Ricarda Huch

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Ricarda Huch, eau-forte de Johann Lindner (1904).

Ricarda Huch (née le 18 juillet 1864 à Brunswick (Basse-Saxe); † 17 novembre 1947 à Schönberg-im-Taunus, auj. faubourg de Kronberg) est une historienne et poétesse allemande qui s'est surtout intéressée à l'histoire des périodes révolutionnaires. Elle publiait ses livres sous le pseudonyme de Richard Hugo. L’œuvre littéraire de Ricarda Huch est extrêmement variée, tant du point de vue thématique (poésie, romans, essais historiques) que stylistique. Elle débuta dans la veine poétique, écrivit ensuite de plus en plus de romans et d'essais historiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de commerçants, elle travaille pendant quelques années comme simple bibliothécaire à Zurich, ville où elle décroche en 1892 un doctorat en histoire puis enseigne à Brême. Elle connut la célébrité par une pièce de théâtre, Evoë (Berlin, 1892) et ses poèmes puis dans les années 1910, elle se consacra plus particulièrement aux histoires nationales italienne, allemande et russe. Ses romans historiques sont des biographies teintées de psychologie, comme ceux consacrés à Michel Bakounine et Federico Confalonieri. Cette œuvre en prose exerça une influence profonde sur Golo Mann.

Sa monumentale « Histoire de l'Allemagne », dont la publication s'étala de 1934 à 1947, va du Moyen Âge à la Renaissance. Ses travaux sur l'histoire du Risorgimento et l’unification italienne sous l'égide de Garibaldi lui assurèrent une réputation durable en Italie, et jusque sous le fascisme. La faveur des autorités de ce pays lui épargna la persécution des nazis, dont elle critiquait ouvertement le régime (elle avait démissionné de l'Académie prussienne des Beaux-Arts dès 1933 en signe de protestation de l'attitude du régime vis-à-vis des Juifs). Dans sa lettre de démission elle écrit: « Ce que l'actuel gouvernement prône comme valeurs nationales n'est pas ma conception de la germanité. Le centralisme, l'usage de la force, les méthodes brutales, l'opprobre jeté sur l'opposition, l'auto-glorification sont désastreux »[1]. En 1946, elle fut reçue docteur honoris causa de l’université d'Iéna.

Elle est enterrée au cimetière principal de Francfort.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Dernier Été (Der letzte Sommer, 1910), éd. Viviane Hamy. Il s'agit ici d'un roman épistolaire.
  • L'affaire Deruga (Der Fall Deruga, 1917), éd. Viviane Hamy (trad. Simone Saché) (ISBN 978-2-87858-041-9), 256 p.
  • Les romantiques allemands, Pandora, 1978-1979. 2 volumes.

Poèmes en musique[modifier | modifier le code]

Le compositeur autrichien Oskar C. Posa a mis en musique quelques-uns de ses poèmes (recueils de son opus 1 et une partie de son opus 5).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis L. Snyder Encyclopedia of the third Reich Wordsworth editions 1998 p.176 (ISBN 1-85326-684-1)

Liens externes[modifier | modifier le code]