Hémorroïde

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Hémorroïdes
Classification et ressources externes
Hemorrhoid.png
Schématique démontrant l'anatomie des hémorroïdes.
CIM-10 I84
CIM-9 455
DiseasesDB 10036
MedlinePlus 000292
eMedicine med/2821  emerg/242
MeSH D006484
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Les hémorroïdes (substantif féminin), au sens premier, sont les formations artério-veineuses présentes au niveau des muqueuses et sous muqueuses de l'anus et de la partie basse du rectum. Dans l'usage courant, les hémorroïdes désignent principalement la dilatation, l'inflammation et éventuellement le saignement de ces formations.

Sommaire

Épidémiologie[modifier]

C'est une atteinte extrêmement fréquente : sa prévalence atteint près de 30 % de la population[1].

Types et symptômes[modifier]

Les hémorroïdes sont une dilatation vasculaire de la zone anale (anus et rectum) et du tissu les entourant.

Produites par des dilatations dont la grosseur est variable d’un individu à l’autre, les hémorroïdes peuvent être internes (à l’intérieur de l’anus) ou externes en fonction de leur localisation. Elles constituent des structures anatomiques normales et ne revêtent un aspect pathologique que lorsqu’elles évoluent vers une maladie hémorroïdaire.

Lorsqu'il se crée une stase importante dans ces formations vasculaires, un thrombus (caillot de sang) peut se constituer et entraîner une inflammation et des douleurs importantes et soudaines avec gêne à la défécation. Les hémorroïdes peuvent également saigner ou entraîner un prurit local (démangeaisons).

L'examen de l'anus permet de déterminer la taille et la position des hémorroïdes et permet d'éliminer d'autres causes de saignements ou de douleurs locales (fissure anale, prolapsus anal, tumeur…). Le prolapsus anal peut lui-même être à l'origine de complications hémorroïdaires. Effectivement, des hémorroïdes sorties en même temps que le prolapsus après la défécation subiront des frottements pouvant aboutir à leur inflammation puis à leur hémorragie.

En cas de saignement, chez un patient de plus de 40 ans, une autre cause doit être impérativement recherchée[1] (polype ou tumeur) par une coloscopie courte ou un colo-scanner.

Causes[modifier]

Les causes exactes des hémorroïdes sont mal connues[2]. De nombreux facteurs sont évoqués pour expliquer leur apparition (allant de la génétique à l'âge[3],[4], en passant par les éléments environnementaux).

  • Le travail dans des conditions assises est un facteur important, qu'il s'agisse d'un travail dans un véhicule (chauffeur de camion, taxi, bus…) ou derrière un bureau sur de longues durées, ne favorisant pas la circulation dans les jambes.
  • Les antécédents familiaux ne sont pas toujours une cause suffisante pour expliquer l'apparition d'hémorroïdes, cependant ils pourraient permettre de détecter un terrain favorable aux crises.
  • Une alimentation fréquemment riche en piment, l'alcool, le café fort par exemple.
  • La manipulation fréquente de charges lourdes qui induisent une pression excessive dans la cavité abdominale (les métiers physiques sont concernés, comme les déménageurs par exemple).
  • Une constipation chronique est facteur important. Les mauvaises habitudes alimentaires et le stress en sont les principales causes et ces points doivent être corrigés si l'on souhaite éviter la ré-apparition des symptômes.
  • Certaines molécules peuvent être en cause, tels des laxatifs s’ils sont utilisés sur une longue période, ou certains opiacés (médicaments ou non).
  • La grossesse et l'accouchement
  • Les activités s'accompagnant d'un blocage respiratoire, responsable d'une hyper-pression abdominale maintenue. L'une des erreurs communes étant celle de « forcer » en retenant son souffle lors d'une constipation.

Prévention[modifier]

Il s'agit de prévenir ou de lutter contre la constipation, par l'augmentation de la quantité de fibres dans l'alimentation[5] (les fibres ramollissent les selles. Les fruits frais, les légumes feuillus, les céréales et les pains de grains entiers sont d'excellentes sources de fibres. Les fibres liposolubles sont très bénéfiques pour les fonctions digestives lorsqu'elles sont associées à une prise d'eau suffisante), par une bonne hydratation (en évitant la bière et les boissons gazeuses en général) et par l'exercice physique régulier (attention : faire trop d'abdominaux peut au contraire aggraver le problème).

Si nécessaire, la prise de laxatifs permet d'augmenter le volume des selles, par exemple le son, le psyllium (par exemple Metamucil, Fibrepur, Novo-Mucilax, Prodiem (nature)) et autres (Fibyrax, Forlax). L'usage des laxatifs doit être occasionnel et ne remplace pas un bon régime alimentaire.

Certains aliments et certains médicaments peuvent déclencher les crises. Il s'agit de sensibilités individuelles, et chacun doit essayer en ce qui le concerne, de faire la corrélation entre ce qu'il a mangé la veille et l'apparition d'une crise. On peut trouver par exemple comme aliments déclenchant : l'alcool classiquement cité, mais aussi d'autres plus inattendus, en fonction des individus : fromages forts, chicorée torréfiée, café, pastilles au magnésium, certains antibiotiques, certains conservateurs, certaines épices.

Les veinotoniques sont utilisés très largement mais n'ont pas fait preuve de leur efficacité[6].

La présence de sang dans les selles, par mesure de prévention, doit faire consulter car peut être révélatrice d'une maladie autre.

Traitement curatif[modifier]

Publicité d'époque pour suppositoires anti-hémorroïdaires (1918)

En général, les hémorroïdes se soignent efficacement à l’aide de traitements symptomatiques simples qui atténuent la douleur et réduisent l’inflammation. Enfin, une attention particulière doit être accordée à l’hygiène de la région anale, sans toutefois tomber dans l’excès, le savon pouvant aussi être une cause d’irritation. Toutes ces mesures permettent de résoudre la crise puis d'en prévenir d'autres dans plus de la moitié des cas. Les traitements des hémorroïdes sont la plupart du temps à base de crèmes antalgiques ou anti-inflammatoires, que l'on applique avec la main (dans le cas de crise hémorroïdaire externe) ou avec un embout spécifique (dans le cas de crise interne). Des crèmes anti-hémorragiques peuvent être utilisées en complément pour arrêter les saignements. Ces traitements sont la plupart du temps efficaces, bien que ne supprimant pas totalement le problème. En effet, d'autres crises peuvent survenir dans le temps. Pour une disparition totale et définitive des crises, la consultation d'un médecin est nécessaire. Celui-ci dirigera le malade éventuellement vers un chirurgien.

Traitement classiques[modifier]

  • Les injections sclérosantes, introduites en France vers 1920 par Raoul Bensaude, provoquent la sclérose des vaisseaux hémorroïdaires grâce à l’injection d’une substance irritante (phénol à 5 %). Cette technique permet de soulager rapidement le patient mais n'a pas démontré d'efficacité supérieure par rapport à un traitement simple[7] ;
  • la photo-coagulation par infrarouges, qui agit sur les vaisseaux en fixant la muqueuse ;
  • les Ligatures élastiques provoquent par strangulation de l'hémorroïde une dévitalisation des tissus et permet éventuellement leur destruction par une autre technique (par congélation, par exemple). Il s'agit d'une technique ancienne (1963[8]), efficace[9] mais pouvant se compliquer d'une hémorragie locale, souvent peu abondante, au dixième jour.

Enfin, si la maladie hémorroïdaire est à un stade très avancé, on peut envisager une intervention chirurgicale sous anesthésie locale ou générale en fonction de l’acte à effectuer.

  • La méthode THD[10] consiste en la désartérialisation hémorroïdaire transanale sous contrôle doppler (d’où le nom de THD). C’est une technique mini-invasive puisqu'elle n’implique pas l’exérèse des tissus du canal ano-rectal et réduit au minimum la douleur postopératoire.

Concernant une hémorroïde thrombosée, quand celle-ci devient douloureuse, elle est facilement opérable. Dans la plupart des cas, avec une alimentation adaptée (toujours l'enrichissement en fibres), celle-ci disparaît par elle-même.

Phytothérapie[modifier]

Des traitements par les plantes ont été proposés :
  • Ail
  • Cyprès
  • Fragon
  • Écorce de marronnier d'Inde  : il s'agit d'un traitement classique en phytothérapie (les posologies peuvent être triplées en début de crise)
  • Myrtille
  • Pissenlit
  • Sauge : sous forme d'infusions
  • Oignon : stimulation de la circulation sanguine et ainsi diminution de la dilatation du système veineux

[réf. nécessaire]

Bibliographie[modifier]

  • Patrick Atienza, Hémorroïdes et maladie hémorroïdaire, Medi-text éd., Paris, 2004, 159 p. (ISBN 2-915400-01-6)

Notes et références[modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a et b (en) Cheson AG, Scholefield JH, Management of haemorrhoids, BMJ, 2008;336:380-383
  2. (en) GE Reese, « Haemorrhoids. », Clinical evidence, vol. 2009, 2009 Jan 29 [lien PMID] 
  3. (en) S Lorenzo-Rivero, « Hemorrhoids: diagnosis and current management », Am Surg, vol. 75, no 8, août 2009, p. 635–42 [lien PMID] 
  4. (en) O Kaidar-Person, « Hemorrhoidal disease: A comprehensive review », Journal of the American College of Surgeons, vol. 204, no 1, 2007 Jan, p. 102-17 [texte intégral, lien PMID] 
  5. (en) Alonso-Coello P, Mills E, Heels-Ansdell D et al. Fiber for the treatment of hemorrhoid complications: a systematic review and meta-analysis, Am J Gastroenterol, 2006;101:181-8
  6. (en) Alonso-Coello P, Zhou Q, Martinez-Zapata MJ et al. Meta-analysis of flavonoids for the treatment of haemorrhoids, Br J Surg, 2006;93:909-20
  7. (en) Senapati A, Nicholls RJ, A randomised trial to compare the results of injection sclerotherapy with a bulk laxative alone in the treatment of bleeding haemorrhoids, Int J Colorectal Dis, 1988;3:124-6
  8. (en) Barron J « Office ligation treatment of hemorrhoids » Dis Colon Rectum 1963;6:109-13
  9. (en) MacRae HM, McLeod RS, Comparison of hemorrhoidal treatment modalities. A meta-analysis, Dis Colon Rectum, 1995;38:687-94
  10. (en) P.P. Dal Monte, C. Tagariello, P. Giordano, E. Cudazzo, A. Shafi, M. Sarago, M. Franzini « Transanal haemorrhoidal dearterialisation: nonexcisional surgery for the treatment of haemorrhoidal disease » Tech Coloproctol. (2007) 11:333-339