HMS Campbeltown (I42)

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47° 16′ 34″ N 2° 11′ 49″ O / 47.27611, -2.19694 ()

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HMS Campbeltown
Image illustrative de l'article HMS Campbeltown (I42)
Le Campbeltown échoué contre la porte de la forme Joubert à Saint-Nazaire.

Autres noms USS Buchanan
Histoire
A servi dans US Navy
Royal Navy
Commanditaire US Navy
Statut Détruit en 1942
Caractéristiques techniques
Type Destroyer
Autres caractéristiques
Chantier naval Chantier naval Bath Iron Works
Indicatif I42
Coordonnées 47° 16′ 34″ N 2° 11′ 49″ O / 47.276111111111, -2.1969444444444 ()47° 16′ 34″ Nord 2° 11′ 49″ Ouest / 47.276111111111, -2.1969444444444 ()  

Le HMS Campbeltown (pennant number : I42) est un destroyer de la Royal Navy ayant servi durant de la Seconde Guerre mondiale. Il est connu pour son rôle de navire bélier dans l'opération Chariot contre les installations portuaires de Saint-Nazaire en mars 1942.

USS Buchanan[modifier | modifier le code]

L’USS Buchanan en 1936 sous les couleurs de l’US Navy.

Il est construit aux États-Unis pour le compte de la United States Navy. C'est un destroyer de la classe Wickes, construit par le chantier naval Bath Iron Works à Bath dans le Maine. Il est lancé le 2 janvier 1919 et entre dans la Navy le 20 janvier. Il est placé dans la flotte de réserve en 1939. Il est l'un des 50 destroyers fournis à la Royal Navy selon les accords du Destroyers for Bases Agreement connut sous le nom de classe Town. Il est transféré le 3 septembre 1940 et arrive à Halifax (Canada) le 9 septembre.

HMS Campbeltown[modifier | modifier le code]

Les HMS Campbeltown et Castleton au moment de leur cession à la Royal Navy.

Il fait la traversée entre Halifax et Plymouth en passant par Saint-Jean (Terre-Neuve-et-Labrador). Il arrive aux chantiers de Devonport le 29 septembre pour des modifications nécessaires à son intégration dans la Royal Navy. Le carénage dure tout le mois d'octobre. Le 1er novembre il reçoit l'ordre de rejoindre la 17e Flottile dans les Atterrages occidentaux. Le jour suivant il entre en collision avec le SS Risoy, malgré les dommages subis il continue en direction de Liverpool. Il y arrive le 7 novembre et subit quelques réparations. À l'issue de ces réparations, le 24 novembre, le Campbeltown continue sa route vers la flottille.

Le 29 novembre, il entre en collision avec le MV Murell (un caboteur) dans l'estuaire de la Mersey. Il commence à être déployé dans sa flottille début décembre, mais le 3 décembre il entre de nouveau en collision ; cette fois avec le SS Comus. Il doit donc de nouveau faire escale pour réparation. Les réparations durent jusqu'à fin mars et impliquent le raccourcissement de la quatrième cheminée.

À l'achèvement des travaux, le Campbeltown est transféré, sur prêt, à la Marine royale néerlandaise le 28 mars. Il rejoint ainsi le 7e groupe d'escorte et est déployé en avril et mai. À cette époque, il y a une proposition de le renommer Middelburg, mais cela n'est pas accepté. Cela aurait été contraire aux termes de l'accord de cession par la marine américaine. Il subit de nouveau des réparations en juin et reprend son travail d'escorte sur les convois en juillet et août. Il est de nouveau affecté à la Royal Navy en septembre, mais reste dans le 7e groupe d'escorte. Il rejoint son groupe d'escorte en octobre avec lequel il escorte les convois entre la Grande-Bretagne et l'Afrique de l'Ouest. Le 15 septembre, il recueille les survivants du pétrolier norvégien Vinga coulé par un attaque aérienne ennemie. Il continue son travail d'escorte en novembre et décembre, avant de se rendre à Devonport pour y subir de nouvelles réparations.

Le raid sur Saint-Nazaire[modifier | modifier le code]

Installations portuaires de Saint-Nazaire en 1942.

Le Campbeltown débute des réparations à Devonport en janvier. Au cours de cette période, il est sélectionné pour une opération spéciale et est retiré du service régulier. Il doit être utilisé pour l'opération Chariot une opération d'assaut sur les installations portuaires de Saint-Nazaire. En 1942, le cuirassé allemand Tirpitz est ancré près de Trondheim en Norvège. Il est considéré comme présentant une menace grave pour les convois de l'Atlantique. Si le Tirpitz se rend dans l'Atlantique, la forme Joubert (à Saint-Nazaire) est la seule forme de radoub sur toute la façade atlantique apte à accueillir le cuirassé pour des réparations. Si cette cale sèche peut être mis hors service, toute sortie dans l'Atlantique du Tirpitz serait beaucoup plus dangereuse pour la Kriegsmarine, rendant ainsi son déploiement moins probable.

Le Campbeltown lors des travaux préparatifs au raid.

L'idée de l'opération Chariot est de projeter un navire bourré d'explosifs contre les portes de la forme de radoub. Il doit être accompagné d'un certain nombre de petites embarcations transportant des commandos britanniques, avec pour objectif la destruction des installations de pompages de la forme Joubert mais aussi de différentes infrastructures portuaires. Les commandos sont ensuite évacués par les petites embarcations avant que le bateau bélier n'explose. Une difficulté importante du raid est le fait que la forme se situe plusieurs kilomètres en amont dans l'estuaire de la Loire. Étant donné son obsolescence, le Campbeltown est choisi pour être le navire bélier. Il est modifié en conséquence en février. Ses troisième et quatrième cheminées sont ainsi retirées, les deux premières cheminées sont biseautées pour simuler l'apparence d'un torpilleur allemand de la classe Raubvogel. Un canon de 12 livres est installé à l'avant du navire, et huit canons antiaériens de 20 mm sont disposés sur le pont. Un blindage supplémentaire est installé afin de protéger la passerelle. Du matériel inutile est retiré afin d'alléger le destroyer.

Une charge explosive constitué de grenade anti-sous-marine 24 Mark VII — contenant un total de 4,1 tonnes d'amatol — est installée dans des cuves en acier installées juste derrière le pilier d'acier soutenant le canon avant. Ces cuves sont cimentées. Les charges sont prévues pour exploser huit heures après l'enclenchement des détonateurs. Le Campbeltown appareille de Devonport pour Falmouth, en Cornouailles, le 25 mars afin de rejoindre les autres navires participant à l'opération. L'équipage, devant être évacué avec les commandos, est réduit à 75 hommes, sous le commandement du capitaine de corvette Étienne « Sam » Beattie.

Une flottille de 21 navires appareillent le 26 mars 1942 de Falmouth à 14 h 0. Elle est constituée du Campbeltown, de 16 Fairmile B motor launch, d'une vedette-torpilleur, d'un Fairmile C motor gun boat, et de deux destroyers (Hunt class destroyer). Les deux destroyers ont pour but l'escorte de la flotte, mais n'approche pas de Saint-Nazaire. En dehors d'un bref contact avec le U-593, le flotte rejoint la France sans encombres. Une des vedettes souffrant de problèmes de propulsion, elle fait demi-tour et rentre au Royaume-Uni.

Le bombardement aérien initialement prévu avec 35 Armstrong Whitworth Whitley et 25 Armstrong Whitworth Whitley est beaucoup moins important que prévu en raison de nuages très épais. Il est inefficace et prévient les troupes allemandes que quelque chose d'inhabituel se passe. Néanmoins, en utilisant des signaux lumineux allemands la flotte parvient à s'approcher à un 1,6 kilomètre de son objectif avant que les défenses allemandes n'ouvrent le feu. Le Campbeltown, plus grand navire de la flotte, essuie la plupart du feu ennemi. Pendant l'approche finale, l'équipage du Campbeltown abaisse le pavillon de la Kriegsmarine — utilisé pour leurrer les allemands — et hisse celui de la Royal Navy.

Le Campbeltown contre la porte avant son explosion.

À h 34 le 28 mars, 4 minutes après l'heure planifiée, le Campbeltown entre en collision contre la porte de la forme de radoub. Les commandos et l'équipage du navire débarque sur les quais sous le feu des allemands et commencent leurs missions de destructions des installations portuaires. Des 611 hommes qui constituent la force d'attaque, 169 sont tués (64 commandos et 105 marins). Parmi les survivants, 215 sont capturés et 222 sont évacués sur les petits bateaux restants. Cinq autres parviennent à quitter Saint-Nazaire et traversent la France en direction de l'Espagne pour rejoindre Gibraltar.

Les charges du Campbeltown explosent à midi, une heure et demie après l'heure prévue que les Britanniques. Bien que le navire soit inspecté par les Allemands, les explosifs ne sont pas trouvés. L'explosion tue près de 250 soldats allemands et civils français. Elle détruit la moitié avant du Campbeltown et les 150 tonnes de la porte de la cale sèche, provoquant un raz-de-marée dans celle-ci dans laquelle se trouvaient deux navires à sec. La cale sèche de Saint-Nazaire est rendue inutilisable pour le reste de la guerre, et ne sera pas réparée avant 1947.

Les torpilles à action retardée tirées sur les portes de l'écluse du bassin extérieur pour sous-marins ont, comme prévu, explosées dans la nuit du 30 mars. Cette explosion tardive a conduit les troupes allemandes paniquées à tirer sur des civils français. Seize civils français sont tués et une trentaine blessés. Plus tard, 1 500 civils sont arrêtés et internés dans un camp à Savenay. Le Lt-Cdr Beattie — fait prisonnier — reçoit la Croix de Victoria pour sa bravoure, et en 1947 reçoit la Légion d'honneur. Il est l'un des cinq participants du raid à obtenir une Croix de Victoria parmi 80 autres décorations militaires.

Postérité[modifier | modifier le code]

La cloche du HMS Campbeltown est donnée à la ville de Campbelltown, Pennsylvanie en remerciement du programme Prêt-Bail réalisé par les États-Unis. Cette cloche est ensuite prêtée au HMS Campbeltown, une frégate britannique armée en 1989. Il est de retour à Campbelltown le 21 juin 2011, après la mise à la retraite de cette frégate.

En 1952, le film Gift Horse est en partie basé sur l'histoire du HMS Campbeltown.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

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