Guy Patin

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Portrait de Guy Patin, burin d’Antoine Masson

Guy ou Gui Patin, né le 31 août 1601 à La Place près de Hodenc-en-Bray et mort le 30 août 1672 à Paris, est un médecin et un homme de lettres français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

L’éducation de Guy Patin fut commencée par son père, qui lui faisait lire, « encore tout petit » les Vies parallèles de Plutarque. Il étudia ensuite à Paris au collège de Beauvais, puis étudia la philosophie au collège de Boncourt. Brouillé avec sa famille par son refus d’entrer dans la carrière ecclésiastique, il se livra à l’étude de la médecine et, comme il était dépourvu de ressources, il se fit correcteur d’imprimerie.

En 1627, il prit le grade de docteur, devint doyen de la Faculté de médecine de Paris (1650-1652), et succéda à son maître Riolan au Collège Royal à partir de 1655[1]. En tant que scientifique, Guy Patin n’a pas eu une œuvre remarquable et certains l’ont comparé aux médecins des pièces de Molière : latinistes obscurantistes et adeptes de la saignée, hostiles à tout progrès de leur art. Dans sa correspondance, avec Hugues de Salins, il se montre tout au contraire opposé aux drogues, aux traitement chimiques, aux purges et aux vins émétiques[2].

« les Pharmaciens de vos quartiers mentent aussi impudemment que les nostres, afin de debiter leurs drogues. Voici la verité du vin emetique, afin qu'ils n'en facent acroire à personne. »

Homme de lettres[modifier | modifier le code]

Quoiqu'en tant que médecin il ait fait beaucoup de bruit par ses vives polémiques en faveur des anciens contre les partisans des découvertes modernes, on allait l’entendre surtout pour ses bons mots et ses traits satiriques ; des grands seigneurs, le recevant à dîner, plaçaient un louis d’or sous son assiette, pour reconnaître le plaisir que leur causait sa verve sarcastique. Elle se retrouve entière dans ses Lettres, qu’il ne destinait pas à la publicité, et qui font vivre son nom.

Guy Patin fut surtout un épistolier prolixe et parfois redoutable. Dans sa correspondance suivie avec les principaux savants de l’Europe, les nouvelles du jour, les détails curieux sur la littérature et les hommes illustres du temps, les bons mots abondent, avec des hardiesses de toutes sortes, une malveillance visible, beaucoup de passion, de la crudité et quelquefois de la grossièreté. Son style plaisant, léger et humoristique fait de lui un philosophe libertin. Ses lettres sont une ressource de choix pour les historiens de la médecine.

« Gui Patin, dit Vigneul-Marville, était satirique depuis la tête jusqu’aux pieds… Son chapeau, son collet, son manteau, son pourpoint, ses chausses, ses bottines, tout cela faisait nargue à la mode et le procès a la vanité. Il avait dans le visage l’air de Cicéron, et dans l’esprit le caractère de Rabelais. »

Or, suivant la remarque de Bayle, ses lettres, écrites pour l’intimité, montrent l’homme tout entier et au naturel. Familières, sans prétention, souvent enjouées, elles ont le laisser-aller d’une conversation et l’agrément d’une confidence. Les incorrections n’y manquent pas, et la phrase française y est fréquemment coupée par des passages en latin, langue que l’auteur affectionnait et écrivait avec élégance.

Son fils, Charles Patin, fut médecin comme lui.

Vingt ans après la mort de Guy Patin, on publia ses Lettres choisies, depuis 1645 jusqu’en 1672 (Cologne, 1692, 3 vol. in-12). On imprima ensuite un Nouveau recueil de Lettres choisies (1695, 2 vol. in-12 ; puis Nouvelles lettres de feu M. Gui Patin, tirées du cabinet de Charles Spon (1718, 2 vol. in-12). Réveillé-Parise en a donné une nouvelle édition, comprenant tous les recueils précédents Paris. 1846, 3 vol. in-8°). Treize Lettres latines de Guy Patin ont été insérées dans les Clarorum virorum epistolæ (1702, in-8°). On lui attribue les Éloges latins du médecin Simon Piètre et du prévôt des marchands François Myron, dans les Éloges de Papire Masson. Il a également laissé quelques écrits sur la médecine, et a édité l’Apologie de Galien par G. Hoffman (Lyon, 1668, 2 vol. in-4°). Bayle a publié un Patiniana 1703, in-12, et Bordeleu l’Esprit de Gui Patin (1709, in-12).

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Alfred Soman, Élisabeth Labrousse « La querelle de l'antimoine : Guy Patin sur la sellette » Histoire, économie et société 1986;5(5-1):31-45.
  2. Guy Patin : Une lettre du 4 octobre 1658 à Hugues de Salins.

Liens internes[modifier | modifier le code]