François de Closets

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
François de Closets durant le Festival du livre et de la bande dessinée de Bagnols-sur-Cèze en février 2010.

François de Closets, né à Enghien-les-Bains le 25 décembre 1933, est un journaliste et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

François de Closets est issu d'une dynastie d’ingénieurs qui a fait fortune dans la vie coloniale aux Indes[1]. Petit-fils d’un gentilhomme qui a fait faillite, fils d’un artiste-peintre dont le métier de professeur auxiliaire remplaçant ne permet pas de subvenir à sa famille de huit enfants, sa mère Antoinette, femme sévère issue de la bourgeoisie catholique, lui apprend la frugalité[2].

Il quitte la demeure familiale d'Enghien-les-Bains à 17 ans, fait des études de droit, mais zappe les cours, bachotant intensément deux mois pour obtenir ses diplômes et vit la bohème les 10 mois restants en s’adonnant à la poésie, au théâtre, au cirque amateur où il joue le rôle du clown blanc avec Francis Schoeller, devenu directeur du Cirque de Paris[1]. François de Closets rejoint l'Institut d'études politiques de Paris dont il est diplômé en 1958. Il mène en parallèle une double carrière de journaliste et d’écrivain.

Travaillant dans la presse écrite, il collabore successivement à l'Agence France-Presse, à Sciences et Avenir, à L'Express, au Nouvel Observateur, à L'Événement du jeudi. Sur le petit écran, il débute au journal télévisé. Après une interruption, suite aux évènements de 1968, il produit des émissions pendant une trentaine d’années, tantôt sur TF1, tantôt sur France 2. Spécialisé, en un premier temps, dans les questions scientifiques, il se consacre ensuite à l’économie et à la santé avant de revenir à la science. En 1970, il apparaît deux fois dans Volume animée par Marc Gilbert[3].

Comme écrivain, il a consacré une vingtaine d’essais, dont la plupart furent des best-sellers, à la société française. Il a également consacré une biographie à Albert Einstein.

En 1988, il préside la commission Efficacité de l'État dans le cadre du Commissariat général au Plan. Le rapport final, Le pari de la responsabilité, inspirera la politique du gouvernement sur le renouveau du service public.

Homme de média et polémiste, il traite en vulgarisateur de sujets divers tels que l'économie, la communication, la santé et la culture.

Le 27 février 1957, il épouse la comédienne Danièle Lebrun, avec qui il aura un fils, Serge. En 1970, il se remarie à la journaliste littéraire Janick Jossin, dont il aura deux enfants : Régis et Sophie. Cette dernière est la PDG des livres Fayard[4].

Il est membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD)[5].

Parcours journalistique[modifier | modifier le code]

Il entre comme grouillot à l'Agence France-Presse en 1961[2]. L'année suivante, il est envoyé spécial en Algérie. À son retour, il se spécialise dans l'information scientifique, activité qu’il prolonge par une collaboration régulière à Sciences et Avenir. En 1964, en allant à l'AFP rencontrer Jean-Paul Sartre, il apprend en exclusivité que celui-ci refuse le Prix Nobel de Littérature qui vient de lui être décerné. En 1965, à l’invitation d'Édouard Sablier, il quitte l'Agence France-Presse pour rejoindre la télévision. Il présente l'information scientifique au journal télévisé tout en poursuivant son travail à Sciences et Avenir.

Licencié après les évènements de mai 68, il collabore à L'Express et entame la rédaction de ses premiers livres. En 1970, il est rappelé à la télévision par Pierre Desgraupes. Dans les années suivantes, il se détourne des questions scientifiques pour se consacrer aux problèmes économiques. En 1978, il produit sur TF1, en compagnie d'Emmanuel de La Taille et Alain Weiller, le magazine économique L'Enjeu. Il publie également critiques et chroniques dans Le Nouvel Observateur puis à L'Événement du jeudi.

En 1977-1978, sur France Inter, il crée Les Scénarios du futur, émission de prospective fondée sur des nouvelles d’anticipation.

En 1987, il lance sur TF1 Médiations avec Richard Michel et Jean-Marie Perthuis. L'émission, consacrée aux problèmes de société, se veut un lieu de propositions et pas seulement de discussions. C’est ainsi que le Parlement a reculé le départ de la prescription pénale pour les crimes sexuels sur mineurs de la date des faits à la majorité de la victime après que cette mesure eut été demandée dans cette émission.

En juillet 1992, François de Closets quitte TF1 et rejoint Antenne 2 puis France 2 pour créer des émissions médicales avec Martine Allain-Regnault et scientifiques avec Roland Portiche. En 2000, il arrête la présentation de Savoir plus santé pour se consacrer uniquement aux Grandes énigmes de la science. Il quittera France 2 en 2006. Depuis lors, il intervient sur différents médias La Chaîne parlementaire, Europe 1, i>Télé, etc.

Parcours éditorial[modifier | modifier le code]

François de Closets entreprit une carrière d’écrivain en 1969 après son éviction de l’ORTF. Ses deux premiers ouvrages sont consacrés à l'aventure spatiale : L'Espace terre des hommes (Tchou) et La Lune est à vendre (Denoël) en 1969. Dans ce dernier, il annonce la fin des vols habités en direction de la Lune.

En 1970, il fait paraître son premier essai : En danger de progrès (Denoël), consacré aux risques d’un progrès incontrôlé. En 1974, il publie Le Bonheur en plus (Denoël), qui dénonce les illusions du progrès technique. Publié au lendemain du premier choc pétrolier, ce sera son premier succès de librairie. En 1977, La France et ses mensonges (Denoël), ouvre la série de ses études consacrées à la société française. Il aborde un certain nombre de dossiers « tabous », Concorde, l’alcoolisme, l'argent, etc.

En 1978 et 1979, les nouvelles d'anticipation écrites pour son émission radiophonique sont reprises dans les deux tomes des Scénarios du futur publiés chez Denoël. De son expérience télévisée, il tire en 1980 un essai : Le système EPM publié chez Grasset, plaidoyer pour une télévision qui soit, tout à la fois, populaire et de qualité.

Au printemps 1982, il publie Toujours Plus ! (Grasset), essai consacré au néocorporatisme censé ronger la société française. Le best-seller devient un fait de société : 850 000 exemplaires sont vendus en édition courante et autant en édition de poche.

En 1985, Tous Ensemble (Seuil), sous titré « Pour en finir avec la syndicratie » propose une analyse critique de notre système social. Le livre obtient le prix Aujourd'hui.

En 1990, parution de La Grande Manip (Seuil) consacré à l’instrumentalisation des grandes valeurs par le système politique.

En 1992, sortie de Tant et Plus (Grasset-Le Seuil), dans lequel il dénonce le gaspillage de l'argent public.

En 1996, il publie Le Bonheur d’apprendre (Le Seuil) consacré aux problèmes de l’éducation.

En 1998, Le Compte à Rebours (Fayard), radiographie de la crise française et des risques qu’elle comporte.

En 2000, L'imposture informatique (Fayard), coécrit avec Bruno Lussato, dénonce le monopole de Microsoft sur la micro-informatique.

En 2001, La dernière liberté (Fayard), plaidoyer pour le droit de chacun à décider de sa fin de vie.

En 2004, il publie une biographie d'Albert Einstein intitulée Ne dites pas à Dieu ce qu'il doit faire (Seuil).

En 2005, Une Vie en plus (Seuil), coécrit avec Joël de Rosnay et Jean-Louis Servan-Schreiber, est consacré aux problèmes de la longévité.

En 2006, c’est Plus Encore ! (Fayard/Plon) le nouveau Toujours Plus ! vendu à plus de 150 000 exemplaires.

En 2008, Le Divorce français (Fayard) étudie sur un certain nombre de dossiers le fossé qui se creuse entre les élites et le peuple.

En 2009, il publie aux éditions Mille et Une Nuits Zéro faute consacré à l'histoire du français et à la crise présente de l'orthographe. Livre qui soulève de nombreuses polémiques.

Principales dates[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • 1969 L'Espace Terre des hommes (Tchou) et La Lune est à vendre (Denoël), consacrés à la conquête spatiale
  • 1970 En danger de progrès (Denoël)
  • 1974 Le Bonheur en plus (Denoël)
  • 1977 La France et ses mensonges (Denoël)
  • 1978 et 1979 : Scénarios du futur (2 tomes) (Denoël)
  • 1980 Le système EPM, analyse critique de la télévision (Grasset)
  • 1982 Toujours plus (Grasset)
  • 1985 Tous ensemble (Grasset)
  • 1989 Le pari de la responsabilité (Payot)
  • 1990 La Grande Manip (Seuil)
  • 1992 Tant et plus (Grasset-Le Seuil)
  • 1996 Le bonheur d'apprendre et comment on l'assassine (Seuil)
  • 1998 Le Compte à rebours (Fayard)
  • 2000 L'imposture informatique (Fayard)
  • 2001 La Dernière Liberté (Fayard), Livre de poche, 2003 (ISBN 2-253-15598-5)
  • 2004 Ne dites pas à Dieu ce qu'il doit faire, Éditions du Seuil (ISBN 2-02-063883-5), biographie d'Albert Einstein
  • 2006 Plus encore (ISBN 2-213-62938-2)
  • 2008 Le divorce français, Fayard (ISBN 978-2-213-63632-0)
  • 2009 Zéro faute : L'orthographe, une passion française, Éditions Mille et une nuits (ISBN 2-7555-0136-7)
  • 2011 L'échéance : Français, vous n'avez encore rien vu, Éditions Fayard, avec Irène Inchauspé
  • 2012 Le Monde était à nous, Éditions Fayard, autobiographie
  • 2013 Maintenant ou jamais, Éditions Fayard (ISBN 978-2-213-67822-1)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « 10/10 en ortograf », sur liberation.fr,‎ 11 septembre 2009
  2. a et b « François de Closets : autobiographie du premier journaliste star de la télé française », sur nouvelobs.com,‎ 21 octobre 2012
  3. Volume, deuxième chaîne de l'ORTF, 26 mars 1970, 26 novembre 1970.
  4. Sophie de Closets PDG de Fayard
  5. Page « Comité d'honneur », sur le site de l'ADMD.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :