Heinz Harmel

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Heinz Harmel
Image illustrative de l'article Heinz Harmel

Naissance 29 juin 1906
Metz, Reichsland Elsaß-Lothringen, Empire allemand
Décès 2 septembre 2000 (à 94 ans)
Krefeld, Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne
Origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Allégeance 1906-1919 : Drapeau d'Allemagne Allemand
1919-1933 : Drapeau d'Allemagne Allemand
1933-1945 : Drapeau d'Allemagne Allemand
1945-2000 : Drapeau d'Allemagne Allemand
Arme Schutzstaffel SS.svg Waffen-SS
Grade SS-Brigadeführer
Années de service 1926 – 1945
Conflits Seconde Guerre mondiale
Commandement 10e Panzerdivision SS Frundsberg
Faits d'armes Bataille de Normandie
Bataille d'Arnhem
Poche de Colmar
Distinctions Ritterkreuz des Eisernen Kreuzes mit Eichenlaub und Schwertern

Heinz Harmel (Metz29 juin 1906Krefeld2 septembre 2000), est un général SS allemand de la Seconde Guerre mondiale. Il a reçu la très rare Croix de chevalier de la Croix de fer, avec feuilles de chêne et glaives en 1944[note 1]. Pendant la bataille de Normandie, Heinz Harmel fut commandant de la 10e Panzerdivision SS Frundsberg avec le grade de SS-Brigadeführer[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Heinz Harmel en Russie en juin 1943

Heinz Harmel naît le 29 juin 1906, à Metz, une ville de garnison animée du Reichsland Elsaß-Lothringen[2]. Avec sa ceinture fortifiée, Metz est alors la première place forte du Reich allemand[3], constituant une pépinière de militaires d'exception[note 2]. Fils d'un médecin militaire du 67e régiment d'infanterie de Magdebourg, la carrière militaire de Heinz Harmel semble déjà tracée. Il est cependant trop jeune pour se battre pendant la Première Guerre mondiale.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Heinz Harmel se porte volontaire en 1926, s’engageant dans la 15e compagnie du 6e Régiment d'infanterie du Schleswig-Holstein à Ratzeburg. Mais la Reichswehr, dont les effectifs sont juridiquement limités à cette époque, ne lui permet pas de faire carrière. Harmel continue cependant à servir, comme Oberfeldwebel, dans la réserve[1]. Comme son compatriote Johannes Mühlenkamp, Heinz Harmel réintègre l'armée d'active dans la Waffen-SS. Le 2 octobre 1935, il est affecté dans la 1re compagnie du régiment SS "Germania", à Hambourg, avec le grade d'Oberscharführer, adjudant. Le 30 janvier 1938, après une formation pour officiers, Harmel est promu Obersturmführer, lieutenant. Après l'Anschluss, l'annexion de l'Autriche au Reich allemand en mars 1938, le lieutenant Harmel est envoyé avec le deuxième bataillon de son régiment à Klagenfurt, capitale de la Carinthie. Là, il est nommé chef de la 9e compagnie du nouveau régiment "Der Führer". Le 30 janvier 1939, le lieutenant Harmel est promu Hauptsturmführer, capitaine[1].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant le printemps 1940, le capitaine Harmel prend part avec sa compagnie aux combats en Hollande et en Flandre, où il reçoit les Croix de Fer, de seconde et de première classes, ainsi que l'insigne de combat d'infanterie. Il descend ensuite dans le sud de la France. Le 1er janvier 1941, Harmel prend la tête du deuxième bataillon motorisé du régiment SS Der Führer. En avril 1941, le capitaine Harmel prend part à la campagne de Yougoslavie. À Belgrade, Heinz Harmel est promu Sturmbannführer, commandant[1]. En juin 1941, débute l’offensive allemande contre l'Union soviétique, l’opération Barbarossa. Sous les ordres du SS-Gruppenführer Paul Hausser (1880-1972) de la SS-Panzergrenadierdivision "Das Reich", le commandant Harmel est, avec son bataillon, au centre du dispositif. Il prend part aux combats de Jelna et enfonce les défenses devant Moscou. Ayant, à plusieurs reprises, démontré son courage personnel, Heinz Harmel se voit attribuer la Croix allemande en Or, le 29 novembre 1941, en signe de reconnaissance[1].

Heinz Harmel avec le Generalfeldmarschall Walter Model à Arnhem en septembre 1944.

Le 4 décembre 1941, Heinz Harmel se voit confier provisoirement la direction du "SS-Panzergrenadierregiments Deutschland" pour remplacer le général Hausser, grièvement blessé. Harmel ne devient officiellement commandant d’un régiment de cette division que le 18 juin 1942. Heinz Harmel est promu Obersturmbannführer, lieutenant-colonel, le 20 octobre 1942. Pendant l’hiver 1942-1943, Harmel lutte avec ses hommes du côté de Rjev-Oskol, avec courage et abnégation. Il participe à la reprise de Kharkov en mars 1943. Il se distingue alors personnellement en attaquant de nuit, avec son véhicule blindé, faisant de son unité le fer de lance de la contre-offensive en cours. Pour ces faits d’armes, Heinz Harmel reçoit la Croix de chevalier de la Croix de fer, le 31 mars 1943[1]. Il reçoit en outre l’Insigne de destruction de blindés, réservé aux combattants. Le 20 avril 1943, Harmel est promu SS-Standartenführer, colonel SS. Le 7 septembre 1943, Heinz Harmel reçoit les feuilles de chêne (296e récipiendaire) et l’agrafe de combat rapproché, en argent.

Du 15 mars 1944 au 27 avril 1944, le colonel Harmel suit une formation au commandement à Hirschberg, en Silésie. Le 27 avril 1944, il prend le commandement de la 10e Panzerdivision SS Frundsberg. Le 18 mai 1944, Harmel est promu SS-Oberführer, un grade SS intermédiaire entre colonel et général de brigade. Le 7 septembre 1944, Harmel est promu SS-Brigadeführer et Generalmajor de la Waffen-SS. Âgé de 38 ans, il est surnommé respectueusement der Alte, « l’Ancien », par ses hommes, ces derniers ayant, pour la plupart, moins de 20 ans. La division Frundsberg compte, à l’origine 19 513 hommes, mais elle sera par la suite durement touchée par les combats.

À l'été 1944, la division change de front, passant du front de l'Est au front de l'Ouest, en Normandie. Le général Harmel est chargé de forcer une percée dans les lignes britanniques, afin de libérer les unités allemandes piégées dans la poche de Falaise. En août 1944, environ 125 000 soldats de la 7e Armée allemande sont alors encerclés. L’opération se solde par de très lourdes pertes, et de graves dégâts matériels[1].

Envoyé avec sa division aux Pays-Bas, le général Harmel participe à la contre-offensive allemande, face à l’offensive alliée de l’opération Market Garden. Il s’illustre de nouveau dans les combats. Pour la défense des pays conquis par l’Allemagne dans la région de Nimègue, Heinz Harmel obtient le 15 décembre 1944 la Croix de chevalier de la Croix de fer « avec feuilles de chêne et glaives » (Ritterkreuz des Eisernen Kreuzes mit Eichenlaub und Schwertern).

Heinz Harmel en février 1945

Sa division est ensuite transférée en Alsace, où le général Harmel est chargé d’établir une tête de pont vers la poche de Colmar[1]. Harmel termine la guerre en mai 1945 à Spremberg, dans le Brandebourg, d’où il part en captivité[1].

Après guerre[modifier | modifier le code]

Rentré de captivité, Heinz Harmel retrouve une vie civile normale. Lors du voyage commémoratif en Normandie d'un groupe d'anciens combattants allemands, en 1984, Heinz Harmel fut fait Citoyen d'Honneur de la ville de Bayeux dans le cadre de la réconciliation franco-allemande[4], suscitant une polémique à Bayeux[note 3].

Heinz Harmel, l'un des officiers allemands les plus décorés, s’éteignit le 2 septembre 2000 à Krefeld, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Insignes et décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sur un effectif total de 18,2 millions de soldats mobilisés par le Troisième Reich, seulement 159 Croix de chevalier de la Croix de fer avec feuilles de chêne et glaives furent décernées pendant la Seconde Guerre mondiale.
  2. Plus d'une trentaine de généraux et des dizaines d'officiers supérieurs allemands, pour la plupart actifs durant la Seconde Guerre mondiale, verront le jour à Metz, avant 1918.
  3. Selon Bernard Roquet, maire adjoint de l'époque, son passé réel n'avait pas été mis en exergue, ce qui constituait "une grave erreur", dont il ne pouvait "pas être fier" (Article du New York Times du 3 juin 1984 Headliners).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Harmel, Heinz sur lexikon-der-wehrmacht.de
  2. L’Express, no 2937, du 18 au 24 octobre 2007, dossier « Metz en 1900 »
  3. François Roth : Metz annexée à l’Empire allemand, In François-Yves Le Moigne, Histoire de Metz, Privat, Toulouse, 1986, (p. 350).
  4. Jacques Leclercq, Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale, de 1945 à nos jours, éditions L'Harmattan, 2008, p. 166 (en ligne).
  5. a et b Veit Scherzer: Die Ritterkreuzträger 1939-1945, Scherzers Militaer-Verlag, Ranis/Jena, 2007.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (de) Berger, Florian: Mit Eichenlaub und Schwertern. Die höchstdekorierten Soldaten des Zweiten Weltkrieges. Selbstverlag Florian Berger, 2006.
  • (de) Fellgiebel, Walther-Peer: Die Träger des Ritterkreuzes des Eisernen Kreuzes 1939-1945. Podzun-Pallas, Friedburg, 2000.

Liens externes[modifier | modifier le code]