Le Mystère de la chambre jaune

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Le Mystère de la chambre jaune
Image illustrative de l'article Le Mystère de la chambre jaune
Édition de la maison Pierre Lafitte

Auteur Gaston Leroux
Genre Policier
Éditeur Pierre Lafitte
Date de parution 1908
Série Rouletabille
Chronologie
Le Parfum de la dame en noir Suivant

Le Mystère de la chambre jaune est un roman policier de Gaston Leroux, paru en 1907. Il s'agit de la première aventure du jeune reporter Joseph Rouletabille.

« Leroux, qui voulait faire mieux que Conan Doyle et plus complet que Poe, a construit une intrigue à la rigueur géométrique justement admirée par Agatha Christie »[1]. Par le truchement d'Hercule Poirot, la romancière anglaise fait d'ailleurs l'éloge du roman de Gaston Leroux dans Les Pendules. Dans Trois cercueils se refermeront de l'auteur américain et grand spécialiste des énigmes de chambre close John Dickson Carr, c'est au tour du Dr Gideon Fell de rendre hommage à l'œuvre de Leroux. Mais au-delà de son intrigue, le grand succès remporté par Le Mystère de la chambre jaune tient également aux quelques éléments poétiques, voire absurdes, qui émaillent le récit et qui furent encensés par les surréalistes et par Jean Cocteau, auteur pour le roman de Leroux d'une préface en forme de dithyrambe.

Historique[modifier | modifier le code]

Publié pour la première fois en douze livraisons dans le supplément littéraire de L'Illustration du 7 septembre au 30 novembre 1907, l'œuvre est reprise en volume en 1908 chez Pierre Lafitte. Il s'agit de l'un des modèles type des romans dits d'« énigme en chambre close ».

Résumé[modifier | modifier le code]

Le jeune reporter Rouletabille, qui a le chic pour démêler les énigmes, est envoyé au Château du Glandier pour y éclaircir une aggression. Il emmène son ami l’avocat Sainclair - le narrateur de l’histoire. Le château appartient au professeur Joseph Stangerson, un physicien de renom qui y mène des expériences avec sa fille Mathilde, la victime du crime. Celle-ci a été retrouvé plus morte que vive dans la chambre peinte en jaune adjacente au laboratoire, dont la porte est fermée de l’intérieur et les volets clos.

Rouletabille parvient à être hébergé au domaine du Glandier, où l'agression a eu lieu. Une phrase énigmatique (« Le presbytère n’a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat ») lui permet d'être invité par Robert Darzac, le fiancé de la victime, à demeurer sur les lieux afin de poursuivre ses investigations. Il entre alors en compétition avec Frédéric Larsan, un habile enquêteur de la police française, qui est déjà sur place. D'abord, il s'agit d'innocenter les concierges, pourtant découverts tout habillés le soir de l'agression. Rouletabille y parvient en leur soutirant la vérité : le couple s'adonnait à la contrebande sur les terres du professeur Stangerson.

Peu après cet éclaircissement, Darzac passe une nuit à Paris. Rouletabille craint que l'agresseur ne tente de parachever ce qu'il n'a pas réussi la première fois. Il essaie de surprendre le coupable, mais alors que lui, Larsan et le Père Jacques le poursuivent dans un couloir du château, le malfaiteur se volatilise. C'est l'énigme de la « galerie inexplicable ». Après d'autres nombreux rebondissements où, notamment, l'Homme vert, le garde forestier du professeur, est assassiné, Frédéric Larsan abat ses cartes et fait inculper et arrêter Robert Darzac. Darzac ne fait rien pour se défendre, non plus que Mathilde Stangerson qui se rétablit mais ne veut rien dire. Rouletabille, qui soupçonne que Darzac a des motifs secrets pour se taire ainsi, part en voyage aux Etats-Unis pour enquêter.

Rouletabille ne donne aucun signe de vie jusqu’au procès de Darzac, qu’il interrompt spectaculairement. Après avoir réclamé un délai de plusieurs heures, le jeune reporter accuse Larsan d’être non seulement l’aggresseur mais l’identité fausse derrière laquelle se cache un bandit célèbre et présumé mort nommé Ballmeyer. Larsan a mis à profit le délai réclamé par Rouletabille - qui l'avait averti discrètement - pour déguerpir, admettant ainsi sa culpabilité. Darzac est acquitté. L'énigme de la Chambre Jaune est expliquée ainsi: Ballmeyer avait brutalisé Mathilde Stangerson dans l'après-midi mais elle avait caché les traces de l'aggression et s'était enfermée avant de sombrer dans un sommeil agité, au cours duquel elle avait heurté sa tempe contre le coin de sa table de nuit, causant la plus grave des blessures. Les disparitions ultérieures de l'aggresseur s'expliquaient naturellement par le fait qu'il était l'un des poursuivants.

Rouletabille refuse d'expliquer à la cour le fin mot de l'histoire, mais Sinclair le relate directement, plusieurs années s'étant écoulées. Mathilde Stangerson dans sa jeunesse avait été séduite par Ballmeyer, et l'avait épousé en secret, mais son mari avait été arrêté par la police peu après. Découvrant son identité véritable, et enceinte de ses œuvres, elle avait caché toute l'histoire et l'existence de son fils à son père à qui elle s'était ensuite dévouée entièrement par honte et remord. Ballmeyer, qui avait la prétention de la reconquérir et ne pouvait supporter l'annonce de ses fiançailles, avait ainsi pu la faire chanter pour exiger des entrevues.

Structure du récit[modifier | modifier le code]

Raconté à la première personne par Sinclair, un ami du héros Joseph Rouletabille, le roman construit sur une enquête policière et la recherche de la vérité.

La suite de ce roman, Le Parfum de la dame en noir, reprend en bonne partie la même galerie de personnages et sera le théâtre d'autres faits étranges et d'autres révélations.

Anecdotes littéraires[modifier | modifier le code]

Une phrase mystérieuse dans le roman « Le presbytère n’a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat » prendra rapidement pour les amateurs le statut de citation culte, tout particulièrement pour les surréalistes qui en feront un de leurs papillons.

Georges Brassens s'y réfère dans sa chanson Tempête dans un bénitier : « Le presbytère sans le latin a perdu de son charme. »

Dans le manuscrit[2] et la première édition du roman, le reporter se nomme Joseph Boitabille, âgé de 18 ans, mais un journaliste déjà surnommé ainsi porta plainte, et Gaston Leroux dut transformer le nom de son jeune héros en Rouletabille.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Joseph Joséphin, dit Rouletabille : jeune reporter
  • M. Stangerson : professeur et père de Mathilde Stangerson. Ce chercheur a d’abord travaillé sur la radiographie et s’est ensuite intéressé à la dissociation de la matière. Sa fille l'assiste dans ses travaux scientifiques.
  • Mathilde Stangerson : fille du professeur. Lorsqu’elle vivait en Amérique, elle s’est mariée à Jean Roussel et a eu un garçon, né chez sa tante et qu’elle a abandonné. Elle a 35 ans et refuse de se marier. Elle est la victime de la chambre jaune.
  • Robert Darzac : fiancé de Mathilde Stangerson. Auparavant, professeur de physique, il est accusé du crime par Larsan.
  • Sainclair : narrateur et ami de Rouletabille.
  • Frédéric Larsan : enquêteur célèbre à qui on attribue d'avoir résolu l'affaire des lingots d’or de l’Hôtel de la Monnaie et l’arrestation des forceurs de coffre du Crédit Universel.
  • M. de Marquet : juge d'instruction, c'est un noble vieillard.
  • Les Bernier : concierges des Stangerson.
  • Père Jacques : vieux serviteur de la famille Stangerson, il leur est très attaché.
  • L’homme vert : amant de Mme Mathieu et garde forestier des Stangerson.
  • Mère Agenoux : personne solitaire, un peu sorcière, qui habite une cabane au cœur de la forêt.
  • Père Mathieu : hôte de l'Auberge du donjon.
  • Mme Mathieu : épouse du père Mathieu et maîtresse de l'homme vert.

Le château du Glandier[modifier | modifier le code]

Le château du Glandier, lieu du crime, se trouve en Île-de-France. Il est situé au cœur de la forêt près de la route qui mène à Sainte-Geneviève-des-Bois et Montlhéry (p. 49 du chap. 4).

Le château est dominé par un donjon au toit pointu avec une lanterne. Dépassant les arbres de la forêt, la tour et le donjon semblent se raconter les histoires depuis Louis XIV. Le château est relié au donjon par un vieux mur (p. 50 du chap. 4).

  • Extérieur : L’auberge du donjon est une vieille masure aux poutres noircies par le temps. Sa grande porte aux armatures de bois est décorée avec des « x » et des « v », eux aussi en bois. Le toit a légèrement glissé de ses appuis comme une casquette glisse du front de son propriétaire. Au-dessus de la porte se trouve une enseigne sur laquelle est dessiné un donjon au toit pointu avec une lanterne comme le donjon du château (p. 124 et 125 du chap. 10).
  • Intérieur : La pièce est grande. Elle possède deux grandes tables de bois et une cheminée. Au-dessus de la cheminée se trouve une tablette avec des pots et cruches en grès et faïence. Sur le comptoir sont posés des bouteilles de sirop et d’alcool. Trois grandes fenêtres donnent sur la route de Sainte-Geneviève-des-Bois. Il y a également un chromo-réclame sur un des murs (p. 124 et 125 du chap. 10).
  • Le pavillon
    • Le laboratoire : C’est la plus grande pièce du pavillon. Il est carrelé et dispose de nombreuses armoires et de tables recouvertes de fioles et de pots pour les expériences. Il dispose aussi d’une grande cheminée qui sert de fourneau pour les expériences scientifiques de M. Stangerson et de sa fille, de creusets et de fours ainsi que des cornues qui ont le même rôle. Pour finir, il y a un bureau près de la porte de la chambre jaune (p. 81 et 82 du chap. 6).
    • Le vestibule : Il est carrelé et donne sur les toilettes (lavatory en anglais dans le texte) et le laboratoire. Il y a trois marches à l’entrée (p. 73 du chap. 6).
    • Les toilettes : Elles sont, comme les autres pièces, carrelées et comportent une porte vitrée (p. 79 du chap. 6).
    • La chambre jaune : Elle a un plancher et elle est recouverte d’une natte jaune qui couvre presque toute la pièce. Les murs sont de couleur safran. La chambre jaune est le lieu du crime. Dedans, il y a un lit au sommier de fer, une table ronde au milieu de la pièce, deux chaises, une table-toilette et une veilleuse sur une table de chevet (p. 87 du chap. 7).
  • Les jardins du domaine du Glandier : Le domaine du Glandier est entouré d’un grand mur de pierres. Pour y entrer il faut passer par une grille de fer. Le domaine est recouvert de chênes centenaires. Le château est entouré de douves. Près du château, sous l’ombre du donjon, se trouve la tombe de Sainte-Geneviève-des-Bois qui est décorée de myosotis. Un peu plus loin, il y a un puits qui, selon la légende, contient une eau miraculeuse et juste à côté du puits se trouve une statue de Sainte-Geneviève-des-Bois. Au pied de la statue sont déposés les chaussons ou les bonnets des enfants que l’eau du puits a sauvés. Le pavillon se situe à 300 mètres du château. Le chemin qui y mène est noir de boue, de bourbe et de feuilles mortes. Le pavillon est dans une partie du domaine appelé « La Chênaie». Celle-ci est constituée de petits bosquets qui se trouvent entre les grands chênes. Les chemins qui serpentent dans le bois sont faits de graviers. Il y a aussi un point d’eau près du pavillon. Le pavillon a les murs blancs et est entouré de fossés. (p. 50 du chap. 4, p. 57 du chap. 5, p. 70 et 71 du chap. 6).

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Nouveau Dictionnaire des œuvres de tous les temps et de tous les pays, tome IV, Paris, Bompiani/Robert Laffont, 1994, p. 4869
  2. Premier feuillet du manuscrit