La Chambre bleue (film)

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La Chambre bleue

Réalisation Mathieu Amalric
Scénario Mathieu Amalric et Stéphanie Cléau d'après Georges Simenon
Acteurs principaux
Sociétés de production Alfama Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Film noir
Sortie 2014
Durée Soixante-quinze minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Chambre bleue est un film français réalisé par Mathieu Amalric et sorti le 16 mai 2014. Il s'agit d'une adaptation du roman La Chambre bleue (1964) de Georges Simenon. Le film a été sélectionné au Festival de Cannes 2014 dans la section « Un Certain Regard ».

Synopsis[modifier | modifier le code]

Mathieu Amalric et Léa Drucker en mai 2013 Mathieu Amalric et Léa Drucker en mai 2013

Julien Gahyde, incarcéré et interrogé dans le cadre de l'enquête judiciaire sur la mort suspecte de son épouse Delphine, évoque sa courte relation adultère avec Esther Despierre, une amie d'enfance que la vie a remise sur son chemin, et à laquelle, dans une réponse trop empreinte de légèreté, il a déclaré un « amour » et sa possibilité de « vivre avec elle ».

Distribution[modifier | modifier le code]

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Projet et réalisation du film[modifier | modifier le code]

Écriture du scénario[modifier | modifier le code]

Georges Simenon en 1963.

Alors que depuis 2012 Mathieu Amalric travaille à l'écriture d'une nouvelle adaptation cinématographique du roman de Stendhal Le Rouge et le Noir, l'ambition du projet entraine des délais de préproduction. Le producteur Paulo Branco demande en avril 2013 à Mathieu Amalric de se lancer de manière « simple, rapide, dans l'esprit d'une vraie série B[2] » dans la réalisation d'un autre film, avec l'adaptation d'un autre roman, La Chambre bleue (1964) de Georges Simenon, dont Branco et Amalric ont obtenu les droits[2]. L'adaptation de ce roman noir sentimental — auquel le réalisateur est depuis longtemps attaché et qu'il déclare être l'un de ses romans préférés[3],[4],[5] —, initiée depuis février[6], est faite en collaboration avec la metteuse en scène (et compagne d'Amalric) Stéphanie Cléau durant la période du festival de Cannes où Mathieu Amalric vient présenter deux films en compétition[7]. Tous deux s'attachent en particulier à transcrire dans le scénario du film les deux temps s'opposant dans le roman, l'interrogatoire judiciaire et la réalité rétrospective des faits, tout en mettant en avant le rapport aux « sensations » qui sont au centre de l'écriture de Simenon, qu'elles soient de nature visuelles, olfactives ou liées aux sons[4],[6].

Contrairement au roman qui se déroulait dans les années 1960, le scénario du film place l'histoire dans le présent[8] notamment pour simplifier la réalisation du projet et ne pas avoir à travailler sur la recherche d'éléments de décors et matériels nécessaires à une reconstitution historique. De la même manière, les noms des personnages sont changés et adaptés à une période contemporaine. Pour les auteurs, le réalisme des auditions du prévenu par le juge d'instruction ainsi que la dynamique qui existe entre ce dernier et son greffier ont revêtus une importance majeure. Mathieu Amalric a pour cela obtenu de nombreux conseils du juge du tribunal de Bobigny Philippe Salomon et de sa greffière pour transposer au mieux le déroulement de ces entretiens[9] et a souhaité intégrer au film différents professionnels d'une cour d'assises[6].

Tournage et montage[modifier | modifier le code]

Le tournage est entrepris volontairement sans attendre les financements traditionnels (coproduction, aide des commissions de financement, droits télévisuels[1]) du cinéma français avec une équipe (d'environ quinze personnes[10]) et un budget réduits (de l'ordre de deux millions d'euros et grâce à la prévente du projet lors du Marché du film de Cannes lors de la 66e édition du festival) ainsi qu'avec Mathieu Amalric dans la distribution[11]. Les producteurs obtiennent également une aide de 100 000 euros de la région des Pays de la Loire ainsi qu'un soutien financier du Bureau d'accueil des tournages de la région[6]. S'étendant, au départ, sur une durée prévisionnelle totale de seulement trois à quatre semaines[7],[12] et pratiqué volontairement avec un fort degré de spontanéité afin de chercher « une espèce d'inconscience[4] », les premières scènes sont tournées les 15 et 16 juillet aux Sables-d'Olonne — dans six ou sept lieux différents de la ville après des repérages effectués en mai[13] : dont l'île Penotte, la plage, le remblai et le phare, l'hôtel des Roches-Noires où séjourna Simenon durant l'été 1944[14] et l'équipe du film durant le tournage dans la ville[12],[4] —, puis à La Flèche (figurant le Saint-Justin-du-Loup du roman) et ses environs dans la Sarthe à partir du 22 juillet[15],[10], ainsi qu'à Luché-Pringé[4].

Le palais de justice de Baugé où fut tournée une partie du film.

La deuxième période de tournage est menée en novembre[10] avec la réalisation des scènes de d'enquête et de procès filmées pour partie au Tribunal de grande instance de Bobigny du 9 au 12 et dans la gendarmerie de la ville[9], dans une maison de la Croix Bâton aux Lucs-sur-Boulogne du 18 au 21[8], à nouveau à La Flèche du 22 au 24[16], puis au palais de justice de Baugé-en-Anjou du 28 au 30 novembre[17]. Cette dernière partie de tournage à Baugé s'est faite avec des figurants de la région invités à participer aux scènes de procès mais surtout avec une réelle cour d'assise (avocats à la Cour, avocat général, président et huissier dans leurs propres rôles) ainsi que de vrais journalistes locaux chargés de traquer les inculpés[5],[6]. Le choix du palais de justice de Baugé revêt également un aspect symbolique, qui s'est imposé à Mathieu Amalric au moment des repérages, avec la présence dans la salle d'audience d'une tapisserie bleue parsemée d'abeilles, évoquant tout à la fois une autre interprétation du titre de l'œuvre et la chambre adultère des amants dans laquelle une abeille — dans le roman il s'agit d'une mouche[18] — se pose sur le ventre de la femme[6].

Au total le tournage, effectué en deux périodes distinctes pour figurer les deux saisons du film, dure vingt-neuf jours[8] et se termine le 7 décembre 2013[5].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Nominations et sélections[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le comité de sélection des projets d'Arte France Cinéma ne se prononcera que le 19 septembre 2013, soit deux mois après le début du tournage, pour l'attribution d'un budget de coproduction au film ; voir ARTE France Cinéma coproduit les films de Lucie Borleteau, Mathieu Amalric, Bertrand Bonello et Louis Garrel par Olivier Père pour Arte, le 20 septembre 2013.
  2. a et b Mathieu Amalric adapte « La Chambre bleue » de Simenon dans Les Inrockuptibles du 29 avril 2013.
  3. Mathieu Amalric parle de Tournée (à 30'45"), entretien avec Philippe Piazzo en octobre 2010 pour Univers-ciné.
  4. a, b, c, d et e Amalric adapte Simenon comme il écrivait : vite par Inès Tayeb dans Ouest-France du 21 juillet 2013.
  5. a, b et c Mathieu Amalric termine « La Chambre Bleue » sur le site de la Fédération des radios associatives en Pays de Loire le 10 décembre 2013.
  6. a, b, c, d, e et f Mathieu Amalric choisit les Pays de la Loire pour adapter Simenon sur le site du Conseil régional des Pays de la Loire le 16 décembre 2013.
  7. a et b Mathieu Amalric fait sa psychanalyse face caméra entretien vidéo avec Mathieu Amalric par Laurent Rigoulet et Jean-Baptiste Roch dans Télérama le 19 mai 2013.
  8. a, b et c Amalric tourne La chambre bleue aux Lucs par Marc Lambrechts dans Ouest-France du 18 novembre 2013.
  9. a et b L’acteur Mathieu Amalric au tribunal dans Le Parisien du 13 novembre 2013.
  10. a, b et c Mathieu Amalric adapte Georges Simenon dans Le Maine libre du 21 juillet 2013.
  11. La chambre bleue de Mathieu Amalric pour Alfama Films par Fabien Lemercier sur Cineuropa le 29 avril 2013.
  12. a et b Mathieu Amalric tourne en immersion aux Sables dans Ouest-France du 16 juillet 2013.
  13. Mathieu Amalric va tourner un Simenon aux Sables-d’Olonne dans Ouest-France du 9 juillet 2013.
  14. Chronologie du volume Pedigree et autres romans, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2009, (ISBN 978-2-07-011798-7), p. XXXI.
  15. Mathieu Amalric va tourner son prochain film à La Flèche dans Le Maine libre du 11 juillet 2013.
  16. Mathieu Amalric de retour à La Flèche dans Ouest-France du 22 novembre 2013.
  17. Mathieu Amalric recherche des figurants dans Ouest-France le 22 octobre 2013.
  18. La Chambre bleue, Georges Simenon, éditions Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, volume Pedigree et autres romans, 2009 (ISBN 978-2-07-011798-7), p. 1335.

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]