Hôtel d'Angoulême Lamoignon

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Hôtel d'Angoulême Lamoignon
Vue sur la façade depuis la cour
Vue sur la façade depuis la cour
Présentation
Période ou style Renaissance
Architecte Baptiste Androuet du Cerceau
ou Thomas Méthezeau
Date de construction XVIe siècle
Destination initiale hôtel particulier
Propriétaire Ville de Paris
Destination actuelle bibliothèque (BHVP)
Protection Logo monument historique Classé MH (1937)
 Inscrit MH (1937)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Localité Paris, 12e arrdt
Localisation
Coordonnées 48° 51′ 25″ N 2° 21′ 43″ E / 48.85694, 2.36194 ()48° 51′ 25″ Nord 2° 21′ 43″ Est / 48.85694, 2.36194 ()  

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Hôtel d'Angoulême Lamoignon

L'hôtel d'Angoulême Lamoignon est un hôtel particulier parisien du 4e arrondissement. Il abrite la Bibliothèque historique de la ville de Paris.

Localisation[modifier | modifier le code]

L'hôtel d'Angoulême Lamoignon est situé dans le 4e arrondissement de Paris, dans le quartier historique parisien du Marais, où il fait l'angle entre la rue Pavée (numéro 24) et la rue des Francs-Bourgeois.

(M) Ce site est desservi par la station de métro Saint-Paul.

Historique[modifier | modifier le code]

De style Renaissance, il aurait été édifié à partir de 1584 par Diane de France, fille légitimée du roi Henri II de France et d'une jeune piémontaise, Filippa Duci par un architecte inconnu, et complété en 1611. Les noms de Baptiste Androuet du Cerceau et de Thomas Métezeau ont été avancés.

Toutefois, récemment, l'hypothèse que l'architecture de l'hôtel ait été conçue par Philibert Delorme pour le précédent propriétaire du terrain, François de Pisseleu, abbé de Saint-Corneille de Compiègne, vers 1560-1561 a été avancée : des marchés de construction signés avec les entrepreneurs (couvreur, charpentier, menuisier) travaillant ordinairement avec Philibert Delorme ont été retrouvés, les dimensions du bâtiment correspondent à peu près à celles de l'hôtel de Diane d'Angoulême, et la charpente est une charpente à la Delorme[2].

Le neveu d'Henri III, Charles d'Angoulême, fils de Charles IX et de Marie Touchet, hérite cet hôtel particulier en 1619 à la mort de la duchesse et y vit jusqu'en 1650.

L'hôtel est alors partagé entre plusieurs locataires dont Guillaume Ier de Lamoignon, premier président du Parlement de Paris, qui le fit aménager par l'architecte Robert de Cotte, le loua en partie et en fit un rendez-vous des beaux esprits de son époque : Madame de Sévigné, Boileau, Jean Racine, Bourdaloue, Regnard, Guy Patin, etc. L'hôtel fut habité par les Lamoignon jusqu'en 1750, date à laquelle Guillaume de Lamoignon de Blancmesnil le quitta pour la Chancellerie de France.

Échauguette de l'hôtel d'Angoulême Lamoignon en 1899, à l'angle des rues Pavée et des Francs-Bourgeois - Eugène Atget

Antoine Moriau, procureur du Roi et de la Ville de Paris, animé d'une passion pour les documents historiques, loua l'hôtel pour en faire sa bibliothèque. À sa mort, en 1759, il légua 14 000 volumes à la ville (estampes et pièces historiques sur Paris) et laquelle ouvrit les collections au public en 1763, en un geste historique : c'est la première bibliothèque ouverte par la Ville[3].

L'hôtel fut acheté en 1774 par l'architecte Jean-Baptiste Louis Élisabeth Le Boursier qui en fit sa résidence.

Résidence d'Alphonse Daudet en 1867, il fut le centre de mondanités littéraires ; « Périodiquement, Tourgueniev, Flaubert et Edmond de Goncourt venaient dîner chez mes parents, rue Pavée, au Marais », raconte Léon Daudet, son fils[4].

Au XIXe siècle, un fabricant d'alambics et d'instruments de distillation alcoolique y tint son siège[5].

L'hôtel d'Angoulême fut racheté par la Mairie de Paris en 1928, puis restauré de 1940 à 1968 par les trois architectes des Monuments historiques Jean Creuzot, Jean-Pierre Paquet et André Vois, afin d'abriter la Bibliothèque historique de la ville de Paris, également consacrée à l'histoire de Paris. Elle était jusqu'à présent logée à côté à l'hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau. Le programme dote l'hôtel d'une large extension au Sud en U côté cour, et d'une aile en retour côté jardin, et deux étages en sous-sol se substituent aux fondations des bâtiments secondaires du XVIIIe siècle, visibles sur les plans de l'agence Robert de Cotte en 1708 [6].

Description[modifier | modifier le code]

Échauguette de l'hôtel d’Angoulême Lamoignon à l'angle de la rue des Francs-Bourgeois et de la rue Pavée.

Diane de France, dont le prénom, en référence à la déesse romaine de la chasse, inspira le décor des frontons et des plafonds peints (croissants de lune, têtes de chiens et de cerfs, trophées d'armes), l'habita jusqu'à sa mort en 1619. Elle le légua à son neveu Charles d'Angoulême, fils bâtard de Charles IX et de Marie Touchet, grand capitaine et savant bibliophile, qui y demeura jusqu'à sa mort en 1650 et fit construire, le long de la rue des Francs-Bourgeois, l'aile nord ornée d'une échauguette.

À l'ouest, le large portail datant de 1718, au tympan duquel deux enfants nus, tenant l'un un miroir, l'autre un serpent, symbolisent la Vérité et la Prudence, deux qualités qu'affectionnaient les Lamoignon qui les firent ajouter, tout comme le chiffre aux « L » entrelacés au revers du fronton.
Au fond de la cour se dresse le corps de logis principal, de style Henri III. Une échauguette du début du XVIIe siècle reposant sur trois trompes, elles-mêmes soutenues par deux encorbellements formant angle droit, surplombe le croisement des rues Pavée et Francs-Bourgeois. L'inscription « S. C. » que l'on peut encore y lire faire référence à « Sainte-Catherine », nom du couvent qui détenait la parcelle avant la construction de l'hôtel.

La façade donnant sur la cour, les toitures du bâtiment principal, deux pavillons d'escalier situés à droite et à gauche du bâtiment principal, le bâtiment bordant la cour d'entrée du côté de la rue des Franc-Bourgeois, la porte cochère donnant sur la rue Pavée, et le salon du premier étage orné de lambris et de pilastres d'ordre corinthien, ont été classés au titre des monuments historiques par un arrêté du 18 février 1937 ; deux mois plus tard, un second arrêté, en date du 28 avril 1937, est venu inscrire le reste de l'édifice[1].

Quelques vues de l'hôtel particulier
Le portail

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Hôtel Lamoignon ou ancien hôtel d'Angoulême », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Voir l'article de G.-M. Leproux cité en référence. L'hypothèse est contestée par le dernier article de J. Guillaume (Bull. monumental, 2014) qui place le bâtiment de François de Pisseleu plus au Sud.
  3. Henry de Surirey de Saint-Remy, 1969. "La bibliothèque historique de la Ville de Paris". Bulletin des bibliothèques de France Paris, t. 14, no 2 [1]
  4. [2]
  5. Albert Balasse, 2007
  6. Plan conservé à la BnF, Dpt des Estampes, consultable sur Gallica

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Girard, L'Hôtel d'Angoulême (ou de Lamoignon) et ses abords, Paris, Champion, 1928, 24 p. in-8°
  • Robert Dauvergne, “Une grande résidence au Marais en 1650 : l'hôtel du duc d'Angoulême”, Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France, 1961, p. 81-90
  • Isabelle Pébay et Claude Troquet, “Diane de France et la construction des hôtels d'Angoulême”, in Bulletin de la Société d'histoire de Paris et de l'Île-de-France, 1991, (1994), p. 35-69
  • Alexandre Gady, “L'hôtel Lamoignon, 25 rue des Francs-Bourgeois et 22-24 rue Pavée”, dans La Rue des Francs-Bourgeois sous la dir. de Béatrice de Andia et A. Gady, Paris, 1992, p. 69-87
  • Guy-Michel Leproux, “Philibert Delorme architecte à Paris sous le règne de François Ier : les hôtels de Pisseleu et de Saint-Han dits d'Angoulême et de Marle ”, Documents d'histoire parisienne, 14, 2008, p. 17-22
  • Jean Guillaume, Philibert Delorme à l'hôtel d'Angoulème ? Réflexions sur une attribution, p. 47-52, Société française d'archéologie, Bulletin monumental, 2014, no 172-1

Articles connexes[modifier | modifier le code]