Paulo Branco

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Paulo Branco

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Paulo Branco

Naissance 3 juin 1950
Lisbonne
Nationalité Drapeau du Portugal Portugal
Profession Producteur

Paulo Branco est un producteur indépendant né le 3 juin 1950 à Lisbonne. Figure internationale du cinéma d’auteur, Paulo Branco a travaillé avec les cinéastes les plus réputés au monde, et a découvert un nombre impressionnant de jeunes réalisateurs en leur offrant leur première chance. En 30 ans de carrière, il a ainsi produit près de 300 films – du jamais-vu dans le métier faisant de lui un producteur hors-norme, aventurier de la création.  

Il a notamment produit les films de Raoul Ruiz, Manoel de Oliveira, Christophe Honoré, David Cronenberg, Philippe Garrel, Mathieu Amalric, Alain Tanner, Michel Piccoli, Chantal Akerman, Werner Schroeter, André Téchiné, Andrzej Zulawski, Danièle Dubroux, Chantal Akerman, Olivier Assayas, Sharunas Bartas, Wim Wenders, Werner Schroeter, João César Monteiro, João Botelho, Cédric Kahn, Lucas Belvaux, Valéria Bruni-Tedeschi, Mathieu Amalric, Laurence Ferreira Barbosa, Danièle Dubroux, Emmanuelle Cuau, Camille de Casabianca, Fanny Ardant etc. Il a créé et dirige des sociétés de production Les films du Passage, Gémini Films, Alfama Films en France, Madragoa Filmes, Clap Filmes et Leopardo Filmes au Portugal, ainsi que des sociétés de distribution et des salles de cinéma.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paulo Branco (à droite) et Abbas Kiarostami (à gauche) lors d'une conférence en 2010

Étudiant, Paulo Branco émigre clandestinement à Londres en 1971 pour fuir la dictature de Salazar sévissant alors au Portugal, et notamment échapper au service militaire, qui signifiait l'envoi dans les colonies. Puis, en 1973, il s'installe à Paris, sans régulariser sa situation (ville qui partage aujourd'hui sa vie avec Lisbonne). C’est là, où, sous l'influence de Frédéric Mitterrand et Serge Daney, il commence à travailler dans le cinéma, d'abord en tant que programmateur et exploitant de salles (notamment à l'Action République Paris 11e) puis comme producteur au début des années 1980. C’est ainsi qu’il crée à Paris sa propre structure de production Les films du Passage en 1983. Dés lors, entre Paris et Lisbonne, il commence à produire les plus grands auteurs : Manoel de Oliveira, João César Monteiro, João Botelho, Raul Ruiz, Wim Wenders, Alain Tanner… Sa société française fait faillite en 1987 mais il rebondit immédiatement en créant une nouvelle société de production et de distribution à Paris : Gemini Films.

Avec Gemini Films, Paulo Branco soutien la nouvelle création et produit de jeunes cinéastes tels que Christophe Honoré, Olivier Assayas, Sharunas Bartas, Cédric Kahn, Lucas Belvaux, Valéria Bruni-Tedeschi, Mathieu Amalric, Laurence Ferreira Barbosa, Danièle Dubroux, Emmanuelle Cuau, Camille de Casabianca… toute en continuant à collaborer avec de grands auteurs confirmés tels que Chantal Akerman, Werner Schroeter, André Téchiné, Andrzej Zulawski, Michel Piccoli… entre beaucoup d’autres. Il entame aussi des projets avec Tarkovski, Maurice Pialat, MichelAngelo Antonioni… qui n’aboutiront finalement pas (Antonioni décède soudainement en 2007).

En 2007, après 20 ans d’activité et plus de 150 films produits, Gemini Films fait faillite. Paulo Branco crée alors Alma Films, devenu Alfama Films, société de production et de distribution de films.

Aujourd’hui, Alfama Films poursuit l’engagement et le travail de Paulo Branco pour la production cinématographique indépendante, avec des réalisateurs qu’il suit depuis longtemps, mais aussi des talents émergents, relevant toujours de nouveaux défis.  En quelques années, la société s’est constituée un catalogue de films accueillis dans les plus grands festivals : Mon âme par toi guérie de François Dupeyron au Festival de San Sebastian, Nuit de Chien de Werner Schroeter et Les lignes de Wellington de Valeria Sarmiento à la Mostra de Venise, Cosmopolis de David Cronenberg et Les Chansons d’amour de Christophe Honoré au Festival de Cannes tout comme Cendres et Sang, le premier long-métrage de Fanny Ardant, Quatre nuits avec Anna fait l’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs… Les Mystères de Lisbonne de Raúl Ruiz reçoit le Prix Louis Delluc, le Prix du Meilleur Réalisateur à San Sebastian, et a bénéficié d’un accueil mondial unique.

Paulo Branco est aussi le Président du Lisbon & Estoril Film Festival, évènement qu’il a fondé en 2007 et qui a déjà 6 éditions à son actif, accueillant de nombreux artistes internationaux tels que David Lynch, Pedro Almodóvar, Bernardo Bertolucci, Francis Ford Coppola, Juliette Binoche, Louis Garrel, Abdellatif Kechiche, Leos Carax, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Don Delillo, J.M. Coetzee, Cindy Sherman, Lou Reed, Stephen Frears, John MalkovichMatthew Barney, Paul Giamatti, Yasmina Reza, Luc Dardenne, Aleksandr Sokurov, James Gray, Elia Suleiman etc.

Renommée[modifier | modifier le code]

Paulo Branco est non seulement le producteur qui a produit le plus grand nombre de films dans sa carrière, mais c’est aussi celui qui compte le plus de films présentés au Festival de Cannes (environ une cinquantaine) dont 27 en Sélection Officielle. Ainsi en 2012, Cosmopolis de David Cronenberg était le 53e film qu’il présentait à Cannes, où il avait déjà eu 27 films en Sélection Officielle : 11 films en Compétition, 7 films Hors Compétition et 9 films à Un Certain Regard.

Paulo Branco s’est vu décerner de nombreuses récompenses dont le Prix Europa du plus grand producteur européen par le Parlement européen de Strasbourg en 1997, le Prix Raimondo-Rezzonico du Festival international du film de Locarno en 2002 décerné pour la première fois au « Meilleur producteur indépendant » ou encore le Prix d’excellence cinématographique à Taormina en 2004. Il a par ailleurs été fait Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres par la République française en 2004 et en 1998 il reçut la distinction la plus élevée de la République du Chili, le Prix Gabriela Mistral, pour sa collaboration avec Raùl Ruiz. Il a en revanche refusé toute distinction officielle venant du Portugal, marquant ainsi son opposition à la politique culturelle menée par les divers gouvernements de son pays d'origine.

Plusieurs rétrospectives des films produits par Paulo Branco ont été organisées dans le monde entier : lors du Festival du Cinéma Portugais de Tokyo en 2000, dans le cadre du cycle « Cinema by producer » au SENEF Festival de Séoul 2002, lors du Festival de Séville en 2006 ou encore avec les cycles consacrés à Paulo Branco à la Cinémathèque Espagnole en 1986 et 1997… De nombreux hommages lui ont été rendus : hommage au Golden Horse Film Festival de Taipei 2005, hommage au Festival du Jeune Cinéma de Valence 1999, Hommage au Festival de Hambourg 1997, hommage à la Viennale 1997 (premier hommage rendu à un producteur), hommage à Paulo Branco lors du Festival de Beauvais 2013…

Il a aussi  été nommé le « Plus Européen des Producteurs » par la Cinémathèque française lors de l'hommage « Bravo Branco!» en 1992.

Paulo Branco fut également juré aux Festival de Berlin (1999), à la Mostra de Venise (2005), au Festival de Rotterdam (2006), au Festival de Locarno (2011) et au Jerusalem FilmLab (2013).

Personnalité atypique du monde de la production et acteur essentiel du dynamisme du cinéma européen, il a souvent été en proie a des difficultés financières (ses sociétés Les films du passage et Gemini Films ont fait faillite), mais «dernier pirate du cinéma français », Paulo Branco est souvent pris en exemple comme « dernier spécimen d'une espèce aujourd'hui disparue ». Très critique quant à l'état de la production européenne, ses prises de position ont souvent alimenté des polémiques. Il y a notamment eu une polémique autour du film Vol spécial de Fernand Melgar à l'occasion du Festival de Locarno en 2011 où Paulo Branco était alors Président du Jury et qui qualifia le film de "fasciste" et "obscène" lors de la Cérémonie de remise des prix.

De nombreuses biographies ont été publiées sur sa personne et un documentaire produit par CineCinema a été tourné en 2005 sur Paulo Branco.

Pour son film Tournée, Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2010, Mathieu Amalric se serait inspiré de la personnalité de Paulo Branco dans l'écriture de son scénario et notamment dans la création du personnage principal, Joachim Zand.

Cultivant une passion pour la campagne et les chevaux, Paulo Branco participe régulièrement à plusieurs championnats du monde d'endurance équestre en tant que cavalier, et est sélectionneur de l'équipe d'endurance portugaise (qui, en 2006, sous son égide, rapporte des Jeux équestres mondiaux la première médaille équestre de l'histoire de la Fédération équestre portugaise). Il est aujourd'hui Vice-Président de la Fédération équestre portugaise et Commissaire à la Fédération équestre internationale.

Filmographie sélective[modifier | modifier le code]

Producteur[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Articles et Entretiens[modifier | modifier le code]

« Stratégie indépendante dans un paysage intégré » article par Serge Le Péron sur Marin Karmitz, Pascale Dauman et Paulo Branco, Cahiers du cinéma no 308, février 1980

« Le jeu de produire », entretien avec Paolo Branco par Serge Toubiana, Cahiers du cinéma no 379, janvier 1986

« L'indépendance à tout prix », entretien avec Paulo Branco par Thierry Jousse et Frédéric Strauss, Cahiers du cinéma no 464, février 1993

« Studio B comme Branco », entretien avec Paolo Branco par Serge Toubiana, Cahiers du cinéma no 535, mai 1999

« Paulo Branco, le producteur prolixe », dossier «  Trois pirates à l'assaut du tout-télé » sur Humbert Balsan, Gilles Sandoz et Paulo Branco par Anne Ballylinch, Cahiers du cinéma no 559 Été 2001

 « Paulo Branco : Le roman d'un tricheur », Les Inrocks 14/08/2002

« Produire des films c’est prendre des risques », entretien avec  Paulo Branco par Emmanuel Burdeau et Jean-Michel Frodon, Cahiers du Cinéma no 619, janvier 2007

« Paulo Branco ou l'amour du destin », par Leonor Baldaque, France Culture 13/05/2008

« L'hidalgo du cinéma indépendant remonte en selle », Le Monde 03/08/10  

« De l’audace ! »[1]- entretien avec Paulo Branco sur l’état de la production en France par Stéphane Delorme et Nicolas Azalbert, Cahiers du Cinéma no 667, Spécial Cannes, Mai 2011 

« Le producteur Paulo Branco : "Les cinéastes sont dix fois plus méchants que n'importe qui" », Télérama no 3210 23/07/2011

« Banco ! » entretien avec  Paulo Branco par Stéphane Delorme, Cahiers du cinéma no 678, mai 2012

 « Branco, le dernier pirate du cinéma français », Snatch Magazine no 17 Mai 2013

« Paulo Branco : L’homme qui a fait la nique au Festival de Cannes », Snatch hors-série Cannes 2013

« Je vous écris de Lisbonne », Carnet Nomade de Colette Fellous consacré à Paulo Branco, France Culture, 30/11/2013

Liens externes[modifier | modifier le code]