Accords Sikorski-Maïski

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Les accords Sikorski-Maïsky sont un traité passé le 30 juillet 1941[1],[2],[3] entre l’Union soviétique et la Pologne, représentée par le gouvernement en exil à Londres. Il porte les noms des deux principaux signataires : Wladyslaw Sikorski, premier ministre polonais et Ivan Maisky, ambassadeur soviétique au Royaume-Uni.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après la signature du pacte de non agression entre le Troisième Reich et l’Union soviétique en 1939[4], cette dernière prit part à l’invasion [5],[6], puis au démembrement de la Pologne. La Pologne est déclarée inexistante et tous les citoyens polonais des zones annexées sont considérés comme citoyens soviétiques. Il s’ensuit l’arrestation et l’internement par le NKVD de plus d’un million et demi de citoyens polonais (dont 250 000 prisonniers de guerre et environ 1 500 000 déportés civils) [1]).

À la suite du déclenchement de l’opération Barbarossa en juin 1941, Staline recherche une aide auprès des adversaires de l’Allemagne nazie. Fortement encouragé par Anthony Eden, chef du Foreign Office, Sikorski[2],[3] entame des négociations avec l’ambassadeur soviétique à Londres Ivan Maisky, en vue de rétablir des relations diplomatiques entre Pologne et Union soviétique. Sikorski fut le maître d’œuvre de l’accord conclu entre les deux gouvernements et signé le 30 juillet 1941. Une alliance militaire est ensuite signée à Moscou le 14 août 1941[7],[8].

Plus tard dans l’année, Sikorski se rend à Moscou avec une mission diplomatique[9] (comprenant le futur ambassadeur de Pologne en Union soviétique, Stanisław Kot, et le chef de la mission militaire polonaise à Moscou, le général Zygmunt Bohusz-Szyszko).

Contenu[modifier | modifier le code]

Staline accepte de déclarer nuls et non avenus tous les accords antérieurs avec l’Allemagne nazie, invalidant la partition de la Pologne et libérant des dizaines de milliers de prisonniers de guerre polonais détenus dans les camps. En vertu de ces accords, les Soviétiques accordent le 12 août 1941[10],[11], une « amnistie » à de nombreux citoyens polonais.

Un armée polonaise en Union soviétique est formée, dans des conditions cependant mal définies. Les Soviétiques souhaitent plusieurs divisions polonaises réparties dans des corps d’armée soviétiques, alors que les Polonais veulent une armée purement polonaise, forte de deux corps d’armée composés de divisions renforcées. Le colonel Nikodem Sulik est chargé de procéder au recrutement. Les lieux de regroupement restent flous, aucune installation n’est prévue. Équipement et armement ne sont pas livrés dans des conditions acceptables par les Polonais. Approvisionnement et nourriture font défaut. Aucune information fiable n’est communiquée aux Polonais sur le sort des prisonniers de guerre, notamment concernant les milliers d’officiers polonais disparus.

À peine plus de 40 000 hommes sont considérés comme opérationnels par le général Władysław Anders, responsable de cette force. Convaincu de la mauvaise foi de Staline et de l’absence de perspectives, Anders optera pour le transfert en Iran de cette armée en cours de formation. Les circonstances de la formation, puis de l’évacuation de l’"armée Anders", ainsi que l’incertitude sur le sort des prisonniers polonais, pèseront pour longtemps sur les relations soviéto-polonaises[12].

Sources et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b [Stanislaw Mikolajczyk The Pattern of Soviet Domination, Sampson Low, Marston & Co 1948, Page 17]
  2. a et b (en) Józef Garliński, Poland in the Second World War, Houndmills, Basingstoke, Hampshire, Macmillan,‎ 1985 (ISBN 0-333-39258-2), p. 109
  3. a et b (en) Tomasz Piesakowski, The fate of Poles in the USSR, 1939-1989, London, Gryf Publications,‎ 1990 (ISBN 0-901-34224-6), p. 73
  4. [Stanislaw Mikolajczyk The Pattern of Soviet Domination Sampson Low, Marston & Co 1948, Page 4]
  5. (en) Steve J. Zaloga, Poland 1939 : the birth of blitzkrieg, Oxford, Osprey,‎ 2002 (ISBN 1-841-76408-6), p. 79
  6. (en) Norman Davies, God's playground : a history of Poland in two volumes, vol. 2, Oxford, Clarendon,‎ 1981 (ISBN 0-198-21944-X), p. 437
  7. [Jozef Garlinski Poland in the Second World War, ISBN 0-333-39258-2 Page 117]
  8. [Stanislaw Mikolajczyk The Pattern of Soviet Domination, Sampson Low, Marston & Co 1948, Page 18]
  9. [Stanislaw Mikolajczyk The Pattern of Soviet Domination, Sampson Low, Marston & Co 1948, Page 23]
  10. (en) Tomasz Piesakowski, The fate of Poles in the USSR, 1939-1989, London, Gryf Publications,‎ 1990 (ISBN 0-901-34224-6), p. 77
  11. [Stanislaw Mikolajczyk The Pattern of Soviet Domination, Sampson Low, Marston & Co 1948, Page 19]
  12. Wladyslaw Anders, ‘’Mémoires, 1939-1946’’, La Jeune Parque, Paris, 1948