Cécile Guilbert

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Cécile Guilbert

Naissance 1963
Langue d'écriture Français
Genres Essai, roman
Distinctions Prix Médicis essai 2008

Œuvres principales

  • Saint-Simon, ou l'Encre de la subversion* Pour Guy Debord
  • L'Écrivain le plus libre
  • Warhol Spirit

Cécile Guilbert, née en 1963 à Pau, est une essayiste, romancière, journaliste et critique française[1].

Vie littéraire[modifier | modifier le code]

Diplômée de Sciences Po, titulaire d'une maîtrise en philosophie, elle vivra une expérience qualifiée de « douloureuse » dans divers cabinets ministériels, dans lesquels elle connut, dit-elle, la « bassesse du courtisan », préfiguration de son premier essai publié, Saint-Simon, ou, L'encre de la subversion[2].

Cet ouvrage, consacré au duc de Saint-Simon, courtisan à la cour de Louis XIV, devait originellement prendre la forme d'un roman, dont le personnage principal aurait été un spécialiste dudit auteur ; mais l'insatisfaction quant au genre littéraire se présentant, C.Guilbert passera à celui de l'essai, lequel régit son œuvre jusqu'ici. En effet, elle écrira par la suite sur des figures aussi différentes que singulières, adaptant pour chacune une esthétique particulière qui crée une filiation avec la leur, et abordant une part de leur œuvre qui était jusqu'à présent négligée.

Elle continuera, après son Saint-Simon, avec Guy Debord, dans Pour Guy Debord, essai fragmentaire, dans lequel elle s'est attachée à mettre en lumière le rapport de Debord à l'Art, notamment la littérature, mettant l'accent, entre autres, sur la décadence de la langue et de l'écrit propre à l'époque et prophétisée par Debord[3].

Viendra ensuite une étude sur l'écrivain britannique Laurence Sterne, contemporain du XVIIIe siècle, grand inspirateur de la modernité littéraire, de Diderot à Nabokov en passant par Joyce. Cet essai — titré L'écrivain le plus libre, en référence à la dédicace de Nietzsche aux « esprits les plus libres » dans Humain, trop humain — réside dans les multiples champs génériques qui y sont investis : biographique, critique et fictif, ce dernier se présentant sous la forme d'une conversation entre le spectre de l'auteur et l'auteur, en l'occurrence Sterne et Guilbert, sorte de maïeutique lancée par le premier, ayant pour finalité de faire comprendre à la seconde, et au lecteur surtout, à quel point l’œuvre de Sterne, notamment Vie et opinions de Tritram Shandy, gentilhomme, a été un déterminant essentiel dans l'Histoire de la Littérature.

Son quatrième essai, Warhol Spirit[4], à la forme graphique, est une méditation sur la parole et les écrits de l'artiste pop Andy Warhol, mettant ainsi en valeur l'aspect visionnaire de sa pensée dans des domaines aussi divers que l'art, la célébrité, ou encore son intérêt pour le vide qu'il voit commencer à envahir la planète. Cet essai lui vaudra de remporter le prix Médicis essai en 2008.

Elle publiera également un roman, Le Musée National, lequel se veut à la fois une satire de l'époque et une déclaration d'amour à l'art. La narratrice, gardienne de musée, est amenée à observer et écouter les visiteurs, et constate leur manque d'attention et d'acuité face aux œuvres présentées. Les musées accueillent une foule, une masse, très souvent dénuée de méditation sur la beauté et la pensée qu'offre à ressentir et analyser l'art, signifiant ainsi la pseudo-démocratisation de celui-ci.

En 2009, elle publie un recueil d'articles écrits pour des journaux et revues depuis 1999 — réunis sous le titre Sans entraves et sans temps morts — et classés dans plusieurs parties formant chacune une cohérence. Cécile Guilbert s'attache toujours, comme dans L'écrivain le plus libre, à penser l'art dans et depuis son époque. Y sont aussi bien traités des sujets relatifs à la mode, le goût de certains musées et cafés, des auteurs comme Bret Easton Ellis, Don DeLillo, Jonathan Swift, Bernard Lamarche-Vadel, Sade ou encore Carlo Emilio Gadda, l'« expérience » d'une promenade dans les jardins de Vaux-le-Vicomte ou le sculpteur de Louis XIV Le Bernin.

En 2013 paraît Réanimation, un livre qui trouve son origine dans les notes qu'elle a prises à l'occasion d'un épisode douloureux de sa vie. Sous la forme d'un roman, elle y relate la plongée de son mari dans le coma en raison d'une affection rare, l'attente de son retour à la conscience et « l'impuissance de l'un quand l'autre lutte contre la mort »[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Figaroscope
  2. France Culture
  3. Libération
  4. Ina
  5. Pascal André, « Entre deux rives », Dimanche Express, vol. 2013, no 3,‎ 27 janvier 2013, p. 10