Monuments représentant Otto von Bismarck

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Les monuments représentant Otto von Bismarck, principal acteur de l'unification allemande, chancelier prussien et 1er chancelier de l'Empire allemand, sont particulièrement nombreux dans le monde germanique. Cela va de simples plaques commémoratives, à des monuments comportant plusieurs statues, comme le monument national Bismarck de Berlin. Ce type de monuments est très répandu, seul les monuments en l'honneur des guerres dites d'unification : guerre des duchés de 1864, guerre austro-prussienne et la guerre franco-allemande de 1870 et ceux représentant l'empereur Guillaume Ier sont plus nombreux. Les monuments en l'honneur de Bismarck sont des signes visibles du véritable culte qui a entouré le chancelier pendant la période de l'empire allemand.

Première statue de Bismarck, érigée en 1877 à Hausen près de Bad Kissingen
Statue de Bismarck à Hambourg de 1906, elle est haute de 14,8 m et 34,3 m avec son socle

Histoire[modifier | modifier le code]

Monuments construits avant 1871[modifier | modifier le code]

Première « Tour Bismarck » érigée en 1869 à Ober-Johnsdorf (de nos jour Janówek)

Des monuments en l'honneur du chancelier ont été érigés avant la formation de l'empire allemand. Le premier est un obélisque de 12 m de haut à Gross-Peterwitz en Silésie en 1868. Un an plus tard, suit une tour à Ober-Johnsdorf, toujours dans la même région. Ces monuments sont le fruit d'initiatives privées.

Monuments construits entre 1871 et 1890[modifier | modifier le code]

Bismarck, Roon et Moltke à Hohenlockstedt
Monument à Pangani en Afrique orientale allemande de 1906

Peu de temps après l'unification de l'Allemagne en 1871, commencent à fleurir les monuments de Bismarck. Il n'est en général pas seul, les autres protagonistes des guerres de 1866, de la 1870 et de l'unification que sont Guillaume Ier, le le prince Frédéric, Helmuth Karl Bernhard von Moltke et Albrecht von Roon lui sont souvent associés.

Les premières représentations du chancelier apparaissent à partir de 1877, avec la colonne de Canossa à Bad Harzburg et la première statue à Bad Kissingen. On réalise à l'époque des bustes et des statues de bronze du chancelier en uniforme de cuirassier, placée sur des socles de pierre massif symbolisant sa supériorité. Un exemple se trouve à Cologne avec une statue datant de 1879. Ces statues se trouvent le plus souvent sur la place principale des villes. Par ailleurs, plus de 30 fontaines én l'honneur de Bismarck sont construites. Des monuments de la sorte sont construits sur tous les continents : dans les colonies allemande surtout, mais aussi dans les pays à forte immigration allemande comme les États-Unis ou le Brésil.

Monuments construit entre 1890 et 1898[modifier | modifier le code]

Après le retrait de Bismarck de ses fonctions de chancelier en 1890 se forment des comités locaux afin de construire d'autres monuments en son honneur. Leur nombre est en constante augmentation et de nouvelles formes de monuments font leurs apparitions. Certains, rare, le représente en civil, comme le monument de Leipzig, où il est en tenue de chasseur avec son chien Tyras.

Des tours de style moyenâgeuse sont également érigée sur des hauteurs à l'extérieur des villes.

Monuments construits après 1898[modifier | modifier le code]

Tour dite « Götterdämmerung »
Cage d'escalier d'un tour Bismarck de type « Götterdämmerung » à (Hildesheim)

Après sa mort en 1898, la popularité de Bismarck connait un nouveau regain et avec elle les constructions de monuments. Les formes d'expression change toutefois et Bismarck est représenté parfois équipé d'une armure moyenâgeuse à la place des ses uniformes habituels. De plus les monuments vont beaucoup plus loin dans l'architecture.

L'architecte Wilhelm Kreis réalise en 1899 pour le concours de la Deutsche Studentenschaft des croquis pour la construction de Götterdämmerung. Ces sortes de flambeau géant lui permettent de remporter la compétition. Un brûlot peut être allumer au sommet de la tour pour les jours de commémoration du chancelier. Les 47 tours de ce type construites jusqu'en 1911 forment ainsi un réseau en Allemagne rendant l'événement particulièrement remarquable. Viennent s'ajouter à ces Götterdämmerung d'autres tours Bismarck s'étant également équipées de brûlot portant le total à 167 tours illuminées. Toutefois l'approbation n'est pas générale et certaines villes refusent de construire une telle tour. Un autre problème vient du fait que le jour de commémoration ne fait consensus, le 1er avril, date de naissance du chancelier, se trouvant pendant les vacances. Toutes ces tours sont principalement financés par des initiatives privées. Les matériaux de constructions utilisés sont toujours locaux, du grès ou du granit par exemple. Au total ce sont 240 tours Bismarck qui sont érigées.

Un sommum doit être atteint avec la construction du monument national Bismarck sur la colline Elisenhöhe de Bingerbrück. Sa planification a commencé en 1907, l'appel d'offre a eu lieu en 1910 et il doit être finalement inauguré le 1er avril 1915[1]. Toutefois la manière dont a été menée la procédure d'appel d'offre fait débat et le déclenchement de la guerre met fin définitivement au projet[2].

De nombreux monuments ont été détruits lors de la Seconde Guerre mondiale ou lors des changements de régime qui ont suivi. Certaines statues ont été fondues pour l'armement, d'autres détruites lors des bombardements et enfin d'autres retirées après 1945. De nombreuses opérations de restauration ont par la suite lieu et sont souvent menées par des associations locales de défense du patrimoine.

Exemple[modifier | modifier le code]

Monuments conservés[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative à Itzehoe
Monument national Bismarck de Berlin
Monument dans le jardin Kammerbusch de Langerwehe

Monuments détruits[modifier | modifier le code]

Hesse[modifier | modifier le code]

Mecklembourg-Poméranie-Occidentale[modifier | modifier le code]

Rhénanie-du-Nord-Westphalie[modifier | modifier le code]

  • Altena - Statue de bronze inaugurée le 1 dans la Lüdenscheider Straße, financée par Gustav Selve, sculpté par Arnold Künne. Elle est démontée lors de la guerre.
  • Dortmund – de Wilhelm Wandschneider, inaugurée en 1903, démontée lors de la guerre puis coulée à la fin des années 1950.
  • Essen
  • Cologne – Monument de 1879 sur l'Augustinerplatz, volée après 1945.
  • Vlotho
  • Wuppertal, Quartier d'Elberfeld, statue de 1898 de Ludwig Brunow, démontée et fondue en 1942
  • Herdecke - Monument érigé en 1902 sur des esquisses du professeur Reusch de Königsberg et financée par une initiative privée. Le buste est récupéré pendant la Seconde Guerre mondiale pour faire des stocks de métal. Le socle de la statue est enlevé en 1946 et la rue où elle se trouvait, alors appelée Bismarckstraße (rue Bismarck), est renommée Goethestraße (rue Goethe).

Saxe[modifier | modifier le code]

Ancien monument dans le Johannapark de Leipzig, avec son chien Tyras II
  • Dresde – Monument de Robert Diez, inauguré en 1903, détruit en 1946, fondu en 1947.
  • Freiberg, dynamité en 1948
  • Leipzig – Statue de Bismarck habillé en chasseur avec son chien Tyras II. Une figure placée à côté le symbolise comme forgeron de l'unité allemande a été réalisé par Adolf Lehnert et Josef Mágr. Elle se trouvait depuis 1897 au sud du Johannapark et a été enlevée en 1946[13].
  • Sebnitz – Monument en bronze de Victor Seifert, inauguré en 1903 ; détruit en 1946.

Saxe-Anhalt[modifier | modifier le code]

  • Wernigerode – Statue grandeur nature détruit en 1953.

Schleswig-Holstein[modifier | modifier le code]

  • Flensburg – Fontaine sur le Südermarkt (marché sud), inaugurée le 1er avril 1903 et démontée en 1937.

Thuringe[modifier | modifier le code]

  • Arnstadt - Fontaine sur la Marktplatz, construite en 1909 sur des plans de Georg Wrba. Endommagée lors de la Seconde Guerre mondiale par les bombardements aériens. Restaurée par une initiative privée en 2006. Elle se trouve en 2010 au Lagerhalle de la ville.
  • Eisenach - Monument dans le parc municipal, enlevé après la Seconde Guerre mondiale.

Pologne[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Reinhard Alings et B. Sösemann, Medium Denkmal - zum Verhältnis von Nation und Staat im deutschen Kaiserreich 1871-1918, t. 4, Berlin /New York, Beiträge zur Kommunikationsgeschichte,‎ 1996, « Monument und Nation. Das Bild vom Nationalstaat »
  • (de) Thomas Gräfe, Der Bismarck- Mythos in der politischen Kultur des Wilhelminischen Kaiserreichs, Munich,‎ 2002 (ISBN 978-3-11-014985-2)
  • (de) Werner Greiling, Der Bismarckturm. Bürgerschaftliches Engagement und nationale Denkmalkultur, Hain, Weimar et Iéna,‎ 2003 (ISBN 3-89807-045-X)
  • (de) Hans- Walter Hedinger, Ekkehard Mai et Stephan Waetzoldt, Kunstverwaltung, Bau- und Denkmal- Politik im Kaiserreich, Berlin,‎ 1981, « Bismarck- Denkmäler und Bismarck- Verehrung », p. 277-314
  • (de) Kai Krauskopf, Bismarckdenkmäler – ein bizarrer Aufbruch in die Moderne, Hambourg,‎ 2002 (ISBN 3-935549-33-4)
  • (de) Andreas Leutzsch et Andreas Leutzsch, Nomaden, Interdisziplinäre Wanderungen, Bielefeld, transcript Verlag,‎ 2003 (ISBN 978-3-89942-111-8), « Bismarck? von dem haben wir Korn, und der ist gut », p. 64-88
  • (de) Michael C.Q. McGuire, Bismarck in Walhalla. The cult of Bismarck and the politics of national identity in Imperial Germany 1890-1915, Ann Arbor,‎ 1993
  • (de) Dirk Reinartz et Christian Graf von Krockow, Bismarck: Vom Verrat der Denkmäler, Göttingen, Steidl-Verlag,‎ 1998 (ISBN 3-88243-175-X)
  • (de) Sieglinde Seele et Günter Kloss, Bismarck-Türme und Bismarck-Säulen. Eine Bestandsaufnahme, Petersberg, Michael Imhof Verlag,‎ 1997 (ISBN 3-932526-10-4)
  • (de) Sieglinde Seele, Lexikon der Bismarck-Denkmäler, Petersberg, Michael Imhof Verlag,‎ 2005 (ISBN 3-86568-019-4)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Max Schmid, Hundert Entwürfe aus dem Wettbewerb für das Bismarck-National-Denkmal auf der Elisenhöhe bei Bingerbrück-Bingen., Düsseldorf,‎ 1911 (lire en ligne)
  2. (de) Max Dessoir et Hermann Muthesius, Das Bismarck-Nationaldenkmal. Eine Erörterung des Wettbewerbes, Iéna, Eugen Diederichs,‎ 1912
  3. (de) « Statue de Bad Bentheim » (consulté le 27 novembre 2011)
  4. (de) « Statue de Bad Pyrmont » (consulté le 27 novembre 2011)
  5. (de) « Statue de Bielefeld » (consulté le 27 novembre 2011)
  6. (de) « Statue proche de l'Hermannsdenkmal » (consulté le 27 novembre 2011)
  7. (de) « Statue d'Eberbach » (consulté le 28 novembre 2011)
  8. (de) « Statue d'Hambourg-Altstadt » (consulté le 28 novembre 2011)
  9. (de) « Buste de Hannoversch Münden » (consulté le 29 novembre 2011)
  10. (de) « Pierre à Lienen » (consulté le 29 novembre 2011)
  11. (de) « Relief à Munich » (consulté le 29 novembre 2011)
  12. (de) « Statue à Norden » (consulté le 29 novembre 2011)
  13. (de) « Lexique de Leipzig » (consulté le 29 novembre 2011)
  14. (de) Sieglinde Seele, Lexikon der Bismarck-Denkmäler, Petersberg, Michael Imhof Verlag,‎ 2005, p. 300