La Chambre ardente (roman)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis La Chambre ardente)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chambre ardente.
La Chambre ardente
Auteur John Dickson Carr
Genre Roman policier
Version originale
Titre original The Burning Court
Éditeur original Hamish Hamilton
Langue originale Anglais
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Lieu de parution original Londres
Date de parution originale 1937
Version française
Traducteur Maurice-Bernard Endrèbe
Lieu de parution Paris
Éditeur La Maîtrise du Livre
Collection L'Empreinte-police no 23
Date de parution 4e trimestre, 1948
Nombre de pages 252

La Chambre ardenteThe Burning Court dans l'édition originale britannique — est un roman policier paru en 1937, recélant une énigme en chambre close, écrit par l'écrivain américain John Dickson Carr. Ni Gideon Fell[1], ni Henry Merrivale[2], les deux détectives récurrents de cet auteur, n'apparaissent dans ce roman.


Conditions de sa parution et réception par la critique[modifier | modifier le code]

Publié en Angleterre, puis aux États-Unis, le livre a été controversé dès sa parution, à cause de sa fin peu orthodoxe, mais aussi en raison du mélange des genres qui s'y dévoile peu à peu[3]. L'histoire se passe au XXe siècle, mais elle se réfère à l'affaire des Poisons dans la France du XVIIe siècle. Puis le mystère s'épaissit jusqu'à un dénouement jusque-là inédit dans la littérature policière. Aujourd'hui, ce livre est salué comme «le roman le plus célèbre de Dickson Carr»[4] et l'un des classiques du roman policier.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Miles Despard, le défunt
  • Mark Despard, le neveu du défunt
  • Lucy Despard, la femme de Mark Despard
  • Ogden Despard, le neveu du défunt, frère de Mark Despard et d'Edith Despard
  • Edith Despard, la nièce du défunt, sœur de Mark Despard et d'Ogden Despard
  • Edward "Ted" Stevens, attaché d'édition, et narrateur du récit
  • Marie Stevens, née Marie d'Aubray, épouse de Ted Stevens
  • Tom Parkington, le médecin et ami de Mark Despard, ex-fiancé d'Edith Despard, s'est enfui à la suite d'un avortement clandestin 10 ans auparavant
  • Joe Henderson, le concierge et jardinier des Despart
  • Althea henderson, la femme de chambre du défunt, épouse de Joe Henderson
  • Myra Corbett, l'infirmière du défunt)
  • Margaret Lightner, la femme de chambre du défunt
  • Dr Blake, le médecin du défunt
  • Capitaine Frank Brennan, policier
  • Gauden/Gaudin Cross, écrivain et criminaliste
  • Jonah Atkinson, l' entrepreneur de pompes funèbres (rôle secondaire)
  • Le professeur Warden, ami de Ted (rôle secondaire)
  • Morley, directeur littéraire (rôle secondaire)

Résumé[modifier | modifier le code]

L'action se situe à l'époque où Dickson Carr a écrit ce roman : au début des années 1930, aux États-Unis, en Pennsylvanie, près de Philadelphie.

Edward Stevens, surnommé Ted, jeune responsable littéraire de la maison d'édition Herald and Son, rentre chez lui en train, tout en repensant à la mort récente de Miles Despard, l'oncle de son patron, Mark Despard. Miles est mort d'une gastro-entérite qui l'a cloué au lit pendant plusieurs jours. Bien que cette mort soit considérée comme naturelle, on a signalé deux choses étranges à cette occasion. Une femme de ménage a affirmé avoir vu à travers une porte vitrée l'ombre d'une femme qui espionnait la chambre du malade. Elle a aussi affirmé que la femme mystérieuse semblait avoir quitté les lieux en utilisant une porte murée depuis des années. Après la mort de Miles, on a également découvert sous son oreiller un curieux morceau de ficelle où se trouvaient neuf nœuds.

Le premier mystère du roman est donc le suivant : qui a pu tuer Miles alors que sa chambre avait trois portes, toutes trois fermées ? La première porte donnait sur le couloir mais était fermée de l'intérieur ; la seconde sur la chambre de l'infirmière, absente au moment où le meurtre avait pu être commis et elle aussi fermée de l'intérieur ; la troisième sur la véranda où se trouvait la femme de chambre qui a entraperçu la « femme mystérieuse ».

Quoi qu'il en soit, Ted Stevens préfère ignorer ces événements. Il ouvre plutôt un livre qu'il rapporte chez lui pour le relire en tant qu'éditeur. L'auteur en est le grand écrivain Gauden Cross, spécialisé dans les histoires de crimes authentiques. Or c'est de cela qu'il s'agit précisément. L'ouvrage de Cross commence avec le procès et l'exécution de Marie d'Aubray, en 1681, après son jugement par le tribunal de la Chambre ardente. Stevens voit alors un portrait de cette dernière qui le fait sursauter : elle ressemble trait pour trait à sa propre épouse, Marie.

De retour chez lui, Stevens en discute avec sa femme qui essaie de le convaincre que cette image n'a aucune importance. Stevens monte se laver les mains, et quand il revient, l'image a disparu. Avant qu'il puisse comprendre ce qui s'est passé, la sonnette retentit. C'est Mark Despard accompagné d'un médecin nommé Partington ; il explique qu'il croit que son oncle a été assassiné. Il souhaite que Partington et Stevens l'aident à aller déterrer le corps, afin de faire procéder à une autopsie. Dans cette tâche, ils seront assistés par le jardinier et homme à tout faire du défunt, Joe Henderson.

Or Miles Despard est enterré dans une petite crypte, scellée avec du ciment. Tous les quatre commencent à le casser, ce qui prend du temps. Après avoir terminé, ils descendent les marches pour examiner et récupérer le corps. Ils trouvent bien le cercueil et l'ouvrent, mais il est vide ! Une recherche rapide confirme que le corps a disparu, alors que la crypte était scellée.

C'est le second mystère en chambre close du roman : sachant que le corps a été mis dans le cercueil devant témoins, puis ce cercueil transporté jusqu'à la crypte qui a été immédiatement murée, comment le cadavre a-t-il pu disparaître ?

L'inspecteur Franck Brennan de la police de Philadelphie, invité par un télégramme anonyme qui dénonce les circonstances troublantes entourant la mort de Despard, missive que chacun se défend d'avoir envoyé, arrive au milieu de l'imbroglio et amorce son enquête.

Après témoignages des uns et des autres, ses soupçons se portent sur la femme de chambre et son mari (les époux Henderson), après qu'on a constaté qu'aucune porte secrète ne se trouvait dans la chambre du mort. Les Henderson, en évoquant des fantômes, ne sont-ils pas les mieux placés pour avoir tué Miles et orienté les recherches sur une fausse piste ?

Toutefois, l'écrivain et ancien meurtrier Gauden Cross se présente à son tour à la propriété et, après avoir mené sa propre enquête, révèle aux principaux intéressés de la maison que les Henderson sont innocents : c'est une autre personne qui, aidée d'un(e) complice, a tué Miles Despard. Il résout aussi le mystère de la disparition du corps par une explication rationnelle et convaincante. Gauden Cross, à la fin de son explication, prend un verre de sherry que lui donne celui/celle qu'il a désigné comme complice de l'instigateur du meurtre, en boit une simple gorgée et meurt immédiatement, empoisonné. Le/la complice désigné(e) est arrêté(e), jugé(e) et condamné(e) à mort. L'auteur principal, pour sa part, a pris la fuite et un mandat d'arrêt a été délivré à son encontre.

On apprend dans les dernières pages du livre, dans le chapitre « Épilogue », que la vérité est peut-être tout autre…

Éditions[modifier | modifier le code]

Éditions originales en anglais
Éditions françaises

Adaptations[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Roland Lacourbe, John Dickson Carr : scribe du miracle. Inventaire d'une œuvre, Amiens, Encrage, 1997, p. 97-98.
  • Résumé sur ce blog (la fin n'est pas révélée)
  • Autre résumé sur ce blog (la fin n'est pas révélée)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le détective dont la « figure » obèse et la personnalité s'inspirent de l'écrivain britannique G. K. Chesterton, que Dickson Carr voyait comme son maître.
  2. Le détective dont la « figure » et la personnalité s'inspirent de Sir Winston Churchill, que Dickson Carr admirait, mais également de Mycroft Holmes, en hommage à Conan Doyle. Cf. Site « Polars ».
  3. « Une situation étonnante au départ, ce qui conduit à des problèmes qui ne cessent de se compliquer – alors que tout est parfaitement clair grâce à l'art de ce maître de l'intrigue… On nous donne également une explication rationnelle et possible des événements, mais l'odeur de soufre surmonte le sens donné par les faits et rend l'histoire hybride. » Barzun, Jacques, & Taylor, Wendell Hertig, A Catalogue of Crime, New York, Harper & Row, 1971 ; édition revue et augmentée, 1989. ISBN 0-06-015796-8.
  4. Roland Lacourbe, John Dickson Carr, scribe du miracle, Amiens, Encrage, 1997, p. 98