiennes.

La Seconde république polonaise (1918 - 1939)[modifier | modifier le code]

Le 6 novembre 1918, le PPS et le Parti paysan (PSL-Piast) créent le gouvernement provisoire de la république de Pologne. Le PPS grandit avec la fusion du Parti socialiste polonais de Prusse et du Parti social-démocrate polonais de Galicie. Le chef du gouvernement provisoire est Ignacy Daszynski, désormais membre du PPS. Le 10 novembre, les bases de la république sont posées, et le gouvernement démissionne le 11.

Quant au PPS-Gauche, qui a soutenu la Révolution russe, il fusionne avec le SDKPiL en 1918 pour former le Parti communiste de Pologne.

Józef Piłsudski est libéré de la prison allemande de Magdebourg le 10, et rejoint la Pologne. Après le désarmement des troupes allemandes par le POW, Piłsudski est nommé chef d'État (Naczelnik) le 14 novembre par le conseil de régence.

La Seconde République créée, Jędrzej Moraczewski, membre du PPS, est nommé chef du Gouvernement populaire de la république de Pologne le 17 novembre. Le gouvernement mène de premières réformes sociales, comme la journée de 8 heures. De même, il prévoit des élections par scrutin démocratique universel, direct, secret et proportionnel.

Les premières élections législatives polonaises de janvier et juin 1919 voient la victoire incontestée du Parti national-démocrate (ND) (36 % des suffrages).

Le PPS n'emporte que 35 des 442 sièges à la Diète.

En 1921, le PPS compte près de 50 000 membres, et crée diverses associations satellites, telles: l'Association des jeunes socialistes, ou les Camarades étudiants et ouvriers.

En mai 1926, le PPS soutient le coup d'État du Maréchal Piłsudski (député et passé au PSL-Piast), qui obtient provisoirement les pleins pouvoirs, devant les troubles politiques dont la droite est jugée responsable.

L'organe du PPS, Robotnik, le 28 octobre 1931

Peu à peu, il est déçu du tournant autoritaire du régime de Sanacja, et rentre dans l'opposition, en s'alliant au Parti paysan polonais pour former Centrolew (« Centre-gauche »), une coalition d'opposition. Le Parti communiste polonais a été refusé dans cette coalition.

Quelques fidèles au maréchal, dont Rajmund Jaworowski créeront un petit parti pro-gouvernemental, le PPS-dawną FR.

Suite à des grèves, plusieurs socialistes furent arrêtés et détenus dans la prison de Brześć-sur-le Boug (Brest-Litovsk).

Les élections parlementaires de 1930 furent ainsi surnommées "élections de Brest". La coalition gouvernementale BBWR remporta 56 % des 444 sièges du Sejm, et Centrolew, 18 % (dont 24 furent occupés par le PPS).

Le journal du PPS, Robotnik, portant fondé par Piłsudski, soutient alors l'opposition et fut victime de la censure.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1939, le PPS crée le PPS-WRN qui intègre les membres du PPS dans l'armée.

La plupart des membres du PPS se sont engagés dans la Résistance et ont été membres de Związek Walki Zbrojnej ou de l'Armia Krajowa, et ont participé à l'Insurrection de Varsovie.

Les membres du Parti socialiste polonais exilés en France avaient donné naissance dès le début de 1941 dans les départements du Nord et Pas-de-Calais à deux organisations clandestines, l’Organisation S et Orzeł Biały (Aigle blanc). Ces deux organisations avaient pour but d’informer les Polonais de France sur l’évolution de la situation militaire et propager l’idée de Résistance aux Allemands.

Au sortir de la guerre, le Parti compte environ 500 000 membres, et est la première force politique.

Il participe au Comité de Lublin (PKWN), et le premier secrétaire du parti, Edward Osóbka-Morawski, devient chef du gouvernement provisoire.

En décembre 1947, lors du Congrès du PPS, Edward Osóbka-Morawski se dit opposé à la formation d'un régime socialiste, et le Comité central, infiltré par les communistes, le destitue et élit Józef Cyrankiewicz à la direction du Parti.

En 1948, le parti fusionne avec le Parti ouvrier polonais (PPR), pro-soviétique, pour former le Parti ouvrier unifié polonais (PZPR).

Certains s'opposèrent à cette subordination, comme Herman Lieberman, et rejoignirent le Gouvernement polonais en exil à Londres.

De nos jours[modifier | modifier le code]

Le PPS a été recréé en 1987 par Jan Józef Lipski, mais est désormais majoritairement d'extrême gauche et ne représente plus qu'une très faible partie de la population depuis 1989.

En 1990, il s'oppose à l'Alliance de la gauche démocratique (SLD) qu'il refuse de rejoindre: « En organisant son enterrement, le Parti ouvrier unifié polonais, parti des communistes polonais, prépara une nouvelle escroquerie. Il désire renaître d’emblée dans les habits de la social-démocratie. Ce parti qui n’était ni ouvrier ni unifié et dont la polonité doit être interrogée car il est né de la volonté et a été l’instrument du dictateur de l’empire voisin -Joseph Vissarionovitch Staline- s’imagine qu’il suffit de faire une déclaration solennelle pour être considéré comme une social-démocratie honnête »[2].

Il a obtenu 3 députés en 1993, mais a pratiquement disparu aujourd'hui de la scène politique. Aux présidentielles de 2000, le candidat du PPS, Piotz Ikonowicz n'obtient que 0,22 % des suffrages ; en 2004 et 2005, il s'est allié avec d'autres formations extraparlementaires comme le parti anticlérical Raison de la gauche polonaise (RACJA Polskiej Lewicy), le parti écologiste des verts polonais (Polska Partia Ekologiczna – Zielonych (PPE-Z)), le parti travailliste polonais (Polska Partia Pracy) et le Parti communiste polonais (KPP). En 2007, le parti n'a pas conclu d'alliance au niveau national.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. JP Nettl, La Vie et l’œuvre de Rosa Luxemburg, Maspero, 1972, p. 541.
  2. Tract du Parti socialiste polonais, Varsovie, 25 janvier 1990