Martin Walser

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Martin Walser, 2008

Martin Walser (né le à Wasserburg) est un écrivain allemand. Il est connu par sa description des conflits intérieurs du anti-héros. Il passe, au même titre que Günter Grass et Heinrich Böll pour l'un des grands romanciers allemands d’après-guerre. Il s’affirme comme le maître de la description des microcosmes petits-bourgeois, dont il est lui-même issu.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses parents s'occupaient d'une auberge à Wasserburg. Le milieu de son enfance est décrit dans le roman Ein springender Brunnen.

De 1938 à 1943 il va à l'école à Lindau et est enrôlé comme aide à la défense anti-aérienne.

Selon des documents du fichier central du parti nazi, il aurait adhéré à ce dernier le 30 janvier 1944[1].

Il vit la fin de la guerre comme soldat dans la Wehrmacht. Après la guerre il passe le baccalauréat à Lindau puis étudie la littérature, l'histoire et la philosophie à Ratisbonne et Tübingen.

Il obtient en 1950 un doctorat (promotion Friedrich Beißner) avec une thèse sur Franz Kafka ("Beschreibung einer Form") (ISBN 3-518-38391-4).

Pendant ses études il travaille comme reporter pour la SDR et écrit des Hörspiele (pièces radiophoniques). En 1950, il épouse Katharina "Käthe" Neuner-Jehle, avec qui il a quatre filles : Franziska, Alissa, Johanna et Theresia À partir de 1953 Walser est régulièrement invité aux réunions du Groupe 47 qui le distingue en 1955 pour le récit "Templones Ende".

Son premier roman Ehen in Philippsburg paraît en 1957 et connaît un grand succès. À partir de ce moment, Walser vit de sa plume avec sa famille près du Bodensee.

Dans les années 1960, Walser se prononce comme beaucoup d'autres intellectuels allemands pour le vote en faveur de Willy Brandt au poste de Chancelier fédéral. Il s'engage contre la guerre du Viêt Nam et est dans les années 1970 sympathisant du Parti communiste allemand (DKP) dont il ne sera cependant jamais membre.

Sa mise à l'écart par les intellectuels de gauche, alors même que Walser a longtemps été considéré comme un des leurs, devient protestation véhémente, lorsque, à l'occasion de la remise du Prix de la paix des libraires allemands le 11 octobre 1998 dans l'église Saint-Paul de Frankfort il prononce un discours dans lequel il rejette l'"instrumentalisation de l'Holocauste". Selon lui le temps est venu de "tourner la page d’Auschwitz".

Les explications orales compliquées de Walser peuvent être interprétées ainsi : il se sent profondément touché par les crimes nazis. Selon lui, la répétition constante des représentations banalise la dimension de ces crimes.

C'est pourquoi il s'oppose à la "remise à neuf" répétée des camps de concentration. Dans un débat particulièrement animé, Ignatz Bubis réplique à ces critiques qu'elles ouvrent la voie à la banalisation voire au négationnisme des crimes nazis puisque les véritables révisionnistes, qui se focalisent sur ce thème explosif, pourraient désormais s'appuyer sur lui. Walser leur répond qu'il ne s'attendait pas à une instrumentalisation politique de son opinion personnelle et qu'il n'avait exprimé que de sentiments par essence subjectifs. Il ajoute que si tout est interprété à l'aune de l'Holocauste, l'écriture n'est plus qu'"un slalom au milieu du politiquement correct".

En 2002, dans "Mort d'un critique", Martin Walser s'attaque violemment au critique littéraire le plus puissant d'Allemagne, Marcel Reich-Ranicki, juif rescapé du ghetto de Varsovie. Il s'ensuit un scandale où se mêlent accusations d'antisémitisme, une guerre entre journaux et un bras de fer entre deux personnalités.

Un écrivain, à plus forte raison membre du parti nazi, a-t-il le droit de s'attaquer au critique le plus célèbre d'Allemagne, ancien chef de la section culturelle du plus prestigieux quotidien, animateur d'une émission littéraire à la télévision, juif rescapé du ghetto de Varsovie, allemand depuis un demi-siècle ? Dès sa sortie, le roman défraie la chronique. Il ne se passe pas un jour sans que les pages culturelles des journaux prennent position, pour ou contre le livre. Sans même d'ailleurs qu'il ait été lu puisqu'il existait seulement quelques exemplaires des épreuves.

Martin Walser s'est-il laissé aller à utiliser des clichés antisémites en mettant en scène, sous le nom transparent d'André Ehrl-König, Marcel Reich-Ranicki ? Oui, a répondu sans hésitation Frank Schirrmacher, chef de la section culturelle de la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), qui a déclenché la polémique. Le 29 mai - alors que la sortie du livre n'était prévue que pour la fin août - Frank Schirrmacher envoie une lettre ouverte à Martin Walser pour l'avertir que contrairement à la tradition, ce livre ne sera pas publié en feuilleton dans la FAZ, à cause de ses "clichés antisémites" : "Ce roman est une exécution, un règlement de comptes, un document de haine", écrit-il.

Commence alors une bataille d'Hernani à l'allemande. Le FAZ multiplie les témoignages de soutien à Marcel Reich-Ranicki, prédécesseur de Schirrmacher au FAZ. Le quotidien concurrent, le Süddeutsche Zeitung de Munich, fait corps derrière Walser. Pour des raisons honorables - les journalistes de ce journal libéral ne décèlent aucun relent d'antisémitisme dans Mort d'un critique, et pour des raisons plus prosaïques : beaucoup ont quitté peu avant le FAZ pour le Süddeutsche et se livrent à une compétition féroce.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Walser est représenté sur une fontaine de Peter Lenk à Überlingen.

Fontaine de Peter Lenk à Überlingen

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]