Henri Mignet

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Henri Mignet en 1935 (à gauche)
HM-8

Henri Mignet, né le à Saintes en Charente-Maritime, et mort le à Pessac en Gironde, est un concepteur d'avions français. Créateur de la formule Pou-du-ciel et initiateur du Réseau du Sport de l'Air (RSA), il est le père de l'aviation populaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1911, il commence une correspondances avec Gustav Lilienthal (le frère d'Otto). Son premier appareil est le HM-1-1 construit en 1912. C'est un planeur monoplan inspiré des appareils de Otto Lilienthal.

Entre 1914 et 1918, c'est la Première Guerre mondiale. Henri sert comme radio-téléphoniste. Il contracte la malaria en 1918 et sera démobilisé.

En 1920, il termina son premier appareil motorisé, le HM-2, qui ressemble à un Blériot. Il racontera par la suite que « tous les éléments fonctionnaient, mais jamais ensemble »...

En 1922, il réalise le HM-3, « Le dromadaire », le HM-4 parasol sans gouvernail de direction avec un moteur Anzani de 10 ch et le HM-5, planeur porté sur les épaules.

Il gagne un prix à Vauville avec le planeur HM-5 en 1924.

En 1925, il élève des poulets pour nourrir sa famille et financer le HM-6, appareil à moteur derrière le pilote préfigurant les ultra-légers modernes, et le HM-7, un hélicoptère.

Il se marie avec Annette Triou en 1926. En 1928, à partir des morceaux du HM-6, Mignet construit le HM-8, son premier appareil ayant vraiment volé et qui connaitra un succès considérable auprès des amateurs. En 1929, des HM-8 construits par des amateurs font leurs premiers vols. Mignet assiste à une levée de boucliers des constructeurs professionnels. Il encourage la construction du HM-8 mais continue ses recherches vers d’autres formules. Il publie en 1931 un livre manuscrit comportant les plans du HM-8.

Mignet milite pour la simplification du pilotage, la sécurité des aéronefs et l'aviation populaire. Les nombreux accidents d'avion causés par un décrochage suivi d'une vrille l'amènent à étudier un nouveau concept. Sa nouvelle formule (HM-13) se pilote sur deux axes, contrairement aux autres dérivant du modèle Blériot de type trois axes. Il a supprimé la gouverne de profondeur (celle qui permet de monter ou de descendre) qui, placée à l'arrière, fonctionne en déportance contrairement aux formules canard où elle est à l'avant. Il agit sur l'incidence de l'aile avant qui, couplée au manche à balai, fait monter et descendre. Il supprime également les ailerons (qui permettent de virer) en surdimensionnant la gouverne de direction. Ce nouvel avion a pour particularité de s'incliner automatiquement en virage et de ne pas pouvoir décrocher. L'aile arrière produit un effet de fente empêchant le décrochage de l'aile avant. À faible vitesse, le Pou-du-Ciel s'enfonce comme un parachute à une vitesse de l'ordre de trois mètres par seconde sur une pente de 45°.

Le , il effectue le premier vol du HM-14 (Pou-du-ciel formule définitive) construit en un mois. En 1934, il publie un livre, Le Sport de l’air, consacré au HM-14 et présente son pou du ciel au 14e Salon de l’aéronautique. En 1936, suite à plusieurs accidents, il fait des essais du Pou-du-ciel en soufflerie en France et en Grande-Bretagne et apporte des modifications aux HM-14 rendant les accidents de centrage impossibles. Grâce à lui naît une aviation populaire accessible à tous.

Il a construit d'autres modèles :

  • Premiers vols des HM-15, monoplace cabine fermée ;
  • HM-16 Pou-bébé ;
  • HM-17 Pou-bébé agrandi biplace cabine fermée ;
  • HM-18 monoplace cabine fermée ;
  • HM-19 biplace côte à côte ;
  • HM-210 version améliorée du HM-18 qui obtint un certificat de navigabilité en Angleterre.

Sa femme, Annette, est assassinée par des partisans communistes le .

En 1946, il dessine le HM-290 suivi du HM-293, dérivé du HM-280 (conçu pour l'armée) pour la construction amateur. En 1957, il fait les études du HM-360 monoplace et du HM-380 biplace.

La mort d'Henri Mignet n'a pas empêché la formule Pou-du-Ciel de survivre et d'être appréciée par les amateurs. Son œuvre a été poursuivie par son fils Pierre et son neveu Alain tant pour la construction d'appareils en usine que pour la conception d'appareils destinés à être construits par les amateurs. Si les appareils de formule Mignet sont surtout répandus en France et en Belgique, une certaine percée a néanmoins été effectuée en Grande Bretagne, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Plusieurs autres concepteurs (Émilien Croses, Gilbert Landray, Guy François, etc..) ont également continué l'œuvre d'Henri Mignet, réalisant les prototypes et diffusant les plans de Pou-du-Ciel de grande qualité.

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