Mohamed Fadhel Ben Achour

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Portrait de Mohamed Fadhel Ben Achour

Mohamed Fadhel Ben Achour (محمد الفاضل بن عاشور), né le 16 octobre 1909[1] à La Marsa et décédé le 20 avril 1970[2], est un théologien, écrivain, syndicaliste, patriote et intellectuel tunisien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Né le 16 octobre 1909, dans une famille de lettrés, de magistrats et de hauts fonctionnaires de la haute bourgeoisie tunisoise, il commence à apprendre le Coran et l'arabe dès l'âge de trois ans. Il apprend également le français à l'âge de neuf ans[3]. Il fait son entrée en 1922 à la Zitouna où il est directement inscrit en deuxième année. En 1928, il obtient le premier diplôme zitounien de fin d'études secondaires, alors appelé tatoui. En 1931, il s'inscrit à la faculté des lettres d'Alger en tant qu'auditeur libre. Il gravite ensuite rapidement les différents grades des enseignants zitouniens : il réussit en 1932 le concours des enseignants de deuxième degré et, en 1935, le concours des enseignants du premier degré.

Figure réformatrice[modifier | modifier le code]

Plus tard, le cheikh Ben Achour devient directeur de la Khaldounia puis de l'Institut des recherches islamiques, annexé à la Khaldounia, et enfin membre de l'Association de la langue arabe au Caire[3]. À la même époque que Tahar Haddad, il publie une fatwa, fruit d'un ijtihad personnel[4]. Habib Bourguiba écrit à Salah Ben Youssef en mai 1951 à propos de Ben Achour :

« Le problème zitounien est en train d'évoluer dans une direction dangereuse. La question de Tahar Ben Achour, de Fadhel Ben Achour, de la Grande mosquée me donne des soucis […] C'est pourquoi, j'ai essayé de neutraliser, voire de conquérir Fadhel Ben Achour, en vue de priver le clan religieux de la seule tête pensante et agissante qu'il possède en Tunisie[5]. »

Successivement mufti malékite en 1953 puis cadi auprès du tribunal du Charaâ en 1956, il entre à l'indépendance dans la magistrature au nouveau poste de président puis de premier président de chambre à la Cour de cassation. En 1962, il est nommé par le président Bourguiba comme premier mufti de la République, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort, alors qu'en 1961 il devient doyen de la faculté de la charia et de théologie, nouvelle dénomination de l'Université Zitouna[4].

Défense du Code du statut personnel[modifier | modifier le code]

Il est l'un des seuls tunisiens religieux qui a défendu les dispositions du Code du statut personnel (CSP)[6] car elles constituent des interprétations éventuelles de l'islam[7]. Il définit le CSP comme étant « un impératif des temps modernes […] mais toujours conforme aux textes fondateurs de l'islam »[7].

Hommages[modifier | modifier le code]

La Tunisie célèbre en décembre 2009 le centenaire de Ben Achour en organisant des conférences et des séminaires pour retracer sa vie d'homme de culture et de militant de la cause nationale. Un livre de référence, intitulé Le cheikh Mohamed Fadhel Ben Achour : homme de pensée, d'action et de réforme (الشيخ محمد الفاضل ابن عاشور. رجل الفكر والعمل والإصلاح) est publié à cette occasion par Abou Zayan Essaadi aux éditions Al Houriya.

L'école préparatoire Fadhel Ben Achour a été nommée ainsi en son honneur[3].

Famille[modifier | modifier le code]

Mohamed Fadhel Ben Achour est le descendant d'une famille andalouse qui s'est ensuite installée à Salé (Maroc). L'un de ses membres, M'hammed, s'installe à Tunis en 1649-1650 (1060 de l'hégire) et y fonde une famille ; la lignée s'établit comme suit : Abdelkader, Mohamed Tahar (1815-1868), Mohamed, Mohamed Tahar et Mohamed Fadhel. Elle se fait connaître par ses érudits en théologie et en lettres arabes.

Mohamed Fadhel a deux sœurs, Safia et Oum Hani, et trois frères, Mourtadha, Abdelmalek et Zine El Abidine. Il épouse Sabiha Djaïet, la fille du cheikh Mohamed Aziz Djaïet, en 1938.

Le couple a six enfants dont deux garçons, Yadh et Rafâa, et quatre filles : Hela (professeur de philosophie), Raoudha, Rabaâ (universitaire) et Sana (universitaire et juriste). Yadh, juriste et professeur à la faculté des sciences juridiques de Tunis, est l'auteur de Politique, religion et droit dans le monde arabe paru en 1992[7],[8]. Rafâa Ben Achour est un juriste et universitaire qui a occupé le poste de président de l'Université des sciences, des techniques et de médecine de Tunis, celui de secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale chargé de l'innovation pédagogique et celui de ministre délégué auprès du Premier ministre Béji Caïd Essebsi.

Publications[modifier | modifier le code]

  • (ar) Le mouvement littéraire et intellectuel en Tunisie au XIVe siècle de l'hégire (XIXe-XXe siècles) (الحركة الأدبية والفكرية بتونس), éd. Ligue arabe, Le Caire, 1956
  • (ar) Les auteurs de la pensée islamique au Maghreb arabe (أعلام الفكر الإسلامي بالمغرب العربي), éd. Librairie Ennajah, Tunis, 1965
  • (ar) L'exégèse coranique et ses auteurs (التفسير ورجاله), éd. Maison orientale des livres, Tunis, 1966
  • (ar) Les bases de la Renaissance littéraire en Tunisie (أركان النهضة الأدبية بتونس), éd. Librairie Ennajah, Tunis, 1968
  • (ar) Biographies de célébrités (تراجم الأعلام), éd. Maison tunisienne de l'édition, Tunis, 1970
  • (ar) Le livre de Afaal (كتاب أفعل), éd. Ben Abdallah, Tunis, 1972
  • (ar) Conférences marocaines (المحاضرات المغربيات), éd. Maison tunisienne de l'édition, Tunis, 1974
  • (ar) Éclairs de pensée (ومضات فكر), deux tomes, éd. Maison arabe du livre, Tunis, 1982
  • (ar) Conférences (محاضرات), éd. Centre de publication universitaire, Tunis, 1998

Références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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