Lucien Genin

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Lucien Génin

Naissance 9 novembre 1894
Rouen
Décès 26 août 1953 (à 58 ans)
Paris
Nationalité Française

Lucien Génin, né le 9 novembre 1894 à Rouen et mort le 26 août 1953 à Paris, est un peintre français de Montmartre et Saint-Germain-des-Prés.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un plâtrier et d'une couturière, Lucien Genin naît le 9 novembre 1894 dans le quartier de la Croix-de-Pierre à Rouen. Réformé en 1914, il suit l'enseignement de l'école des Beaux-Arts de Rouen. Ses professeurs sont Alphonse et Albert Guilloux. Dans le même atelier se trouvaient Alfred Dunet et Michel Fréchon, deux futurs noms de l'École de Rouen. Lucien Genin est talentueux et les élèves les plus heureusement doués se voient proposés à l'admission à une école parisienne. Il quitte Rouen et s’inscrit aux « Arts déco », rue de l'École-de-Médecine. Il suit les cours du soir de sculpture, composition d'architecture et mathématiques mais préférera très vite, aux rigueurs écolières, la joyeuse compagnie de ses nouveaux amis de l'Hôtel du Poirier où il s'est installé. L'un d'eux, Élisée Maclet, en instance de divorce, s'y est réfugié en automne 1919. Arrivé à Montmartre en 1912, après une galère de petits métiers, Maclet vit enfin de sa peinture. Il apprendra vite au jeune Normand toutes les ficelles du métier.

Lucien Genin a vingt-cinq ans et s’installe pour de bon à Montmartre. Il quitte l'hôtel pour se fixer au Bateau-Lavoir. Il partage sa jeunesse avec Ginette, une jeune fille perdue rencontrée là-haut. Lucien Genin travaillera pour Léon Mathot et Henri Bureau et liera amitié avec les peintres Frank Will, Gen Paul[1], Émile Boyer, Marcel Leprin... et aussi Max Jacob et Dorival.

Plus que Peintre de Paris, Genin est Peintre des Parisiens, de la dévorante passion qui agite tous ses personnages de la grande ville. Il les peint dans les ruelles de Montmartre, dînant le soir place du Tertre, chantant au Lapin Agile, en auto sur les boulevards, badauds entourant haltérophiles et chanteurs des rues ; il les suit sur les bords de Marne aux premiers rayons du soleil et dans le Midi de la France, l'été. Il est tour à tour à Nogent-sur-Marne, à Marseille et Cassis, à Cannes et à Villefranche-sur-Mer. Il est à Douarnenez en 1929 en compagnie de Pierre Colle, Giovanni Leonardi et Max Jacob. Il peint le port de Rosmeur le jour de la fête des filets bleus et expose son tableau au Salon d'automne de 1930. Dix ans déjà de peinture intelligente, composée, colorée, sensible, habile, délicate, humoristique et cocasse. Mais aussi la fin des années folles et la crise mondiale… Un tableau de Lucien Genin obtient en 1932 le prix de l'Art Institute of Chicago.

En 1936, Ginette s'en va, Lucien quitte Montmartre pour Saint-Germain-des-Prés, sa « chambre à peindre » est au 16 rue Jacques-Callot et la galerie Bernard, son nouveau marchand, est installée depuis un an au 8 de la même rue. En 1940, il se réfugie quelques mois à Marseille. En 1941, la Ville de Paris lui achète une gouache et en 1944 René Fauchois présente son exposition à la galerie Bernard. On lit dans Le Journal des arts que « ses gouaches sont prestement enlevées avec un je-ne-sais-quoi de léger, d'improvisé, mélange de fantaisie et de sûreté... » Du vrai Genin, si ce n'est, qu'en ces temps, on note maintenant que l'artiste a quelque chose de désuet.

Mais son art plaît toujours. Genin vit et vend ses gouaches dans le quartier, chez Cailac ou chez Barreiro, chez Anacréon, Léo Larguier et Maurice Rheims en possèdent.

En 1947, il part une dernière fois pour Cassis et expose à son retour à la galerie Bernard. Il ne quittera plus le quartier des Beaux-Arts. Il peint là-haut dans sa chambre des paysages rêvés sur son chevalet posé sous la fenêtre, là où Robert Doisneau le visite quelques semaines avant sa mort.

Lucien Genin sera immortalisé tel qu'il était en 1953 dans Le Vin des rues de Robert Giraud et Robert Doisneau, parus en 1955, sans un mot sur l'artiste qu'il fut. Lucien Genin meurt le 26 août 1953, il était entré la veille à l'hôpital Cochin. Amputé d'une jambe gangrenée, il ne survécut pas à l'opération. Grâce à Ginette, son corps ne fut pas inhumé dans la fosse commune. Sa sépulture est toujours au cimetière de Thiais.

Une exposition rétrospective est organisée galerie de Seine du 21 mai au 4 juin 1954.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Lambert, Claude Duneton Gen Paul: un peintre maudit parmi les siens 2007 - p. 106 : « Lucien Génin, par exemple, qui a pris pension dans le modeste Hôtel du Poirier, à côté du Bateau Lavoir, où il s'est lié avec Max Jacob… Peintre naïf et gai (...), Génin a trois raisons de suivre Gen Paul… »

Œuvre[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1944, Galerie Bernard
  • 1947, Galerie Bernard
  • 1954, Galerie de Seine
  • 1960, Galerie Aymonier (Catalogue)
  • 1990, Musée Montmartre (Catalogue)
  • 2007, Mairie de Paris, sixième arrondissement (Catalogue)

Expositions de groupes

  • 1929, Paris, Galerie Tempo
  • 1933, Rouen, Société des Artistes Normands

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • R. de Cazenave, L'information artistique, 1955
  • Collectif, De Montmartre à l’ombre de Saint-Germain, Lucien Genin, par Bertrand Willot, Jacques Dazzi, Maurice Rheims, reprise de textes de René Fauchois et Marcel Guicheteau, La vie d’artiste AWD, Paris, 1999 (ISBN 2-913639-00-3)
  • Collectif, L’Artiste l’œuvre Lucien Genin, par Bertrand Willot, Alain Buquet, Michel Denes, Paul Deramble, Laurence Dupeyron, Bernard Jarrige, Olivier Maitre Allain, Olivier Poupion, Jean Roger Ferréol, Martine Willot, La vie d’artiste AWD, Paris, 2001 (ISBN 2-913639-01-1), Résumé sur le site de l’éditeur

Liens externes[modifier | modifier le code]