Geneviève Clancy

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Geneviève Clancy, née le 21 janvier 1937, morte le 11 octobre 2005, est une poète et une philosophe française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Parcours universitaire et professionnel[modifier | modifier le code]

Geneviève Clancy est docteur d'État en philosophie, professeur de philosophie et d'esthétique à l'UFR 04 de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle fut l'élève de Gilles Deleuze, avec qui elle publia sa thèse : De l'Esthétique de la Violence. À propos de cette thèse sur la violence, Gilles Deleuze a écrit : « C'est la recherche d'une violence qui ne se réduit pas à celle qu'on peut représenter ou figurer, non par l'horreur mais le cri. Elle témoigne à travers ses qualités poétiques profondes d'un jeu de notions originales et riches qui apportent beaucoup à la réflexion esthétique[1]. » Elle fut également l'élève de Maurice de Gandillac. Alain Jouffroy écrit : « 1971 fut l'année d'apparition du Manifeste électrique, qui révéla principalement deux poètes : Michel Bulteau, et Matthieu Messagier, précédés, de peu, par les poètes d'un futur Manifeste froid : Jean-Christophe Bailly, Yves Buin, Serge Sautreau, André Velter, mais aussi par Bernard Noël, Denis Roche, Marcelin Pleynet et Geneviève Clancy[2].» Elle a été la directrice, avec Emmanuelle Moysan, de la collection de Poètes des cinq continents à la Maison d'éditions L'Harmattan où elle révéla de nombreux poètes. Elle fut aussi, en 1981, la cofondatrice du CICEP (Centre international de créations d'espaces poétiques) avec Jean-Pierre Faye, Philippe Tancelin (son frère) et Stéphanette Vendeville. Ce centre s'illustre par de nombreuses manifestations, créations originales et séminaires autour de la rencontre de la poésie et des arts.

Activité associative[modifier | modifier le code]

Très jeune, elle ancre sa réflexion philosophique et son écriture poétique au creux de l’histoire mouvementée des luttes des exclus et des opprimés. Ses engagements sans relâche, aux côtés des Algériens, puis des Palestiniens, trouvent également leurs résonances en France au sein des luttes pour le droit et la dignité des travailleurs immigrés, pour qui elle fonde dans les années 73, le Comité de Défense de la vie et des droits des travailleurs immigrés (CDVTI) qui remportera un certain nombre de succès sociaux, politiques pour l’élargissement des droits fondamentaux[3].

Création[modifier | modifier le code]

Geneviève Clancy ne sépare pas sa poésie de ses engagements idéologiques. Ses nombreuses publications poétiques dans la revue «CHANGE»[4] et jusqu’à ce jour à L’Harmattan dont elle dirigera la collection Poètes des cinq continents, en témoignent. La question du rapport entre philosophie et poésie viendra peu à peu au centre de son œuvre en particulier avec « Esthétique de la violence », « Esthétique du Devenir », « Esthétique de l’ombre », « Cahiers de la nuit » et son dernier recueil de poèmes « Notre-Dame des Présences »[3].

Selon Philippe Tancelin, la poésie radicale et oxymorique de Geneviève Clancy « invente ce corps toujours inassouvi des mots à leur désir de commettre l'irréparable nomination[5]. » Pour Serge Venturini, sa poésie lumineuse et incandescente accueille l'Autre[6], «…quand l'œil dans la nuit devient soleil » (Cahiers de la Nuit, 4e de couv.). Elle fut, selon la formule de Philippe Tancelin, la « grande sœur des hauts plateaux d'exigence ». Il offre un haut et douloureux témoignage de sa sœur dans son livre Poétique de l'Inséparable[7]. Geneviève Clancy était l'amie du poète Adonis, comme en témoignent ces lignes : « J'ai rencontré Geneviève Clancy, une Algérienne française, à l'esprit occidental et au cœur arabe. Sa poésie tournait autour de la liberté et de l'indépendance. » [8] Outre ses nombreux engagements de « poète civil » et de militante pour la liberté des opprimés, elle anima jusqu'à ses dernières heures des ateliers de création poétique avec les « sans droit » au sein de l'association ATD Quart Monde[9].

Publications[modifier | modifier le code]

Essais critiques, articles, études, hommages[modifier | modifier le code]

  • Deux numéros des Cahiers du CICEP : numéro 11 (132 pages) et numéro 12 (184 pages) en 2006. Publiés avec le concours du Ministère de la Recherche et de l'Université Paris VIII[10].
  • Geneviève Clancy, « Le passé du devenir », Le Portique, Numéro 18 - 2006, Heidegger. La pensée à l'heure de la mondialisation, 2006[11].
  • À la rencontre de Geneviève Clancy, poète-philosophe de Philippe Tancelin (avec une vingtaine de participations), éd. L'Harmattan, Paris 2013. [1] (ISBN 978-2343006765)
  • Geneviève Clancy : son enseignement d'Alexandre Massipe, éd. L'Harmattan, collection Témoignages poétiques, Paris, 2013[12].

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Geneviève Clancy, De l'esthétique de la violence, Chambéry, Comp'act,‎ 2004 (ISBN 9782876613072), 4e de couv.
  2. Alain Jouffroy, Manifeste de la poésie vécue, Paris, Gallimard, coll. « L'Infini »,‎ 1995 (ISBN 9782070739622), p. 20.
  3. a et b (fr) Le Printemps Des Poètes.
  4. Guy Darol parle de sa rencontre avec Geneviève Clancy sur son site « Rien ne te soit inconnu » : clancy
  5. Geneviève Clancy, L'esthétique du devenir, Paris, Harmattan,‎ 1999 (ISBN 2738485499), 4e de couverture.
  6. voir l'article consacré à Geneviève Clancy par Serge Venturini dans : Éclats d’une poétique de l'inaccompli, (2009-2012) (Livre V), Livre dédié à René Char Éditions L'Harmattan, coll. « Poètes des cinq continents », Paris, 20 janvier 2012 (ISBN 978-2-296-55628-7) « Esprit de l'inaccompli » pp. 94-99.
  7. Philippe Tancelin, Poétique de l'inséparable, Paris, Harmattan, coll. « Poètes des cinq continents »,‎ 2009 (ISBN 9782296096011)
  8. Houria Abdelouahed avec Adonis, Le regard d'Orphée, (entretiens) Fayard, coll. ("Témoignages pour l'Histoire") avril 2009, (ISBN 978-2-213-63483-8), p. 65
  9. «…des femmes combatives et clairvoyantes, comme Geneviève Clancy, Annie Le Brun, Viviane Forrester, et Cécile Guilbert, qui sait parler de Guy Debord mieux que personne - toutes ces femmes libres, critiques, rebelles, écrivains, poètes, philosophes, qui contestent, souvent plus efficacement que les hommes, les pouvoirs crétinisants. » Alain Jouffroy, de l'individualisme révolutionnaire, coll. « Tel », Gallimard, 1997 (ISBN 9782-07-074854-5[à vérifier : isbn invalide]) p. 410.
  10. CICEP, no 11 (décembre 2005) et 12 (décembre 2006), Université Paris 8.
  11. Geneviève Clancy, « Le passé du devenir » [lire en ligne (page consultée le 29 avril 2008)]
  12. http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=40205

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]